Fusianima
Le Dernier Rempart du Cœur
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Le Dernier Rempart du Cœur

par Studio Fusianima

[vocal male] Le vent hurle, mais je ne l'entends pas. Le seul bruit qui déchire le silence de mon crâne, c'est le battement lourd de mon sang. Je te regarde, Elara. Tu es là, debout sur ce rebord de béton, les cheveux fouettant ton visage, et je réalise avec une horreur glaciale que j'ai passé dix ans à tes côtés en faisant semblant d'être un roc, alors que je n'étais qu'un château de sable prêt à s'effondrer à la moindre de tes larmes. Le monde s'écroule, les lumières de la ville s'éteignent une à une en bas, et moi, je ne pense qu'à une chose : l'absurdité de ma pudeur. Pourquoi ai-je eu si peur ? Pourquoi ai-je gardé les mots sous clé, comme si leur poids pouvait nous briser, alors que c'est leur absence qui nous a lentement étouffés ? <br><br>Je sens ton regard dans mon dos, Julian. Il brûle plus fort que l'incendie qui dévore la banlieue Est. J'ai toujours su lire tes silences. Je les ai collectionnés comme des pierres précieuses, espérant qu'un jour, tu en ferais une mosaïque qui dirait enfin mon nom avec la tendresse que tu caches dans tes poings serrés. On nous a dit que l'amour était une plume, une chose légère. Mais ce que je ressens pour toi est une ancre. C'est lourd, ça arrache les entrailles, ça empêche de fuir quand tout devient noir. Je me retourne. Je veux que tu voies mes yeux avant que la poussière ne recouvre tout. Je ne veux pas mourir dans le doute de tes pensées. <br><br>Ne fais pas un pas de plus vers le vide. Viens ici. Écoute-moi. Je ne sais pas comment on dit ces choses-là sans paraître ridicule, mais à cet instant, le ridicule est ma seule dignité. Elara, chaque fois que tu entrais dans une pièce, j'arrêtais de respirer sans m'en rendre compte, par peur de gâcher l'air que tu touchais. Je t'ai aimée dans chaque café partagé en silence, dans chaque dispute idiote sur l'itinéraire d'un voyage, dans chaque seconde où j'ai dû détourner les yeux parce que ta lumière était trop vive pour mes ténèbres. Je t'aime d'un amour qui n'est pas une paix, mais une guerre. Une guerre contre ma propre solitude que tu as gagnée sans même tirer une seule balle. <br><br> Ta voix tremble. C'est la plus belle musique que j'aie jamais entendue. Tu parles de guerre, Julian, mais tu n'as jamais vu mes propres cicatrices. Je t'aime depuis le jour où tu m'as ramassée quand personne d'autre ne voyait que j'étais en miettes. Je t'aime avec une rage que je ne savais pas posséder. J'ai passé des nuits entières à regarder ton profil dans l'obscurité, à tracer les lignes de ton visage avec mes yeux, en me demandant comment un homme pouvait être à la fois mon plus grand refuge et mon plus grand danger. Si le monde finit ce soir, il finit pour tout le monde, sauf pour nous. Parce que ce que nous avons, cet aveu qui vient de déchirer l'air, est plus vieux que cette ville et plus durable que ces ruines. <br><br> Je te prends les mains. Elles sont glacées, mais elles me brûlent. Je ne veux plus de métaphores. Je veux la vérité brute. Je t'aime. Je t'aime au-delà du raisonnable, au-delà de la survie. Si je devais traverser ce chaos mille fois pour retrouver l'éclat de ton sourire dans un seul de mes rêves, je le ferais sans hésiter. Tu n'es pas seulement la femme de ma vie, tu es la raison pour laquelle j'ai une vie. Mon cœur n'était qu'un muscle qui pompait du sang avant que tu n'y injectes du sens. Ne me lâche pas. Jamais. <br><br> Je me serre contre toi, je cache mon visage dans ton cou. Ton odeur, c'est ma seule patrie. Je n'ai plus peur de la tempête, ni de la fin, ni de rien. On a mis une éternité à arriver à ces trois mots, mais ils ont le goût de la victoire. Regarde-moi, Julian. Je t'aime. Je t'aime d'une force qui pourrait rallumer les étoiles qu'on voit s'éteindre là-haut. Nous sommes peut-être les derniers amants sur cette terre, mais nous sommes les plus vivants. Embrasse-moi, et faisons taire le tonnerre.

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