Jeu d’Obéissance : L'Emprise de Blackthorne
Par Eros — Romance
La puanteur du privilège est la même chaque année à Blackthorne : un mélange écœurant de gin hors de prix, de parfums de créateurs et de cette humidité ancestrale qui suinte des murs de pierre gothiques. Je suis adossé à l’une des colonnes sculptées du Grand Hall, une coupe de champagne intacte à la main, observant la faune s’agiter sous les lustres en cristal. C’est ma dernière année ici. Mon ter...
L'Anomalie
La puanteur du privilège est la même chaque année à Blackthorne : un mélange écœurant de gin hors de prix, de parfums de créateurs et de cette humidité ancestrale qui suinte des murs de pierre gothiques. Je suis adossé à l’une des colonnes sculptées du Grand Hall, une coupe de champagne intacte à la main, observant la faune s’agiter sous les lustres en cristal. C’est ma dernière année ici. Mon terrain de jeu. Ma future juridiction.
Les basses de la musique électronique martèlent mes tempes, s'entrechoquant avec le ricanement des héritiers qui s'imaginent déjà maîtres du monde parce que leur nom de famille est gravé sur les bâtiments du campus. Je les méprise tous. Ils sont prévisibles, lisses, ennuyeux. Jusqu’à ce que je la voie.
Elle est là, au bord de la piste de danse, mais elle n'en fait pas partie. Elle est une tache d'encre sur une nappe immaculée.
Elle porte une robe bon marché, un tissu synthétique qui accroche la lumière de façon agressive, trop courte, trop serrée pour une soirée de ce standing. Elle ne cherche pas à briller ; elle cherche à disparaître. Ses yeux, d'un brun orageux, balayent la salle avec une anxiété que je pourrais goûter d'ici. C'est l'Anomalie. Elara. La boursière dont j'ai déjà épluché le dossier. Un passé de merde, un futur incertain, et une peau qui semble crier sous le poids des regards qu'elle tente d'éviter.
Je sens un sursaut dans mon bas-ventre, une pulsation lourde et familière. Le chasseur en moi vient de se réveiller.
Je pose mon verre sur un buffet sans la quitter des yeux. Je ne cligne pas. Je veux qu'elle sente le poids de mon attention avant même que je ne fasse un pas. Et elle le sent. Son corps se raidit. Elle porte une main à sa gorge, là où son pouls doit battre à tout rompre. Je peux presque voir l'artère palpiter sous sa peau pâle, une petite bête effrayée piégée derrière une clôture de porcelaine.
Je commence à avancer. Lentement. Je ne fends pas la foule, elle s'écarte d'elle-même. Les gens sentent quand l'obscurité se déplace.
Elle recule d’un pas, heurtant un groupe de première année qui ne la remarque même pas. Ses doigts serrent nerveusement le tissu de sa robe, le faisant remonter de quelques centimètres sur ses cuisses. Je détaille ses jambes, fines mais fermes, et l'idée de les voir enroulées autour de mes hanches me fait bander instantanément. C'est brutal, sans préambule. Elle n'est pas belle de la manière dont les filles de Blackthorne le sont ; elle est magnétique parce qu'elle est brisée.
Arrivé à quelques mètres, je m'arrête. La tension entre nous est si épaisse qu'elle étouffe le bruit de la fête. Elle lève enfin les yeux vers moi. Bingo.
Elle ne me regarde pas comme les autres. Il n'y a pas d'admiration, pas de calcul, juste une terreur pure, brute, et quelque chose d'autre... une reconnaissance. Elle sait ce que je suis. Elle sait que je suis le genre d'homme qui ne demande pas la permission, le genre d'homme qui prend ce qui lui est dû, que ce soit une décision de justice ou le corps d'une femme.
— Tu es loin de ton dortoir, l’Anomalie, je dis, ma voix coupant le chaos ambiant.
Le son de ma voix la fait tressaillir. Elle essaie de reprendre contenance, mais ses narines frémissent. Elle sent mon odeur : le cuir, le tabac froid et cette arrogance qui me colle à la peau comme une seconde nature.
— Je ne savais pas que le campus était sectorisé, Rook, répond-elle d'une voix tremblante qu'elle tente désespérément de stabiliser.
Elle connaît mon nom. Évidemment qu'elle le connaît.
Je m'approche encore, brisant le cercle de son espace personnel. Je suis si près maintenant que je peux sentir la chaleur qui émane de son corps, une chaleur moite, excitée par la peur. Je domine sa petite silhouette de toute ma hauteur. Mon ombre la dévore. Je baisse les yeux sur son décolleté, là où la sueur fait briller la peau de ses seins comprimés dans son bustier trop étroit.
— Ici, tout est sectorisé, murmuré-je en me penchant vers son oreille. La seule question, c’est de savoir dans quelle catégorie tu tombes. Celle qui subit, ou celle qui obéit.
Je vois une goutte de sueur perler à sa tempe et rouler le long de sa mâchoire. Je veux la lécher. Je veux sentir le sel de sa détresse sur ma langue. Sa main remonte pour me repousser, mais elle s'arrête à quelques millimètres de mon torse, terrifiée par le contact.
— Je ne suis ni l'un ni l'autre, crache-t-elle, un éclair de défi traversant ses yeux sombres.
Un mensonge délicieux. Elle est déjà sous mon contrôle. Elle ne s'est pas enfuie. Elle reste là, clouée au sol par mon regard, ses mamelons pointant sous le tissu cheap de sa robe, trahissant une excitation que son cerveau refuse encore d'admettre.
— On verra combien de temps tu tiens cette façade, Elara.
Je tends la main, très lentement, et j'enroule une mèche de ses cheveux bruns autour de mon index. La texture est soyeuse, contrastant avec la violence du désir qui me tord les entrailles. Je tire doucement, juste assez pour l'obliger à rejeter la tête en arrière, exposant la courbe fragile de son cou.
— Tu as l'odeur de celle qui a peur d'être possédée, je souffle contre sa peau, sentant son souffle court et saccadé contre ma gorge. Et c'est exactement pour ça que je ne vais pas te quitter des yeux de la soirée.
Je ne la lâche pas. Je reste là, à savourer son inconfort, à écouter son cœur qui cogne contre sa cage thoracique comme un prisonnier contre ses barreaux. La chasse vient de commencer, et elle n'a aucune idée de l'endroit où elle va se terminer. Dans mon lit, sous moi, hurlant mon nom, ou brisée en mille morceaux sur le sol de cette université. Probablement les deux.
L’air de la salle de bal de Blackthorne est devenu irrespirable, saturé d’hormones, de sueur musquée et de l’odeur écœurante du gin bon marché. Mais au centre de ce chaos, il n’y a que lui. Evan Rook. Il n’a pas bougé d’un cil, ses yeux sombres plantés dans les miens comme des crocs. Je devrais fuir. Chaque instinct de survie que j'ai cultivé dans les bas-fonds me hurle de disparaître dans l’ombre. Au lieu de ça, mes jambes sont du plomb fondu.
Il se décolle enfin du mur. Sa démarche est prédatrice, lente, calculée. La foule se fend littéralement devant lui, une mer de gosses de riches terrifiés qui s’écartent sans qu’il ait à dire un mot. Il est le loup dans la bergerie, et je suis la brebis galeuse qu’il a décidé d’isoler.
Je recule. Un pas, deux pas, jusqu’à ce que le marbre froid d’une colonne me percute les omoplates. Je suis coincée. Le bruit de la fête s'étouffe, devient un bourdonnement lointain. Il n’y a plus que le battement erratique de mon cœur qui cogne contre mes côtes comme un oiseau en cage.
Evan s’arrête à quelques centimètres de moi. Il est immense. La chaleur qui se dégage de son corps est une agression physique, un incendie qui lèche ma peau nue sous ma robe bon marché. Son odeur m'envahit : un mélange de tabac froid, de cuir vieilli et d'un parfum boisé, sombre, qui me donne instantanément le vertige.
— Tu trembles, murmure-t-il.
Sa voix est un grondement sourd, une vibration qui descend directement dans mon entrejambe. Il ne pose pas une question. Il constate. Ses yeux parcourent mon visage, s'attardant sur ma bouche que je mords nerveusement.
— Je n’ai pas peur de toi, Rook, je crache, tentant de raffermir ma voix malgré le frisson qui me parcourt l'échine.
Un sourire cruel étire ses lèvres. Il lève une main — ses doigts sont longs, calleux, marqués par des cicatrices de bagarre — et vient saisir ma mâchoire. Sa poigne est ferme, presque douloureuse. Il me force à lever le visage vers lui. Le pouce de sa main libre vient écraser ma lèvre inférieure, l’écartant pour révéler l’humidité de ma bouche.
— Menteuse, siffle-t-il. Tu es trempée. Je le sens d'ici. L'odeur de ta peur se mélange à celle de ton excitation, et c'est la chose la plus délicieuse que j'aie goûtée dans cet enfer de faux-semblants.
Il se penche, ses lèvres effleurant mon oreille. Son souffle brûlant me fait gémir malgré moi, un son de soumission qui me dégoûte autant qu’il m’embrase.
— Tu es l'anomalie, Elara. Tu ne devrais pas être ici. Tu es une tache de graisse sur de la soie. Et je vais prendre un plaisir pervers à te salir encore plus.
Sa main descend le long de ma gorge, pressant juste assez pour entraver ma respiration, avant de plonger brutalement dans le décolleté de ma robe. Ses doigts s'emparent de mon sein avec une possession sauvage, pétrissant la chair tendre sans aucune douceur. Je lâche un cri étouffé, mes mains s'agrippant à ses revers de veste pour ne pas m'effondrer. Le contraste entre le froid de la colonne derrière moi et la fournaise de sa paume est insoutenable.
— Regarde-moi, ordonne-t-il.
Je lève les yeux, mes pupilles dilatées par le choc et le plaisir brut qui irradie de mon sexe. Il n'y a aucune tendresse dans son regard, juste une faim dévorante, une noirceur qui promet de me briser. Il remonte son genou entre mes cuisses, pressant son entrejambe contre ma vulve protégée par le seul tissu fin de ma culotte. Il est dur, massif, une barre d'acier qui me marque.
Il commence à frotter, un mouvement lent et circulaire qui me fait perdre tout sens de la réalité. Je sens l’humidité couler, imbiber le coton, glisser le long de mes cuisses. Je suis une flaque de besoin entre ses mains. Ses doigts pincent mon téton avec une force qui me fait cambrer le dos, ma poitrine offerte, offerte à sa cruauté.
— Tu sens ça ? grogne-t-il contre mon cou, ses dents mordillant la peau sensible juste au-dessus de ma clavicule. C'est le son de ta dignité qui s'effondre. Tu n'es pas une infiltrée, tu es ma proie. Et je ne partage jamais mon gibier.
Il retire brutalement sa main de ma robe, mais laisse son genou ancré contre mon intimité en feu. Il me regarde, ses yeux brûlant d'une satisfaction sadique en voyant mon état : les cheveux défaits, les lèvres gonflées, les seins encore marqués par ses doigts, et ce regard de bête traquée que je ne peux plus cacher.
— Va-t’en, Elara, souffle-t-il d'un ton soudainement glacial, bien que son corps trahisse encore son désir. Cours te cacher dans ton petit trou à rats. Mais sache une chose... l’odeur de ton sexe est gravée dans mes narines maintenant. Et je te retrouverai. À chaque fois que tu fermeras les yeux, tu sentiras mes mains sur toi.
Il s'écarte d'un coup, me laissant chavirer contre la colonne, les jambes tremblantes, le souffle court. Il ajuste sa veste d'un geste d'une élégance révoltante, comme si rien ne s'était passé, comme s'il ne venait pas de me dévaster en quelques minutes.
Il se retourne et s'éloigne dans la foule, sa silhouette sombre s'évaporant sous les lumières stroboscopiques.
Je reste là, le cœur battant à tout rompre, mes doigts frôlant encore la chaleur là où il m'a touchée. L'anomalie, ce n'est pas ma présence ici. L'anomalie, c'est ce que cet homme vient d'éveiller en moi. Une soif d'obscurité que je ne pourrai jamais étancher. Le chapitre de mon innocence vient de se clore dans cette salle de bal. Blackthorne m'a déjà dévorée, et Evan Rook en est le bourreau.
Je lisse ma robe avec des mains moites, l'humidité entre mes jambes me rappelant à chaque pas ma défaite. Le jeu a commencé. Et je sais déjà que j'ai perdu.
Le Silence des Rayonnages
Je regarde son dos s’éloigner, une silhouette frêle qui tente de se fondre dans la masse vaporeuse de la salle de bal. Elara croit avoir gagné une minute de répit. Elle croit que parce que j’ai lâché sa gorge et que j’ai lissé les revers de mon costume, la chasse est terminée. Elle se trompe. À Blackthorne, on n'échappe pas à un Rook ; on ne fait que retarder l'échéance.
Je sens encore la pulsation de son sang contre la pulpe de mes pouces. L’odeur de sa peur, mêlée à l’arôme entêtant de son excitation qu’elle s’efforce de nier, colle à ma peau comme une seconde chemise. Je réajuste mes boutons de manchette avec une lenteur chirurgicale. Mes doigts sont encore imprégnés de la moiteur qu’elle a laissée sur moi. Elle est trempée, je le sais. Sa culotte de soie doit être une éponge de son propre désir honteux, collant à sa peau chaque fois qu’elle pose un pied devant l’autre.
Je la laisse prendre de l'avance. Je connais ses refuges. Une souris ne court jamais bien loin de son trou.
Vingt minutes plus tard, le tumulte de la fête n'est plus qu'un écho sourd derrière les doubles portes en chêne massif de la Grande Bibliothèque. Ici, l’air est différent. Il est dense, chargé de la poussière des siècles et de l'odeur du cuir vieilli. C’est mon territoire. Un labyrinthe de rayonnages qui montent jusqu'au plafond, où les ombres s'étirent comme des doigts de goudron sous la lumière chétive des lampes à huile.
Je l'entends avant de la voir. Le frottement précipité de ses talons sur le marbre froid, puis le silence. Un silence lourd, oppressant, seulement troublé par sa respiration erratique.
Je m’enfonce dans l’allée des Sciences Politiques, là où la lumière ne pénètre jamais vraiment. Elle est là. Dos à moi, face à un rayonnage, elle feint de chercher un ouvrage. Ses mains tremblent. Elle a essayé de se recoiffer, mais quelques mèches rebelles s’échappent encore de son chignon défait, caressant sa nuque là où j’ai laissé une marque violacée, une morsure qui doit encore lui brûler la chair.
Sa robe de bal, autrefois impeccable, porte les stigmates de notre échange près de la colonne. Le tissu est froissé aux hanches, là où j'ai ancré mes doigts pour la briser contre moi.
— Tu cherches une réponse, Elara ? Ou tu espères juste que le silence te protégera de la vérité ?
Ma voix tombe comme une lame de guillotine dans le calme de la salle. Elle sursaute violemment, ses épaules se contractant. Elle ne se retourne pas. Elle n’ose pas. Je m’approche, mes pas étouffés par le tapis de course, jusqu’à ce que je sois juste derrière elle. Je peux sentir la chaleur qui émane de son corps, une fournaise de nervosité.
— Evan… murmure-t-elle. Sa voix est brisée, rauque.
— Ne prononce pas mon nom avec cette bouche pleine de mensonges, je siffle à son oreille.
Je pose mes mains de chaque côté de son corps, les appuyant contre les étagères de bois sombre, l’emprisonnant dans le cercle de mes bras. Je ne la touche pas encore, mais la proximité est une agression. Je vois les poils de sa nuque se hérisser. L’odeur de son corps, chauffé par la panique et les restes de son orgasme inachevé dans la salle de bal, me monte au cerveau. C’est une drogue pure.
— On a parlé de ton passé, tout à l’heure, continué-je d’un ton bas, presque clinique. De cette petite boursière effacée que tu prétends être. Elara Vance. Un joli nom. Très propre. Très… factice.
Je penche la tête, mon nez frôlant la courbe de son oreille. Je respire son effroi.
— J’ai fait quelques recherches, Elara. Les archives de Blackthorne sont bavardes quand on sait comment les faire chanter. Ton dossier est une œuvre d'art de falsification. Mais le sang, lui, ne ment jamais.
Elle tente de se dégager, mais je plaque mon bassin contre ses fesses, la clouant contre le rayonnage. Le contact est brutal. À travers la finesse de son habit et mon pantalon de costume, je sens la cambrure de ses reins. Je sens aussi qu’elle n’a pas pu se changer. Elle est toujours cette petite chose souillée, marquée par mon empreinte.
— Laisse-moi… souffle-t-elle, ses mains griffant les tranches des livres devant elle.
— Pas avant que tu n’aies avoué. Pas avant que tu ne me dises qui tu fuis vraiment. Est-ce que c’est pour ça que tu trembles quand je te touche ? Parce que tu as peur que je te dénonce, ou parce que tu as peur de la façon dont ton corps réclame ma punition ?
Je fais glisser une main de l’étagère vers sa gorge, mes doigts s’enroulant lentement autour de son cou délicat. Je sens son pouls s’affoler, un petit animal pris au piège qui bat contre ma paume. Mon autre main descend, traçant lentement la ligne de sa colonne vertébrale, pressant fermement là où le tissu de sa robe est le plus tendu.
— Tu es une imposture, Elara. Une magnifique petite menteuse qui s'est introduite dans mon monde. Et tu sais ce qu'on fait aux intrus à Blackthorne ?
Je serre légèrement ma prise sur sa gorge, l’obligeant à lever le menton, à s’offrir à moi dans l’obscurité des rayonnages. Mon pouce écrase sa lèvre inférieure, l’étirant pour dévoiler ses dents.
— On les brise. Jusqu’à ce qu’il ne reste que la vérité. Et ta vérité, je vais l’extraire de toi, centimètre par centimètre.
Je sens son souffle se saccader, sa poitrine se soulevant contre mes bras. Elle est à bout, au bord du précipice. Ses yeux cherchent les miens dans la pénombre, un mélange de haine pure et de besoin dévastateur. Le silence de la bibliothèque devient lourd, saturé d’une tension électrique qui ne demande qu'à exploser. Elle sait que je sais. Et elle sait que maintenant, elle m’appartient totalement.
Mon pouce s’enfonce plus brutalement dans sa bouche, forçant l’ouverture, explorant l’humidité chaude de son antre. Je veux goûter sa terreur, mais ce que je récolte, c’est le glissement de sa langue contre ma peau, un contact électrique qui remonte jusque dans mes couilles. Elara émet un gémissement étouffé, un son de gorge, animal, tandis que ses mains, jusque-là crispées sur mes avant-bras, s’ancrent dans le tissu de ma veste. Elle ne me repousse plus. Elle s’accroche à son bourreau.
— Regarde-moi, putain, je souffle contre ses lèvres, mon souffle court venant se mêler au sien.
Elle obéit. Ses pupilles sont tellement dilatées que l’iris bleu n’est plus qu’un mince liseré de glace entourant un gouffre noir. Elle est là, avec moi, dans cette zone d’ombre où les convenances de Blackthorne n’existent plus. Ma main libre quitte sa colonne vertébrale pour glisser sur sa hanche, saisissant le tissu de sa robe de soie. Je le remonte lentement, centimètre par centimètre, sentant la peau de ses cuisses frémir sous mes phalanges. C’est brûlant. Elle est brûlante.
— Ce petit jeu de la débutante innocente… C’était pour m’amadouer ? Pour me voler quoi, Elara ? Des secrets ? De l’argent ?
Je plaque brutalement mon corps contre le sien, écrasant sa poitrine contre mon torse. Je veux qu’elle sente la dureté de mon désir, l’évidence de ce qu’elle provoque en moi malgré ma haine. Le bois du rayonnage craque derrière elle, les vieux grimoires protestant sous notre poids. Je lâche sa gorge pour saisir une poignée de ses cheveux sombres, tirant sa tête en arrière avec une violence maîtrisée. Son cou s'offre à moi, une ligne de nacre vulnérable dans la pénombre.
Je ne l’embrasse pas. Je la mords. Juste là, à la jonction de l’épaule, là où l’odeur de son parfum – cette foutue vanille mêlée à quelque chose de plus sauvage, de plus musqué – me monte au cerveau. Elle lâche un cri qui se meurt dans le silence de la bibliothèque, un son brisé qui excite mes instincts les plus vils.
— Tu ne vas rien obtenir d’autre que ce que je déciderai de te donner, je grogne contre sa peau, ma langue léchant l’endroit où mes dents ont laissé une marque rouge. Et ce soir, j'ai envie de voir jusqu'où tu peux mentir. Ton corps, lui, il ne sait pas feindre, pas vrai ?
Ma main remonte plus haut sous sa robe, dépassant la jarretière, trouvant enfin la soie fine de sa culotte. Elle est trempée. L'humidité traverse le tissu, poisseuse, chaude, trahissant son excitation. Un sourire cruel s'étire sur mes lèvres. La petite espionne est en train de se noyer dans son propre désir.
— Regarde-moi ça… je murmure, ma voix descendant d'une octave, devenant un grondement rauque. Tu es déjà prête pour moi, alors que je viens de te promettre de te briser. Tu aimes ça, Elara ? Tu aimes qu’on te traite comme la petite intruse que tu es ?
Je glisse deux doigts sous l’élastique, m’enfonçant sans prévenir dans sa chaleur. Elle se cambre violemment, son dos se décollant des livres, sa tête retombant sur mon épaule. Son souffle n’est plus qu’un râle saccadé. Je la travaille avec rudesse, mes doigts explorant ses plis, malmenant son clitoris avec une insistance méthodique. Je veux qu'elle perde pied. Je veux que chaque mensonge qu'elle a préparé soit balayé par l'incendie que j'allume entre ses jambes.
— Réponds-moi, putain. Dis-moi que tu es une menteuse. Dis-moi que tu n’es rien d’autre qu’une traînée venue se perdre dans les draps d’un homme dangereux.
Elle agrippe mes cheveux, ses ongles s’enfonçant dans mon cuir chevelu. Elle essaie de reprendre le dessus, de garder un semblant de dignité, mais son bassin trahit chacun de ses efforts. Elle se presse contre ma main, cherchant plus, cherchant le frottement, cherchant la douleur qui accompagne mon plaisir.
— Je… je ne suis pas… commence-t-elle dans un souffle, sa voix brisée par un spasme de plaisir qui la traverse.
— Tu n'es rien du tout, je la coupe, en enfonçant un troisième doigt, étirant ses chairs, la forçant à s’ouvrir davantage. Tu es à moi. Pour l'instant, tu n'es qu'un corps que je vais utiliser jusqu'à ce que j'en aie fini avec toi. Est-ce que tu as une idée de ce que je vais te faire subir pour m'avoir pris pour un con ?
Je retire mes doigts d'un coup sec, savourant le gémissement de frustration qu'elle ne peut contenir. L'air frais de la bibliothèque s'engouffre là où j'étais, créant un contraste violent avec la moiteur de nos corps. Je la regarde, haletante, les joues empourprées, le regard flou. Elle est magnifique dans sa déchéance.
Je commence à déboutonner mon pantalon, sans jamais quitter ses yeux des miens. Le bruit de la fermeture éclair déchire le silence comme une sentence.
— Tu voulais entrer dans mon monde, Elara ? je demande, ma voix n'étant plus qu'un murmure venimeux. Bienvenue en enfer. Maintenant, mets-toi à genoux.
Je veux voir cette lueur de défi s'éteindre une bonne fois pour toutes. Je veux voir la soumission remplacer l'arrogance dans ces yeux bleus. Elle hésite, une fraction de seconde, ses lèvres tremblantes, cherchant encore une issue qui n'existe pas. Les ombres des rayonnages semblent se refermer sur nous, nous isolant du reste de l'univers. Ici, il n'y a plus de noms, plus de titres, plus de complots. Il n'y a que le prédateur et sa proie, et la faim dévorante qui nous consume tous les deux.
Elle baisse les yeux vers mon sexe qui palpite, dur et exigeant, et je vois sa gorge s'agiter alors qu'elle déglutit avec difficulté. La tension est si épaisse qu’on pourrait la trancher au couteau. Chaque seconde de son hésitation est une torture que je m'inflige autant qu'à elle.
— À genoux, je répète, ma main se refermant sur sa nuque pour la guider vers le bas. Et ne me fais pas attendre.
Elle finit par céder. Je sens la résistance dans ses muscles, ce dernier vestige d’orgueil qui se brise sous ma paume alors que je l’oblige à descendre. Le froissement de sa jupe en soie contre le sol poussiéreux de la bibliothèque résonne comme une reddition dans le silence sépulcral. Elle est là, entre mes jambes, ses genoux heurtant le bois dur avec un bruit sourd qui me fait bander un peu plus fort encore.
Je lâche sa nuque, mais seulement pour plonger mes doigts dans sa chevelure soignée, ruinant sa coiffure de petite fille riche, enroulant les mèches dorées autour de mon poing pour rejeter sa tête en arrière. Elle me regarde d'en bas, les yeux embués, les lèvres entrouvertes. Je vois l’insulte qu’elle n’ose plus prononcer, et je vois surtout le désir qu’elle tente désespérément de noyer sous sa haine.
— Regarde-moi, Elara. Regarde ce que tu as provoqué.
D'une main libre, j'abaisse la fermeture éclair de mon pantalon. Le bruit du métal qui glisse est sec, définitif. Ma queue s'extrait de l'étoffe, raide, pulsante, déjà luisante d'un désir colérique. L'air frais de la pièce la saisit, mais c'est le souffle erratique d'Elara sur ma peau qui me fait tressaillir. Elle ne bouge pas. Elle fixe mon sexe comme si c'était un serpent prêt à la mordre.
— Ouvre.
C’est un ordre, pas une demande. Je serre un peu plus mon emprise sur ses cheveux, tirant jusqu’à ce qu’elle doive cambrer l’échine. Elle finit par obéir, ses lèvres tremblantes se séparant pour m’accueillir. Quand elle m’entoure enfin, la chaleur de sa bouche est un choc électrique. Elle est maladroite, hésitante, mais le contraste entre sa pureté de façade et la lubricité de l’acte est un poison délicieux.
Je ne la laisse pas diriger la danse. Je prends le contrôle, mes hanches imprimant un rythme lent, profond, cherchant à lui faire comprendre qu’ici, dans l’ombre de ces livres centenaires, elle n’est rien d’autre qu’un réceptacle pour ma rage. Je l’entends étouffer un gémissement contre moi, ses mains s'agrippant désespérément à mes cuisses, ses ongles griffant le tissu de mon pantalon.
— Voilà, chuchoté-je, ma voix n'étant plus qu'un grognement animal. Prends tout. Montre-moi à quel point tu peux être une bonne menteuse.
L'odeur de son parfum se mêle à celle de mon excitation, une fragrance entêtante de musc et de vanille. Je ferme les yeux un instant, savourant la succion de sa langue, le glissement humide de sa salive qui coule sur mes testicules. Je veux la briser. Je veux qu'elle se souvienne de ce goût chaque fois qu'elle essaiera de me regarder en face.
Le plaisir monte, brut, sans aucune finesse. C’est une pression insoutenable qui s’accumule dans mes reins. Ma main quitte ses cheveux pour s'écraser sur son visage, mes doigts s'enfonçant dans ses joues pour l'ouvrir encore plus, pour l'obliger à me prendre jusqu'à la gorge. Elle manque d'air, ses yeux roulent vers l'arrière, mais je m'en moque. Je ne cherche pas sa satisfaction, je cherche son abdication totale.
Le silence de la bibliothèque est maintenant déchiré par le bruit de nos chairs qui s'entrechoquent, par ses haut-le-cœur étouffés qui se transforment en une musique de soumission. Je sens les parois de sa gorge se contracter autour de moi, un étau brûlant qui me pousse vers le précipice.
— Regarde-moi, Elara ! ordonné-je à nouveau.
Elle lève ses yeux bleus vers les miens, une lueur de détresse mêlée à une jouissance interdite y brûle. C'est à cet instant précis que je lâche prise.
L’orgasme me frappe comme une décharge de plomb fondu. Je me cambre, mes muscles se tendant à rompre alors que je décharge mon foutre brûlant au fond de sa bouche, par vagues violentes et saccadées. Je ne m'arrête pas, je continue de la baiser avec mon sexe qui palpite, l'obligeant à tout avaler, à ne rien perdre de cette substance qui marque mon territoire dans ses entrailles.
Le silence revient d'un coup, lourd, pesant, entrecoupé seulement par ma respiration sifflante et ses sanglots secs.
Je me dégage avec une lenteur calculée, la laissant s’effondrer sur ses talons, le visage taché, les lèvres rougies et luisantes. Elle essuie sa bouche d'un revers de main tremblant, mais je vois bien qu'elle ne peut pas détacher son regard du mien. La lueur de défi a disparu. Il ne reste que la trace de ma possession.
Je remonte ma braguette, ajustant mes vêtements avec un calme qui contraste avec la violence de l'instant. Je me penche vers elle, saisissant son menton entre mon pouce et mon index, la forçant à lever le visage.
— La prochaine fois que tu penses pouvoir te jouer de moi, rappelle-toi le goût que j'ai, Elara.
Je lâche son visage avec mépris et me redresse. Sans un regard en arrière, je m'éloigne dans l'obscurité des rayons, mes pas résonnant sur le parquet froid. Je la laisse là, brisée et souillée au milieu de ses mensonges, dans l'ombre d'une vérité qu'elle ne pourra plus jamais fuir.
Le chapitre de l'innocence est définitivement clos. Bienvenue dans ma réalité.
La Première Règle
L’obscurité de Blackthorne n’est pas un simple manque de lumière ; c’est une entité vivante, épaisse comme du goudron, qui s’insinue dans les poumons et étouffe les cris avant même qu’ils ne franchissent les lèvres. Je la suivais à une distance calculée, un prédateur silencieux se fondant dans les ombres portées par les gargouilles de pierre qui ornent les bâtiments néo-gothiques du campus.
Elara marchait vite, ses épaules contractées, ses doigts crispés sur les lanières de son sac. Elle sentait ma présence. Elle ne savait pas encore que c’était moi, mais son instinct de survie — ce petit reste d'animal traqué qu'elle essayait désespérément de cacher sous ses airs de boursière studieuse — hurlait le danger. Chaque claquement de ses talons sur le pavé humide résonnait dans mes tripes comme un métronome. Je pouvais presque sentir l’odeur de sa peur, une effluve sucrée, mêlée à la pluie froide qui commençait à cingler l’asphalte.
Elle habitait un petit studio miteux en lisière du domaine, un bâtiment en briques rouges délavées qui jurait avec l’opulence insolente des manoirs de la Fraternité. Je me suis arrêté sous un réverbère défectueux, observant sa silhouette frêle monter les marches.
Elle ne se retourna pas. Trop pressée de s’enfermer. Trop pressée de se croire en sécurité.
Pauvre petite chose. Elle ne comprenait toujours pas que les murs ne sont des protections que pour ceux qui n'ont rien à se reprocher. Pour moi, ils n'étaient que des invitations.
