
par Studio Fusianima
<h1>Le Petit Nuage qui voulait bercer la nuit</h1> <br><br> Dans un ciel tout doux, au-dessus d’un village tranquille, vivait un petit nuage. Il s’appelait Nono. Nono n’était pas un grand nuage d’orage. Non. Il était rond, moelleux, et blanc comme une boule de coton. <br><br> Chaque soir, Nono regardait les maisons s’allumer une à une.<br> Et il entendait, très loin, les voix des parents :<br> — “Bonne nuit…”<br> — “Fais de beaux rêves…”<br> <br><br> Alors Nono soupirait. Parce qu’il avait une grande idée dans son petit cœur : il voulait aider les enfants à s’endormir. <br><br> Mais… comment faire, quand on est un nuage ? <br><br> Il demanda à la lune, qui brillait comme un sourire : — Lune, comment on endort un enfant ?<br> La lune cligna doucement :<br> — Avec de la douceur. Et un peu de magie… mais pas trop.<br><br> Nono hocha sa tête de nuage.<br> Il descendit un tout petit peu, juste assez pour voir par les fenêtres.<br><br> Dans une chambre, une petite fille tournait dans son lit. Dans une autre, un petit garçon remuait ses pieds sous la couverture. Nono comprit : la nuit était là, mais le sommeil n’arrivait pas encore. <br><br> Alors Nono eut une idée.<br> Une idée de nuage : simple… et tendre. <br><br> Il se frotta doucement les bords, comme on lisse une couverture.<br> Et il fabriqua trois cadeaux de sommeil.<br> <br><br> D’abord, il fit un souffle chaud et léger.<br> Il l’envoya vers le village, et le souffle passa sur les toits, entra par une fenêtre entrouverte, et chuchota :<br> “Tout va bien… tout va bien…”<br> <br><br> Ensuite, Nono fit une pluie de coton.<br> Pas une vraie pluie, non.<br> Juste des petites gouttes invisibles, toutes douces, qui tombaient sans mouiller.<br> Quand elles touchaient un oreiller, l’oreiller devenait encore plus moelleux.<br> Quand elles touchaient une couverture, la couverture devenait encore plus chaude.<br><br> Enfin, Nono garda le plus important pour la fin :<br> il fabriqua une petite chanson de nuage.<br> <br> Ce n’était pas une chanson avec des paroles compliquées. C’était une chanson qui ressemblait à un “m” tranquille, comme quand on est content :<br> “Mmmm… mmmm…”<br> Un son qui fait fermer les yeux sans s’en rendre compte.<br><br> Nono se plaça au-dessus des maisons, très doucement, comme un ballon qui ne veut pas réveiller.<br> Et il commença sa chanson.<br> <br><br> Dans la chambre de la petite fille, ses épaules se détendirent.<br> Ses mains arrêtèrent de bouger.<br> Elle pensa : “Oh… c’est doux.”<br> Et sa respiration devint lente, lente, lente… comme une barque sur un lac.<br><br> Dans la chambre du petit garçon, ses pieds se calmèrent aussi. Il imagina qu’il était sur un nuage géant, porté très haut, mais en sécurité. Et il murmura :<br> — Merci, nuage…<br> Puis ses paupières tombèrent, comme deux rideaux. <br><br> Nono sourit.<br> Un sourire de nuage, ça ne se voit pas, mais ça se sent : ça rend l’air gentil.<br><br> Pour être sûr que tout le monde dorme bien, Nono demanda à une étoile :<br> — Tu peux m’aider ?<br> L’étoile répondit en clignotant :<br> — Bien sûr.<br> <br><br> Alors l’étoile accrocha dans le ciel une petite lumière spéciale, pas trop brillante, juste assez pour rassurer. Et la lune ajouta : — Je garde la porte des rêves ouverte. Les beaux rêves seulement. <br><br> Dans tout le village, un à un, les lits devinrent silencieux. Les doudous furent serrés.<br> Les tétines restèrent tranquilles.<br> Les couvertures montèrent jusqu’au menton.<br> Et le sommeil arriva… comme un chat doux qui se faufile.<br> <br><br> Nono resta encore un moment, juste pour veiller. Il regarda les enfants rêver. <br> Il vit une forêt en bonbons.<br> Un train de coussins.<br> Un bateau fait de crêpes.<br> Et même une girafe qui portait un chapeau.<br> <br><br> Nono était heureux.<br> Très heureux.<br> <br> Avant de partir, il chuchota au village entier :<br> “Bonne nuit… je suis là… demain aussi.”<br> <br> Et il remonta lentement dans le ciel, entre la lune et les étoiles, tout rond, tout doux, comme une promesse qui flotte.<br><br> Et cette nuit-là, tout le monde s’endormit… avec un nuage dans le cœur.