Je contournai l’immeuble, mes bottes de cuir écrasant les feuilles mortes sans un bruit. Je levai les yeux vers le deuxième étage. Sa fenêtre. Comme chaque soir depuis une semaine, elle était entrouverte de quelques centimètres, laissant flotter un rideau de dentelle grise comme un drapeau de reddition. Elara avait besoin d’air, sans doute pour évacuer l’oppression de son passé, mais cette habitude était une faille. Une béance dans son armure que je m’apprêtais à exploiter.
L’ascension fut facile. Les corniches étaient solides, l’architecture ancienne offrant des prises parfaites pour quelqu’un qui avait passé sa jeunesse à escalader les interdits. En quelques secondes, je fus sur le rebord de pierre, accroupi comme une gargouille de chair et d’os.
À travers la vitre, je la voyais.
Elle avait jeté son sac sur la table en bois brut. Elle portait un pull en laine trop grand qui glissait sur une de ses épaules, révélant la nacre de sa peau et la finesse de sa clavicule. Elle ne m'avait pas entendu. Elle pensait être seule. Elle commença à défaire ses cheveux, les laissant tomber en cascade sombre sur son dos. Un frisson me parcourut l’échine, une décharge de pure possession. Je voulais enfoncer mes doigts dans cette masse soyeuse et lui rejeter la tête en arrière pour exposer la ligne délicate de sa gorge.
Je poussai lentement le battant de la fenêtre. Le gémissement du bois fut masqué par le grondement lointain du tonnerre. Je glissai à l’intérieur, mes pieds touchant le parquet grinçant avec une légèreté de spectre.
L’air de la pièce était imprégné d’elle. Un parfum de vieux papier, de vanille bon marché et de cette sueur froide qui perle sur sa peau quand elle croise mon regard en amphithéâtre. Je restai là, dans l’ombre du renfoncement de la fenêtre, observant le mouvement de ses hanches sous son jean serré alors qu’elle s’approchait de sa kitchenette pour remplir un verre d’eau.
Ma voix sortit de ma gorge, rauque, basse, une caresse de papier de verre.
— Tu ne fermes jamais cette fenêtre, Elara. C’est une invitation au viol, ou simplement un manque flagrant d’instinct de conservation ?
Elle sursauta si violemment que le verre lui échappa des mains. Il s’écrasa sur le sol dans un fracas cristallin, l’eau s'étalant autour de ses pieds nus comme une flaque de peur liquide. Elle se retourna, le souffle coupé, ses yeux dilatés par la terreur cherchant ma silhouette dans la pénombre.
— Evan… comment… qu’est-ce que tu fais ici ? bégaya-t-elle, sa main remontant instinctivement vers son col pour masquer sa peau.
Je fis un pas hors de l’ombre. La faible lumière de sa lampe de bureau sculptait les angles durs de mon visage, l’éclat sombre de mes yeux. Je ne lui laissai pas d'espace. Je m’avançai jusqu’à ce que je sois dans son périmètre personnel, sentant la chaleur qui se dégageait de son corps tremblant.
— Je te protège de ta propre stupidité, murmurai-je en réduisant encore la distance.
Je levai la main. Elle se figea, ses pupilles oscillant entre la fuite et la fascination. Mes doigts effleurèrent la mèche de cheveux qui barrait sa joue, descendant lentement vers l'angle de sa mâchoire. Sa peau était brûlante sous mon contact glacé. Je sentis le battement frénétique de son pouls sous mon pouce. Une souris entre les pattes d'un chat.
— Tu crois que ces murs te cachent ? Je t’ai suivie depuis Blackthorne Hall. J’ai vu chaque homme qui te dévorait du regard. J’ai vu comment tu baissais les yeux, comment tu pressais le pas. Et pourtant, tu rentres ici et tu laisses la porte de ta cage grande ouverte.
Je resserrai ma prise sur sa mâchoire, l'obligeant à lever le visage vers le mien. Ses lèvres s'entrouvrirent, un petit gémissement de détresse — ou d'autre chose, quelque chose de plus sombre — s'échappant de sa bouche. Je pouvais sentir son souffle court s'écraser contre mes lèvres. L'odeur de sa terreur se transformait, s'épaississait, se teintant de l'arôme métallique de l'excitation.
— Je déteste le désordre, Elara, repris-je, ma voix tombant d'une octave, devenant un grondement guttural contre son oreille. Et ton insouciance est un désordre que je vais corriger. Maintenant.
Je la poussai contre le plan de travail, mes hanches s'écrasant contre les siennes, verrouillant son corps frêle contre le bois dur. Elle était piégée entre ma masse et les débris de verre au sol. Ses mains vinrent s'appuyer contre mon torse, non pas pour me repousser, mais pour se stabiliser, ses ongles s'enfonçant légèrement dans le tissu de ma chemise noire.
— On va instaurer une règle, petite boursière. La première de nombreuses autres.
Je descendis ma main vers sa taille, mes doigts s'ancrant dans le denim de son jean, tirant le tissu pour qu'elle sente chaque centimètre de ma dureté contre son ventre. Son souffle se fit plus saccadé, ses seins se soulevant contre ma poitrine dans un rythme erratique.
— Tu vas verrouiller cette fenêtre chaque soir, dès que tu passes le pas de cette porte. Tu vas te barricader comme si le diable lui-même essayait d'entrer. Parce que si tu ne le fais pas…
Je me penchai, ma langue venant lécher le lobe de son oreille avant que mes dents ne s'y plantent avec une cruauté calculée. Elle laissa échapper un cri étouffé, son corps se cambrant contre le mien dans un spasme involontaire.
— … si tu ne le fais pas, c’est moi qui entrerai. Et je te garantis que tu regretteras la sécurité des ombres du campus. Est-ce que c'est clair ?
Le silence qui suivit ma menace fut plus lourd que l’air poisseux de cet appartement minuscule. J’entendais son cœur. Un galop effréné, une bête prise au piège qui percute les parois de sa cage thoracique avec une violence désespérée. J’aimais ce son. C’était le tambour de ma victoire, la preuve que chaque mot, chaque pression de mon corps contre le sien, l’écorchait vive.
Elle ne répondit pas tout de suite. Ses doigts, crispés sur mes épaules, tremblaient. Je sentais la chaleur de sa peau à travers le coton fin de son débardeur, une chaleur qui contrastait avec le froid de la nuit qui s’engouffrait encore par la fenêtre béante.
— Est-ce que c’est clair, Elara ? répétai-je, ma voix n'étant plus qu'un grondement sourd, vibrant directement contre son cou.
Je ne desserrai pas ma prise. Au contraire, j'ancrai mes doigts plus profondément dans ses hanches, mes phalanges s'enfonçant dans la chair tendre, marquant mon territoire. Je voulais qu'elle garde la trace de mes mains demain matin. Je voulais qu'en se douchant, elle voie les rougeurs et qu'elle se rappelle exactement à qui elle appartenait dans l'ombre.
— Oui… souffla-t-elle enfin.
C’était un murmure brisé, presque inaudible. Pas assez pour moi.
— « Oui » quoi ?
Je relevai la tête pour plonger mes yeux dans les siens. Ses pupilles étaient dilatées, dévorant l'iris clair, noyées dans un mélange de terreur pure et de quelque chose de plus sombre, de plus viscéral qu'elle refusait encore d'admettre. Ses lèvres, entrouvertes, appelaient l'air qui lui manquait. Elles étaient humides, rouges d'avoir été mordues par ses propres dents quelques instants plus tôt.
— Oui, Evan. Je… je la fermerai.
— Bien.
Je ne reculai pas. L’espace entre nous était inexistant, une friction constante qui commençait à embraser mon sang. Je lâchai sa taille pour remonter ma main sous son débardeur. Ma paume, calleuse, glissa sur la soie de son ventre, provoquant un tressaillement violent qui la fit se cambrer davantage contre moi. Elle essaya de retenir un gémissement, mais il mourut dans sa gorge en un petit bruit étouffé, pathétique et excitant.
Ma main continua son ascension, lente, tortionnaire. Je voulais compter chaque côte, sentir chaque frisson qui agitait sa peau de porcelaine. Quand mes doigts effleurèrent la dentelle de son soutien-gorge, sa respiration s'arrêta net.
— Tu as le cœur qui bat si vite, petite boursière, murmurai-je en fixant ses yeux qui papillonnaient. On dirait que tu vas exploser. Est-ce que c’est la peur ? Ou est-ce que c’est le fait que tu n’as jamais laissé un monstre comme moi s'approcher d'aussi près de ton petit monde parfait ?
Je ne lui laissai pas le temps de répondre. J'écrasai brutalement ma bouche contre la sienne. Ce n'était pas un baiser. C'était une invasion. Je voulais lui prendre son souffle, lui imposer mon goût, ma domination. Ma langue força le passage, explorant sa cavité buccale avec une autorité sauvage, tandis que ma main libre s'engouffrait dans ses cheveux pour lui renverser la tête en arrière, exposant la courbe fragile de sa gorge.
Elle laissa échapper un gémissement rauque, ses mains quittant mes épaules pour venir s'agripper à mes poignets, oscillant entre l'envie de me repousser et celle, plus instinctive, de me rapprocher encore. Je sentais ses tétons durcir à travers le tissu, pointant contre mon torse, trahissant son corps alors que son esprit criait probablement au secours.
Je descendis mes baisers le long de sa mâchoire, marquant sa peau de suçons profonds, de morsures légères qui la faisaient haleter. L'odeur de son parfum — quelque chose de floral et d'innocent — se mélangeait à l'odeur de ma propre excitation, un musc lourd qui emplissait mes narines.
— Regarde-moi, ordonnai-je en me redressant légèrement, mes doigts s'enfonçant dans ses joues pour forcer son regard à croiser le mien.
Elle obéit, les yeux embués, le visage rougi par l'effort de respirer. Elle était magnifique dans sa détresse.
— Tu crois que parce que tu étudies tard à la bibliothèque et que tu obtiens les meilleures notes, tu es à l'abri ? Tu crois que les murs de cette boîte à chaussures te protègent ?
Je descendis ma main vers le bouton de son jean, le faisant sauter d'un coup sec. Le bruit du métal contre le métal résonna comme un coup de feu dans la pièce silencieuse. Je vis l'éclair de panique pure traverser son regard, mais je ne m'arrêtai pas. Je descendis la fermeture éclair avec une lenteur calculée, le curseur grinçant contre les dents de fer.
— Ce soir, je suis entré par cette fenêtre parce que tu as été négligente, continuai-je, ma voix devenant de plus en plus rauque alors que je glissais ma main à l'intérieur de son denim, sentant la chaleur moite qui émanait d'elle. Mais la prochaine fois, Elara… la prochaine fois, ce ne sera pas pour te donner une leçon de sécurité.
Mes doigts effleurèrent le bord de sa culotte en coton, s'attardant sur la courbe de son mont de Vénus. Elle ferma les yeux, sa tête retombant contre le mur, un long frisson parcourant tout son corps alors que je commençais à exercer une pression circulaire, juste là où elle était déjà trempée.
— Je veux t'entendre me supplier de fermer cette fenêtre, dis-je en me penchant pour lécher la goutte de sueur qui perlait à sa tempe. Je veux que tu me dises à quel point tu as besoin que je te verrouille ici, avec moi.
Son bassin donna un coup involontaire contre ma main, un mouvement de recherche pur, animal. Elle n'était plus la boursière modèle. Elle n'était plus qu'un nerf à vif sous mes doigts.
— Evan… s'il te plaît…
— « S'il te plaît » quoi, Elara ? Dis-le. Dis-moi ce que tu veux que je te fasse maintenant que je suis là, dans ton sanctuaire, et que personne ne peut t'entendre crier.
Je sentis son humidité traverser le tissu fin, une preuve flagrante de sa trahison. Elle me haïssait, j'en étais certain, mais son corps, lui, réclamait le chaos que je lui offrais. J'enfonçai un doigt sous l'élastique de sa lingerie, testant sa résistance, savourant le spasme qui secoua ses cuisses alors que je touchais enfin sa peau nue, brûlante et prête.
Le jeu ne faisait que commencer. Et j'avais bien l'intention de savourer chaque seconde de sa déchéance.
L’élastique de sa dentelle fine céda sous la pression de mes phalanges, révélant l’intimité qu’elle avait si soigneusement tenté de protéger sous ses airs de sainte nitouche. Je ne m’arrêtai pas à la frontière de sa peau. Je voulais le centre, le cœur de son incendie.
— Tu es tellement trempée, Elara. C’est indécent.
Je fis glisser mon majeur le long de sa fente, lentement, pour sentir chaque pli, chaque ride de chair qui se contractait à mon contact. Le liquide qui s’en échappait était chaud, visqueux, une traînée de sève brûlante qui maculait mes doigts. Elle laissa échapper un sanglot étouffé, sa tête basculant en arrière contre mon épaule, m’offrant la courbe vulnérable de son cou. Je n’eus aucune pitié. Je mordis la peau tendre à la jonction de son épaule, marquant mon territoire tandis que je cherchais son clitoris.
Quand je le trouvai, dur et palpitant sous mon pouce, elle poussa un cri qui se perdit dans la pénombre de la pièce. Son bassin se souleva, cherchant désespérément plus de pression, plus de cette douleur exquise que je lui infligeais.
— Regarde-moi, ordonnai-je d'une voix rauque, collée à son oreille. Regarde ce que tu es devenue.
Je tournai brusquement son visage vers moi, forçant ses yeux embrumés de larmes et de désir à rencontrer les miens. Je ne vis pas de haine, ou alors elle était noyée sous une luxure si primitive qu’elle m’en donna le vertige. Sans cesser de la fixer, j'enfonçai deux doigts en elle d’un coup sec.
Elle se cambra violemment, ses ongles s'ancrant dans mes avant-bras, labourant ma peau. C’était serré, une étreinte de chair qui refusait de me lâcher, m’aspirant plus profondément à chaque mouvement. Je me mis à les bouger, un va-et-vient brutal, sans aucune finesse. Le bruit était obscène — le claquement de ma paume contre ses fesses, le son spongieux et humide de mes doigts labourant son antre.
— Tu aimes ça, n'est-ce pas ? murmurai-je contre ses lèvres, savourant le goût de son souffle court. Tu aimes que je te traite comme la petite chienne que tu caches sous tes bouquins de droit.
— Evan… s’il te plaît… je vais…
Elle n’eut pas le temps de finir. Je pressai mon pouce avec force sur son bouton de chair tandis que mes doigts à l'intérieur s'écartaient pour l'ouvrir davantage, la déchirant presque de plaisir. Son corps se raidit. Je sentis les parois de son sexe se contracter par vagues spasmodiques autour de ma main, l'aspirant dans un spasme interminable. Ses yeux se révulsèrent, et elle s’effondra contre moi, ses jambes ne la portant plus. Elle se vida sur mes doigts, une chaleur poisseuse qui coula le long de mon poignet, imbibant la manche de ma chemise noire.
Je la retins par la taille, mon autre main toujours enfoncée en elle, profitant de chaque tressaillement de son orgasme qui s'éteignait lentement. Son souffle était erratique, de petits gémissements pathétiques s'échappant de ses lèvres entrouvertes. Elle était détruite, offerte, exactement là où je la voulais.
Je retirai mes doigts avec une lenteur calculée, savourant le bruit de succion que fit sa chair en me libérant. Je portai ma main à mon visage, observant le mélange de son humidité et de mon propre sang là où elle m'avait griffé. Puis, sans quitter ses yeux écarquillés de honte et d'effroi, je léchai mes doigts un à un, m’imprégnant de son goût — un mélange de sel, de musc et de soumission.
— Tu as une saveur délicieuse quand tu renonces, Elara.
Je la repoussai doucement vers son lit, la laissant retomber sur les draps froissés. Elle semblait minuscule, ses vêtements en désordre, ses cuisses encore tremblantes et maculées de ses propres fluides. Je me redressai, réajustant ma veste avec une froideur chirurgicale qui contrastait avec l'animalité de ce qui venait de se passer.
Je me dirigeai vers la fenêtre, celle-là même par laquelle j’étais entré. Je posai la main sur le loquet, mais je ne le fermai pas. Je me retournai une dernière fois pour la voir, gisant là, brisée et magnifique sous la lumière de la lune.
— La règle, Elara, rappelai-je, ma voix n'étant plus qu'un grondement sombre. Demain soir, je ne veux pas avoir à entrer. Je veux que tu m’attendes, la porte verrouillée, mais ton esprit grand ouvert. Si je retrouve cette fenêtre ouverte, je ne me contenterai pas de mes doigts.
Je vis le frisson qui parcourut tout son corps, une décharge électrique qui la fit se recroqueviller. Elle ne répondit pas, mais je n'en avais pas besoin. Son silence était son consentement.
Je sortis par le cadre de bois, glissant dans l'ombre de la ruelle avec l'aisance d'un prédateur qui sait qu'il a déjà gagné. Derrière moi, j'entendis enfin le déclic métallique du verrou que l'on tourne.
Trop tard, ma douce. Le loup est déjà dans la bergerie. Et il a faim.
FIN DU CHAPITRE.
L'Ombre Invisible
La pluie de Blackthorne n’est pas une simple averse ; c’est un linceul liquide qui s’abat sur les flèches gothiques de l’université, lavant les péchés superficiels pour mieux révéler la crasse qui s'incruste dans les pierres millénaires. Assis dans le cuir craquelé de mon fauteuil, dans l’ombre épaisse de mon bureau privé, je savourais le silence. La seule lumière provenait de la lueur bleutée de mes écrans de contrôle et du rougeoiement de la braise de mon cigare, dont l’odeur de tabac froid et de vieux papier me servait d’ancre.
J’observais le petit point GPS sur mon moniteur. Elara.
Elle était dans sa chambre de boursière, sans doute recroquevillée sur ses livres, cherchant une salvation que ces murs ne lui offriraient jamais. Je savais exactement à quel moment son cœur allait rater un battement. Je connaissais la seconde précise où l’illusion de sa sécurité volerait en éclats.
Puis, le signal est arrivé. Un ping discret sur mon propre système. Le message anonyme que j’avais laissé filtrer jusqu’à son téléphone venait d’être délivré.
*« Je vois tout, Elara. Surtout ce que tu caches sous ta peau de sainte. »*
Je me penchai en avant, mes doigts effleurant mes lèvres. L'attente est la partie la plus exquise de la chasse. Ce moment où la proie réalise que les ronces se referment. J’écoutais, presque capable d’entendre son souffle court à travers les kilomètres de fibre optique qui nous séparaient.
Il ne fallut pas dix minutes avant que le bruit de ses pas pressés ne résonne dans le couloir désert menant à mes appartements. Un martèlement irrégulier, désespéré. Elle ne s’était même pas donné la peine de frapper avec élégance. Elle tambourinait contre le chêne massif, un son de chair contre bois qui me fit bander instantanément. Cette urgence, ce besoin viscéral de se jeter dans la gueule du loup parce que la forêt lui faisait trop peur… c’était délicieux.
— Entre, Elara, dis-je d’une voix basse, que je savais porter à travers la porte.
Elle entra comme une bourrasque. Elle était trempée. Son trench-coat beige collait à sa silhouette frêle, et ses cheveux châtains, alourdis par la pluie, encadraient un visage d'une pâleur de craie. Ses yeux, d'un bleu d'orage, étaient dilatés par la terreur. Elle tremblait si fort que je pouvais entendre ses dents s'entrechoquer.
— Evan… murmura-t-elle, sa voix se brisant sur mon prénom.
Elle serrait son téléphone contre sa poitrine comme une relique sacrée, ou une grenade prête à exploser. Elle fit trois pas dans la pièce, s’arrêtant dans le cercle de lumière mourante de ma lampe de bureau. L’odeur de l’ozone et de la pluie m’atteignit, mêlée à son parfum habituel de vanille et de peur. Une combinaison enivrante.
— Tu as l'air d'avoir vu un fantôme, dis-je sans bouger d’un millimètre.
Je la détaillai avec une lenteur prédatrice. Le tissu humide de son chemisier blanc était devenu presque transparent sous son manteau ouvert, révélant la dentelle bon marché de son soutien-gorge et la pointe de ses tétons durcis par le froid et l’adrénaline. Elle ne s’en rendait même pas compte. Elle était trop occupée à mourir intérieurement.
— J’ai reçu… j’ai reçu ça, bégaya-t-elle en me tendant l’appareil d’une main tremblante. Quelqu’un sait, Evan. Quelqu’un sait pour… pour la nuit dernière. Pour ce que tu m’as fait faire.
Je me levai lentement. Ma haute silhouette projeta une ombre immense sur elle, l’engloutissant tout entière. Je ne pris pas le téléphone. À la place, je réduisis la distance entre nous jusqu’à ce que je sente la chaleur erratique qui émanait de son corps en crise.
— Ce que je t’ai *fait* faire ? répétai-je en laissant ma voix descendre d’un octave, une vibration sourde qui la fit frissonner de l’échine jusqu’aux reins. Tu as une mémoire bien sélective, petite boursière. Il me semble que tes doigts étaient bien plus impatients que les miens.
Je posai ma main sur sa gorge, pas pour l’étrangler, mais pour sentir le galop effréné de son pouls sous ma paume. Sa peau était glacée, mais là, juste sous l’artère, c’était un incendie. Elle ferma les yeux, sa tête basculant légèrement en arrière sous ma pression, un geste de soumission inconscient qu’elle détestait sûrement, mais auquel elle ne pouvait échapper.
— Regarde-moi, Elara.
C’était un ordre. Elle obéit, les cils encore perlés de gouttes de pluie.
— Tu penses que je ne suis pas au courant ? Tu penses que quoi que ce soit se passe dans cette université sans que mon nom n’y soit rattaché d’une manière ou d’une autre ?
Ses lèvres s’entrouvrirent, laissant échapper un gémissement étouffé. Elle comprit l’implication en une seconde. La réalisation l’atteignit comme une gifle physique.
— C’était… c’était toi ? Tu m’as envoyé ça ? Pourquoi ?
Sa voix était un souffle erratique. Je glissai ma main de sa gorge vers sa nuque, mes doigts s’emmêlant dans ses cheveux mouillés pour forcer son visage vers le mien. Je pouvais sentir son souffle chaud, chargé de panique, contre mes lèvres.
— Parce que tu commençais à croire que tu pouvais respirer sans moi, chuchotai-je contre sa bouche. Parce que j’aime voir tes yeux quand tu réalises que nulle part, absolument nulle part, tu n’es à l’abri de mon regard. Tu voulais la sécurité, Elara ? La voilà. Elle a un prix, et ce prix, c’est ta destruction totale.
Je sentis une larme rouler sur sa joue pour venir s’écraser sur mon pouce. Elle ne recula pas. Au contraire, elle s’appuya contre moi, ses mains s’agrippant désespérément aux revers de ma veste de costume. Elle était brisée, terrifiée, et pourtant, je sentais son bassin chercher instinctivement le mien, une réponse animale à la domination que j'exerçais.
— S’il te plaît, Evan… aide-moi.
— Je vais faire bien plus que t’aider, ma douce. Je vais te posséder si violemment que tu oublieras ton propre nom. Mais d’abord… enlève ce manteau. Tu trembles. Et je déteste le gaspillage de chaleur.
Je relâchai la pression sur sa nuque, mais restai si près qu'elle pouvait sentir la dureté de mon désir contre son ventre. Le jeu ne faisait que commencer, et la nuit à Blackthorne promettait d'être longue, sombre et délicieusement cruelle.
Elle m’obéit. Ses doigts, fins et agités de spasmes incontrôlables, luttèrent un instant avec la fermeture éclair de son manteau de laine. Le bruit du curseur qui descendait lentement dans le silence pesant de la pièce me fit l’effet d’un déchirement. Je ne la quittais pas des yeux, savourant chaque seconde de sa soumission forcée. Quand le vêtement glissa de ses épaules pour s’effondrer au sol, elle se retrouva en simple robe de soie légère, une étoffe presque transparente qui trahissait l'érection de ses tétons sous le froid et la peur.
Elle était magnifique dans sa détresse. Une petite chose fragile prise au piège dans l’antre du loup.
— Approche, ordonnai-je d'une voix qui n'était plus qu'un grognement sourd.
Elle fit un pas, puis deux, ses talons claquant faiblement sur le parquet sombre. Je ne lui laissai pas le temps de finir son trajet. J’avançai d’un bond, mes mains s'emparant de sa taille pour la soulever et la percuter contre le rebord de mon bureau en acajou. Le choc lui arracha un cri étouffé, une plainte qui se perdit dans ma bouche alors que je l’écrasais sous mon poids.
Je ne l’embrassai pas avec tendresse. Ce n’était pas un baiser, c’était une invasion. Mes dents mordirent sa lèvre inférieure jusqu’à ce que je sente le goût métallique du sang sur ma langue. Elle gémit, un son étranglé, un mélange de terreur et d’une excitation honteuse qu’elle ne parvenait plus à masquer. Ses jambes s’ouvrirent d’elles-mêmes, cherchant à s’enrouler autour de mes hanches, une réaction purement animale à l’agression de mes sens.
— Regarde-moi, Elara.
Je reculai juste assez pour plonger mes yeux dans les siens, noyés de larmes et de désir brut. Ma main droite descendit le long de sa gorge, pressant légèrement sa trachée pour lui rappeler qui tenait sa vie entre ses doigts, avant de glisser plus bas, sous la soie de sa robe. Ma paume remonta lentement le long de sa cuisse galbée, rencontrant la dentelle de son porte-jarretelles. La peau était brûlante, presque fiévreuse.
— Tu es trempée, murmurai-je contre son oreille, sentant l'odeur de son sexe monter jusqu'à moi, un parfum musqué qui réveilla mes instincts les plus sombres. Ton harceleur te terrifie, mais l'idée que je te détruise te fait mouiller, n'est-ce pas ?
— Evan… non… ce n’est pas…
— Ne me mens pas. Je sens ton cœur cogner contre ma poitrine comme un oiseau en cage. Je sens la chaleur qui s'échappe d'entre tes jambes.
Je plongeai mes doigts sans ménagement dans l’échancrure de sa culotte. Elle était inondée. Le liquide séminal, chaud et glissant, enrobait déjà mes phalanges. Je n’y allai pas avec douceur. Je voulais qu’elle sente chaque centimètre de mon intrusion, chaque mouvement brusque de mes doigts qui exploraient son intimité avec une autorité brutale. Je cherchai son clitoris, le pressant avec une force qui la fit se cambrer violemment, sa tête basculant en arrière, révélant la ligne tendue de son cou.
— Tu m’appartiens, Elara. Dans l’ombre ou dans la lumière, il n’y a plus que moi. Ce message que tu as reçu… ce n’est rien comparé à ce que je vais te faire subir pour te protéger.
Je libérai ma main, laissant les traces de son excitation briller sur mes doigts à la lueur des bougies. Sans la quitter des yeux, je portai ma main à ma bouche et léchai lentement le fluide visqueux, savourant son goût sucré et sauvage. Le regard d’Elara s'élargit, ses pupilles dilatées par un mélange de choc et de luxure absolue.
— Tu as faim, ma douce ? fis-je avec un sourire cruel.
Je déboutonnai mon pantalon d'un geste sec. Ma virilité jaillit, sombre et pulsante, tendue à rompre. Je la pris par la nuque, forçant son visage à descendre vers mon entrejambe, tandis que mon autre main relevait brutalement sa robe jusqu’à sa taille. Je ne voulais pas seulement son corps, je voulais sa dévotion totale, sa déchéance.
Je la fis pivoter sur le bureau, face contre le bois froid, ses fesses offertes et soulevées vers moi. Le contraste entre sa peau diaphane et le bois sombre était insoutenable. Je sentais la sueur perler sur mon front, l’adrénaline transformant mon sang en plomb fondu.
— Tu voulais la sécurité, n’est-ce pas ? répétai-je en frappant l'une de ses fesses d'un coup sec qui laissa une marque pourpre instantanée. La sécurité a une odeur, Elara. C’est celle de ma semence et de ta sueur.
Je me positionnai entre ses cuisses, sentant le contact électrique de mon membre contre son entrée déjà béante. Elle tremblait si fort que le bureau en vibrait. Ses mains griffaient le bois, cherchant une prise qu’elle ne trouvait pas.
— S'il te plaît... Evan... maintenant...
— Pas encore. Je veux que tu supplies. Je veux que tu me dises que tu préfères mourir de ma main plutôt que de vivre sans mon ombre sur toi.
Je glissai la pointe de mon sexe contre son ouverture, jouant avec les replis de sa chair trempée, la provoquant, la torturant par cette proximité insoutenable sans jamais lui donner la libération qu'elle réclamait à grands cris étouffés. Je sentais ses muscles vaginaux se contracter par spasmes, cherchant à m'aspirer, à combler le vide que je maintenais avec une cruauté calculée.
Le silence de la pièce n'était plus rompu que par nos respirations saccadées et le bruit mouillé de mes frottements contre elle. J’étais le prédateur, elle était la proie consentante, et la forêt de Blackthorne semblait hurler sa soif de sang et de sexe autour de nous.
— Dis-le, ordonnai-je en enfonçant un doigt dans son anus avec brusquerie pour la faire tressaillir. Dis-moi que tu n’es plus qu’à moi.
— Je suis à toi… Evan… fais-moi tienne… détruis-moi…
Un grognement sauvage s'échappa de ma gorge. Je ne pouvais plus reculer. L'animal en moi avait pris le dessus, et la douceur n'avait plus sa place dans cette pièce. Je saisis ses hanches avec une telle force que mes doigts s'ancrèrent dans sa chair, et d'un coup de rein dévastateur, je m'enfonçai en elle jusqu'à la garde.
Son cri de douleur mêlé de pur plaisir se perdit contre mon épaule alors que je la clouais littéralement au matelas. L’impact de ma chair contre la sienne résonna dans la chambre comme un coup de tonnerre. C’était violent, sans artifice, une collision de deux êtres que tout aurait dû séparer. Je sentais son sexe, étroit, brûlant, se déchirer presque sous la poussée de ma virilité. Elle était si serrée que chaque millimètre regagné en elle m’arrachait un grognement de bête.
Je restai là, immobile un instant, enfoncé jusqu’à la racine, savourant l’étau de ses muscles vaginaux qui pulsaient autour de moi, essayant d’expulser ou de digérer l’intrus. Son visage était renversé en arrière, ses yeux révulsés, ses lèvres entrouvertes laissant échapper un filet de salive et de gémissements ininterrompus.
— Regarde-moi, Elara. Regarde qui te détruit, grognai-je en saisissant sa mâchoire pour la forcer à croiser mon regard.
Ses pupilles étaient dilatées par le choc et l’adrénaline. Elle ne voyait plus rien, elle ne ressentait plus que moi. Je retirai lentement, très lentement, mon sexe de son corps, sentant les parois de son vagin s’accrocher à moi, aspirer ma peau comme si elle refusait de me laisser partir. Puis, sans prévenir, je frappai de nouveau. Un coup de rein sec, profond, qui fit claquer ses hanches contre le bois du lit.
— Encore… Evan… pitié… m’implora-t-elle dans un souffle saccadé.
Je n’avais aucune intention d’avoir pitié. Je voulais la marquer, l'imprégner de mon odeur, de ma violence, pour que l’ombre qui la menaçait dans ses messages comprenne qu’il n’y avait plus de place pour personne d’autre en elle. Je pris ses jambes et les rabattis violemment sur mes épaules, m’ouvrant un accès total, indécent, à son intimité.
Le rythme s'accéléra. Je devins une machine de guerre. À chaque va-et-vient, le bruit de nos corps qui s’entrechoquaient — ce claquement humide et sourd — emplissait la pièce. La sueur commençait à perler sur mon front, tombant en gouttes lourdes sur sa poitrine qu’elle offrait, arquée par l’extase. Je la pilonnais sans relâche, mes doigts toujours enfoncés dans sa chair, mon pouce venant broyer son clitoris à chaque poussée pour la pousser au bord du gouffre.
— Tu sens ça ? murmurai-je à son oreille, ma voix n'étant plus qu'un râle rauque. Tu sens comment je te possède ? Celui qui t’écrit ces messages… il ne t'aura jamais comme ça. Il ne saura jamais quel goût tu as quand tu te vides.
Ses mains cherchèrent désespérément prise sur les draps, les griffant, les déchirant presque. Elle était en train de basculer. Je sentais les contractions de son orgasme monter, cette onde de choc qui partait de son centre pour irradier tout son corps. Ses muscles pelviens commencèrent à se crisper frénétiquement autour de mon membre, me mordant avec une intensité insoutenable.
Je ne retins plus mes coups. Chaque poussée était une agression consentie, un assaut visant à la briser. L'odeur de notre sexe, lourde, musquée, entêtante, nous enivrait. Je n’étais plus Evan, l’homme au passé trouble, j’étais le propriétaire de cette femme, son bourreau et son seul refuge.
— Je viens… Evan ! Je… AH !
Elle hurla mon nom au moment où son corps se tendit comme un arc. Son sexe m’explosa littéralement autour de la verge, des vagues de chaleur humide m'inondant tandis qu'elle sombrait dans le plaisir pur. Le spectacle de son agonie voluptueuse acheva de me faire perdre la raison. Mon propre plaisir, sauvage, irrépressible, remonta de mes reins comme une lave incandescente.
Je saisis ses cheveux, tirant sa tête en arrière pour exposer sa gorge, et je m’enfonçai une dernière fois, de toutes mes forces, cherchant à toucher son âme. Mon foutre jaillit en jets brûlants au plus profond de ses entrailles, une décharge électrique qui me fit trembler de tous mes membres. Je vidai tout en elle, jusqu’à la dernière goutte, mon corps s’écrasant sur le sien, nos cœurs battant à l’unisson contre nos cages thoraciques dévastées.
Le silence retomba sur la chambre, seulement troublé par nos souffles courts et le bruit de la pluie qui recommençait à frapper contre les vitres. Je restai là, pesant de tout mon poids sur elle, mon sexe encore pulsant à l'intérieur du sien, la gardant captive de mon étreinte.
Elle était trempée de sueur, la peau rougie par mes mains et mes morsures, les yeux perdus dans le vague. Elle avait cherché la protection contre une ombre invisible, et elle était tombée dans les griffes d’un monstre bien réel.
Je me redressai lentement, me retirant d'elle dans un bruit de succion obscène. Du foutre et du suc s’écoulèrent de son entrejambe sur les draps souillés, témoignant du carnage charnel qui venait d'avoir lieu. Elle ne bougeait pas, semblant flotter entre deux mondes.
Je ramassai mon pantalon, l’enfilant sans quitter des yeux son corps brisé et magnifique. Je m’approchai de son oreille, ma voix redevenue froide, glaciale, bien que mon sang bouillonne encore.
— Dors, Elara. L’ombre ne viendra pas cette nuit. Elle sait que tu es déjà occupée.
Je quittai la pièce sans un regard en arrière, refermant la porte sur la proie que je venais de revendiquer. Le jeu ne faisait que commencer, et Blackthorne n’avait pas encore fini de réclamer son dû.
FIN DU CHAPITRE.
Le Gage
Le clic de la serrure résonne dans le couloir désert comme un coup de feu étouffé. Je reste là, immobile contre le bois froid de la porte, les poumons encore brûlants de l'air saturé de son sexe et de sa détresse. La pluie frappe contre les vitraux du couloir avec une violence métronomique, des milliers de doigts liquides cherchant à entrer. Je suis torse nu, ma peau encore poisseuse de sa sueur, de la mienne, et des fluides qui marquent son corps là-dedans, sur les draps qu'on a mis en lambeaux.
Je l'imagine, allongée dans la pénombre, les membres lourds, la trace de mes dents encore pourpre sur l'attache de son cou. Elle est entre deux mondes, brisée et pourtant plus vivante qu'elle ne l'a jamais été sous mon poids. Elle croit que le silence qui suit l'orage est une trêve. Elle se trompe. Le silence n'est que l'espace où je planifie ma prochaine incursion.
*
Quelques heures plus tard, l'atmosphère a changé, mais la tension, elle, a simplement changé de forme. Elle est devenue solide, étouffante.
La salle de séminaire du département de Droit de Blackthorne est une relique d'un autre siècle : boiseries sombres, plafonds à caissons et une odeur persistante de vieux papier et de privilèges rances. Nous ne sommes que six autour de la table massive en chêne. Le professeur Sterling, un homme dont l'âme a été desséchée par des décennies de jurisprudence, pérore sur l'éthique du pouvoir. Quelle ironie.
Je suis assis en bout de table, ma chemise blanche impeccablement repassée, les boutons de manchette en argent brillant sous la lumière blafarde des lustres. Je suis l'image même de l'héritier parfait, calme, analytique. Mais sous la table, mes jambes sont tendues, mes muscles impatients.
Elara est arrivée en retard. Elle a glissé dans la pièce comme une ombre, cherchant la chaise la plus éloignée, le coin le plus sombre. Elle porte un pull à col roulé gris anthracite, une armure de laine qui monte jusqu'à sa mâchoire. Elle pense cacher les stigmates de notre nuit. Elle pense que si elle ne me regarde pas, je n'existe plus.
— Mademoiselle Vance, dis-je d'une voix traînante, coupant net le monologue de Sterling.
Elle tressaille. Son stylo manque de lui échapper. Elle lève enfin les yeux vers moi, et je vois ce que je cherchais : cette lueur de terreur pure mêlée à une fascination qu'elle déteste. Ses pupilles sont dilatées, l'écho de l'orgasme que je lui ai arraché il y a quelques heures encore gravé dans son regard.
— Il reste une place ici, continué-je en désignant la chaise immédiatement à ma droite. À côté de moi.
Le silence retombe, lourd comme une chape de plomb. Sterling fronce les sourcils mais ne dit rien. À Blackthorne, on ne contredit pas un Rook, même quand il décide de bousculer l'étiquette.
— Je suis très bien ici, murmure-t-elle, sa voix n'est qu'un souffle éraillé.
Je souris, mais mes yeux restent froids, prédateurs.
— Ce n'était pas une suggestion, Elara. Nous traitons de la possession et de la propriété légale aujourd'hui. Je pense que votre perspective nous sera… indispensable.
Elle sait ce que ce ton signifie. C'est le "Gage". Le prix à payer pour mon silence, pour sa bourse, pour sa survie dans cette fosse aux lions. Elle se lève, les jambes tremblantes, et chaque pas qu'elle fait vers moi semble être un sacrifice. Elle s'assoit, l'épaule à quelques centimètres de la mienne. Je sens sa chaleur, cette odeur de savon bon marché qui essaie désespérément de masquer l'odeur musquée de mon marquage.
Sterling reprend son cours, mais pour moi, le monde s'est réduit à cet espace sous la nappe en feutre vert qui recouvre la table.
Je pose ma main sur la table, bien en vue, jouant avec un stylo plume en or. Mais mon autre main, la gauche, descend lentement dans l'ombre.
Elle se fige quand elle sent le bout de mes doigts effleurer le tissu de son pantalon en toile, juste au-dessus du genou. Elle inspire brusquement par le nez, ses doigts se crispant sur son carnet.
— Comme je le disais, continue Sterling, la souveraineté est une illusion si elle n'est pas défendue par la force.
Je fais remonter ma main. Lentement. Millimètre par millimètre. Je sens la tension de ses muscles, la résistance de sa chair sous le tissu. Elle essaie de rester de marbre, le dos droit, les yeux fixés sur le tableau noir, mais une mèche de cheveux s'est collée à sa tempe, humide de la sueur froide qui commence à perler.
Ma main atteint l'intérieur de sa cuisse. C'est là que la chaleur est la plus forte. C'est là que je sais qu'elle est vulnérable. Je presse la pulpe de mon pouce contre le muscle tendre, une pression ferme, possessive. Je sens son souffle se saccader. Elle sait ce qui vient. Elle sait que je vais tester ses limites ici même, devant tout le monde, dans ce sanctuaire de la pensée académique qui n'est pour moi qu'un terrain de chasse.
Je rapproche ma chaise de la sienne, nos genoux se heurtant sous la nappe. Je me penche vers elle, feignant de regarder ses notes, mon souffle effleurant son oreille.
— Reste immobile, Elara, murmuré-je, si bas que seul le sang qui cogne dans ses tempes peut m'entendre. Si tu bouges, si tu émets un seul son, je montre à toute cette pièce ce que j'ai écrit sur ta peau cette nuit.
Ma main glisse plus haut, là où les coutures se rejoignent, là où le danger devient charnel. Je sens l'humidité qui commence déjà à trahir sa peur... ou son désir. Le jeu commence vraiment maintenant. Elle est ma proie, et cette table est mon autel.
Le ronronnement monotone du professeur Marchand sur l’éthique néolibérale n'est qu'un bruit de fond, un bourdonnement d'insecte insignifiant comparé au séisme qui secoue le corps d'Elara juste à côté de moi. Sous le lin blanc de la nappe, l'air est lourd, saturé de l'odeur de son parfum floral qui vire à l'amertume sous l'effet de l'adrénaline.
Je sens son muscle fessier se contracter contre le cuir de sa chaise alors que ma main entame sa lente ascension. Mes doigts, longs et impitoyables, s'insinuent sous l'ourlet de sa jupe crayon. Le tissu est tendu, prêt à craquer, reflétant la tension qui habite chaque fibre de son être. Je ne la regarde pas. Mes yeux sont fixés sur le diaporama qui projette des graphiques absurdes, mais mon esprit est entièrement focalisé sur la pulpe de mes doigts qui effleurent la dentelle de son porte-jarretelles.
— Tu es si tendue, Elara, murmuré-je d’une voix que j’étouffe dans le creux de son cou. Est-ce l’exposé qui te passionne autant, ou le fait que je sois à un millimètre de briser ta petite façade de première de classe ?
Je sens un frisson violent parcourir son échine. Elle saisit son stylo si fort que ses articulations blanchissent. Elle essaie de prendre des notes, de faire semblant d'exister dans ce monde de papier et d'encre, mais les lignes qu'elle trace sont erratiques, illisibles. Elle est en train de se perdre, et j'en suis l'architecte.
Ma main s'aventure plus loin. Je contourne l'élastique de sa lingerie, mes doigts venant se loger dans le creux brûlant de son entrejambe. Le contact est immédiat, électrique. Elle est trempée. La soie de sa culotte colle à sa peau, imbibée de ce désir qu'elle tente désespérément de refouler. Un petit gémissement, à peine un souffle, meurt dans sa gorge. Je presse ma paume contre son mont de Vénus, une pression sourde et possessive qui lui rappelle qui commande ici.
— Chut... fais attention, Elara. Le doyen te regarde. Tu ne voudrais pas qu'il voie ce que je suis en train de te faire, n'est-ce pas ? Imagine sa tête s'il découvrait que sa protégée est en train de mouiller son siège pendant qu'on discute de morale.
Je joue avec le bord de la dentelle, l’écartant centimètre par centimètre. Je veux sentir sa peau nue. Je veux sentir cette chaleur qui émane d'elle comme un brasier. Mon index glisse sur ses lèvres closes, traçant le chemin de son humidité. Elle est si réactive, si magnifiquement vulnérable. Je sens ses cuisses s'ouvrir instinctivement, une invitation silencieuse que son cerveau combat mais que son corps exige.
Je ne lui laisse aucun répit. J'insère un doigt, juste la première phalange, avec une lenteur calculée pour la torturer. Elle sursaute, ses hanches se soulevant d'un millimètre avant qu'elle ne se force à se rasseoir. Ses yeux se ferment un instant, ses longs cils papillonnant contre ses pommettes rouges. Elle est au bord du précipice.
— Regarde-moi, ordonné-je doucement.
Elle tourne la tête vers moi, les yeux embués de larmes de frustration et de plaisir. Son regard est un mélange de haine pure et de besoin dévastateur. C’est exactement ce que je voulais voir.
— Tu te souviens de ce que j'ai écrit sur tes hanches hier soir ? Ces marques rouges que tu as dû cacher sous tes vêtements ce matin ? Elles commencent à chauffer, n'est-ce pas ? À chaque mouvement que je fais, elles te rappellent que tu m'appartiens. Que ce soit dans cette salle, dans mon lit, ou dans l'enfer que je me ferai un plaisir de construire pour toi.
Je rajoute un deuxième doigt, les enfonçant plus profondément en elle. Elle lâche un souffle rauque, un son qui aurait dû être un cri mais qu'elle transforme en une quinte de toux mal assurée. Personne ne remarque rien. Ils sont tous absorbés par les chiffres, par la carrière, par le vide. Nous, nous sommes dans le plein, dans le charnel, dans le vrai.
Je commence un mouvement de va-et-vient, lent et rythmé, synchronisé sur les battements de son cœur que je sens cogner contre ma main libre, posée sur sa cuisse. Je sens ses parois vaginales se resserrer autour de mes doigts, une étreinte chaude et visqueuse qui me donne envie de la retourner sur cette table et de marquer mon territoire devant l'assemblée entière.
— Tu as faim, Elara. Tu es une petite hypocrite qui joue les saintes alors qu'en bas, tu cries pour que je te détruise.
Ma main se fait plus autoritaire. Je cherche son clitoris du bout du pouce, le frottant avec une rudesse délibérée à travers le tissu humide. Elle se cambre, ses doigts griffant le bois de la table. La sueur perle à ses tempes, quelques mèches de cheveux collant à son visage altéré par l'extase interdite. Elle est magnifique ainsi, dévastée par son propre corps sous mes ordres.
— Est-ce que tu veux que j'arrête ? murmuré-je, sachant pertinemment que si je retirais ma main maintenant, elle mourrait sur place. Réponds-moi. Dis-le assez fort pour que je t'entende, mais assez bas pour que personne d'autre ne sache que tu es en train de supplier.
Elle ouvre la bouche, sa lèvre inférieure tremblant violemment. Le conflit intérieur se lit sur son visage comme un livre ouvert. Elle veut garder sa dignité, mais elle a besoin de cette décharge, de cette fin que je tiens entre mes doigts. Elle s'approche de mon oreille, son souffle chaud et saccadé m'envahissant.
— Non... continue... s'il te plaît, Evan.
Un sourire carnassier étire mes lèvres. La proie a capitulé. Le jeu peut passer au niveau supérieur. Je retire mes doigts d'un coup sec, savourant son hoquet de déception, pour mieux y revenir avec toute la force de ma domination. Je sens le moment où tout va basculer, où la retenue va voler en éclats sous le poids de la luxure brute.
— Alors sois une bonne fille, Elara. Reste bien droite, regarde le professeur dans les yeux, et essaie de ne pas jouir trop fort quand je vais te briser.
Je replonge ma main, plus profonde, plus rapide, cherchant le point de non-retour dans ce sanctuaire qui s'apprête à devenir le théâtre de sa chute. Elle agrippe la nappe, la froissant dans son poing, alors que je commence à la travailler avec une intensité qui ne laisse plus de place au doute : elle ne sortira pas de cette pièce indemne.
Je sens sa résistance s'effondrer comme un barrage sous une crue. Sous la soie de la nappe, ma main est un instrument de torture et de plaisir, une griffe d’acier dans un gant de velours. J’écarte mes jambes pour lui laisser plus de place, pour m’enfoncer plus profondément dans son intimité béante. Elle est brûlante, un four de luxure qui dévore mes doigts. Le contraste est délicieux : en haut, son buste est raide, ses épaules figées dans une posture de dignité factice ; en bas, elle n’est qu’une flaque de désir brut, une bête traquée qui ne demande qu'à être achevée.
J’enfonce deux doigts d’un coup sec, frappant le col de son utérus avec une précision chirurgicale. Elle laisse échapper un sifflement entre ses dents serrées, un son si ténu qu’il se perd dans le ronronnement des ventilateurs de la salle de conférence.
— Regarde-le, Elara, murmurai-je, ma voix n'étant qu'un grondement sourd contre sa tempe. Regarde comme le professeur explique avec passion l'économie de marché pendant que je te démonte pièce par pièce sous sa table.
Je commence un mouvement de va-et-vient frénétique, mes jointures heurtant ses lèvres gonflées à chaque poussée. Le bruit est là, maintenant, un claquement humide, obscène, que seule la nappe nous cache. C’est le son de sa déchéance. Je sens l’humidité satiner ma peau, couler le long de mon poignet, imbibant la manche de ma chemise de luxe. Je m’en moque. L’odeur de son excitation remonte jusqu’à mes narines, un musc sucré et entêtant qui me cogne au cerveau comme un alcool fort.
Ma main libre vient se poser sur sa cuisse, ses ongles s’enfonçant dans sa chair tendre pour la maintenir en place. Elle tente de se soulever, de fuir la brûlure ou de s'y jeter corps et âme, je ne sais plus. Je replie mon pouce et commence à broyer son clitoris avec une régularité de métronome, tout en continuant mes assauts internes.
— Non… Evan… pitié… souffle-t-elle, son regard errant désespérément sur la foule de collègues qui nous entourent.
Elle est au bord du gouffre. Je vois ses pupilles se dilater jusqu’à dévorer l’iris, ses narines frémir. Ses doigts, crispés sur le rebord de la table, blanchissent. Elle est une corde de violon tendue à rompre.
— Tu ne vas pas crier, Elara. Tu vas avaler chaque gémissement. Tu vas jouir en silence comme la petite chose soumise que tu es devenue.
Je durcis le rythme. C’est une agression sensorielle. Je ne lui laisse aucun répit. Mes doigts explorent chaque pli, chaque recoin de son sanctuaire inondé. Je sens les premières secousses, les spasmes involontaires de ses muscles vaginaux qui tentent de broyer mes doigts. C’est l’agonie du plaisir. Son dos s'arque brusquement, et je sens sa poitrine heurter le bord de la table.
Le conférencier s'arrête une seconde, tournant les yeux vers notre secteur. Le cœur d'Elara bat si fort contre mes côtes que j'ai l'impression qu'il va exploser. Le danger est à son comble. C’est l’étincelle finale.
— Maintenant, ordonné-je.
Je plante mes doigts une dernière fois, tournant ma main à l'intérieur d'elle tout en écrasant son bouton de chair avec une force sauvage.
Le choc est sismique. Je sens son corps se rigidifier totalement, chaque muscle se tendant jusqu'à la douleur. Sa bouche s'ouvre sur un cri muet, ses yeux se révulsent un instant vers le plafond. Elle tremble de tous ses membres, une vibration violente qui se propage à travers moi. Sous mes doigts, c’est l’inondation. Son orgasme est une explosion de chaleur, une série de contractions si puissantes qu’elles me font presque mal. Elle vide ses tripes, son honneur et sa volonté sur ma main droite.
Elle s'affaisse lentement, le front contre mon épaule, le souffle court, erratique. Elle est en nage, ses cheveux collés à ses tempes. Je sens la moiteur de son sexe continuer de pulser contre ma paume, un vestige du séisme.
Je retire lentement ma main, savourant le bruit de succion dégoûtant et magnifique qui accompagne mon retrait. Je ramène ma main au-dessus de la table, sous ses yeux embrumés, encore perdus dans les limbes de la petite mort. Mes doigts luisent, couverts de ses fluides, une preuve irréfutable de sa soumission.
Sans quitter ses yeux, je porte mon index à ma bouche et je lèche lentement le liquide transparent et chaud, le goût de son abandon envahissant mon palais. Elle frissonne, une larme de pur épuisement roulant sur sa joue.
— Le gage est rempli, Elara, murmurai-je en ramassant ma serviette de table pour m'essuyer distraitement, comme si je venais de finir un repas léger.
Le conférencier reprend sa conclusion sous les applaudissements de la salle. Je me lève, boutonnant ma veste avec une élégance glaciale, la laissant là, tremblante et brisée, sur son siège imbibé.
— Essaie de ne pas laisser de traces en te levant. Ce serait dommage de gâcher une si belle robe.
Je m'éloigne sans me retourner, le sourire aux lèvres, sachant que peu importe où elle ira, elle sentira mon empreinte à l'intérieur d'elle pour le restant de ses jours. La proie n'est plus seulement capturée. Elle est marquée au fer rouge.
Violation de Domicile
La pluie de Blackthorne n’est pas une simple averse, c’est une punition. Elle s’écrase contre les vitres de ma berline noire avec une violence sourde, une cadence métronomique qui s’accorde au battement lourd de mon cœur. Je l'observe depuis dix minutes. Elara. Ma petite boursière effacée, qui court sous le déluge pour rejoindre la sécurité dérisoire de son studio miteux, en bordure du campus. Elle serre son sac contre sa poitrine, les épaules voûtées, comme si elle pouvait se rendre invisible aux yeux du monde.
Elle ne sait pas que pour moi, elle brille comme une balise dans le néant.
Je sors de la voiture, l’air glacé mordant ma peau, mais je ne sens rien. Je suis focalisé sur la trace de ses pas mouillés dans le couloir sombre du bâtiment. Je grimpe les escaliers sans un bruit, mes bottes en cuir de luxe n’émettant aucun craquement sur le bois pourri. Je connais déjà le spectacle qui l'attend. J'ai horreur du désordre, mais j'adore ce qu'il provoque chez elle : cette rupture brutale de son calme de façade.
Quand j'atteins le palier, la porte est entrouverte. Un courant d'air froid s’en échappe, chargé d’une odeur de poussière et du parfum bon marché de sa lessive.
Je m'arrête sur le seuil, restant dans l'ombre du couloir. Elara est plantée au milieu de la pièce unique. Ses doigts tremblent tellement qu'elle a laissé tomber ses clés au sol. Le bruit métallique a résonné contre le parquet, mais elle n'a pas bougé.
Le spectacle est total. Son sanctuaire a été profané. Le matelas est retourné, la mousse éventrée par endroits. Ses livres de droit, si soigneusement alignés, jonchent le sol, les pages froissées, piétinées. Mais c’est le contenu de sa commode qui me fait bander. Ses sous-vêtements — de la dentelle blanche, du coton simple, des choses aussi innocentes qu'elle — sont éparpillés sur la table, jetés là comme des trophées de chasse. Rien n'a été volé. Le message est limpide : *Je peux te toucher quand je veux. Je possède ton intimité.*
— Elara.
Mon propre ton, grave et tranchant comme un scalpel, déchire le silence lourd. Elle sursaute si violemment qu’un petit cri étranglé s’échappe de sa gorge. Elle se retourne, ses yeux écarquillés par la terreur, les pupilles dilatées à l'extrême. Sa respiration est un sifflement erratique. Elle est en plein choc traumatique, ses vieux démons remontant à la surface pour l'étouffer.
Je fais un pas dans la pièce. La lumière blafarde de l'unique ampoule au plafond souligne les lignes dures de mon visage, l'absence totale de compassion dans mon regard. Je ne suis pas là pour la consoler. Je suis là pour ramasser les morceaux et les assembler à ma guise.
— Evan… bégaye-t-elle, sa voix se brisant. Quelqu'un… quelqu'un est entré. Ils ont tout…
— Je vois.
Je m'approche lentement, comme on accule une biche blessée contre un précipice. Ses vêtements sont trempés, collant à sa peau laiteuse, révélant la cambrure de son dos et la pointe de ses tétons durcis par le froid et l'effroi. L’humidité de ses cheveux bruns dégage une odeur de pluie et de détresse qui m'enivre.
— Ils n'ont rien pris, murmure-t-elle, les larmes commençant enfin à rouler sur ses joues blêmes. Pourquoi ils n'ont rien pris ?
— Parce que ce n'est pas ton argent qu'ils voulaient, petite chose.
Je suis maintenant à quelques centimètres d'elle. Je sens la chaleur qui émane de son corps malgré la pluie, cette signature thermique de la peur. Je lève une main et, du bout des doigts, je remonte le long de son cou, sentant le galop frénétique de son pouls sous sa peau fine. Elle frémit, ses jambes flageolent. Elle veut fuir, mais elle a besoin de mon poids, de ma présence massive pour ne pas s'effondrer.
— Regarde-moi, ordonné-je.
Elle lève ses yeux humides vers les miens. Ce que j'y vois est délicieux : une soumission forcée, une reconnaissance de ma puissance.
— Cet endroit est souillé, Elara. Tu ne peux plus dormir ici. Chaque ombre dans ce coin va te rappeler qu'une main étrangère a fouillé tes draps. Que quelqu'un a respiré ton odeur sur tes vêtements.
Je vois son diaphragme se contracter violemment. Elle imagine la scène. Elle se sent violée dans ce qu'elle a de plus privé. Je savoure sa détresse, je la cultive.
— Tu viens avec moi, dis-je d’une voix qui n’admet aucune réplique. Au domaine.
— Je… je ne peux pas, Evan. Je dois appeler la police, je dois…
Ma main se referme sur sa nuque, mes doigts s'ancrant dans ses cheveux mouillés pour rejeter sa tête en arrière. Mon pouce écrase sa lèvre inférieure, l’obligeant à entrouvrir la bouche. Un gémissement de protestation, ou peut-être de besoin, s'échappe de ses lèvres.
— La police ? Pour qu'ils prennent des photos de tes culottes sur le sol et te posent des questions pendant des heures avant de conclure qu'il n'y a pas d'effraction ? Non. Tu es à moi, Elara. Et ce qui est à moi ne reste pas dans une décharge pareille.
Je rapproche mon visage du sien, mon souffle chaud se mélangeant à son expiration saccadée. Je peux voir chaque pore de sa peau, chaque tressaillement de ses longs cils. Mon érection presse contre mon pantalon, dure et exigeante. La tension entre nous est électrique, un mélange de terreur pure et d'attraction animale.
— Tu vas monter dans ma voiture. Tu ne vas rien emporter d’ici. Rien de ce qui a été touché. Je te racheterai tout. Je vais te dévêtir de cette crasse et te marquer de mon empreinte jusqu’à ce que tu oublies qu’un autre homme a osé poser les yeux sur ta chambre.
Ses mains se posent sur mes pectoraux, non pas pour me repousser, mais pour s'accrocher à la seule ancre dans sa tempête. Ses ongles s'enfoncent dans le tissu de mon manteau.
— S’il te plaît… souffle-t-elle, sans même savoir ce qu’elle réclame.
— "S'il te plaît" quoi, Elara ? S'il te plaît, emmène-moi ? Ou s'il te plaît, prends-moi ici, sur ces débris ?
Je plaque mon corps contre le sien, l’écrasant contre le mur froid de l'entrée. Le contraste entre ma force brute et sa fragilité trempée me rend dingue. Je veux l'entendre briser. Je veux que le choc se transforme en une autre forme de perte de contrôle. Une forme beaucoup plus graphique.
— Viens, murmure-je contre son oreille, ma voix se muant en un grognement possessif. Ta nouvelle cage t’attend.
Je la saisis par la taille, mes doigts s'enfonçant dans la chair tendre de ses hanches, et je l'arrache à ce décor de désolation. Elara ne proteste pas. Elle est vide, une poupée de porcelaine fêlée que je suis le seul à pouvoir recoller — ou briser définitivement. Je l'entraîne dans le couloir sombre de l'immeuble, ma main ne quittant jamais son corps, une entrave possessive qui lui rappelle à chaque pas qu'elle n'appartient plus à ce monde, mais au mien.
L'ascenseur est étroit. L'odeur de la peur et de la pluie s'échappe de ses vêtements, se mélangeant à mon parfum boisé, créant une atmosphère suffocante. Je la plaque contre la paroi métallique. Le froid du métal contre son dos, la chaleur brute de mon torse contre ses seins qui se soulèvent trop vite. Je plonge mes yeux dans les siens, cherchant cette étincelle de rébellion qui s'étouffe sous le choc.
— Regarde-moi, Elara.
Elle lève ses yeux humides, ses pupilles dilatées par l'adrénaline. Ma main remonte lentement de sa taille à sa gorge, mes doigts encerclant son cou avec une fermeté qui n'est qu'à moitié une caresse. Je sens son pouls s'affoler contre ma paume, un petit oiseau piégé qui bat désespérément des ailes.
— À partir de cet instant, ce que tu as vécu là-haut n'existe plus. Ce type, ce rôdeur... il n'a rien touché d'important. Parce que l'important, c'est ce qu'il y a ici, sous ma main. Et ça, c'est à moi. Tu m'entends ?
Elle laisse échapper un petit gémissement, une plainte qui meurt contre mes lèvres alors que je me rapproche, mon souffle brûlant sa peau. Les portes s'ouvrent sur le parking souterrain, mais je ne bouge pas. Je savoure sa soumission forcée, le tremblement de ses jambes contre les miennes.
Je la guide jusqu'à ma voiture, une bête de métal noir qui attend dans l'ombre. Je la jette presque sur le siège passager en cuir, mon regard ne la lâchant pas. Je claque la portière, le bruit résonnant comme un coup de feu dans le silence du garage. Derrière le volant, je démarre en trombe. Le moteur rugit, un écho à la violence qui gronde dans mes veines.
Le trajet vers mon domaine se fait dans un silence électrique. Elara est recroquevillée sur elle-même, ses mains serrées sur ses cuisses. Je pose ma main sur la sienne, forçant ses doigts à se desserrer, puis je remonte lentement le long de sa jambe, faisant glisser sa jupe, dévoilant la peau laiteuse de ses cuisses. Elle tressaille, mais ne se dérobe pas. Elle a besoin de cette douleur, de cette emprise, pour ne pas sombrer.
— Tu es si tendue, murmurai-je, ma voix rauque, tandis que mes doigts s'aventurent sous le tissu, frôlant l'élastique de sa lingerie. On va arranger ça. On va tout nettoyer.
Arrivés devant les hautes grilles de ma propriété, le portail s'ouvre comme les mâchoires d'un prédateur. Je remonte l'allée sombre bordée d'arbres séculaires jusqu'à la bâtisse de pierre. C'est ici que je l'isolerai. C'est ici que je vais la réécrire.
Je coupe le moteur. Le silence qui suit est lourd, presque physique. Je sors, fais le tour, et ouvre sa portière. Je ne lui laisse pas le temps de descendre. Je la porte, ses jambes s'enroulant instinctivement autour de ma taille, ses bras se nouant derrière ma nuque. Elle cache son visage dans mon cou, cherchant mon odeur pour masquer celle de l'invasion qu'elle a subie.
— Ne me lâche pas, murmure-t-elle, sa voix brisée.
— Jamais, Elara. Tu es ma prisonnière maintenant. Et je ne laisse jamais mes trésors s'échapper.
Je franchis le seuil de la chambre de maître. La lumière est tamisée, projetant des ombres mouvantes sur les draps de soie noire. Je la dépose debout au centre de la pièce, sur le tapis épais. Je prends mon temps pour retirer mon manteau, mes yeux fixés sur elle, la déshabillant déjà mentalement. Elle est là, tremblante, souillée par le souvenir de l'autre, et j'ai une envie viscérale de lui arracher cette peau pour lui en donner une nouvelle.
Je m'approche d'elle, mes pas lents, prédateurs. Je passe derrière elle et mes mains se posent sur ses épaules, faisant glisser les bretelles de sa robe. Le tissu tombe avec un froissement léger, révélant la cambrure de son dos, la finesse de ses omoplates. Je me penche, déposant un baiser brûlant à la base de sa nuque, là où ses cheveux s'emmêlent.
— Tu sens ça ? Ce frisson ? C'est le signe que tu m'appartiens.
Mes mains descendent, mes paumes larges et rugueuses caressant ses flancs, ses côtes, jusqu'à venir écraser ses seins à travers la fine dentelle de son soutien-gorge. Elle rejette la tête en arrière contre mon épaule, un soupir s'échappant de ses lèvres entrouvertes. Je sens ses tétons durcir sous mes pouces, une réponse biologique à ma domination qu'elle ne peut pas feindre.
— Je vais te laver, Elara. Je vais frotter chaque centimètre de ta peau jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une trace de ton passé, plus une trace de la peur. Il n'y aura que moi. Ma marque, mon odeur, mon goût.
Je décroche son soutien-gorge d'un geste sec. Ses seins se libèrent, lourds et impatients. Je tourne son corps pour qu'elle me fasse face. La lumière de la lune qui filtre à travers les grandes baies vitrées baigne son torse d'une lueur argentée. Elle est magnifique dans sa vulnérabilité. Je pose mes mains sur sa taille et, d'un mouvement brusque, j'abaisse le reste de ses vêtements, la laissant totalement nue, exposée à mon regard affamé.
Mon érection est une barre d'acier contre mon pantalon, une douleur sourde qui exige d'être soulagée. Mais je veux qu'elle attende. Je veux qu'elle languisse. Je veux qu'elle comprenne que chaque plaisir qu'elle recevra ce soir est une soumission supplémentaire.
— Regarde-toi, dis-je d'un ton bas, presque cruel. Tu n'es plus la petite Elara qui rentre dans son appartement vide. Tu es ma chose. Et ma chose a besoin d'être préparée.
Je saisis son menton, le forçant à se lever, plongeant mes doigts dans sa bouche pour sentir sa langue, l'humidité de son désir qui commence à poindre malgré le traumatisme. Elle gémit, ses mains cherchant maladroitement la boucle de ma ceinture, ses ongles griffant le cuir.
— Pas encore, grogné-je. D'abord, le nettoyage.
Je la pousse doucement vers la salle de bain attenante, où la vapeur d'une eau brûlante commence déjà à envahir l'espace. Le miroir s'embrume, nous isolant du reste de l'univers. Dans cette chaleur moite, l'odeur de son excitation se fait plus forte, plus sauvage. Je commence à défaire ma propre chemise, mes yeux ne quittant pas les siens, lisant l'impatience et la terreur délicieuse qui s'y mélangent.
Le vrai calvaire — ou la vraie délivrance — ne fait que commencer.
La vapeur est devenue si épaisse que je ne vois plus que les contours flous de son corps tremblant. L’odeur du savon coûteux se mélange à celle, plus âcre et métallique, de sa peur et de son excitation. Je déboutonne mon pantalon, le laissant tomber au sol sans un regard, et j'avance vers elle. Elle est là, debout sous le jet brûlant, la peau rougie par la chaleur, les cheveux collés à son visage de madone souillée.
Je saisis l'éponge naturelle, l'imbibe de gel douche noir et m'approche. Elle veut reculer, mais le carrelage froid de la douche l’arrête. Je pose une main sur sa hanche, mes doigts s'enfonçant dans sa chair tendre, marquant déjà mon territoire.
— Ne bouge pas, Elara. Je t’ai dit que je devais te nettoyer.
Je commence par son cou. Je frotte avec une rudesse calculée, l’éponge glissant sur sa clavicule. Elle lâche un petit cri étouffé quand je descends sur ses seins. Ses mamelons sont des perles dures, dressées sous l’assaut de l’eau et de mes mains. Je les écrase, je les pétris entre mes doigts gantés de mousse, savourant le gémissement qui remonte de sa gorge. Je ne suis pas tendre. La tendresse est pour les faibles, pour ceux qui n’ont pas compris que ce monde appartient aux prédateurs.
Je descends plus bas. Le long de son ventre plat qui se contracte à chaque inspiration saccadée. Je sens son regard sur moi, ce mélange de dévotion et de terreur qui me fait bander à en avoir mal. Ma queue tape contre mon ventre, impatiente de déchirer ce calme précaire.
— Écarte les jambes, ordonné-je d’une voix sourde.
Elle obéit. Ses cuisses s’ouvrent, dévoilant son intimité déjà gonflée, luisante d’une humidité qui n'a rien à voir avec l’eau de la douche. Je lâche l’éponge. Je préfère le contact direct. Je plonge deux doigts dans son antre, brusquement. Elle cambre le dos, un cri de surprise et de plaisir déchirant l’air saturé d’humidité.
— Putain, Elara… t’es trempée. Tu m’attendais, n’est-ce pas ? Malgré l'effraction, malgré la peur. Tu n'espérais qu'une chose : que je vienne te prendre.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre. Je retire mes doigts pour les porter à ma bouche, goûtant son jus mêlé au savon. C'est âcre, sucré, c'est le goût de ma possession. Je saisis sa nuque, forçant sa tête en arrière, et je plaque ma bouche contre la sienne dans un baiser qui ressemble à un assaut. Ma langue envahit son palais, revendiquant chaque centimètre, tandis que ma main libre attrape ses fesses pour la soulever.
Elle enroule ses jambes autour de ma taille, ses ongles s'enfonçant dans mes épaules. Je sens la chaleur de son sexe contre mon bassin. C'est une torture délicieuse. Je la porte hors du jet d'eau, l'adossant violemment contre le grand miroir embué. Le froid du verre sur son dos la fait frissonner, créant un contraste violent avec le feu qui couve entre nous.
D’un coup de main, j'essuie la buée sur une petite zone pour qu'elle puisse se voir. Pour qu'elle voie ce qu'elle est devenue entre mes mains.
— Regarde-toi, murmuré-je à son oreille, ma voix n'étant plus qu'un grognement animal. Regarde cette petite pute qui ne demande qu'à être remplie.
Je saisis ma queue, déjà ruisselante de liquide séminal, et je la place à l'entrée de son tunnel étroit. Elle est si serrée que je dois forcer. Je pousse lentement, savourant chaque millimètre de gainage. Son visage se crispe, ses yeux se révulsent. Je sens ses muscles vaginaux qui luttent, puis qui cèdent, m’accueillant dans une étreinte suffocante.
— Oui… comme ça, grogné-je en m’enfonçant d’un coup sec jusqu'à la garde.
Le choc la vide de son air. Elle rejette la tête en arrière, son crâne cognant doucement le miroir. Je commence le va-et-vient. Un rythme brutal, sans pitié. À chaque coup de boutoir, un bruit de succion écœurant et excitant résonne dans la pièce. Je la baise avec la rage de celui qui veut marquer l’âme autant que le corps. Ma main se referme sur sa gorge, pas pour l’étouffer, mais pour lui rappeler à qui elle appartient.
— Dis-le, Elara. Dis que tu es à moi.
— Je suis… à toi… Evan… ah ! Plus fort !
Elle réclame sa propre destruction. Je sors presque entièrement avant de percuter son col de nouveau, avec une violence qui fait trembler ses membres. La sueur coule de mon front, se mélangeant à l’eau qui perle encore sur son corps. Je vois mon reflet dans le miroir par-dessus son épaule : un monstre déchaîné sur une proie consentante.
L’orgasme monte, violent, inévitable. Je sens les parois de son sexe se contracter autour de moi, des spasmes électriques qui menacent de me faire exploser. Elle crie mon nom, un long hurlement de délivrance, tandis que ses hanches s'agitent frénétiquement contre les miennes.
— Je vais te marquer, Elara. À l'intérieur. Pour que tu n'oublies jamais.
Je lâche ma semence au fond d'elle, de longs jets brûlants qui la font tressaillir. Je reste en elle, lourd, haletant, sentant mon cœur battre contre sa poitrine. Le silence retombe sur la salle de bain, seulement troublé par le goutte-à-goutte de la douche.
Je me retire lentement, laissant un mélange de sperme et d'eau s'écouler le long de ses cuisses intérieures. Elle glisse le long du miroir, s'effondrant sur le tapis de bain, les yeux vides, le corps secoué par des soubresauts de plaisir résiduel.
Je la contemple une seconde, ma chose brisée et reconstruite. Je ne ressens aucun remords, seulement une satisfaction sombre. L'appartement fouillé, les menaces… tout cela n'était que le prélude.
— Relève-toi, dis-je en ramassant une serviette. La nuit est loin d’être finie. Et demain, le monde saura que s'en prendre à ce qui m'appartient est la dernière erreur qu'ils commettront.
Je l'enveloppe dans le tissu épais, la soulevant comme une poupée de porcelaine. Elle est mienne. Corps, âme et fluides. Et je brûlerai quiconque osera poser les yeux sur elle. Le chapitre de sa vie de civile est clos. Bienvenue dans mon enfer.
La Cage Dorée
L’air du domaine des Rook ne ressemble pas à celui du reste du monde. Il est plus lourd, chargé d’un parfum de cèdre séculaire, de terre mouillée et de ce relent métallique de pouvoir brut qui colle à la gorge. Je me tiens sur le seuil de la suite principale, les mains enfoncées dans les poches de mon pantalon de costume sur mesure, et je l’observe.
Elara est debout près de la fenêtre immense qui donne sur la forêt de Blackthorne. Elle ressemble à une tache de lumière fragile perdue dans l’obscurité de mon antre. Je lui ai fait porter cette nuisette en soie liquide, d’un blanc cassé qui jure délicieusement avec la noirceur du mobilier en acajou et les tentures de velours cramoisi. Le tissu est si fin qu’il trahit chaque frisson de sa peau, chaque battement erratique de son cœur qu’elle essaie désespérément de calmer.
Elle est ma plus belle acquisition. Mon petit oiseau brisé que j’ai ramassé dans les décombres de sa propre vie pour l’enfermer ici, là où personne ne pourra plus jamais poser ses sales pattes sur elle. À part moi.
Je m’avance lentement, le bruit de mes semelles de cuir sur le parquet ciré résonnant comme un glas dans le silence de la pièce. Je vois ses épaules se crisper. Elle ne se retourne pas, mais je sais qu’elle sent mon ombre s’étendre sur elle. Je sens son odeur d'ici : de la vanille bon marché, de la sueur froide et cette peur délicieuse, presque électrique, qui m'excite plus que je ne devrais l'admettre.
— C’est un horizon sans fin, Elara, murmurai-je en arrivant juste derrière elle.
Je ne la touche pas encore. Je laisse la chaleur de mon corps irradier contre son dos. Je veux qu’elle sente la menace, qu’elle comprenne que l’espace entre nous n’est qu’une illusion de liberté que je lui accorde par pure cruauté.
— Tu es à dix kilomètres de la première route goudronnée. À vingt de la moindre âme qui n’est pas à ma botte. Regarde bien ces arbres. Ils sont les barreaux de ta nouvelle demeure.
Elle laisse échapper un petit souffle saccadé. Elle essaie de maintenir sa dignité, la tête haute, mais ses doigts crispés sur le rebord en marbre de la cheminée blanchissent.
— Tu appelles ça de la sécurité ? finit-elle par lâcher, la voix tremblante mais chargée d’un reste de défi qui me fait bander instantanément. C’est un enlèvement, Evan.
Je ris doucement, un son rauque qui roule dans ma poitrine. Je réduis l’espace. Je colle mon torse contre ses omoplates. Je peux sentir la finesse de sa colonne vertébrale, chaque vertèbre comme un petit caillou précieux sous la soie. Je penche la tête, mon nez effleurant la courbe de son cou, là où sa peau est la plus fine, là où je peux sentir le sang pulser frénétiquement sous la surface.
— La sémantique n’a aucune importance dans cette maison, ma petite. Ici, le seul dictionnaire qui compte, c’est celui que j’écris. Tu fuyais quoi, déjà ? Un beau-père trop tactile ? Une vie de misère à compter tes centimes pour payer une fac qui ne voulait pas de toi ?
Je lève une main et, très lentement, j’enroule mes doigts autour de sa gorge. Je ne serre pas, pas encore. Je veux juste qu’elle sente le poids de ma possession. Ma paume est chaude, calleuse, contrastant avec la douceur de son épiderme. Elle a un petit hoquet de surprise, ses yeux s'écarquillant sur son reflet dans la vitre sombre.
— Ici, Elara, tu as le luxe. La soie contre ta chatte, la nourriture la plus fine, le silence. Tu n’as plus à avoir peur de l’extérieur. Je suis le seul monstre qu’il te reste à craindre. Et crois-moi, je suis bien plus gratifiant que ceux que tu as laissés derrière toi.
Je serre un peu plus mon emprise, juste assez pour qu’elle doive lever légèrement le menton pour respirer. Je vois sa poitrine se soulever plus violemment, les pointes de ses seins durcir sous le tissu translucide. L’excitation monte en moi, brutale, animale. J’aime cette dynamique : elle sait qu’elle est prise au piège, et pourtant, elle cherche encore une issue dans ses yeux.
— La règle est simple, continuai-je, ma voix descendant d'un octave, devenant une caresse menaçante contre son oreille. Tu m’obéis. Aveuglément. Je ne veux pas de tes doutes, je ne veux pas de tes "non". Je veux ton abandon total. En échange, je te donne ce monde. Je te donne ma protection. Je serai ton dieu et ton bourreau.
Je laisse glisser mon autre main sur sa hanche, pétrissant la chair ferme à travers la soie. Elle gémit, un son étouffé, quelque part entre la terreur et une fascination morbide qu’elle n’ose pas encore s’avouer. Je sens son corps trahir son esprit ; elle est déjà mouillée, je le parierais. La peur a ce goût-là chez les femmes comme elle : une humidité honteuse qui appelle la punition.
— Regarde-moi dans le miroir, Elara. Dis-le. Dis que tu comprends le prix de ta sécurité.
Je l’oblige à fixer son propre reflet, ses yeux égarés rencontrant les miens, sombres, prédateurs. Le contraste est magnifique. Elle est la proie, éblouissante dans sa vulnérabilité, et je suis le vide qui s'apprête à l'engloutir.
Ses lèvres tremblent. Elle sait que si elle parle, elle signe son arrêt de mort spirituelle. Mais elle sait aussi que dehors, elle n’est rien. Ici, elle est tout pour moi. Mon jouet, ma reine de porcelaine, ma petite pute boursière que je vais polir jusqu'à ce qu'elle ne brille que pour moi.
— Je... je comprends, murmure-t-elle enfin.
Sa voix est un souffle, une reddition qui m'envoie une décharge d'adrénaline pure dans les veines. Je lâche sa gorge pour faire descendre ma main entre ses cuisses, saisissant brutalement l’entrejambe de sa nuisette. Je sens la chaleur qui s'en dégage, cette odeur de femme excitée qui se mélange au parfum luxueux de la pièce.
— Bien, grognai-je en pressant mes doigts contre sa fente. Alors la leçon peut commencer. On va voir si ton corps est aussi docile que ta bouche.
Je l'arrache à la fenêtre pour la projeter vers le lit immense qui trône au centre de la pièce, un autel de draps noirs qui n'attendait qu'elle. La nuit ne fait que commencer, et je n'ai pas l'intention de la laisser dormir. Pas avant d'avoir marqué chaque centimètre de son âme.
Elle rebondit sur le matelas, ses cheveux blonds s’étalant comme une traînée de poudre sur la soie noire des draps. Je ne lui laisse pas le temps de retrouver son souffle. Je retire ma ceinture dans un claquement sec, le cuir glissant entre mes doigts avec un sifflement qui la fait sursauter. Ses yeux sont immenses, dilatés par la peur, ou peut-être par cette fascination morbide qu’elle essaie de nier. Elle me regarde défaire les boutons de ma chemise un à un, le torse brûlant d’une impatience sauvage.
— Regarde-moi bien, Elara, murmurai-je en jetant mon vêtement au sol. C’est la dernière fois que tu vois l’homme civilisé. Ce soir, il n’y a plus de contrat, plus de nom de famille, plus de bonnes manières. Il n’y a que moi et ce que je vais faire de toi.
Je monte sur le lit, mes genoux s’enfonçant de chaque côté de ses hanches fines. Le poids de mon corps la cloue contre le matelas. Elle est si petite sous moi, si fragile en apparence, mais je sens le battement frénétique de son cœur contre mes cuisses. C’est le rythme de ma victoire.
Ma main descend vers l’ourlet de sa nuisette en satin blanc. Je remonte lentement le tissu, mes phalanges effleurant sa peau glacée qui se couvre instantanément de chair de poule. Ses cuisses s’entrouvrent d’un réflexe instinctif, une invitation inconsciente que je m’empresse d’honorer.
— Tu trembles, petite chose, raillai-je, ma voix n'étant plus qu'un grognement sourd. C'est la peur ? Ou c'est parce que tu sens déjà ton cul se mouiller pour moi ?
Je ne lui laisse pas le temps de répondre. D’un geste brusque, je saisis le col de sa nuisette et je tire. Le bruit du tissu qui se déchire déchire le silence feutré de la chambre. La soie cède, révélant ses seins dressés, les pointes déjà dures sous l’effet de la fraîcheur et de l’excitation. Elle laisse échapper un petit cri étouffé, portant ses mains à son visage comme pour se cacher, mais je lui saisis les poignets et les plaque au-dessus de sa tête d'une seule main.
— Ne te cache pas, ordonnai-je. Je veux voir chaque parcelle de ce que je possède.
Je me penche, mon souffle chaud venant fouetter son oreille avant que je ne descende vers son cou. Je m’attarde sur la veine bleue qui bat sous sa peau translucide. Je la lèche, lentement, savourant le goût salé de sa sueur et le parfum entêtant de sa peau de riche. Puis, je mords. Pas assez fort pour la faire saigner, mais assez pour laisser une marque violacée qui dira au monde entier — et surtout à elle — à qui elle appartient désormais.
Elle gémit, un son étranglé qui se termine en un soupir de plaisir honteux. Ses hanches se soulèvent, cherchant un contact que je lui refuse encore.
— S'il te plaît, Evan... murmure-t-elle, ses doigts se griffant inutilement contre mes phalanges d'acier.
— S'il te plaît quoi ? Je veux l'entendre. Dis-le moi, Elara. Dis-moi ce que la petite héritière attend de son bourreau.
Je lâche ses mains pour faire glisser ma paume sur son ventre plat, descendant centimètre par centimètre. Ma main s'engouffre entre ses jambes, là où le tissu déchiré de sa culotte ne protège plus rien. Je sens la chaleur humide qui émane d'elle, cette moiteur collante qui imprègne mes doigts dès que je les presse contre son intimité. Elle est brûlante. Trempée.
Je plonge deux doigts à l'intérieur d'elle sans prévenir. Un gémissement aigu s'échappe de ses lèvres tandis qu'elle cambre le dos, ses muscles se contractant autour de moi.
— Bordel, tu es une vraie fontaine, grognai-je, mon propre sexe durcissant jusqu'à la douleur contre le tissu de mon pantalon. Tu faisais la prude dans le salon, mais ici, tu n'es qu'une petite chienne en manque.
Je retire mes doigts pour les porter à mes lèvres, les léchant lentement sous son regard embrumé par le désir. Le goût de son excitation est un nectar qui me rend fou. Je veux la briser, la consumer, la remplir jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un prolongement de moi-même.
Je me redresse légèrement pour défaire la boucle de ma ceinture et baisser mon pantalon. Mon membre s'échappe, fier, pulsant de sang, une arme prête à frapper. Je vois ses yeux descendre, se fixer sur ma virilité avec une sorte de terreur fascinée. Je saisis ses chevilles et je ramène ses jambes vers mes épaules, l'ouvrant totalement à ma vue, exposant sa fente gonflée, rose et luisante de ses propres sucs.
— Regarde-moi bien, Elara, répétai-je en plaçant la pointe de mon sexe contre son entrée déjà béante. C'est ici que ton ancienne vie s'arrête. Et c'est ici que ta nouvelle réalité commence.
Je ne pénètre pas encore. Je fais simplement glisser mon gland sur ses lèvres charnues, l'étalant de son propre foutre, savourant ses spasmes incontrôlés. Elle est à bout, ses mains agrippant désespérément les draps, ses yeux révulsés.
— Evan... maintenant... je t'en supplie...
Je souris, un sourire cruel de prédateur qui a acculé sa proie.
— Pas avant que tu n'aies admis que tu aimes ça. Dis-le. Dis-moi que tu n'es rien d'autre que ma pute personnelle.
Elle hésite une seconde, une dernière lueur de dignité brillant dans ses iris, mais je presse un peu plus fort, mon genou écartant davantage ses cuisses, l'exposant impitoyablement à la lumière crue de la lune.
— Dis-le, ou je sors de cette chambre et je te laisse seule avec ton envie.
Sa bouche s'entrouvre, ses lèvres tremblent. Elle sait qu'elle a déjà perdu. Elle sait que ce qui va suivre va la marquer à jamais, bien plus profondément que n'importe quelle cicatrice physique. Elle aspire une grande bouffée d'air, ses seins se soulevant de manière provocante, et elle plonge son regard dans le mien. Elle est prête à sombrer.
— Je suis… ta pute, Evan. Ta pute personnelle.
Les mots sortent dans un souffle brisé, chargés d'un mélange de honte et d'un désir si violent qu'il en est obscène. Elle l’a dit. La petite sainte du domaine a enfin laissé tomber son masque de vertu. Je sens un frisson de pur triomphe me parcourir l'échine. Le pouvoir est une drogue, et voir Elara ainsi, brisée par son propre besoin, est le fix le plus pur que j’aie jamais reçu.
Je ne la fais pas attendre davantage. Je déboutonne mon pantalon d’un geste sec, mes yeux ne quittant jamais les siens, qui sont maintenant voilés par une brume de luxure désespérée. Mon sexe se libère, tendu à craquer, pulsant de la même rage qui anime mon sang.
— Regarde-le, Elara. Regarde ce que tu as provoqué.
Je saisis ses hanches, mes doigts s'enfonçant dans sa chair tendre, y laissant déjà des marques rougeâtres qui seront, demain, les stigmates de notre accord tacite. Je l’approche du bord du matelas, ses fesses offertes, ses jambes grandes ouvertes dans une position qui ne lui laisse aucune once de dignité. L'odeur qui monte d'elle — un mélange de musc, de sueur sucrée et de son excitation liquide — m'assaille les narines, réveillant mon instinct le plus primaire.
Je ne suis plus un homme policé dans une cage dorée. Je suis le loup qui s'apprête à dévorer l'agneau qui a fini par aimer le goût du sang.
Sans préambule, je m’enfonce en elle d'un coup de rein brutal.
Le cri qu'elle pousse n'est pas de douleur, c'est une déchirure sonore, un abandon total. Elle se cambre tellement que sa colonne vertébrale semble prête à rompre. Je la prends de plein fouet, comblant le vide qu’elle réclamait avec une violence assumée. Le contraste entre sa chaleur interne, glissante, trempée par l'attente, et la rudesse de mon assaut me fait grogner.
— Tu es si serrée, Elara… comme si tu avais été faite uniquement pour être baisée par moi.
Je commence un va-et-vient sauvage, sans aucune douceur. Je veux qu'elle sente chaque centimètre de moi, je veux que la friction brûle sa peau fine. Mes mains quittent ses hanches pour venir s'enrouler autour de sa gorge, sans serrer, juste pour lui rappeler à qui appartient son souffle. Elle agrippe les draps de soie, les lacérant presque de ses ongles, sa tête basculant d'arrière en avant au rythme de mes coups de boutoir.
Le bruit est cru : le claquement de mon bassin contre son fessier, le son humide et indécent de notre union, ses gémissements qui se transforment en petits jappements d'animal traqué.
— Plus vite… Evan, s'il te plaît… je vais…
— Tu ne vas rien faire sans mon ordre, m'exclamé-je, la voix rauque, étranglée par l'effort.
Je ralentis brusquement le rythme, me retirant presque entièrement pour ne laisser que la pointe la tourmenter, avant de m'enfoncer à nouveau jusqu'à la garde, touchant son col, la faisant tressaillir de tout son long. Je savoure ses spasmes internes qui tentent de me retenir, de me broyer. Elle est au bord du gouffre, je le vois à la manière dont ses yeux se révulsent, ne laissant paraître que le blanc, à la manière dont son ventre se contracte dans un rythme erratique.
Je lâche son cou pour attraper ses poignets et les plaquer au-dessus de sa tête, l'étirant complètement, l'exposant davantage. La lune caresse sa peau moite de sueur, la faisant briller comme du marbre vivant. Je n'ai plus aucune retenue. Je cogne en elle avec une fureur animale, cherchant à marquer son âme autant que son corps.
— Dis-le encore, ordonné-je entre deux inspirations saccadées. Dis-moi à qui tu es.
— À toi… Evan… je suis à toi… baise-moi… détruis-moi !
C’est le signal. Le barrage cède.
Je sens mon propre plaisir monter comme une vague de lave, un courant électrique qui part de mes reins pour envahir tout mon être. Je libère ses poignets pour enfouir mes mains dans ses cheveux, tirant sa tête en arrière pour m'offrir son cou, où je plante mes dents sans ménagement. Elara explose. Son corps est secoué de secousses violentes, ses muscles vaginaux se referment sur moi dans un étau divin, me traiant de force dans son sillage.
Je grogne son nom comme une insulte et une prière, et je me vide en elle avec une puissance qui me laisse vide, le cerveau en feu. Je continue de pousser, encore et encore, voulant m'assurer que mon foutre l'imprègne jusqu'à la moelle, qu'elle sente ma chaleur l'envahir et la revendiquer de l'intérieur.
Le silence retombe sur la chambre, seulement troublé par nos respirations hachées qui s'entrechoquent dans l'air lourd de l'alcôve. Je reste sur elle, pesant de tout mon poids, savourant l'odeur de notre débauche. Elara tremble encore légèrement, ses membres mous, son regard perdu dans le vide du baldaquin.
Je me retire lentement, le bruit de succion me tirant un sourire sombre. Un filet de notre mélange coule le long de sa cuisse, une traînée de défaite sur sa peau de porcelaine. Je me redresse, réajustant mes vêtements avec un calme qui contraste avec la tempête que nous venons de vivre.
Elle reste là, étalée, offerte, brisée. La cage dorée n'a plus besoin de barreaux de fer. Les liens que je viens de tisser en elle sont bien plus solides.
Je me penche une dernière fois, déposant un baiser glacial sur son front brûlant.
— Dors maintenant, Elara. Demain, tu te souviendras de chaque seconde. Et tu réaliseras que tu ne voudras plus jamais être libre.
Je quitte la chambre sans un regard en arrière, fermant la porte à double tour. Le clic de la serrure résonne comme le point final de son ancienne vie.
Le chapitre de l'innocence est clos. Celui de la soumission ne fait que commencer.
Sous la Douche
L'humidité dans cette salle de bain de Blackthorne est une prison de verre et de marbre. La vapeur s’enroule autour des colonnes de pierre sombre comme un linceul, transformant l’air en un souffle épais, saturé de l’odeur de la pluie et de ce foutu savon à la lavande qu’elle utilise pour essayer de calmer ses nerfs. Mais ici, avec moi, il n’y a pas de calme. Il n’y a que la traque.
Elara est là, debout sous le jet brûlant. Elle ne m’a pas entendu entrer. Le fracas de l’eau contre le carrelage étouffe tout, sauf le battement de mon propre cœur, lent et lourd. À travers la paroi dépolie de la cabine, sa silhouette n’est qu’une ombre mouvante, une courbe gracile qui se cambre sous la pression du liquide. Elle a la tête renversée, laissant l’eau noyer ses souvenirs, ses traumatismes, cette petite boursière qui croit encore pouvoir m’échapper.
Elle se trompe.
Je pousse la porte vitrée. Le grincement est imperceptible, dévoré par le vacarme aquatique. Je ne me déshabille pas tout de suite. J’aime l’idée que mes vêtements de luxe, ce costume sombre qui symbolise tout ce qu’elle craint et désire, soient ruinés par son élément. Je reste sur le seuil, l'eau éclaboussant mes chaussures en cuir, mes yeux fixés sur l'arc de son dos. Elle sursaute, un petit cri étouffé par la vapeur lorsqu’elle sent ma présence. Elle se retourne brusquement, ses mains plaquées contre sa poitrine, ses doigts fins s'enfonçant dans sa propre chair comme pour se protéger.
Ses yeux sont dilatés, des perles d’eau roulent sur ses cils. Elle est magnifique dans sa terreur.
— Evan… murmure-t-elle, sa voix n'est qu'un souffle écorché. Tu n’as pas le droit d’être là.
Je fais un pas de plus, refermant la porte derrière moi. L’espace est restreint. La chaleur est montée d'un cran. Je sens l’humidité imprégner ma chemise blanche, la rendant translucide, collant le tissu à mes muscles. Je ne réponds pas. Je me contente de la détailler. Sa peau est rougie par la chaleur de l’eau, ses mamelons durcis par le choc de l’intrusion. Elle tremble, et ce n'est pas de froid. C’est cette vibration délicieuse que je provoque toujours chez elle : le conflit entre sa morale et sa biologie.
— Le droit, Elara ? répété-je d'une voix basse, traînante, qui vibre dans la petite pièce close. À Blackthorne, j’ai tous les droits. Surtout celui de prendre soin de ce qui m’appartient.
Je tends la main. Elle esquisse un mouvement de recul, mais le marbre froid du mur l'arrête. Ses omoplates s'y cognent. Je saisis le flacon de gel douche sur le rebord. C’est un geste lent, délibéré. Je vide une noisette de liquide ambré dans le creux de ma paume. L’odeur de bois de santal et de musc se mélange à la sienne.
— Retourne-toi, ordonné-je.
— Je peux le faire seule, Evan. Je ne suis pas…
— Retourne-toi.
Ma voix est un couperet. Elle obéit. Elle finit toujours par obéir, car elle sait que ma patience a des limites que son corps ne veut pas explorer. Elle se détourne, m’offrant la ligne parfaite de sa colonne vertébrale, ses hanches étroites, la cambrure de ses reins qui m'obsède depuis des semaines.
Je pose mes mains sur ses épaules. Le contact est électrique. Ma peau contre la sienne, l’eau qui coule entre nous, agissant comme un lubrifiant naturel. Je commence à masser ses trapèzes, mes pouces s'enfonçant fermement dans les nœuds de sa tension. Elle lâche un gémissement involontaire, sa tête retombant en avant.
— Tu es si tendue, Elara. Tu penses trop. Tu essaies trop fort de garder le contrôle.
Je descends mes mains le long de son dos. Mes paumes glissent sur sa peau mouillée, étalant le savon en une mousse onctueuse et blanche qui redessine ses courbes. Je ne suis pas doux. Mes doigts s'ancrent dans sa chair, laissant des marques qui disparaîtront dans une heure, mais qui, pour l'instant, crient ma possession. Je sens son cœur cogner contre sa cage thoracique, un petit oiseau piégé qui se bat contre les barreaux.
Je me colle contre elle. Ma chemise détrempée devient une seconde peau, me permettant de sentir chaque frisson qui parcourt son corps. Je penche la tête, mes lèvres frôlant son oreille alors que mes mains descendent plus bas, vers la naissance de ses fesses.
— Je vais te laver, Elara. Je vais récurer chaque centimètre de cette peau jusqu'à ce que tu oublies qui tu étais avant moi. Je vais te vider de tes doutes.
Je sens son bassin basculer légèrement vers l'arrière, une réponse instinctive à la dureté que je ne cache plus sous mon pantalon. Elle veut ça. Elle a besoin de cette domination qui la libère du poids de ses propres choix.
— Dis-le, chuchoté-je, ma main glissant maintenant entre ses cuisses, là où l'eau et le savon créent un sillage glissant, dangereux. Dis-moi que tu veux que je te nettoie.
Ses mains s'agrippent à la robinetterie, ses jointures blanchissant sous l'effort.
— S'il te plaît… Evan… lave-moi.
Le mot est un aveu de défaite. Un abandon total. Je souris contre sa nuque, mes dents effleurant le lobe de son oreille avant de m'enfoncer plus profondément dans son intimité, mes doigts explorant les replis trempés de son désir, là où le feu rencontre l'eau. Le vrai jeu commence maintenant. Et je n'ai pas l'intention de la laisser sortir de cette douche avant qu'elle ne soit brisée, propre, et entièrement mienne.
L’eau ruisselle sur nous, un rideau brûlant qui isole le reste du monde, mais pour elle, le monde s’arrête ici, entre mes mains et la faïence froide. Elle est prise au piège entre la chaleur de la douche et la menace sourde de mon corps plaqué contre le sien. Mon pantalon de toile, désormais gorgé d'eau, pèse lourd contre mes hanches, mais la pression de mon érection contre son fessier est la seule chose qu’elle doit sentir. Une promesse de ce qui va l’anéantir.
Je ne me contente plus d'effleurer. Je pétris. Mes doigts s'enfoncent dans la chair généreuse de ses hanches, y laissant des marques rouges que l’eau ne pourra pas effacer. J'attrape le savon, une barre de glycémie transparente, et je la fais rouler entre mes paumes avant de l'appliquer directement sur sa peau. Je commence par ses épaules, descendant lentement le long de sa colonne vertébrale. Chaque vertèbre est un palier dans sa chute.
— Tu trembles, Elara, murmuré-je à son oreille, ma voix couverte par le fracas de la pomme de douche. Est-ce que c’est le froid ? Ou est-ce que c’est parce que tu réalises enfin que tu n’as plus aucun contrôle ?
Elle ne répond pas, mais un gémissement étranglé s’échappe de sa gorge alors que ma main savonneuse glisse sous son bras pour remonter vers sa poitrine. Je saisis son sein droit, le pressant avec une force qui frôle la douleur. Le savon rend le contact fluide, presque irréel. Mon pouce écrase son téton déjà durci, le faisant rouler sous ma peau calleuse jusqu'à ce qu’elle arque le dos, sa tête basculant en arrière contre mon épaule.
— Regarde-toi, ordonné-je en la forçant à se redresser face au petit miroir embué fixé au mur.
D’un geste brusque, j’essuie la buée avec ma main libre. Elle est forcée de voir son propre reflet : les yeux dilatés par la peur et l’excitation, la peau rougie par la chaleur, et mes mains, sombres et possessives, qui malmènent son corps de poupée.
— Regarde ce que je te fais. Regarde comme tu aimes être traitée comme une traînée.
Ma main descend, quittant ses seins pour s'aventurer plus bas, sur son ventre plat qui se contracte sous mon toucher. Le savon mousse abondamment, créant une traînée blanche qui coule entre ses cuisses. Je sens son souffle s'accélérer, sa respiration devenir un halètement animal. Elle écarte instinctivement les jambes, offrant un passage que je n’hésite pas à emprunter.
Je glisse deux doigts dans son intimité, déjà saturée d'eau et de ses propres fluides. Elle est si serrée, si impatiente malgré sa terreur. Le contraste entre la douceur du savon et la rudesse de mes mouvements la fait vaciller. Je ne cherche pas à être tendre. Je cherche à l'occuper entièrement, à saturer ses nerfs jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus penser.
— C’est ça que tu voulais ? Que je te décrasse de tes faux-semblants ?
J'enfonce mes doigts plus profondément, trouvant le point exact qui la fait dérailler. Son bassin bascule violemment contre moi, cherchant un rythme que je lui refuse. Je retire mes doigts brusquement, la laissant vide, avant de les enfoncer à nouveau, plus brutalement cette fois. Le son de la succion, le claquement de ma main contre sa peau mouillée, le bruit de l'eau qui s'écrase sur nous… tout devient une symphonie de débauche.
— S'il te plaît… Evan… ne t'arrête pas… gémit-elle, ses mains griffant maintenant les carreaux de la douche.
— Je ne m'arrêterai que quand j'aurai fini de te vider, Elara. Je veux que tu sois une coquille vide que je pourrai remplir à ma guise.
Je l'attrape par les cheveux, tirant sa tête en arrière pour exposer la ligne de sa gorge. Je m'y engouffre, mordant la chair tendre juste au-dessus de sa clavicule. Je veux marquer mon territoire, laisser une trace de mes crocs qu'elle devra cacher sous ses cols hauts demain. Elle est à moi. Chaque centimètre carré de cette peau que je savonne avec une ferveur religieuse m'appartient.
Ma main libre descend vers ma braguette. Le tissu mouillé est une agonie, une cage pour mon envie qui ne demande qu'à exploser. Je sens la chaleur qui émane d'elle, cette odeur de femme excitée qui perce à travers le parfum artificiel du savon. C’est enivrant. C’est toxique.
Je la retourne brusquement pour qu’elle me fasse face. Ses yeux sont flous, noyés de larmes et d'eau. Je plaque ses mains au-dessus de sa tête, les maintenant d'une seule poigne de fer contre le mur. Je me presse contre elle, mon sexe durci séparé du sien uniquement par la barrière de mon pantalon trempé. Je frotte ma virilité contre sa fente béante, utilisant le savon comme lubrifiant de fortune.
— Regarde-moi dans les yeux, Elara. Dis-moi qui te possède. Dis-le.
Ses lèvres tremblent, sa poitrine se soulève en saccades violentes. Elle est au bord du gouffre, prête à basculer dans cette folie que je lui offre. La vapeur s'épaissit, rendant l'air presque irrespirable, lourd de nos désirs primaires.
— C'est toi… c'est toi, Evan…
— C'est moi quoi ? insisté-je en enfonçant un genou entre ses jambes pour les écarter davantage, la forçant à s'ouvrir totalement à moi.
— Tu me possèdes… Je suis à toi… Fais ce que tu veux… mais prends-moi… maintenant.
Je souris, un rictus carnassier. Le moment est presque venu, mais je veux qu'elle souffre encore un peu de ce besoin. Je veux qu'elle rampe dans son propre désir avant de lui accorder la délivrance. Je baisse ma main vers le bouton de mon pantalon, mes yeux ancrés dans les siens, lui montrant exactement l'enfer dans lequel je m'apprête à la plonger.
Mon pouce écrase sa lèvre inférieure, la forçant à garder la bouche ouverte, tandis que ma main libre libère enfin ma queue, tendue à s'en rompre, pulsant de ce besoin sauvage de la déchirer. Elle baisse les yeux, un gémissement étranglé s'échappant de sa gorge à la vue de ma virilité qui se dresse, sombre et massive, entre nous. La vapeur d'eau transforme sa peau en une soie brûlante, et l'odeur du savon mêlée à celle, plus âcre, de son excitation, m'enivre.
Je ne la quitte pas des yeux. Je veux voir chaque once de sa reddition.
Je saisis sa cuisse, la soulevant d'un geste brusque pour l'enrouler autour de ma hanche. Les carreaux froids de la douche dans son dos, ma chaleur dévastatrice devant elle. Je guide ma tête contre son entrée, là où elle est la plus vulnérable, là où le savon a rendu les tissus glissants, presque spongieux. Je sens son humidité naturelle, chaude, impatiente, qui réclame mon intrusion.
— Tu sens ça, Elara ? murmure-je contre son oreille, ma voix n'étant plus qu'un grognement animal. Tu sens à quel point je vais te briser ?
Je n'attends pas de réponse. Je pousse. Lentement. Cruellement.
Le premier centimètre est une torture délicieuse. Sa fente est si étroite que j'ai l'impression de m'enfoncer dans un étau de chair vivante. Elle rejette la tête en arrière, un cri muet mourant dans sa gorge, ses doigts s'enfonçant dans mes trapèzes jusqu'à y planter ses ongles. Je savoure sa douleur mêlée de plaisir. Je m'enfonce davantage, centimètre par centimètre, sentant ses parois se tendre, se déchirer presque sous l'assaut. Le mélange de l'eau chaude et du savon facilite la pénétration, mais la friction reste brute, totale.
Je m'arrête à mi-chemin, mon gland niché au plus profond d'elle, là où ça brûle. Ses muscles vaginaux se contractent autour de moi, des spasmes involontaires qui me font serrer les dents.
— Evan… s'il te plaît… tout… prends tout… supplie-t-elle dans un souffle saccadé.
Je ris doucement, un son sans aucune humanité.
— Tu ne décides de rien ici.
D'un coup de rein violent, je disparais entièrement en elle. Le choc de nos bassins qui se percutent résonne contre les parois de la douche, un claquement de viande contre viande qui couvre presque le bruit de l'eau. Elara lâche enfin le cri qu'elle retenait, un long râle d'agonie et d'extase. Je la possède. Je suis ancré en elle jusqu'à l'os.
Je commence le mouvement. Un va-et-vient sauvage, dénué de toute tendresse. Je me sers d'elle comme d'un exutoire, mes hanches frappant les siennes avec une régularité de métronome. À chaque poussée, je sens son corps tressaillir. L'eau coule sur nos visages, se mélangeant à la sueur et à la salive. Je l'embrasse brutalement, ma langue réclamant la sienne avec la même fureur que mon sexe réclame ses entrailles.
Le rythme s'accélère. Je perds le contrôle, cette mince couche de civilisation que je m'efforce de maintenir vole en éclats. Je suis un prédateur, et elle est ma proie consentante, saignante de désir. Ses jambes s'enroulent plus étroitement autour de moi, m'incitant à aller plus loin, plus fort. Je la prends sans retenue, mes mains marquant sa peau pâle de traces rouges qui deviendront des bleus demain. Des trophées.
— Regarde-moi ! ordonné-je.
Elle ouvre les yeux, ses pupilles ne sont plus que deux trous noirs d'une profondeur abyssale. Elle est partie, perdue dans les méandres de cette douleur exquise que je lui inflige. Je sens la tension monter dans mes reins, une pression insupportable qui demande à être libérée. Sous mes doigts, sa peau frissonne. Elle est proche. Je le sens aux contractions frénétiques de son sexe qui cherche à pomper ma semence avant même que je ne la lâche.
— Je vais venir, Elara… et tu vas tout prendre. Chaque goutte.
Je redouble de violence, mes coups de boutoir la soulevant presque contre le mur. Elle commence à trembler de tout son long, ses yeux roulant vers l'arrière alors que son propre orgasme la foudroie. Je la vois se briser, son corps se cambrant dans une ultime convulsion, tandis que ma propre jouissance explose.
C'est un déchirement, une décharge électrique qui me traverse l'échine. Je décharge mon foutre brûlant au plus profond de son utérus, des jets saccadés qui la font gémir de plus belle. Je reste enfoncé en elle, le front contre le sien, nos souffles courts se mélangeant dans l'air saturé d'humidité.
L'eau continue de couler, emportant avec elle les résidus de savon et de sueur, mais l'odeur de notre acte reste imprégnée dans chaque pore de ma peau. Je sens son cœur battre contre ma poitrine, un oiseau affolé derrière ses côtes.
Je me retire lentement, le bruit de succion marquant la fin de l'étreinte. Elle glisse le long du mur, ses jambes ne la portant plus, et finit par s'effondrer sur le sol de la douche, nue, trempée, marquée.
Je coupe l'eau d'un geste sec. Le silence qui suit est lourd, presque assourdissant. Je la contemple un instant, ma propriété, mon esclave de plaisir, brisée et magnifique sous la lumière crue de la salle de bain.
— Sèche-toi, dis-je d'une voix de marbre en sortant de la cabine sans un regard en arrière. Je t'attends dans la chambre. Et ne me fais pas attendre.
Je sors, la laissant seule avec le fantôme de mon invasion, sachant pertinemment qu'à partir de cet instant, elle ne m'appartiendra jamais assez.
Le Test de Résistance
Le silence qui suit le fracas de l’eau est plus lourd que la vapeur qui sature la pièce. Je sens encore les perles brûlantes rouler le long de ma colonne vertébrale, glisser sur mes fesses pour finir leur course sur le carrelage froid. Je ne me retourne pas tout de suite. Je savoure ce moment de pouvoir absolu où l'air est si épais qu'il faut presque le mâcher pour respirer.
Derrière moi, le seul bruit est celui de sa respiration : un râle saccadé, humide, entrecoupé de petits hoquets de détresse que je sais être, au fond, des soupirs de soumission.
Je fais un pas hors de la cabine, mes pieds nus claquant sur le marbre. Je ne cherche pas de serviette. Je laisse l’humidité s’évaporer lentement sur ma peau, profitant de la morsure de l’air climatisé de la suite qui s’engouffre par la porte entrouverte. Je finis par pivoter.
Elle est là. Une vision de dévastation exquise.
Elara est recroquevillée contre le mur de la douche, les genoux remontés contre sa poitrine, ses bras entourant ses jambes comme si elle essayait de contenir les morceaux de son âme que je viens d’éparpiller sous le jet brûlant. Sa peau, d'ordinaire si pâle, est marbrée de rougeurs violentes. Mes empreintes sont gravées sur ses cuisses, des marques de doigts qui virent déjà au pourpre, témoignages silencieux de la force avec laquelle je l’ai maintenue pendant qu’elle suppliait pour une fin qui n'est jamais venue assez vite. Ses cheveux trempés collent à son visage, à ses épaules, comme des lianes sombres.
— Lève-toi, Elara.
Ma voix est basse, monocorde, dénuée de toute pitié. C’est un fouet invisible. Je la vois tressaillir. Ses yeux, embués de larmes et de résidus d’eau, se lèvent vers les miens. Elle cherche une faille, une lueur de tendresse. Elle ne trouvera que l’acier de mon regard.
Elle essaie de prendre appui sur ses mains, mais ses muscles, liquéfiés par l'orgasme et la peur, la trahissent. Elle glisse, ses doigts griffant la paroi de verre. Un petit gémissement pathétique s'échappe de ses lèvres gonflées.
— J'ai dit : lève-toi. Maintenant.
Cette fois, elle y parvient. Elle se hisse avec la grâce chancelante d’un faon nouveau-né, ses jambes tremblant si fort que je peux entendre ses dents claquer. Elle est nue, vulnérable, offerte à mon inspection. Ses seins se soulèvent au rythme de son souffle erratique, les pointes durcies par le froid soudain, encore luisantes d’eau.
Je m’approche. Je ne m’arrête que lorsque mon sexe, encore semi-rigide et lourd de la tension non résolue, frôle son ventre plat. Elle ne recule pas. Elle n’ose plus. Je lève une main et saisis sa mâchoire, mes doigts s'enfonçant dans la chair tendre de ses joues pour la forcer à me regarder.
— Tu pensais que c’était la fin ? murmure-je, mon souffle s'écrasant sur ses lèvres. Ce n'était que le prélude, petite chose. La soirée ne fait que commencer.
Je la relâche brusquement. Je me dirige vers le meuble en acajou où repose une petite boîte en velours noir, apportée plus tôt par mon valet. Je l’ouvre. À l’intérieur, l’acier chirurgical et les cristaux sombres brillent sous la lumière crue des spots du plafond.
C’est un plug, d’un poids substantiel, terminé par une améthyste taillée en pointe de flèche. Un bijou de contrôle.
Je reviens vers elle. Ses yeux s'élargissent lorsqu'elle voit l'objet. Elle sait. Elle connaît les règles de Blackthorne. Elle sait que ce soir, elle ne sera pas seulement mon accompagnatrice, elle sera mon instrument.
— On appelle ça le Test de Résistance, Elara. Tu vas porter ceci. Toute la soirée. Pendant que tu souriras aux juges, pendant que tu accepteras les coupes de champagne de mes ennemis, et surtout, pendant que je garderai la télécommande dans ma poche.
Je vois la terreur pure traverser ses pupilles, mais aussi cette étincelle de désir masochiste que je me suis acharné à cultiver. Elle mouille, je le vois à la façon dont ses cuisses se serrent instinctivement, au léger glissement brillant entre ses lèvres charnues.
— Tourne-toi. Appuie-toi contre le rebord du lavabo. Écarte-toi pour moi.
Elle hésite une fraction de seconde, le temps pour moi de durcir mon regard. Puis, elle obéit. Elle se retourne lentement, m’offrant la courbe de son dos, la cambrure parfaite de ses reins et la rondeur de ses fesses encore marquées par mes gifles. Elle pose ses mains sur le marbre froid, ses doigts se crispant sur le bord.
Je me place derrière elle. L'odeur de son corps — un mélange de savon à la rose, d'eau chaude et de cette fragrance musquée et sucrée qui n'appartient qu'à une femme excitée — m'agresse les sens. Mon propre désir remonte, sauvage, exigeant.
Je dépose une noisette de lubrifiant sur l'extrémité de l'objet, puis j'écarte ses fesses avec mes pouces. L'entrée de son intimité est d'un rose tendre, palpitante, encore dilatée par nos jeux précédents.
— Respire, Elara. Si tu te contractes, ça fera mal. Et nous ne voudrions pas que tu commences à saigner avant même que la fête ne commence, n'est-ce pas ?
Je sens sa peau se contracter sous mes doigts, une réaction galvanique. Je place la pointe froide de l'acier contre son sphincter. Elle lâche un cri étouffé, un son de gorge qui se meurt contre le miroir face à elle.
— Chut... doucement...
Je pousse. Lentement. Millimètre par millimètre. Je veux qu'elle sente chaque facette du métal écarter sa chair, qu'elle sente l'invasion, la possession physique et psychologique. Elle gémit, son front s'appuyant contre le miroir, laissant une trace de buée alors qu'elle lutte pour ne pas s'effondrer.
L’objet s’enfonce, disparaissant dans la chaleur de son corps jusqu’à ce que la base ornée de la pierre précieuse vienne s’écraser contre son entrée, la scellant.
Elle est pleine. Elle est à moi.
Je me penche pour mordre le lobe de son oreille, mes mains descendant pour enserrer ses hanches, mes ongles s’ancrant dans sa peau.
— Maintenant, va te sécher. Habille-toi. La robe noire est sur le lit. Et souviens-toi, Elara… si je sens que tu essaies de le retirer, ou si tu laisses échapper un seul son déplacé devant mes invités, je te ferai regretter d’être née.
Je la lâche et sors de la pièce sans un regard en arrière, la laissant seule avec le poids froid dans ses entrailles et le feu qui commence déjà à dévorer sa raison. Le test a commencé.
Je l'attends au bas des marches, un verre de bourbon à la main. Le liquide ambré capte la lumière des lustres en cristal, mais mes yeux sont fixés sur l’ombre qui s’étire en haut du grand escalier. Quand elle apparaît enfin, le souffle me manque un instant, bien que je ne laisse rien paraître. La robe noire est une seconde peau de soie lourde, fendue jusqu'au milieu de la cuisse, dévoilant la pâleur de ses jambes à chaque mouvement. Elle est sublime. Elle est brisée. Elle est exactement là où je la veux.
Elle descend lentement, une main crispée sur la rampe. Je vois le tressaillement de sa mâchoire, la façon dont ses hanches oscillent avec une raideur inhabituelle. Chaque marche est un supplice. À chaque pas, le poids du métal en elle doit bouger, glisser contre ses parois, lui rappelant cruellement qu'elle n'est plus maîtresse de son propre corps.
Lorsqu'elle arrive à ma hauteur, je sens l'odeur de son parfum mêlée à celle, plus âcre et métallique, de sa propre excitation qu'elle essaie désespérément de refouler. Ses pupilles sont dilatées, envahissant l'iris.
— Tu es en retard, Elara, dis-je d'une voix basse, traînante.
Je tends ma main libre et pose mes doigts sur sa joue. Elle frémit, un spasme parcourant son échine. Mes yeux descendent vers le bas de son dos, là où la soie s'étire sur ses courbes. Je sais que juste en dessous, la pierre précieuse brille contre sa chair, scellant son intimité.
— Je... j'avais du mal à marcher, murmure-t-elle, la voix brisée.
— Habitue-toi. Ce n'est que le début de la soirée.
Je passe mon bras autour de sa taille, mes doigts s'ancrant fermement dans le creux de ses reins, juste au-dessus de l'intrus qu'elle transporte. Je presse délibérément, forçant la base de l'objet à s'écraser davantage contre son entrée. Elle étouffe un gémissement dans sa gorge, ses doigts s'enfonçant dans le tissu de ma veste.
— On y va. Et souris. Tu es la plus belle femme de cette salle, et tout le monde doit mourir d'envie de te posséder, tout en sachant que s'ils te touchent, je les égorge.
Nous entrons dans la salle de réception. Le brouhaha des conversations d'élite, le tintement des verres de champagne et le quatuor à cordes créent une cacophonie civilisée qui contraste violemment avec la brutalité de ce qui se joue entre nous. Les regards convergent immédiatement. Je sens Elara se raidir, ses muscles fessiers se contractant par réflexe autour du plug. Je sais ce qu'elle ressent : cette sensation d'être pleine, écartelée, et cette peur panique que l'objet ne glisse ou qu'un son ne lui échappe.
— Evan ! Quelle entrée magistrale.
Victor Vargos s'approche de nous. C'est un serpent en costume trois pièces, un homme qui rêve de voir mon empire s'effondrer. Ses yeux dévorent Elara avec une lubricité mal dissimulée. Je resserre ma prise sur sa taille, sentant sa chaleur irradier à travers la soie.
— Victor, répondis-je froidement. Je te présente Elara. Ma... protégée.
Vargos prend la main d'Elara et y dépose un baiser persistant. Je sens Elara chanceler. Le mouvement de son corps pour tendre la main a dû faire pivoter le métal à l'intérieur d'elle. Ses narines frémissent, et une fine perle de sueur apparaît à la naissance de ses cheveux. Elle est sur le fil du rasoir, au bord de l'orgasme ou de l'effondrement.
— Ravie de vous rencontrer, Monsieur Vargos, parvient-elle à articuler, bien que sa voix tremble légèrement.
— Tout le plaisir est pour moi, ma chère. Evan a toujours eu un goût exquis pour les raretés. Vous semblez... tendue. L'air de la ville ne vous réussit pas ?
Je laisse échapper un rire sombre, ma main descendant un peu plus bas sur ses fesses, massant la chair ferme à travers le tissu noir. Je sens la base du plug sous mes phalanges. C’est un secret brûlant, une perversion cachée aux yeux de tous.
— Elle est juste un peu intimidée par tant de splendeur, Victor. N'est-ce pas, chérie ?
Je presse mon pouce avec force, juste là où la pierre précieuse s'appuie contre son périnée. Elara lâche un petit cri étouffé, qu'elle transforme immédiatement en une quinte de toux maladroite. Son visage devient cramoisi. Ses jambes se dérobent presque, et elle est obligée de s'appuyer contre moi pour ne pas tomber.
Vargos fronce les sourcils, intrigué.
— Est-ce que ça va, mademoiselle ?
— Elle a besoin d'un verre, dis-je en fixant Vargos avec un regard qui lui fait comprendre qu'il devrait s'éloigner.
Une fois le serpent parti, je l'entraîne vers un coin plus sombre de la terrasse, à l'abri des regards indiscrets mais toujours à portée de vue de la foule. Je la plaque contre une colonne de marbre froid. Le contraste entre la pierre glacée dans son dos et le feu qui la dévore entre ses jambes doit être insupportable.
— Tu as failli faillir, Elara. Tu as fait du bruit.
— C’est... c’est trop, Evan... supplie-t-elle dans un souffle. Ça bouge quand je parle... ça s'enfonce quand je respire... Je sens tout... je suis trempée...
Je passe ma main sous la fente de sa robe, remontant le long de sa cuisse brûlante jusqu'à atteindre la dentelle de son string, déjà saturée d'humidité. Je glisse deux doigts sous le tissu et touche la base froide et ornée du plug. Elle est inondée. Ses fluides coulent le long du métal, lubrifiant l'invasion.
— Tu es une fontaine, murmurai-je à son oreille en mordillant la peau sensible de son cou. Est-ce que c’est l’idée que tous ces hommes te regardent sans savoir que tu es remplie par mon jouet qui te met dans cet état ? Ou est-ce simplement que ton corps réclame plus ?
Je saisis fermement la pierre précieuse entre mon pouce et mon index et je commence à la faire tourner lentement, très lentement. Le métal frotte contre ses parois internes, explorant chaque millimètre de sa sensibilité. Elara rejette la tête en arrière, ses yeux se révulsant. Son corps est secoué de petits spasmes incontrôlables.
— Evan... s'il te plaît...
— S'il te plaît quoi ? Que je l'enlève ? Ou que je le remplace par quelque chose de plus gros ? De plus humain ?
Je tire brusquement sur l'objet, pas assez pour le sortir, mais suffisamment pour qu'elle sente le vide aspirer sa chair avant de le renfoncer d'un coup sec, à fond. Elle étouffe un cri de pur plaisir agonisant contre mon épaule, ses ongles s'ancrant dans mes trapèzes à travers mon smoking.
— On n'a pas fini, murmurai-je en sentant mon propre désir cogner contre ma braguette. Le plat principal arrive, et tu vas devoir rester assise pendant deux heures avec ça en toi, sans sourciller. Si je vois une seule larme, Elara, je te jure que je te ferai jouir ici même, devant tout le monde, jusqu'à ce que tu ne puisses plus crier mon nom.
Je la détache de la colonne et la force à se redresser. Elle tremble comme une feuille, ses jambes flageolantes, mais il y a un éclat de défi — ou peut-être de pure folie — dans son regard. Le test ne fait que s'intensifier, et la frontière entre la torture et l'extase a disparu depuis longtemps.
— Viens, dis-je en lissant sa robe. Le dîner est servi.
Je sens ses muscles fessiers se contracter sous la soie fine de sa robe alors que nous avançons vers la salle de banquet. Chaque pas est un supplice que je savoure. Je sens, presque par télépathie, l'acier froid du plug qui glisse et s'appuie contre sa paroi rectale à chaque mouvement de ses hanches. Elle est trempée, je le devine à l'odeur musquée et sucrée qui émane d'elle, une fragrance de désir brut qui perce à travers son parfum de luxe.
La salle est immense, saturée de l'hypocrisie de l'élite. Je tire sa chaise avec une courtoisie glaciale. Lorsqu'elle s'assoit, son visage se décompose un instant. Le choc de l'objet qui s'enfonce plus profondément sous le poids de son corps lui arrache un sifflement étouffé. Ses yeux s'écarquillent, ses pupilles dévorant l'iris.
— Installe-toi bien, Elara, murmurai-je à son oreille en me penchant, feignant de l'aider avec sa serviette. Je veux que tu sentes chaque millimètre de ce métal. S'il te fait mal, utilise cette douleur pour te rappeler qui te possède.
Je m'assois à sa droite. À sa gauche, Marcus Thorne, un serpent qui cherche à couler mes parts de marché depuis des mois. Le dîner commence. Le cliquetis de l'argenterie contre la porcelaine est le seul métronome de ce supplice.
Sous la nappe damassée, ma main trouve sa cuisse. Elle sursaute, manquant de renverser son vin rouge. Sa peau est brûlante, moite. Je remonte lentement, mes doigts griffant doucement le tissu jusqu'à atteindre l'ourlet de sa culotte, ou plutôt, l'absence de culotte que j'ai exigée. Mes doigts s'aventurent directement sur son intimité, déjà gorgée de sang, palpitante. Elle est inondée. Le liquide s'écoule le long de mes phalanges, visqueux et chaud.
— Alors, Evan, le projet "Meridian" ? questionne Thorne en portant sa fourchette à sa bouche.
— Il avance, répondis-je d'une voix parfaitement stable, tandis que j'enfonce mon majeur dans sa fente trempée.
Elara se fige. Elle agrippe le bord de la table si fort que ses articulations blanchissent. Je sens ses parois vaginales se contracter frénétiquement autour de mon doigt, un réflexe animal qu'elle ne peut contrôler. À chaque fois qu'elle essaie de répondre aux politesses d'une voisine de table, je presse mon pouce contre son clitoris gonflé, massant le petit bouton de chair avec une circularité sadique.
Elle étouffe un gémissement dans une gorgée d'eau, sa gorge se contractant violemment. Le plug en elle doit bouger au rythme de ses spasmes internes, créant un double front de plaisir et de pression insupportable. Je sens l'humidité couler sur mon poignet, imbibant la manche de ma chemise sur-mesure. C'est obscène. C'est délicieux.
— Tu n'as pas touché à ton ris de veau, ma chère, lance Thorne avec un sourire prédateur.
— Elle a... peu d'appétit ce soir, dis-je en enfonçant un deuxième doigt, écartant ses lèvres charnues pour mieux sentir sa chaleur interne. Elle est concentrée sur autre chose. Pas vrai, Elara ?
Elle tourne la tête vers moi, les yeux brillants de larmes refoulées, le visage empourpré par une jouissance qu'elle tente de masquer sous de la colère. Elle est au bord du gouffre. Je sens son corps se tendre, les muscles de ses jambes trembler sous la table. Elle va venir. Là, au milieu du gratin mondain, entre le homard et le bœuf Wagyu.
Je sors soudainement mes doigts de son sexe pour attraper la petite télécommande dans ma poche de veste. Je l'active.
Le plug se met à vibrer instantanément à sa puissance maximale.
Le cri qu'elle lâche est étouffé par le rire d'un convive à l'autre bout de la table, mais son corps ne ment pas. Elle se cambre brusquement, ses fesses se décollant presque de la chaise. Je vois ses seins se soulever violemment sous le tissu de sa robe, ses mamelons pointant comme des perles dures. Ses fluides coulent maintenant sans retenue, une traînée de désir qui vient s'écraser sur le tapis de prix.
— Evan... hoquète-t-elle, le regard perdu dans le vide.
Elle jouit. Je le sens aux secousses sismiques qui parcourent sa cuisse contre la mienne. C'est une petite mort silencieuse et violente. Elle se vide de ses forces, sa tête retombant légèrement en arrière, ses lèvres entrouvertes laissant échapper un filet de souffle brûlant. Le contraste entre son orgasme dévastateur et le calme feint de la salle de réception me procure une érection à en briser ma braguette.
Je coupe la vibration après de longues secondes d'agonie extatique. Elle s'effondre contre le dossier, livide, le regard vitreux, totalement brisée par l'intensité de la sensation. Elle est à moi. Plus que jamais.
Je me lève, faisant signe à un serveur.
— Je crains que ma compagne ne se sente pas bien. Veuillez nous excuser.
Je l'aide à se lever. Elle tient à peine debout, ses jambes sont du coton. Alors que nous traversons la salle, je sens l'odeur de son sexe et de sa sueur me coller à la peau, un trophée invisible mais puissant.
Une fois dans le vestibule sombre, loin des regards, je la plaque contre le mur de marbre froid. Sa robe remonte, et je plonge ma main entre ses fesses pour empoigner la base du plug. Je tire d'un coup sec. Le son de succion, ce "pop" humide et charnel, résonne dans le couloir désert. Elle pousse un cri rauque, une plainte animale, alors que l'air s'engouffre là où l'acier se trouvait.
— Tu as été parfaite, murmurai-je en pressant mon érection contre son ventre trempé. Le test de résistance est terminé. Maintenant, on rentre. Et ce que je t'ai fait subir à cette table ne sera qu'un doux souvenir comparé à ce qui t'attend dans mon lit.
Je lèche la goutte de sueur qui perle à sa tempe, savourant le goût du sel et de sa défaite totale. Elle ne répond rien, elle se contente de s'accrocher à mon cou, cherchant mon souffle, totalement soumise à l'obscurité que j'ai éveillée en elle.
Le trajet vers la voiture se fait dans un silence électrique, chargé de l'odeur du sexe et de la promesse d'un carnage sensoriel imminent. Le chapitre se referme sur le bruit sourd de la portière, nous isolant du monde, là où plus aucune règle ne s'applique.
L'Intrus
La pluie de Blackthorne n'est pas une simple averse, c'est une punition. Elle frappe contre les vitraux de mon bureau avec une régularité de métronome, noyant le domaine dans un linceul gris et poisseux. À l'intérieur, l'air est lourd, saturé par l'odeur du vieux papier, du cuir tanné et du parfum d'Elara. Cette fragrance de jasmin bon marché et de peur qui me monte au cerveau comme une drogue dure.
Elle est là, debout devant ma bibliothèque massive, une silhouette frêle perdue dans l'immensité de cette pièce qui suinte l'oppression. Elle porte une de mes chemises en coton blanc, trop large pour elle. Le tissu fin glisse sur ses hanches, s'arrêtant juste au milieu de ses cuisses, dévoilant ses jambes longues, pâles, que j'ai envie de marquer de mes empreintes. Sous le coton, elle est nue. Je le sais. Je l'ai vue se glisser dedans, les doigts tremblants, fuyant mon regard alors que je l'observais depuis le lit, savourant sa gêne.
— Tu cherches quelque chose, Elara ? ma voix claque dans le silence, basse, presque un grondement.
Elle sursaute, ses épaules se contractant. Elle ne se retourne pas tout de suite. Elle fixe un rayonnage précis, celui où je range les dossiers que personne ne devrait voir. Les dossiers de la lignée Rook. Nos péchés, nos jugements, nos victimes.
— Ce domaine est un mausolée, Evan, murmure-t-elle sans me regarder. Tu vis entouré de fantômes.
Je me lève lentement du fauteuil en cuir. Mes articulations craquent. Je sens cette tension familière dans mon bas-ventre, ce mélange de désir carnassier et de besoin de contrôle absolu. Je m'approche d'elle, sans un bruit, le tapis étouffant mes pas. Quand je suis juste derrière elle, je sens la chaleur qui émane de son corps. Elle dégage une odeur de peau propre et de détresse. C’est enivrant.
Je pose mes mains sur ses hanches, mes doigts s’ancrant dans le tissu blanc. Je sens ses muscles se figer sous mes paumes. Elle est comme un oiseau qui attend que le piège se referme.
— Ce ne sont pas des fantômes, Elara. Ce sont des trophées.
Je penche la tête, mon souffle chaud balayant l'échancrure de son cou. Elle frissonne violemment. Je plante mes dents très doucement dans la courbe de son épaule, juste assez pour la faire gémir, un petit son étouffé qui me donne envie de la retourner et de l'étaler sur ce bureau poussiéreux. Ma main droite remonte, glisse sous la chemise, palpe la peau brûlante de son ventre plat, remonte vers ses côtes. Son cœur bat la chamade, une cadence affolée que je sens sous mes phalanges.
— Tu trembles, susurrai-je en descendant ma main vers l'élastique invisible de sa pudeur. Tu as peur de ce que tu pourrais trouver dans ces tiroirs ? Ou tu as peur de ce que je vais te faire si tu continues à fouiller ?
Elle finit par se retourner brusquement dans mes bras. Ses yeux sont larges, hantés. Elle pose ses mains sur mon torse pour me repousser, mais elle ne fait qu'accentuer le contact. Ses doigts s'agrippent au revers de ma veste noire.
— J’ai vu le moniteur dans le couloir, Evan, dit-elle d’une voix étranglée. Les caméras. Elles ne sont pas seulement sur le périmètre. Elles sont dans les chambres. Dans ma salle de bain. Tu m’observes... comme un animal de laboratoire.
Un sourire froid étire mes lèvres. Je ne nie rien. Le déni est pour les faibles. Je resserre ma prise sur ses hanches, l'écrasant contre moi. Elle peut sentir ma dureté contre son ventre, une menace silencieuse et impitoyable.
— Je ne t'observe pas, Elara. Je te possède. Chaque centimètre de ta peau, chaque souffle que tu prends dans cette maison m'appartient. Tu voulais la sécurité ? Voilà à quoi elle ressemble. Elle a des yeux partout.
Je glisse ma main derrière sa nuque, mes doigts s'emmêlant dans ses cheveux sombres, et je force son visage à se lever vers le mien. Ses lèvres sont entrouvertes, son souffle est court. Je m’apprête à l’embrasser avec une violence qui la laissera sans voix quand un éclat rouge attire mon regard sur le bureau.
Ma tablette de sécurité. Un voyant clignote.
Je la lâche brutalement. Le sevrage est immédiat, une décharge de frustration pure. Je m'empare de l'écran. Le périmètre de l'aile Est a été forcé. Pas par un animal. Le détecteur de mouvement indique une masse humaine. Quelqu'un a contourné le premier cercle de capteurs thermiques.
— Evan ? qu'est-ce qu'il y a ?
Elle a l'air perdue, les joues rouges, la chemise en désordre. Elle ne comprend pas encore que le sanctuaire est violé.
— Tais-toi, j'ordonne.
Je bascule sur les caméras de l'aile Est. L'image est parasitée par l'orage, mais je le vois. Une ombre. Une silhouette familière, vêtue de sombre, se mouvant avec une agilité que je ne connais que trop bien. Ce n'est pas un simple cambrioleur. C'est lui. Le type qui lui envoie ces lettres. Le spectre de son passé qui a réussi à s'infiltrer dans mon territoire.
Une rage froide, noire, se répand dans mes veines. Personne ne touche à ce qui m'appartient. Personne n'entre ici sans y laisser son sang.
Soudain, l'écran devient noir. Un grésillement strident sort des haut-parleurs. Puis, une voix modifiée, métallique, résonne dans le silence de la pièce :
— "Elle n'est pas à toi, Rook. Tu ne fais que la garder au chaud pour moi."
Elara lâche un cri étouffé, ses mains remontant à sa bouche. Elle a reconnu l'allusion, l'inflexion, même déformée. Elle recule jusqu'à butter contre la bibliothèque, les yeux révulsés de terreur.
Je ne perds pas une seconde. J'ouvre le tiroir secret de mon bureau et j'en sors mon SIG Sauer. Le métal est froid, rassurant. Je vérifie le chargeur d'un geste sec.
— Reste ici, Elara. Si tu sors de cette pièce, je ne réponds plus de rien.
— Evan, non... ne me laisse pas seule !
Je me tourne vers elle. Mon regard doit être terrifiant, car elle se recroqueville. Je m'approche d'elle en deux enjambées, je saisis son visage d'une main libre et je l'embrasse. Ce n'est pas un baiser, c'est un marquage. Mes dents entament sa lèvre inférieure, le goût du sang envahit nos bouches. Je veux qu'elle se souvienne de ma douleur, de ma rage, alors que je m'apprête à aller chasser.
— Tu n'es pas seule, grogné-je contre ses lèvres ensanglantées. Je suis ton seul Dieu ici. Et je vais lui montrer ce qu'il en coûte de profaner mon temple.
Je me redresse, l'adrénaline transformant ma vision en un tunnel de violence pure. Je quitte le bureau, verrouillant la porte derrière moi électroniquement. Elle est en sécurité. Pour l'instant.
Je m'enfonce dans le couloir sombre, le pistolet au poing, les sens en alerte. L'intrus est proche. Je sens son odeur, celle de l'humidité et de l'obsession. Le jeu psychologique est terminé. Maintenant, c'est une question de survie. Et à Blackthorne, les Rook ne survivent pas. Ils règnent sur les cadavres.
Le silence de Blackthorne n'est jamais vraiment muet. C’est un bourdonnement sourd, le chant des câbles électriques sous haute tension et le gémissement des fondations centenaires. Mais là, au détour du couloir qui mène à l’aile ouest, le silence a changé. Il est devenu granuleux.
Je m’arrête, le dos contre le marbre froid, mon souffle à peine perceptible. Le pistolet est une extension de mon bras, une protubérance d’acier noir. Ma langue passe sur ma lèvre inférieure, là où le sang d'Elara a séché. Ce goût métallique me rend dingue. Il appelle le carnage. L'excitation de l'avoir marquée, de l'avoir laissée tremblante et enfermée, se mélange à la soif de briser les os de l'enfoiré qui a osé souiller mon domaine.
Un craquement. À dix mètres. Derrière la porte en chêne de la bibliothèque.
Je ne sprinte pas. Je glisse. Je suis une ombre parmi les ombres. Mon érection, tendue et douloureuse contre le tissu de mon pantalon, est un rappel constant de ma nature : je suis un prédateur. La violence et le désir sont deux faces d'une même pièce de monnaie rouillée.
Je pousse la porte d'un coup de botte, le fracas résonnant comme un coup de tonnerre.
Il est là. Une silhouette malingre, vêtue de sombre, fouillant fébrilement dans mon bureau. L'odeur de sa sueur rance, de sa peur de rat, agresse mes narines. Ce n'est pas un professionnel. C'est un fanatique. Un déchet qui pense que son obsession pour Elara lui donne des droits.
— Mauvais choix de serrure, connard, lâché-je d’une voix qui n’a plus rien d’humain.
Il sursaute, lâche un dossier, et sort un couteau de chasse. Un rire guttural m’échappe. Un couteau contre un Rook ? C’est insultant.
Je range mon arme dans mon holster. Je n’ai pas envie de le descendre proprement. Je veux sentir sa vie s'écraser sous mes poings. Je veux que le sang qui va gicler soit une offrande à celle qui m'attend en haut, verrouillée dans ma cage dorée.
Il se jette sur moi, un cri de désespoir étranglé dans la gorge. Je pivote, la grâce d'un danseur de mort. Je saisis son poignet, le craquement du radius qui cède sous ma poigne est une musique délicieuse. Il hurle. Je plaque ma main libre sur sa bouche, étouffant son agonie, et je le projette contre la table massive en acajou.
— Chhhht, murmuré-je à son oreille, mon corps pressé contre le sien dans une parodie d'étreinte brutale. Tu vas salir le tapis.
Je lui assène un coup de genou dans les côtes. Le bruit du cartilage qui pète me fait bander davantage. Je le retourne, le plaquant face contre la table, ses jambes s'agitant vainement. Ma main s'enroule dans ses cheveux gras et je lui fracasse le visage contre le bois. Une fois. Deux fois.
Le sang gicle, chaud, poisseux. Il s'étale sur les documents, sur mes mains. Je respire l'odeur de l'hémoglobine et de la terreur. C’est enivrant. Je pense à Elara, à la façon dont elle a frémi sous mes lèvres, à la façon dont elle va gémir quand je rentrerai, couvert de cette preuve de ma domination.
— C’est toi qui lui envoyais ces photos ? demandé-je en lui relevant la tête par les cheveux pour qu'il voie son propre reflet brisé dans le vernis de la table. C’est toi qui la regardais dormir ?
Il essaie de bafouiller, des bulles de sang éclatant sur ses lèvres déchiquetées. Je ne l'écoute pas. Je me fous de ses raisons.
Je le saisis par le col et le traîne vers le centre de la pièce. Mes muscles brûlent, une chaleur animale irradie de mon torse. Je me sens puissant, invincible, comme un dieu de l'ancien monde réclamant son sacrifice. Je le jette au sol et je m'accroupis sur lui, mes genoux bloquant ses bras.
Mes mains, désormais rouges, se referment sur son cou. Je n'appuie pas encore assez pour le tuer, juste assez pour qu'il voie la lumière s'éteindre, pour que ses yeux révulsés ne fixent plus que mon visage, mon expression de pur plaisir carnassier.
— Elle est à moi, grogné-je, le visage à quelques centimètres du sien. Chaque pore de sa peau, chaque goutte de ses fluides, chaque cri qu'elle pousse... tout m'appartient. Tu as cru pouvoir toucher à mon trésor ?
L'adrénaline est une drogue dure. Ma respiration est courte, saccadée. Je sens la sueur perler sur mon front, se mélanger au sang de l'intrus. Je suis dans un état de transe érotico-violente. Je visualise Elara, nue sur mon lit, les poignets liés, attendant que son maître revienne de la chasse. Cette image me donne envie de tout dévaster.
Je relâche brusquement la pression. Il aspire une bouffée d'air dans un sifflement pitoyable. Je ne vais pas le finir ici. Pas encore. La cave de Blackthorne a des secrets que le soleil ne visite jamais, et j'ai besoin d'un exutoire pour cette rage qui me consume.
Je sors mon téléphone d’une main tremblante d’excitation, sans quitter des yeux ma proie qui rampe au sol comme un insecte écrasé.
— Marcus ? Viens ramasser les ordures dans la bibliothèque. Prépare la salle de "réception". J'arrive.
Je me redresse, réajustant ma chemise désormais ruinée. Le tissu colle à ma peau, imprégné de l'effort et de la mort qui rôde. Je sens mon sexe pulser contre la fermeture éclair de mon pantalon, une exigence brutale que seule Elara pourra apaiser.
Je jette un dernier regard au déchet qui sanglote à mes pieds. Il a de la chance. Il va vivre encore quelques heures. Juste assez pour que je puisse montrer à ma belle captive ce qu'il advient de ceux qui s'approchent trop près de ce qui m'appartient.
Je sors de la pièce, le pas lourd et assuré. L'air du couloir me semble soudain trop froid, trop vide. J'ai besoin de chaleur. J'ai besoin de cris qui ne sont pas dus à la douleur, mais à un plaisir si intense qu'il ressemble à une agonie.
Je me dirige vers le bureau où je l'ai laissée. Chaque pas que je fais est une promesse de débauche. Je peux presque sentir son odeur à travers les murs, cette fragrance de vanille et de peur qui m'excite plus que n'importe quel parfum de luxe.
Arrivé devant la porte verrouillée, je m'arrête un instant pour lisser mes cheveux d'une main ensanglantée, laissant des traces rubis sur mon front. Je ressemble à un démon sortant des limbes. Et c'est exactement ce qu'elle va voir.
Je pose ma main sur le scanner rétinien. Le verrou électronique déclenche un clic sec, définitif.
— Elara... murmuré-je pour moi-même, ma voix n'étant plus qu'un grognement de prédateur affamé. Ton Dieu est de retour. Et il a faim.
Je pousse la porte. La lumière de la pièce m'aveugle un instant, mais mes sens sont déjà braqués sur elle. Elle est là, là où je l'ai laissée, mais l'atmosphère a changé. Elle a senti la violence. Elle a senti l'odeur du sang que je porte sur moi comme une décoration.
Le vrai jeu commence maintenant. Et Blackthorne ne sera plus jamais le même après cette nuit.
La porte coulisse dans un sifflement pneumatique qui sonne comme un couperet. L’air pressurisé de la chambre est immédiatement souillé par l’odeur de fer et de mort que je traîne derrière moi. Elara est debout, près du lit baldaquin, ses doigts crispés sur les draps de soie blanche. Ses yeux s’écarquillent, deux orbes de terreur pure fixés sur les traînées de sang qui maculent mon torse nu et mon visage.
Je ne dis rien. Le silence est plus lourd que n’importe quelle menace. Je m’avance lentement, chaque pas laissant une empreinte de botte poisseuse sur le tapis immaculé. La décharge d'adrénaline du combat ne m'a pas quitté ; elle pulse dans mes tempes, transformant mon désir en une faim dévorante, animale.
— Evan… souffle-t-elle, sa voix tremblante. Tu es blessé ?
Je m’arrête à quelques centimètres d'elle. Je peux sentir la chaleur qui émane de son corps, ce contraste frappant avec le froid métallique du couloir où je viens de briser des os.
— Ce n’est pas mon sang, Elara, grogné-je.
Je lève ma main droite. Les jointures sont éclatées, rouges, luisantes. Sans quitter ses yeux des miens, je passe mon pouce sur sa lèvre inférieure, y déposant une trace écarlate. Elle tressaille, une plainte étranglée mourant dans sa gorge, mais elle ne recule pas. C’est ce que j’aime chez elle : cette fascination morbide pour le monstre que je suis.
— Il est entré, n’est-ce pas ? demande-t-elle dans un murmure.
— Il a essayé. Maintenant, il n'est plus qu'un tas de viande froide dans le jardin.
Je referme mes mains sur sa taille, mes doigts s’enfonçant dans sa chair tendre à travers le tissu fin de sa nuisette. Je l’attire violemment contre moi. Le sang frais sur mon torse vient souiller la soie de son vêtement, créant une carte de violence entre nos deux corps. Je plonge mon visage dans le creux de son cou, humant l'odeur de vanille qui lutte contre la puanteur de la lutte.
— J’ai besoin de te sentir, Elara. J’ai besoin de te briser pour oublier ce que je viens de faire.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre. Je capture sa bouche dans un baiser qui n'a rien de tendre. C’est un assaut. Mes dents accrochent sa lèvre, le goût du sang – le sien, cette fois – se mélange à celui de la mort. Elle gémit, une sonorité entre la protestation et l'abandon, alors que mes mains déchirent la nuisette d’un geste sec. Les lambeaux de soie tombent au sol comme des ailes brisées.
Je la bascule sur le lit. Le contraste est obscène : sa peau de porcelaine, si pure, si intouchée, et moi, cette bête couverte de la fange du combat. Je grimpe sur elle, mes genoux écartant ses cuisses sans ménagement. Je veux voir cette ombre de choc dans ses yeux, ce moment précis où elle réalise que l'homme qui l'aime est aussi le bourreau qui protège son empire.
— Regarde-moi, ordonné-je en saisissant sa mâchoire pour l'obliger à fixer mon visage barbouillé de rouge. Regarde ce que tu as fait de moi.
Je ne prends pas de précautions. Je n’ai aucune patience pour les préliminaires ce soir. Mes doigts, encore poisseux, s'enfoncent entre ses jambes, cherchant son humidité. Elle est déjà trempée, une réaction viscérale à la peur et à l'intensité de ma présence. Je la travaille brutalement, deux doigts s'enfonçant en elle tandis que mon pouce écrase son clitoris avec une force qui lui arrache un cri aigu.
— Evan… pitié…
— Il n'y a pas de pitié ce soir, Elara. Seulement la possession.
Je déboucle ma ceinture d'une main, mon érection pulsant de rage et de besoin. Je me libère, mon sexe dressé, dur comme le marbre. Je ne la quitte pas des yeux quand je me positionne. Je veux qu'elle sente chaque millimètre de l'invasion.
Je m'enfonce en elle d'un coup sec, sans artifice. Elle cambre le dos, les doigts plantés dans mes épaules, ses ongles griffant ma peau déjà meurtrie. Un gémissement guttural s'échappe de mes poumons. Elle est si serrée, un étau de velours qui menace de me faire perdre la tête.
Le rythme que j'impose est sauvage, dénué de toute finesse. Chaque coup de rein est une revendication. À chaque poussée, le sang sur mon torse s'étale sur sa poitrine, nous soudant l'un à l'autre dans une étreinte macabre. Je la prends comme un conquérant prend une cité : avec une fureur qui ne laisse place à rien d'autre.
— Tu es à moi, grondé-je, ma voix n'étant plus qu'un râle. Chaque goutte de ton plaisir, chaque once de ta peur… tout m'appartient.
Elle jette sa tête en arrière, ses cheveux blonds s'étalant sur les oreillers comme une auréole souillée. Ses yeux se révulsent, elle est au bord du précipice. Je sens ses muscles internes se contracter frénétiquement autour de moi. Je n'attends pas. J'accélère, mes mains ensanglantées saisissant ses poignets pour les plaquer au-dessus de sa tête.
L'orgasme me frappe avec la violence d'une exécution. Je me décharge en elle dans un cri de rage libératrice, tout mon corps tendu à s'en briser les tendons. Elle explose en même temps, son corps secoué de spasmes violents, son nom s'échappant de ses lèvres dans un sanglot de pur abandon.
Je m'effondre sur elle, mon souffle court, nos sueurs et nos fluides mêlés au sang du harceleur sur les draps désormais ruinés. Le silence revient dans la chambre, seulement troublé par nos respirations erratiques.
Je me redresse sur les coudes, la fixant. Elle est marquée. Des traces de doigts rouges sur ses bras, une traînée de sang séchant sur sa joue, et mon empreinte en elle. Elle me regarde, et pour la première fois, je vois qu'elle n'a plus peur de l'intrus. Elle a compris que le vrai danger n'était pas celui qui entrait par effraction, mais celui qui possédait la clé de son cœur et de sa prison dorée.
— Dors maintenant, Elara, murmuré-je en embrassant son front d'une lèvre encore fiévreuse. Demain, le monde sera à nous. Et personne ne nous le prendra.
Je me lève, la laissant là, une poupée brisée et comblée au milieu du carnage. Blackthorne est de nouveau calme, mais les secrets de cette nuit ne seront jamais lavés, peu importe la quantité de savon que j'utiliserai pour nettoyer mes mains.
Le chapitre de l'innocence est définitivement clos. Celui de la débauche absolue vient de s'ouvrir.
Reddition
L’orage gronde sur Blackthorne, un grondement sourd qui fait vibrer les vitraux centenaires de mon bureau, mais ici, à l’intérieur de mon sanctuaire, le seul bruit qui m’importe est celui de sa respiration saccadée. Elara est debout devant moi, une silhouette frêle perdue dans l’immensité de cette pièce tapissée de cuir et de secrets. Elle porte cette robe en coton gris, trop fine pour la saison, qui moule ses hanches alors qu'elle tremble de tous ses membres.
Elle est brisée. Je le vois à la manière dont ses épaules s’affaissent, à la façon dont ses yeux, d’ordinaire si prompts à défier mon autorité, sont noyés dans une terreur liquide. Le passé l’a rattrapée, les ombres qu’elle fuyait ont fini par griffer à sa porte. Et comme je l’avais prédit, elle est revenue vers le seul monstre capable de dévorer les autres.
Je ne bouge pas. Je reste assis derrière mon bureau d’acajou massif, un verre de Lagavulin à la main. L’ambre du liquide capte la faible lueur des braises dans la cheminée. Je l'observe comme on observe une proie qui vient de comprendre que le piège est sa seule protection.
— Viens ici, Elara.
Ma voix est un murmure d'outre-tombe, calme, dépourvue de la moindre pitié. C’est ce qu’elle veut. Elle n’a pas besoin de réconfort ; elle a besoin d’une ancre, aussi lourde et froide soit-elle.
Elle fait un pas, puis deux. Ses pieds nus s’enfoncent dans le tapis persan. Quand elle arrive à ma hauteur, elle ne s’arrête pas. Elle contourne le bureau et vient se placer entre mes jambes, là où l’obscurité est la plus dense. L’odeur de la pluie et de la peur émane d’elle, un parfum âcre qui réveille en moi une faim primitive.
— Evan… murmure-t-elle, et son nom dans sa bouche sonne comme une prière désespérée. Je ne veux plus penser. Je ne veux plus avoir peur. Fais-le cesser. Tout.
Je pose mon verre. Mes mains, larges et cicatrisées par des années de privilèges violents, remontent lentement le long de ses cuisses. Le tissu de sa robe est froid, mais sa peau, en dessous, est une fournaise. Je sens ses muscles se crisper, son souffle se bloquer dans sa gorge. Je ne me presse pas. J’aime cette lenteur, cette manière de lui arracher sa volonté centimètre par centimètre.
— Tu sais ce que ça implique, n’est-ce pas ? je dis en ancrant mes doigts dans sa chair tendre, juste assez fort pour laisser des marques qui seront bleues demain. Si je prends le contrôle, Elara, il ne restera rien de toi. Je ne serai pas doux. Je ne serai pas ton sauveur. Je serai ton propriétaire.
Elle hoche la tête, un mouvement erratique. Elle s'abandonne. Ses mains viennent se poser sur mes épaules, ses doigts s'agrippant à la soie de ma chemise noire comme si elle se noyait.
— Possède-moi, souffle-t-elle contre mon oreille. Détruis tout le reste. S’il te plaît.
Ce "s’il te plaît" est le signal. Le vernis de ma retenue craque. Je me lève d'un bond, la faisant reculer contre le bureau. Les objets — coupe-papier en argent, dossiers frappés du sceau des Rook, stylos plume — volent au sol dans un fracas métallique. Je la hisse sur le bois dur et froid, écartant brutalement ses jambes pour m’insinuer entre elles.
Mes mains ne sont plus exploratrices, elles sont prédatrices. Je remonte sa robe d'un geste sec, dévoilant sa nudité pâle sous la lumière crue des éclairs qui déchirent le ciel au-dehors. Elle ne porte rien en dessous. Elle est offerte, béante, tremblante.
Je plonge mon visage dans le creux de son cou, humant la sueur qui perle déjà sur sa peau. Je ne l’embrasse pas. Je la mords. Mes dents s’enfoncent dans la courbe de son épaule, marquant mon territoire, arrachant un gémissement aigu qui se perd dans le fracas du tonnerre. Ma main descend, sans aucune finesse, et vient s’écraser sur son sexe déjà mouillé de désir et d’angoisse.
— Regarde-moi, j’ordonne en saisissant son menton pour forcer ses yeux à rencontrer les miens.
Ses pupilles sont dilatées, l’iris presque inexistant. Elle est là, totalement à ma merci. Je vois le combat s’éteindre en elle, remplacé par une soumission totale, animale.
— Tu n'es plus à toi, Elara. Tu es à Blackthorne. Tu es à moi. Chaque centimètre de cette peau, chaque souffle que tu prends, m’appartient. Est-ce que tu comprends ?
— Oui, expire-t-elle dans un souffle court, ses hanches se soulevant instinctivement contre ma paume. Oui, Evan. Prends tout.
Ma main travaille maintenant avec une brutalité calculée, mes doigts s'enfonçant en elle sans préambule, testant son élasticité, provoquant des spasmes qui secouent tout son corps. Elle rejette la tête en arrière, sa gorge exposée, magnifique dans sa vulnérabilité. Je sens son humidité glisser sur mes phalanges, chaude, visqueuse, une preuve irréfutable de sa trahison interne. Son corps réclame ce que son esprit redoutait.
Je déboutonne mon pantalon d’une main, ne lâchant pas son regard un seul instant. L'air dans la pièce est devenu lourd, chargé d'une électricité plus dangereuse que celle de l'orage. Je veux qu'elle sente chaque seconde de sa chute. Je veux qu'elle sache que ce qui va suivre n'est pas une étreinte, mais une annexion.
Je saisis ses jambes et les ramène sur mes épaules, l'ouvrant totalement à ma vue, à mon appétit. Le contraste entre sa peau de porcelaine et le bois sombre du bureau est une insulte à la morale, et j'adore ça.
— C’est ici que tu disparais, Elara, je grogne contre ses lèvres, mon sexe pulsant de besoin contre son entrée. C’est ici que le monde s’arrête.
Je n'attends pas sa réponse. Je m'enfonce en elle d'un coup sec, une intrusion brutale qui lui arrache un cri de douleur mêlé d'un plaisir si pur qu'il en est obscène. Le bureau gémit sous notre poids, et l'odeur du sexe et de la pluie sature mes sens. La reddition est complète. La démolition peut commencer.
Je reste immobile un instant, savourant l’onde de choc qui parcourt son corps. Elle est si serrée, si brûlante, que j'ai l'impression que ses chairs tentent d'engloutir les miennes pour m'empêcher de ressortir. Ses doigts s'enfoncent dans mes trapèzes, ses ongles perçant presque la peau, tandis qu'elle rejette la tête en arrière dans un râle étouffé.
— Regarde-moi, Elara.
Ma voix n'est plus qu'un grognement animal. Je ne veux pas qu'elle s'évade dans sa propre extase. Je veux qu'elle soit témoin de son propre naufrage.
Elle ouvre les yeux, ses pupilles tellement dilatées que l'iris n'est plus qu'un mince liseré d'ambre. Je commence à bouger. Lentement. Je me retire presque entièrement, laissant le vide et le froid la hanter une fraction de seconde, avant de me redonner à elle avec une force calculée. Le claquement de nos bassins qui se percutent résonne dans la pièce silencieuse, plus fort que le tonnerre qui gronde au dehors.
— Tu sens ça ? je souffle, mes lèvres effleurant son oreille alors que je l'occupe avec une régularité métronomique. Tu sens comme tu m'accueilles ? Comme si tu avais été forgée pour être remplie par moi ?
Elle ne répond que par un gémissement brisé, son corps se cambrant sous les assauts. Je saisis ses poignets et les plaque au-dessus de sa tête, les clouant sur le bois froid du bureau. Elle est totalement offerte, désarmée, ses seins pointant vers le plafond, tressaillant à chaque fois que je la percute. La sueur commence à perler sur nos fronts, collant nos corps dans une étreinte poisseuse et primitive.
L’odeur est entêtante. C’est un mélange de son parfum de jasmin qui s’étiole et de l’odeur âcre, métallique, du désir brut. Je change le rythme. Je ne suis plus dans la retenue. Je suis dans l'urgence. Mes coups de boutoir deviennent plus erratiques, plus profonds, cherchant à atteindre ce point en elle qui la fera basculer définitivement de l'autre côté de la raison.
— Plus… Evan, s’il te plaît… plus fort…
Ses supplications sont le carburant de ma propre folie. Je lâche ses poignets pour saisir ses hanches, mes doigts s'ancrant dans sa chair, laissant déjà deviner les marques bleutées que j'y imprimerai. Je la soulève légèrement pour modifier l'angle, pour m'enfoncer encore plus loin, là où personne n'est jamais allé. À chaque va-et-vient, le bruit de la friction, ce son humide et obscène, sature l'espace entre nous.
Je me penche pour mordre la courbe de son cou, marquant mon territoire alors que je sens ses muscles vaginaux se contracter autour de moi dans des spasmes désordonnés. Elle est proche. Je le sens à la façon dont ses jambes tremblent sur mes épaules, à la manière dont son souffle devient un sifflement erratique.
— Tu m’appartiens, Elara. Pas seulement ce soir. Pas seulement ici. Chaque cellule de ce corps est ma propriété.
Je retire mon sexe presque totalement, puis je l'enfonce d'un coup sec, si profond que je sens son col s'ouvrir sous la pression. Elle lâche un cri aigu, un son pur de détresse et de plaisir mélangés, ses doigts griffant désespérément le bois du bureau. Sa jouissance commence à déferler, des ondes électriques qui me foudroient en retour.
Je ne m'arrête pas. Au contraire, j'accélère. Je veux l'épuiser, je veux qu'elle se vide de toute volonté. Je martèle son corps avec une fureur sourde, mes mouvements devenant un flou de chaleur et de cuir. Le bureau grince, menace de céder, mais je m'en moque. Si tout doit s'effondrer, que ce soit pendant que je suis en elle.
Je libère une de mes mains pour descendre entre nous, là où nos sexes se rejoignent dans un chaos de fluides. Mes doigts trouvent son clitoris, déjà gorgé de sang et de sensibilité. Je l'écrase sans ménagement sous mon pouce alors que je continue de la pénétrer avec une violence contenue.
Le contraste entre la pénétration brutale et la stimulation électrique de mes doigts la fait convulser. Ses yeux se révulsent, sa bouche s'ouvre sur un silence de mort, incapable de formuler le moindre son face à l'intensité de ce que je lui inflige. Elle est en train de se briser. Je le sens dans la fluidité de ses mouvements, dans l'abandon total de ses membres.
— Ne ferme pas les yeux, ordonné-je d'un ton sans réplique. Regarde ce que je te fais. Regarde comme tu te donnes à l'homme que tu devrais fuir.
Je vois une larme perler au coin de son œil, mais ce n'est pas de la tristesse. C'est le trop-plein. C'est la surcharge sensorielle d'une femme qui a enfin trouvé le maître de ses démons. Je suis ce maître. Et je n'ai pas encore fini de réclamer mon dû.
Je ralentis soudainement le mouvement, restant enfoncé au plus profond d'elle, sentant son cœur battre contre mon propre torse. Je suis à la limite, mon propre plaisir menaçant de me submerger, une lave brûlante qui ne demande qu'à exploser. Mais je veux la voir ramper encore un peu. Je veux qu'elle sente chaque millimètre de ma possession avant le bouquet final.
Je me redresse, la dominant de toute ma hauteur, alors qu'elle reste là, ouverte, dévastée, les jambes ballantes sur les côtés du bureau. Le spectacle est magnifique. Ses cuisses sont trempées de nous, sa peau rougie par mes frictions, ses cheveux éparpillés comme de la soie sur les dossiers éparpillés.
— Tu en veux encore, n'est-ce pas ? je murmure, ma main glissant sur son ventre contracté, descendant pour jouer avec les poils pubiens mouillés. Tu veux que je te détruise tout à fait.
Elle ne répond pas avec des mots. Elle attrape le revers de ma veste et me tire vers elle, ses yeux brillant d'une lueur sauvage, affamée.
— Détruis-moi, Evan. Ne laisse rien.
Un sourire carnassier étire mes lèvres. La demande est acceptée. Je saisis ses jambes, je les ramène contre sa poitrine pour l'ouvrir encore plus, exposant son intimité palpitante à la lumière crue des éclairs qui déchirent le ciel. Je ne vais pas seulement la finir. Je vais la marquer au fer rouge de ma jouissance.
Je reprends mon assaut, plus sauvage encore, oubliant toute finesse. Il n'y a plus que la chair, le sang qui cogne aux tempes, et ce besoin viscéral de s'annihiler l'un dans l'autre. Chaque coup est une revendication. Chaque gémissement est un aveu de défaite. Et alors que la tempête redouble de violence dehors, frappant les vitres comme pour entrer, je sais que le véritable chaos est ici, entre ces quatre murs, dans ce bureau qui sent la sueur, le sexe et la fin du monde.
Mes doigts s’enfoncent dans la chair tendre de ses cuisses, les marquant de croissants rouges que je veux voir rester là demain, et les jours d’après. Je la tiens pliée en deux, vulnérable, offerte comme une plaie ouverte sous mes yeux. Le spectacle de son sexe, gorgé de sang et brillant de nos fluides mêlés, m’arrache un grognement sourd. C’est un gouffre de chaleur qui m’appelle, et je m'y jette avec une rage renouvelée.
Je ne suis plus un homme. Je suis une bête qui revendique son territoire.
Je recule presque entièrement, sentant la succion de ses parois m’agripper, me supplier de ne pas partir, avant de m’enfoncer de nouveau en elle d’un coup de rein sec, brutal. Le choc de nos bassins résonne dans le silence pesant du bureau, un claquement de viande contre viande qui couvre presque le grondement du tonnerre.
— Regarde-moi, Elara. Regarde celui qui te brise, jappé-je, ma voix n'étant plus qu'un râle écorché.
Ses yeux roulent vers l’arrière, révélant le blanc, avant de se fixer sur les miens. Elle est ailleurs. Elle est dans cette zone de non-retour où la peur et l’extase fusionnent. Elle agrippe les accoudoirs du fauteuil avec une force désespérée, ses jointures blanchies, alors que je continue de la pilonner sans relâche. Chaque assaut est plus profond, plus sauvage. Je sens son clitoris gonflé frotter contre mon pubis à chaque va-et-vient, et ses gémissements se transforment en de petits cris aigus, hachés par mon rythme inhumain.
C'est sale. C'est magnifique. Ça sent la sueur aigre, le sexe brut et le parfum entêtant de sa soumission.
Je lâche ses jambes pour saisir ses hanches, mes pouces s’ancrant dans ses os iliaques pour mieux la diriger. Je la soulève légèrement, changeant l’angle pour frapper ce point sensible, tout au fond, qu’elle essaie de protéger. À chaque impact, son ventre se contracte, ses muscles vaginaux me broient dans une étreinte spasmodique qui menace de me faire perdre pied.
— Evan… s’il te plaît… plus… détruis-moi… murmure-t-elle dans un souffle erratique.
Elle en redemande. Sa résistance a fondu comme de la cire sous ma flamme. Je me penche en avant, écrasant ma poitrine contre ses seins dont les pointes sont dures comme de la pierre. Mes dents cherchent le creux de son cou, non pas pour l'embrasser, mais pour la mordre. Je veux goûter son sang, je veux qu'elle sente ma marque en même temps que mon sexe la dévaste.
Je sens la vague monter en moi, une pression insupportable à la base de mon échine. Je n'ai plus aucun contrôle. Je ne suis qu'un piston de chair et de nerfs. La vitesse de mes coups de reins devient frénétique. L'humidité entre nous est telle que chaque mouvement produit un bruit de succion obscène, un rappel constant de notre bestialité.
— Je vais te remplir, Elara. Je vais te noyer sous ce que je suis.
Ses jambes s'enroulent autour de ma taille, ses talons s'enfonçant dans mes reins pour me tirer encore plus loin en elle. Elle se cambre, sa poitrine se soulevant dans un spasme violent. Je le vois arriver. Ses parois commencent à vibrer, à se contracter autour de moi avec une force incroyable. C'est un séisme intérieur.
— Evan ! Evan ! hurle-t-elle, son cri se perdant dans un éclair aveuglant qui illumine la pièce.
Son orgasme la foudroie. Elle se raidit, ses yeux s'écarquillent, et elle se met à trembler de tous ses membres. La chaleur qui émane d'elle est volcanique. Ce premier spasme déclenche le mien. C’est une explosion, une décharge de pure violence qui me vide de toute substance. Je m’enfonce une dernière fois, jusqu’à la garde, me bloquant contre elle alors que mon foutre jaillit par jets brûlants, inondant ses profondeurs, la marquant de l'intérieur.
Je rugis, ma tête basculée en arrière, mes muscles bandés à rompre. Le temps s'arrête. Il n'y a plus de menaces, plus d'ennemis, plus de passé. Il n'y a que cette jonction brutale, ce mélange de fluides et de sueur, cette petite mort que nous partageons sur le cuir froid du bureau.
Je reste là, lourd, haletant contre son épaule alors que mon sexe bat encore en elle, la sentant tressaillir sous les dernières secousses de sa jouissance. Ma semence coule le long de ses cuisses, une trace de ma propriété, alors que je me retire lentement, avec un bruit humide et déchirant.
Elara s’effondre sur le fauteuil, le regard vide, les lèvres entrouvertes, l'image même de la dévastation. Elle est brisée, exactement comme elle l'a demandé.
Je me redresse, réajustant mes vêtements avec une lenteur prédatrice, l'odeur d'elle encore collée à ma peau. Dehors, la pluie continue de fouetter les vitres, mais le chaos a changé de camp. Il n'est plus une menace extérieure. Il est en nous.
Je pose une main sur son menton, la forçant à lever les yeux vers moi. Son visage est une carte de plaisir et de douleur.
— Tu m'appartiens maintenant, Elara, dis-je d'une voix basse, dénuée de toute émotion autre que celle d'une sombre certitude. Et même l'enfer ne pourra pas te reprendre.
Elle ne répond rien, elle se contente de fermer les yeux, acceptant enfin sa cage. Le chapitre de sa liberté est clos. Celui de sa servitude vient de s'écrire dans la sueur et le foutre.
Le Masque Tombe
L'orage martelait les vitraux de mon bureau avec une violence biblique, jetant des reflets bleutés et froids sur le bois sombre du mobilier. À Blackthorne, la pluie n’était pas une météo, c’était un linceul. Elle isolait les puissants des misérables, et ce soir, elle m'isolait avec elle.
Elara était assise sur le bord de mon immense bureau en chêne, ses doigts frêles agrippant le rebord sculpté jusqu’à s’en blanchir les phalanges. Elle portait cette robe en soie argentée que je lui avais imposée pour le dîner des Fondateurs, une étoffe si fine qu’elle trahissait chaque tressaillement de sa peau, chaque accélération de son souffle. Elle était trempée. L'eau de la pluie avait collé le tissu à ses cuisses, dessinant l'ombre de son intimité avec une précision obscène.
Je me tenais debout entre ses jambes écartées, mon bassin frôlant la dentelle humide de son entrejambe, mais je ne la touchais pas encore. Pas tout à fait. Je savourais le parfum de sa peur mêlé à l’odeur de l’ozone et de son propre désir, ce musc sucré qui s’échappait d’elle dès que je baissais les yeux sur son décolleté.
— Regarde-moi, Elara, murmurai-je d'une voix qui n'était qu'un grondement sourd, vibrant dans ma cage thoracique.
Elle releva la tête, ses yeux embrumés de larmes non versées. Elle cherchait en moi un sauveur, la pauvre idiote. Elle ne trouvait qu’un juge qui avait déjà prononcé la sentence. Je levai ma main droite, tenant entre mes doigts une enveloppe de papier kraft froissée, récupérée dans son casier une heure plus tôt. Je la jetai sur le bureau, à côté d'elle.
— Tu pensais vraiment que je ne verrais pas ces messages ? Que je laisserais un rat comme Julian Vane rôder autour de ce qui m'appartient ?
— Je... je ne savais pas que c'était lui, balbutia-t-elle, sa voix se brisant. Evan, je te jure, il me suit depuis des semaines. Il dit qu’il sait ce que ta famille a fait aux siens. Il dit qu’il va m’utiliser pour te détruire.
Je ris, un son sec et dénué d'humour. Je posai mes paumes de chaque côté de ses hanches, m’appuyant sur le bureau pour écraser mon torse contre ses seins dressés par le froid et l'angoisse. Je sentais ses mamelons pointer sous la soie, durs comme des perles de verre, me narguant à travers le tissu transparent.
— M'utiliser ? Pour me détruire ? Ce gamin ne sait pas ce que signifie la destruction. Il joue aux échecs avec des pièces de Lego.
Je passai ma main dans son cou, refermant mes doigts autour de sa gorge. Pas pour l'étouffer, juste pour lui rappeler à qui elle devait son prochain souffle. Mon pouce vint s'écraser contre son artère carotide ; le rythme était frénétique, une batterie de panique délicieuse. Je me penchai, mon nez frôlant le lobe de son oreille, mon souffle chaud contre sa peau glacée.
— Il t’a touchée, Elara ? Dis-moi la vérité avant que je ne perde le peu de contrôle qu'il me reste. S'il a posé ne serait-ce qu'un doigt sur toi, je lui ferai regretter d'être né avec une langue et des mains.
Elle gémit, un petit son de gorge qui fit tressaillir mon sexe dans mon pantalon de costume. Elle bascula la tête en arrière, s'offrant inconsciemment à ma domination, ses hanches se soulevant légèrement vers moi dans une quête de friction désespérée.
— Non... jamais, souffla-t-elle. Il m'a juste envoyé ces photos. De moi... sous la douche. De moi dans ma chambre. Evan, j'ai peur.
Je sentis une décharge d'adrénaline pure me traverser l'échine. La colère était là, sombre et gluante, mais elle était instantanément supplantée par une possession bestiale. Quelqu'un avait osé poser les yeux sur ce sanctuaire. Quelqu'un avait violé mon exclusivité.
Ma main descendit de sa gorge, glissant sur la courbe de son sein, sentant la chaleur irradier de son cœur affolé. Je saisissais le tissu de sa robe et, d'un coup sec, je le tirai vers le bas. La soie craqua légèrement, libérant sa poitrine. Elle était magnifique dans l'ombre portée du bureau, ses seins pâles marqués par le froid, les aréoles sombres et contractées.
— Regarde-toi, grognai-je en la forçant à baisser les yeux sur sa nudité exposée. Tu es à moi. Chaque centimètre de cette peau, chaque frisson, chaque goutte de ta sueur. Vane croit qu'il peut te prendre ? Il n'a fait que signer son arrêt de mort en te regardant.
Je ne pus résister plus longtemps. Je capturai un de ses mamelons entre mon pouce et mon index, le triturant avec une brutalité calculée. Elara cambra le dos, un cri étouffé mourant contre mes lèvres alors que je m'emparais de sa bouche. Ce n'était pas un baiser. C'était une invasion. Je voulais le goût de ses larmes, le goût de sa terreur, je voulais qu'elle comprenne que le danger n'était pas à l'extérieur, dans les ombres de Blackthorne, mais juste ici, pressé contre elle, prêt à la dévorer pour mieux la protéger.
Ma langue força le passage, explorant sa cavité buccale avec une autorité sans partage, tandis que mon autre main descendait plus bas, arrachant la soie humide pour trouver la source de sa chaleur. Mes doigts rencontrèrent sa culotte en dentelle, déjà détrempée, non pas par la pluie, mais par l'excitation que mon autorité déclenchait chez elle malgré ses protestations morales.
— Tu es trempée pour moi, n'est-ce pas ? murmurai-je contre ses lèvres, mon souffle court. Ton corps sait ce que ton esprit refuse d'admettre. Tu aimes que je sois un monstre. Tu aimes que je sois le seul mur entre toi et le reste du monde.
Je glissai deux doigts sous l'élastique de sa lingerie, m'enfonçant sans préambule dans sa chair brûlante. Elle lâcha un cri rauque, ses jambes se refermant instinctivement sur ma taille, m'ancrant en elle alors que je commençais un mouvement de va-et-vient lent, cruel, la forçant à se confronter à l'animalité de son propre désir.
— Dis-le, Elara. Dis-le moi. À qui appartient ce corps ?
Elle ne répondit que par un sanglot de plaisir, ses griffes s'enfonçant dans mes épaules à travers le tissu de ma veste, alors que l'orage redoublait de force dehors, symbole de la tempête qui allait maintenant tout balayer sur son passage. Julian Vane avait ouvert la cage. Il allait maintenant devoir faire face au prédateur qu'il avait réveillé.
Le silence de la pièce n'est rompu que par le fracas du tonnerre au-dehors et le bruit de succion, obscène et rythmé, de mes doigts qui s'enfoncent et se retirent de son antre saturé d'humidité. Je ne la lâche pas du regard. Je veux voir chaque spasme, chaque battement de ses paupières, chaque preuve de sa trahison envers elle-même.
— Regarde-moi, Elara, grondai-je, ma voix n'étant plus qu'un murmure caverneux chargé de menace.
Elle finit par lever les yeux vers moi, ses iris noyés par le désir et une terreur délicieuse. Elle est au bord du gouffre, et je suis celui qui la maintient suspendue au-dessus du vide. Je retire mes doigts d'un coup sec, savourant le petit cri de frustration qui s'échappe de ses lèvres entrouvertes, avant de les porter à ma bouche. Je lèche son propre nectar devant elle, mes yeux ancrés dans les siens, goûtant son excitation, sa reddition. Elle est délicieuse. Sucrée, chaude, et tellement, tellement corrompue par ma seule présence.
— Tu es tellement trempée que tu en coules sur mes doigts, murmurai-je en glissant ma main libre dans ses cheveux pour lui renverser la tête en arrière, exposant la ligne fragile de son cou. Vane pense qu'il peut te prendre ? Il pense qu'il peut poser ses mains sales sur ce qui est à moi ?
Je vis l'éclair de peur traverser son regard à la mention du nom de Julian, mais je ne lui laisse pas le temps de réfléchir. Je saisis le rebord de son slip en dentelle fine et, d'un geste brusque, sans une once de délicatesse, je le déchire. Le bruit du tissu qui craque semble résonner comme un coup de feu dans la bibliothèque. Elle sursaute, ses hanches se soulevant instinctivement, cherchant déjà le contact que je lui refuse encore.
Je déboutonne mon pantalon d'une main, sans jamais briser le contact visuel. Ma virilité s'échappe, tendue à rompre, pulsante, réclamant son dû. Je sens l'odeur de son sexe, cette fragrance musquée et florale qui me rend fou, qui réveille en moi une envie de destruction pure. Je ne veux pas seulement la posséder ; je veux l'annexer.
— Julian Vane est un lâche, Elara. Il joue avec des ombres parce qu'il sait que dans la lumière, je l'écraserais. Mais toi... toi, tu vas apprendre ce que ça signifie vraiment d'être la proie d'un homme qui n'a rien à perdre.
Je me presse contre elle, ma queue brûlante venant s'écraser contre sa fente déjà baignée de cyprine. Elle laisse échapper un gémissement rauque, ses jambes s'écartant davantage pour m'accueillir, m'offrant son intimité la plus profonde sans aucune pudeur. La chaleur qui émane d'elle est un brasier. Je frotte mon gland contre son clitoris gonflé, savourant le frisson qui parcourt tout son corps. Elle est si serrée, si prête.
— Dis-le, insistai-je en enfonçant mon bassin contre le sien dans un mouvement de va-et-vient lent et tortueux. Dis que tu ne veux que moi. Dis que ce que Vane veut, je l'ai déjà marqué.
— Evan... pitié..., hoqueta-t-elle, ses mains cherchant aveuglément mon torse, agrippant ma chemise comme si sa vie en dépendait.
— Pitié ? Il n'y a pas de pitié ici, ma belle. Juste la réalité.
Je saisis ses deux poignets d'une seule main et les plaque au-dessus de sa tête contre le bois froid de l'étagère. Avec l'autre, je guide mon membre à l'entrée de son fourreau. Je ne suis pas là pour être tendre. Je suis là pour graver mon nom dans sa chair, pour qu'elle s'en souvienne à chaque fois qu'elle fermera les yeux.
Je m'enfonce d'un coup sec.
Le cri qu'elle pousse est étouffé par ma bouche qui vient s'écraser sur la sienne, ma langue envahissant sa cavité buccale avec la même violence que mon sexe envahit son corps. Elle est si étroite que j'ai l'impression qu'elle va me broyer, mais ses muscles se détendent presque immédiatement, m'aspirant plus profondément, m'accueillant comme si elle avait été forgée pour me recevoir.
Je reste immobile un instant, enterré en elle jusqu'à la garde, sentant les battements frénétiques de son cœur contre ma poitrine. Le contraste est violent : le froid des livres anciens, la pluie battante derrière les vitres, et ce foyer de chaleur absolue où nous sommes soudés l'un à l'autre.
— Tu sens ça ? murmurai-je contre sa peau, sentant l'humidité de sa sueur se mêler à la mienne. Tu es pleine de moi. Il n'y a plus de place pour personne d'autre. Pas de place pour Vane. Pas de place pour tes doutes.
Je commence à bouger. Un mouvement lent, profond, qui fait ressortir mon membre presque entièrement avant de le replonger avec force. Chaque coup de rein est une ponctuation à ma rage. Je l'entends sangloter de plaisir, son corps se cambrant sous moi, ses seins écrasés contre mon torse à chaque impact. C'est animal, c'est brut. Je sens la slickness de son excitation lubrifier chacun de mes mouvements, le bruit de nos corps qui s'entrechoquent devenant le seul métronome de cette étreinte sauvage.
Je lâche ses poignets pour saisir ses fesses, la soulevant légèrement pour changer l'angle, pour m'enfoncer encore plus loin, là où personne n'est jamais allé. Elle enroule ses jambes autour de ma taille, ses talons s'enfonçant dans mon dos, m'incitant à aller plus vite, plus fort.
— Baise-moi, Evan... s'il te plaît... baise-moi ! finit-elle par hurler, abandonnant tout reste de dignité.
Je souris, un sourire de prédateur victorieux. C'est exactement ce que je voulais entendre. Je libère toute la tension accumulée ces derniers jours, transformant mon acte en une démonstration de force brute. Mes mouvements deviennent frénétiques, saccadés, sans aucune grâce, juste de la pure puissance. Je la cogne contre le bois, les livres tremblant sur les étagères autour de nous, symbole de ce monde civilisé qui s'effondre face à nos instincts primaires.
Je sens la vague monter en elle, les contractions de son sexe qui se resserrent autour de moi comme un étau, me suppliant de venir, de la marquer de ma semence. Mais je ne suis pas encore prêt à la laisser partir. Je veux qu'elle brûle. Je veux que le nom de Julian Vane soit réduit en cendres dans son esprit par l'intensité de ce que je lui fais subir.
— Pas encore, haletai-je, mon souffle brûlant son oreille. On commence à peine.
Je la retourne brusquement, l'obligeant à s'appuyer contre le bureau, les mains à plat sur le cuir froid, son dos cambré vers moi, son postérieur offert à ma luxure. Je contemple un instant la vue : elle est magnifique, brisée, soumise à ma volonté, sa peau rougie par mes caresses brutales. Sans attendre, je me replace derrière elle, glissant ma main entre ses cuisses pour retrouver son clitoris déjà gorgé de sang, alors que je me prépare à la reprendre avec une ferveur renouvelée.
Dehors, l'orage gronde, mais ce n'est rien comparé à la tempête que je m'apprête à déchaîner sur elle. Vane a voulu jouer ? Je vais lui montrer comment un Rook termine la partie.
Mes doigts s'enfoncent dans sa chair tendre, là où ses cuisses rejoignent son intimité, et je sens son corps tressaillir sous mon toucher. Elle est trempée, un mélange de son désir et de la sueur qui perle sur nos peaux. Le cuir froid du bureau grince sous le poids de son corps qu'elle essaie désespérément de maintenir stable, mais je ne lui laisse aucun répit. Je plaque ma poitrine contre son dos, sentant les battements erratiques de son cœur à travers sa colonne vertébrale.
« Regarde-moi, Elara, » ordonné-je d'une voix rauque, ma main libre remontant pour saisir fermement sa mâchoire et forcer son visage vers le miroir de l’armoire ancienne sur le côté.
Elle obéit, les yeux embués de larmes et de luxure, ses lèvres entrouvertes laissant échapper de petits gémissements brisés. Je veux qu’elle voie ce que je lui fais. Je veux qu’elle voie l’ombre d’un Rook la dévorer tout entière. Je fais glisser mon pouce sur son clitoris gonflé, pressant avec une cruauté calculée. Elle cambre le dos davantage, ses fesses heurtant mon bassin, et un cri étranglé s’échappe de sa gorge.
« Tu sens ça ? » murmuré-je, mes dents frôlant le lobe de son oreille. « C’est moi. Pas lui. Il n'y a jamais eu que moi. »
Je ne perds plus une seconde. Je saisis mes hanches, mes doigts s'ancrant dans sa peau pour y laisser des marques violacées qui témoigneront de cette nuit bien après que l'orage se sera tu. D'un coup sec, je m'enfonce en elle. Le choc est brutal, viscéral. Elle pousse un hurlement qui se perd dans le fracas d'un coup de tonnerre lointain. Elle est si serrée, si brûlante, que je manque de perdre le contrôle à la première poussée.
Je commence un va-et-vient sauvage, sans aucune douceur. C’est une baise de possession, un acte de guerre. À chaque coup de rein, son corps bascule vers l'avant sur le cuir, ses mains glissant avant de se cramponner de nouveau au rebord du bureau. Le bruit de nos chairs qui s'entrechoquent remplit la pièce, un rythme sourd et animal qui couvre presque le martèlement de la pluie contre les vitres.
« Dis mon nom, » grogné-je, le souffle court, la sueur me piquant les yeux.
« Evan... s'il te plaît... Evan ! »
Sa voix est un supplice délicieux. Je retire mon membre presque entièrement avant de percuter son col de l'utérus avec une force qui lui arrache un sanglot de plaisir pur. Je suis en train de la briser, de la remodeler à mon image. Vane a cru pouvoir l'utiliser ? Il a oublié que l'on ne joue pas avec ce qui m'appartient. Chaque centimètre de son corps est mon territoire.
Je sens ses muscles pelviens se contracter frénétiquement autour de moi, signe qu’elle est au bord du gouffre. Je ralentis volontairement le rythme, la faisant gémir de frustration, avant de reprendre avec une fureur redoublée. Ma main redescend entre ses jambes, venant torturer son bouton de chair alors que je continue de la labourer par derrière. C’est trop pour elle. Ses jambes flanchent, elle ne tient plus que par ma poigne sur ses hanches.
« Maintenant, Elara. Brûle pour moi. »
Elle explose. Je sens les vagues de son orgasme déferler sur mon membre, des spasmes violents qui me compriment et me poussent au-delà de mes limites. Son dos s'arque jusqu'à la rupture, sa tête bascule en arrière sur mon épaule, ses yeux se révulsant. C'est l'instant où elle m'appartient totalement, l'instant où l'image de Julian Vane est définitivement piétinée par l'intensité de ce qu'on vit.
Je ne me retire pas. Je veux qu’elle sente chaque goutte de ma semence l’envahir. Je donne quelques derniers coups de reins profonds, cherchant à atteindre son âme à travers son corps, avant de me libérer en elle avec une violence qui me vide de toute pensée. Je rugis contre son cou, mes dents s'enfonçant légèrement dans sa peau, la marquant comme une bête marque son territoire.
La chaleur de mon foutre se répand en elle, une inondation brûlante qui scelle notre pacte impie. Nous restons là, haletants, nos souffles se mêlant dans l'air saturé d'électricité. Je la maintiens fermement contre moi pendant de longues secondes, savourant le tremblement de ses membres épuisés.
Lentement, je me retire, le bruit humide de notre désunion résonnant dans le silence qui suit la tempête. Elle s'effondre doucement sur le bureau, le visage enfoui dans ses bras, sa peau rougie par mes assauts et la sueur. Elle est une vision de pure déchéance, et elle est magnifique.
Je me recule, réajustant mes vêtements avec une froideur qui contraste avec l'animalité de l'instant précédent. Le masque est retombé, mais le monstre est désormais bien éveillé. Je regarde par la fenêtre les éclairs déchirer le ciel de la propriété des Rook.
Vane pense avoir ouvert les hostilités. Il n'a aucune idée du prix qu'il va payer pour avoir osé poser les yeux sur ce qui est à moi.
Je pose une main possessive sur la nuque d'Elara, sentant encore les frissons parcourir son corps.
— Le jeu est fini, Elara, murmuré-je d'un ton glacial mais protecteur. Demain, on commence la chasse.
Je quitte la pièce sans un regard en arrière, la laissant seule avec le souvenir de mon empreinte dans sa chair et l'odeur de notre sexe qui imprègne désormais chaque fibre du bureau. La guerre ne fait que commencer, et Julian Vane va découvrir ce que signifie réellement la colère d'un Rook.
FIN DU CHAPITRE
Le Sanctuaire Brisé
La porte s'est refermée avec un bruit sourd, définitif, laissant derrière elle un silence plus lourd que l'orage qui grondait au-dehors. Evan était parti. Il m'avait laissée là, épave de chair et de nerfs, étalée sur le cuir froid de son bureau comme une offrande consommée.
Je ne bougeai pas. Mon visage était écrasé contre mes bras croisés, l'odeur du bois ciré et de son parfum âcre de tabac et de santal m'emplissant les poumons. J'étais nue, la peau à vif, chaque pore de mon corps hurlant encore sous le souvenir de ses mains. Je sentais la fraîcheur de l'air nocturne lécher mon dos trempé de sueur, faisant hérisser les poils de ma nuque là où sa morsure battait encore au rythme de mon cœur. C’était une douleur sourde, lancinante, une marque de propriété qu’il avait gravée dans ma peau avec la précision d’un prédateur marquant son territoire.
Entre mes cuisses, la sensation était plus crue, plus révoltante et fascinante à la fois. Le liquide visqueux, mélange de nous deux, coulait lentement, traçant un sillage de chaleur poisseuse contre l’intérieur de mes jambes. Evan ne se protégeait jamais. Il voulait me remplir, m’imprégner, s’assurer que même en son absence, son essence continuerait de m’occuper de l’intérieur. Je frissonnai, une décharge électrique parcourant ma colonne vertébrale. J’étais souillée, brisée, et pourtant, une partie de moi — celle qu’il avait patiemment déterrée sous des couches de traumatisme — en redemandait.
Un éclair déchira l’obscurité de la pièce, illuminant brièvement les rayonnages de livres anciens et les ombres menaçantes du mobilier gothique. Le tonnerre suivit presque instantanément, faisant vibrer les vitres massives du bureau.
*« Ne sois jamais une victime, Elara. Même quand tu es à genoux, observe. Analyse. Trouve la faille. »*
Sa voix résonnait dans ma tête, plus claire que l’orage. Il m’avait brisée pour mieux me reconstruire, m’apprenant à transformer ma peur en un outil tranchant.
Je tentai de me redresser. Mes muscles protestèrent, engourdis par l'intensité de ce qu'il m'avait fait subir. Mes mains glissèrent sur le bureau, rencontrant la flaque de sueur et de sperme que mon corps avait déposée sur le bois sombre. Je me sentais pathétique, une bête blessée cherchant son équilibre. Mes jambes flageolèrent quand je posai enfin les pieds au sol. Le tapis persan grattait ma plante des pieds.
C’est à cet instant, entre deux grondements de tonnerre, que je l’entendis.
Ce n’était pas le vent. Ce n’était pas le craquement habituel de cette vieille bâtisse de Blackthorne. C’était le son métallique, presque imperceptible, d’une fenêtre qu’on force au rez-de-chaussée. Un clic sec. Puis le silence, trop dense, trop artificiel.
Mon sang se glaça. L’adrénaline remplaça instantanément la langueur post-coïtale. Evan avait de nombreux ennemis, et être sa « favorite », sa chose, faisait de moi la cible la plus évidente en son absence. Il m’avait prévenue que la protection des Rook était un sanctuaire de verre. Beau, mais fragile si l’on savait où frapper.
Je ne perdis pas une seconde. Je ne pouvais pas chercher mes vêtements, éparpillés je ne sais où dans l’ombre de la pièce. Ma nudité était une vulnérabilité, mais mon corps était aussi une arme si je savais m'en servir. Je me glissai derrière le bureau, mes mouvements devenant fluides, instinctifs.
*« La psychologie du prédateur, Elara. Il s'attend à ce que tu te caches, que tu cries. Surprends-le par ton silence. »*
Je tâtonnai sous le rebord massif du bureau, là où Evan m'avait montré la cachette une semaine plus tôt, alors qu'il me tenait par la gorge, m'expliquant que le danger pouvait venir même de ceux qu'on paie pour nous protéger. Mes doigts rencontrèrent le métal froid d'un coupe-papier en argent, lourd et affûté comme un stylet. Ce n’était pas un pistolet, mais entre mes mains, c’était un début.
Un nouveau craquement résonna, cette fois dans le couloir menant au bureau. Des pas. Feutrés, mais assurés. Quelqu'un qui connaissait la disposition des lieux. Quelqu'un qui savait qu'Evan Rook n'était pas là.
Je m'accroupis, mon dos nu contre le bois froid du meuble. Ma respiration était courte, erratique. Je pouvais sentir l'odeur de mon propre sexe sur mes mains, un rappel brutal de ma condition quelques minutes plus tôt. J'étais couverte de la semence d'un monstre, et un autre était peut-être en train de franchir le seuil.
L'ombre d'une silhouette se dessina sous la porte, coupant le mince filet de lumière provenant du couloir. Mon cœur cognait si fort contre mes côtes que j'eus peur qu'il ne me trahisse. Je resserrai ma prise sur le stylet, les jointures blanches.
La poignée de la porte tourna lentement. Le grincement des gonds sembla durer une éternité. Une bouffée d'air frais s'engouffra dans la pièce, apportant avec elle l'odeur de la pluie et de l'ozone.
Je ne bougeai pas. J'attendis qu'il fasse un pas de trop. J'attendis d'être le prédateur qu'Evan voulait que je devienne.
Le visiteur entra. Je ne voyais que ses bottes de cuir noir. Il ne se dirigea pas vers le bureau, mais s'arrêta au milieu de la pièce, humant l'air.
— Je sais que tu es là, petite chose, murmura une voix que je ne reconnus pas. Une voix basse, traînante, chargée d'une malveillance grasse. Ça sent encore la baise ici... Il t'a bien marquée, n'est-ce pas ?
Un frisson de dégoût me parcourut, mais je ne cillai pas. Mes yeux s'habituèrent à l'obscurité. Il tenait quelque chose dans sa main droite. Une lame.
— Evan ne sera pas là pour te sauver cette fois, continua l'intrus en s'approchant lentement du bureau. Il est occupé à régler les dettes de son sang. Toi... tu n'es qu'un dommage collatéral.
Il était à deux mètres. Je sentais la tension monter, cette électricité qui précède la violence pure. Evan m'avait appris à ne pas fuir la douleur, mais à l'utiliser. Je sentis la morsure sur ma nuque me brûler, comme si son empreinte me donnait la force nécessaire pour survivre.
D'un mouvement brusque, il contourna le bureau.
C'était maintenant.
L’air devint soudainement trop épais pour mes poumons, saturé par l’odeur de cet homme — un mélange écœurant de tabac froid, de sueur rance et d’une arrogance qui me donnait envie de lui arracher la gorge. Il fit ce dernier pas, celui de trop, celui qui brisait mon espace vital.
Dans l’ombre, mes doigts se resserrèrent sur le manche d’ébène du coupe-papier massif qu’Evan laissait toujours sur son bureau. Ce n’était pas une arme de guerre, mais entre mes mains, guidées par les heures de dressage brutal qu’il m’avait infligées, c’était une promesse de douleur.
— Te voilà, murmura-t-il en penchant la tête, ses yeux brillant d’une lueur prédatrice alors qu'il m'apercevait accroupie dans l'angle mort du chêne sombre.
Il n’attendit pas. Il plongea vers moi, une masse de muscles et de haine. Je ne reculai pas. Evan m'avait appris que reculer, c'était déjà mourir. Je me jetai en avant, glissant sur le parquet ciré, et je frappai. La pointe de métal déchira le tissu de son pantalon, entamant la chair de sa cuisse.
Un grognement animal s’échappa de sa gorge. Sa main libre s’abattit sur mon épaule, ses doigts s’enfonçant comme des serres dans ma peau encore sensible des caresses d’Evan. Il me projeta violemment contre le bord du bureau. Le choc m’arracha un cri étouffé, mais la douleur n’était qu’un signal, une décharge d'adrénaline qui réveilla chaque nerf de mon corps.
— Petite pute... cracha-t-il, sa voix vibrant d'une fureur sourde. Tu vas payer pour ça.
Il me surplombait, sa lame brillant d'un éclat froid. Je sentais la chaleur de mon propre sang battre contre mes tempes, le souvenir de la morsure d’Evan sur ma nuque comme un tison ardent qui me rappelait à qui j’appartenais. Je n’appartenais pas à la mort. J’appartenais à lui.
Il m'empoigna par les cheveux, tirant ma tête en arrière avec une brutalité qui me fit cambrer l'échine. Ma robe de soie glissa, révélant la peau rougie par les ébats précédents, les marques violettes que les doigts d'Evan avaient laissées sur mes hanches quelques heures plus tôt. L'intrus s'arrêta un instant, son regard descendant sur mon corps exposé. Un rire gras et obscène s'échappa de ses lèvres.
— Regarde-moi ça... Il t'a bien labourée, hein ? Tu pues encore son foutre et sa sueur. C’est presque dommage de te saigner tout de suite.
Ses doigts libres descendirent vers le haut de ma cuisse, là où ma peau était encore humide de la tension et de l'effort. Le dégoût me submergea, une nausée viscérale qui se transforma instantanément en une rage froide. Je sentis son souffle fétide sur mon visage, l'acier de son couteau frôlant ma gorge.
— Je vais te prendre avant de te finir, souffla-t-il, sa main se glissant entre mes jambes, cherchant l’intimité que seul Evan avait le droit de profaner. Je vais lui voler ce qu'il a de plus précieux dans cette pièce.
Sa main était rugueuse, ses ongles sales griffant ma chair tendre. Je sentis son excitation monter, une érection brutale pressée contre ma hanche. C’était l’instant. Le moment où l’animal en lui prenait le dessus sur le tueur.
*« Attends qu'ils croient avoir gagné, Elara. Attends qu'ils s'ouvrent à toi. »* La voix d'Evan résonna dans mon esprit, sombre et impitoyable.
Je laissai mon corps s'amollir, simulant une soumission que je ne ressentais pas. Je poussai un gémissement feint, laissant ma tête retomber en arrière. Il relâcha légèrement sa pression sur mes cheveux, ricanant de sa victoire apparente.
— C’est ça, sois une bonne chienne...
Dans un mouvement fluide, je remontai mes genoux contre ma poitrine et shootai de toutes mes forces dans son entrejambe. Le bruit sourd du contact fut suivi d'un hoquet de douleur pure. Il lâcha sa prise, titubant en arrière. Je ne lui laissai pas le temps de respirer. Je me redressai, le coupe-papier toujours fermement en main, et je lui sautai à la gorge.
Nous roulâmes au sol, un enchevêtrement de membres, de grognements et de tissus déchirés. L’odeur de la sueur se mêlait maintenant à celle, métallique et entêtante, du sang. J'étais au-dessus de lui pendant une seconde, mes cuisses enserrant ses flancs alors que je cherchais une ouverture pour planter mon arme improvisée. Ma robe était déchirée jusqu'à la taille, mes seins heurtaient sa poitrine rugueuse à chaque mouvement, une parodie violente de l'acte charnel.
Il me saisit les poignets, ses mains comme des menottes d'acier. Sa force était supérieure, écrasante. Il me retourna d'un coup de rein brutal, m'écrasant de tout son poids sur le tapis persan. Mes poumons se vidèrent sous l'impact.
— Sale garce ! rugit-il, le visage déformé par la douleur et la haine.
Il me maintint au sol, une main clouant mes deux poignets au-dessus de ma tête, tandis que l'autre cherchait son couteau qu'il avait lâché dans la lutte. Je me débattais, mes hanches se soulevant frénétiquement sous les siennes, cherchant à me libérer. Le frottement de nos corps, la chaleur animale qui se dégageait de cette lutte à mort, créait une atmosphère suffocante, presque érotique dans sa violence brute.
Je sentais son érection, dure et impitoyable, contre mon ventre. Ses yeux brûlaient d'une envie de destruction totale. Il ne voulait plus seulement m'exécuter ; il voulait me briser, me vider de ma dignité avant de me vider de mon sang.
Ses doigts se resserrèrent sur ma gorge, coupant mon sifflet. Ma vision commença à se brouiller. Je griffai ses bras, mes ongles s'enfonçant dans sa peau, arrachant des lambeaux de chair, mais il ne lâchait pas.
— Regarde-moi mourir, petite chose, siffla-t-il entre ses dents serrées. Regarde l'homme qui va t'envoyer en enfer.
C’est alors que j’entendis ce bruit. Un bruit que je connaissais mieux que mon propre battement de cœur. Le craquement d'une branche sous une botte lourde, à l'extérieur. Un silence de mort tomba sur la pièce, seulement troublé par nos respirations saccadées et le sifflement de l'air qui peinait à entrer dans mes poumons.
L'intrus se figea, son regard dérivant vers la fenêtre brisée.
L'ombre qui se dessina alors sur le mur n'était pas celle d'un sauveur. C'était celle d'un monstre bien plus dangereux que celui qui m'écrasait.
Evan était là.
Et je vis, dans la pénombre, l'éclat d'un canon de fusil pointé vers nous. Mais avant qu'il ne puisse agir, l'homme au-dessus de moi pressa la lame de son couteau — qu'il venait de récupérer — juste sous mon oreille, l'enfonçant assez pour que je sente une perle de sang chaud couler le long de ma gorge.
— Ne fais pas un pas de plus, Evan, hurla l'homme, sa voix tremblante malgré sa menace. Ou je lui ouvre la gorge ici même sur ton tapis de prix.
Je restai immobile, le souffle court, sentant le métal froid contre ma peau, et les yeux fixés sur l'obscurité où je savais qu'Evan m'observait. Mon cœur battait la chamade, non pas de peur pour ma vie, mais d'une excitation sombre et tordue. La chasse ne faisait que commencer.
L’air de la pièce était saturé d’une odeur de poussière, de métal froid et de cette terreur acide qui émanait du type transpirant au-dessus d'elle. Mon doigt caressait la détente de mon fusil avec une tendresse presque amoureuse. Voir ce déchet poser ses mains sales sur ce qui m’appartenait, voir cette lame entamer la porcelaine de son cou, ça ne provoquait pas chez moi de la panique. Non. C’était une fureur glaciale, une promesse de fin du monde concentrée dans mes veines.
— Tu trembles, murmurai-je. Ma voix résonna dans le silence de la pièce comme le craquement d'une branche avant la tempête. Ce n'est pas bon pour la précision, ça.
Je fis un pas, lent, calculé. Mes bottes écrasèrent les débris de verre de la fenêtre avec un craquement sec. L'homme sursauta, et la perle de sang sur la gorge d'Elara s'élargit, glissant lentement dans le creux de sa clavicule. Mes yeux se fixèrent sur cette goutte rouge. Mon sang bouillit.
— Recule ! hurla-t-il, la voix étranglée. Je la saigne ! Je te jure que je la saigne !
Je ne l’écoutais déjà plus. Je regardais Elara. Ses yeux n’étaient pas ceux d’une victime suppliante. Elle me fixait avec une intensité sauvage, presque affamée. Elle attendait le carnage. Elle le voulait autant que moi.
— Vas-y, dis-je d'un ton presque décontracté en abaissant légèrement le canon de mon arme. Essaie de la couper. Mais je te garantis que d’ici que ton cerveau comprenne que tu as bougé le bras, j’aurai déjà repeint ce mur avec tes cervelles. Et je prendrai mon temps pour ramasser chaque morceau.
L'hésitation du rat fut sa perte. En une fraction de seconde, je lâchai mon fusil qui pendit à sa sangle et bondis. Ce n'était plus de la tactique, c'était de la prédation pure. Avant qu’il ne puisse presser la lame, ma main se referma sur son poignet avec un craquement d'os qui me fit bander instantanément. Le hurlement de l'homme fut coupé court par mon autre main qui lui broya la gorge.
Je le projetai contre le mur de briques. Sa tête heurta la surface avec un bruit sourd, écœurant. Elara s’était redressée, haletante, les seins soulevés par une respiration saccadée, observant le spectacle. Je ne lui laissai pas le temps de respirer. Je sortis mon couteau de combat, une lame noire de vingt centimètres, et je l'enfonçai sans une once de remords dans la cuisse du type.
Il hurla, un son animal qui emplit le sanctuaire brisé. Je tournai la lame dans la chair, savourant la résistance des tissus, avant de le laisser s’effondrer au sol, se vidant de son sang.
Je me tournai vers elle. Elle était là, au milieu du chaos, la marque rouge sur son cou brillant comme un bijou obscène. Mon contrôle vola en éclats. Je traversai la distance qui nous séparait en deux enjambées et je la saisis par la nuque, forçant sa tête en arrière pour que nos regards s’entrechoquent.
— Tu as saigné pour lui ? grognai-je contre ses lèvres, l’odeur de la poudre et de la sueur nous enveloppant.
— J’ai survécu pour toi, répondit-elle dans un souffle brûlant.
Je ne l’embrassai pas doucement. C’était une collision. Mes dents mordirent sa lèvre inférieure jusqu’au sang, mélangeant nos saveurs métalliques. Mes mains, encore chaudes de l’adrénaline du combat, ne connaissaient plus la douceur. Je remontai sa jupe déchirée, mes doigts s’enfonçant dans la chair tendre de ses cuisses avec une force qui laisserait des marques bleues demain. Je m’en foutais. Je voulais qu'elle porte mon empreinte partout.
Je la soulevai sans effort et la plaquai contre le bureau massif en acajou. Le bruit des dossiers qui volaient au sol fut couvert par le gémissement rauque qu'elle laissa échapper quand j'écartai brutalement ses jambes.
— Regarde-le, Elara, ordonnai-je en pointant du menton l’homme qui agonisait à deux mètres de nous, ses yeux vitreux fixés sur nous dans une agonie impuissante. Regarde ce que je fais à ce qui est à moi alors qu'il meurt.
Je déboutonnai mon pantalon avec une main tremblante de besoin. Mon sexe, dur à en avoir mal, se libéra. Elle attrapa ma chemise, ses ongles griffant ma poitrine, son regard ne quittant pas le mien, sombre, dévasté par un désir qu'aucune femme normale ne devrait ressentir dans une mare de sang.
Je m’enfonçai en elle d’un seul coup, brutal, sauvage. Elle poussa un cri qui se transforma en un sanglot d’extase, ses jambes se verrouillant derrière mes hanches, m’ancrant en elle. Le contraste entre la fraîcheur de la pièce et la chaleur moite de son corps me fit perdre la tête. Chaque coup de boutoir était une revendication. Je la possédais au milieu des ruines, au milieu de la mort.
— Tu es à moi, martelai-je à chaque va-et-vient violent, sentant son corps se cambrer, ses muscles vaginaux se contracter autour de moi comme un étau délicieux. Dis-le.
— À toi... Evan... tue-moi avec ça... s’il te plaît...
Sa voix était brisée, animale. Je sentis la vague monter, ce mélange de violence et de plaisir pur qui nous submergeait tous les deux. Je lâchai sa nuque pour saisir ses poignets, les épinglant au-dessus de sa tête sur le bois froid. Ma vitesse s'accentua, mes hanches claquant contre les siennes avec un bruit sourd et charnel. La sueur perlait sur mon front, tombant sur sa poitrine agitée.
Je voyais son plaisir exploser dans ses yeux, ses pupilles se dilatant jusqu’à dévorer l’iris. Elle commença à trembler, des spasmes violents secouant son corps magnifique alors qu'elle sombrait dans l'orgasme. Je ne retins rien. Je me vidai en elle avec une force qui me vida les poumons, un grognement sauvage s'échappant de ma gorge tandis que je m'effondrais contre elle, nos cœurs battant à l’unisson comme des tambours de guerre.
Le silence retomba sur le sanctuaire, seulement troublé par le râle final de l'intrus au sol. Je relevai la tête, mon front contre le sien. Son sang sur son cou avait séché, mais l'éclat dans ses yeux était plus vif que jamais.
— Le sanctuaire est brisé, murmura-t-elle, un sourire cruel étirant ses lèvres gonflées.
Je caressai la plaie à sa gorge du bout du pouce, avant de le porter à mes lèvres.
— Non, Elara. Le sanctuaire vient d'être baptisé. Et maintenant, le vrai travail commence.
Punition et Plaisir
Le silence qui suit la violence est toujours le plus assourdissant. Ici, dans mon sanctuaire, l’air est devenu épais, saturé de l’odeur de l’ozone, de la sueur et de ce parfum métallique, âcre, qui s’échappe de la carcasse immobile affalée à deux mètres de nous. L’intrus ne respire plus. Je l’ai brisé pour elle, mais ma colère, elle, reste intacte. Elle brûle sous ma peau comme un poison lent.
Je reste là, les jambes écartées, mon pantalon de costume dévalant sur mes hanches, révélant l’impatience brutale de mon sexe qui bat contre le tissu. Mon front est soudé au sien. Je sens la chaleur qui émane de son petit corps tremblant, cette chaleur de proie qui vient de frôler l’abîme. Mes doigts, encore tachés de la poussière du combat, enserrent le bord du bureau en acajou massif jusqu’à ce que le bois gémisse.
Je lève lentement mon pouce. Il est maculé de son sang à elle, une petite entaille sur son cou gracile, vestige de la lutte. Elle me fixe, ses pupilles dilatées par la terreur et une fascination morbide que je suis le seul à savoir décoder. Ses lèvres, gonflées par mes baisers précédents et la morsure du stress, s'entrouvrent.
Je porte mon pouce à ma bouche. Je lèche le fluide rouge, lentement, mes yeux ancrés dans les siens. Le goût est ferreux, sucré, addictif. C’est le goût de sa vulnérabilité.
— Tu as été stupide, Elara, murmurai-je, ma voix n'étant plus qu'un grondement sourd, vibrant dans ma cage thoracique. Tu as joué avec les ombres et tu as failli te faire avaler.
Ma main libre remonte le long de sa cuisse nue. Sa jupe n’est plus qu’un lambeau de tissu inutile, une insulte à la peau de porcelaine qu’elle expose. Je sens ses muscles se crisper sous mon contact. Elle veut reculer, s’enfoncer davantage dans le bureau jonché de dossiers éparpillés, mais il n’y a nulle part où aller. Je suis son seul horizon.
— Je voulais… je pensais pouvoir… balbutie-t-elle, sa voix se brisant sur un sanglot qu’elle refuse de laisser couler.
— Tu ne penses pas, Elara. Tu m’appartiens. Et quand on possède une chose aussi précieuse, on ne la laisse pas s’égarer dans la fosse aux loups.
Je saisis violemment ses hanches et je la tire vers le bord du meuble. Le frottement du bois verni contre ses fesses nues lui arrache un petit cri aigu, un son qui déclenche une décharge d’adrénaline pure dans mon sang. Je m’insère entre ses jambes, mon érection heurtant son ventre plat avec une insistance sauvage. Je veux qu’elle sente chaque centimètre de mon envie, chaque degré de ma fureur.
Je plonge ma main dans sa chevelure emmêlée, forçant sa tête en arrière. Son cou, exposé, m’offre la vision de sa carotide qui bat follement. Elle est à moi. Totalement.
— Tu as besoin qu’on te rappelle ta place, n’est-ce pas ? La liberté que tu cherches tant… c’est un mensonge. La seule vérité, c’est ce qui se passe ici. C’est la douleur que je peux t'infliger et le plaisir que je vais t'arracher pour te punir d'avoir été si imprudente.
Je penche ma tête et je plante mes dents dans la peau tendre de son épaule. Pas une morsure d'amour, mais une marque de propriété, brutale. Elle arque le dos, ses ongles s’enfonçant dans mes avant-bras, cherchant un ancrage dans le chaos. Je sens ses seins écrasés contre ma chemise griffée et froissée, ses tétons durcis pointant à travers le tissu fin.
L’odeur du mort au sol commence à s’estomper derrière l’arôme musqué de notre propre excitation. C’est une atmosphère de fin du monde, un mélange de cimetière et de lupanar. Je lâche son épaule pour redescendre vers son oreille, ma respiration saccadée brûlant son lobe.
— Regarde-le, Elara, ordonnai-je en pointant du menton le cadavre au sol. Regarde ce qui arrive à ceux qui s'approchent de toi. Et regarde ce que je te fais parce que tu l'as permis.
Elle essaie de détourner les yeux, mais je ramène ma main sur sa mâchoire, la forçant à contempler l'horreur. Je veux que le traumatisme se mélange au désir, que les deux deviennent indissociables dans son esprit. C'est ainsi que je la brise. C'est ainsi que je la garde.
Ma main descend, glissant sur son ventre, s'enfonçant entre ses cuisses déjà humides. Je trouve son centre, brûlant, palpitant. Je ne suis pas tendre. Mes doigts s'enfoncent avec une autorité qui la fait gémir de honte et de besoin. Elle est trempée, un nectar de peur et de luxure qui colle à ma peau.
— Tu es si serrée, murmurai-je contre sa peau. Si réactive. Ton corps sait que tu mérites d'être châtiée.
Je commence un mouvement de va-et-vient impitoyable, mes doigts la malmenant tandis que mon autre main étrangle presque ses cris de plaisir. La tension dans la pièce devient insoutenable. Le bureau craque sous notre poids combiné. Je sens la sueur perler sur mon front, couler le long de ma colonne vertébrale.
Je veux qu’elle s’oublie. Je veux que le passé, l’intrus, la bouseuse qu’elle était, tout disparaisse pour ne laisser que cette sensation de possession absolue.
— Dis-le, Elara. Dis-moi que tu es à moi. Dis-moi que tu acceptes la punition.
Je retire brusquement mes doigts, la laissant au bord du précipice, haletante, les yeux révulsés. Je défais le reste de mes entraves, libérant mon sexe pulsant, congestionné, prêt à l'envahir. Je saisis ses jambes et je les remonte sur mes épaules, l'ouvrant totalement à ma vue, à ma fureur. Sous la lumière tamisée de la bibliothèque, elle ressemble à une offrande sur un autel de bois sombre.
Le jeu ne fait que commencer. Et je n'ai aucune intention d'être clément.
Je la regarde, là, offerte, brisée par l’attente et le désir. Ses cuisses tremblent violemment sur mes épaules, ses talons s'enfonçant dans mes trapèzes comme pour chercher un ancrage dans la tempête que je déchaîne. Elle est magnifique dans sa déchéance, le visage rougi, les cheveux étalés sur les vieux grimoires qui ne servent plus que de linceul à sa vertu.
Mon sexe est une barre de fer brûlante, pulsant contre son entrée déjà gorgée de sang, déjà ruisselante de son abandon. L’odeur de son excitation me monte au cerveau, un mélange musqué et sucré qui anesthésie ma raison.
— Tu ne m’as pas répondu, Elara, grogné-je, ma voix n'étant plus qu’un grondement sourd. À qui es-tu ?
Elle essaie de parler, mais seul un gémissement étranglé franchit ses lèvres entrouvertes. Je ne lui laisse pas de répit. Je plaque mes mains de chaque côté de son bassin, mes doigts s'enfonçant dans sa chair tendre, marquant déjà sa peau de futures ecchymoses sombres. Je m'avance d’un coup sec, enfonçant juste le gland dans son étau brûlant.
Elle arque le dos, un cri muet mourant dans sa gorge alors qu'elle se tend comme une corde de violon.
— Dis-le, j’insiste, en me retirant presque entièrement pour mieux la pénétrer à nouveau, un centimètre de plus cette fois. Je veux l'entendre avant de te briser.
— À... à toi... souffle-t-elle enfin, ses yeux cherchant les miens dans la pénombre. Je suis à toi, Evan. Fais-le... s'il te plaît... punis-moi.
L'aveu agit comme un déclencheur. Je lâche toute retenue. Je m'enfonce en elle d'un coup de rein sauvage, brutal, sans aucune finesse. Je sens son hymen psychologique voler en éclats tandis que je la remplis intégralement. Le choc est tel que le bureau gémit, un craquement de bois qui résonne dans le silence de la bibliothèque. Elle lâche un cri aigu, perçant, que j'étouffe immédiatement en écrasant ma bouche contre la sienne.
Ma langue envahit sa cavité buccale avec la même violence que mon membre envahit son corps. C’est un viol des sens, une conquête totale. Je goûte son cri, je goûte ses larmes salées qui commencent à perler. Je ne suis plus un homme, je suis une bête qui marque son territoire.
Je commence mon va-et-vient, lent d'abord, pour savourer la manière dont ses parois se referment sur moi, tentant désespérément de retenir l'intrus. Puis, le rythme s'accélère. Je retire presque tout, ne laissant que la pointe, avant de m'écraser à nouveau contre elle avec la force d'un marteau-piqueur.
*Clac. Clac. Clac.*
Le bruit de nos corps qui s'entrechoquent est obscène, rythmé par le souffle court de nos poumons en feu. Je lâche ses jambes pour saisir ses hanches, les soulevant légèrement pour changer l'angle, pour aller percuter son col, là où la douleur et le plaisir se confondent en une seule décharge électrique.
— Regarde ce que tu me fais faire, Elara, murmuré-je contre son oreille, ma voix hachée par l'effort. Regarde comment tu me rends. Tu voulais jouer les héroïnes ? Voilà le prix à payer.
Je descends une main pour attraper son sein, le pétrissant avec une rudesse qui lui arrache un nouveau gémissement. Je pince son mamelon durci entre mon pouce et mon index, tirant dessus tandis que je redouble de violence dans mes assauts. Je veux qu'elle sente chaque fibre de mon être, chaque battement de mon cœur qui cogne contre ses côtes.
Elle est en train de perdre pied. Ses mains, qui griffaient mes bras au début, se sont maintenant agrippées à mes épaules, ses ongles s'enfonçant dans ma peau, laissant des sillons sanglants que je ne sens même pas. Elle balance sa tête de gauche à droite, ses hanches commençant à répondre aux miennes dans un réflexe purement animal. Elle ne lutte plus. Elle en redemande.
— Plus vite... Evan... plus fort... hoquète-t-elle, sa voix brisée par les spasmes qui commencent à secouer son bas-ventre.
Je souris, un sourire carnassier, sombre. Elle est exactement là où je la voulais. Au bord de l'abîme, prête à sauter, ne tenant plus qu'à la force de mes reins.
Je retire mes mains de ses hanches pour les placer sous ses fesses, la soulevant de quelques centimètres au-dessus du bureau tout en restant profondément ancré en elle. La sensation de poids, de friction, de chaleur est insoutenable. Je sens la sueur couler de mon front pour s'écraser sur son décolleté, nos fluides se mélangeant dans un ballet sordide.
Je ne suis plus qu'une machine à plaisir et à douleur. Chaque coup de boutoir est une signature, un sceau que j'appose sur son âme. Je la sens se contracter autour de moi, des vagues de chaleur irradiant de son centre. Elle va lâcher. Je le sens à la façon dont ses doigts se crispent, à la façon dont ses yeux se révulsent, ne laissant apparaître que le blanc.
Mais je ne la laisserai pas partir si facilement. Pas encore.
Je ralentis brusquement le mouvement, m'immobilisant au plus profond d'elle, mon membre vibrant dans son antre. Je la regarde, haletante, au bord de l'orgasme, ses muscles fessiers tressaillants sous mes paumes.
— Tu as cru que c'était fini ? murmuré-je, le souffle court, mon visage à quelques millimètres du sien. On ne fait que commencer à explorer ta soumission, Elara.
Je la redescends sur le bois froid, mais je ne me retire pas. Je reste là, la dominant de toute ma stature, savourant sa frustration, son besoin qui hurle dans ses yeux voilés. La tension dans la pièce est devenue une entité physique, lourde, poisseuse, presque électrique.
Le bureau craque à nouveau sous une pression latérale. Je change de position, la faisant basculer sur le côté, une de ses jambes toujours en l'air, m'offrant un accès encore plus profond, plus radical. Je reprends mes assauts, mais cette fois avec une rage froide, une cadence implacable qui ne lui laisse aucune chance de reprendre son souffle.
— Tu es à moi, Elara. Dis-le encore. Jusqu'à ce que ce soit la seule vérité qui reste dans ta tête.
Je la martèle sans pitié, mes mains cherchant partout sur son corps de quoi assouvir ma soif de possession, alors que le plaisir commence à monter en moi comme une marée noire, menaçant de tout emporter. Sa peau contre la mienne est un incendie, et je suis prêt à brûler avec elle.
Mais avant le brasier final, je veux qu'elle rampe. Je veux qu'elle supplie pour cette fin que je lui refuse encore. Car dans ce bureau, entourés par la sagesse des siècles, nous ne sommes plus que deux bêtes en rut, et la punition est loin d'être terminée.
Le bois du bureau gémit, une complainte sourde qui se perd dans le fracas de nos corps qui s’entrechoquent. Chaque coup de boutoir que je lui inflige est une signature, une cicatrice invisible que je grave au plus profond de son être. Sa jambe, repliée contre mon épaule, tremble de façon incontrôlable, tandis que mes doigts s’enfoncent dans la chair tendre de sa cuisse, y laissant déjà des marques violacées qui témoignent de ma brutalité.
Je ne suis plus un homme, je suis une force de la nature, un prédateur qui déchiquette sa proie avec une délectation sauvage. Je ralentis soudain la cadence, juste au moment où je sens ses muscles vaginaux se contracter frénétiquement autour de moi, signe qu’elle touche au but. Je m'arrête presque complètement, restant logé au plus profond d'elle, sentant son pouls battre contre mon sexe tendu à rompre.
— Pas encore, Elara, murmurai-je contre son oreille, ma voix n'étant plus qu'un grognement animal. Tu n'as pas encore assez payé. Supplie-moi.
Ses yeux, noyés de désir et de détresse, cherchent les miens. Elle est magnifique ainsi, brisée par le plaisir, les cheveux étalés sur les dossiers éparpillés, la poitrine soulevée par une respiration erratique. Sa peau est moite, recouverte d'un film de sueur fine qui luit sous la lampe de bureau.
— Evan… s’il te plaît… je t’en supplie…
Sa voix est un souffle brisé. Je sens l’humidité de son désir couler le long de mes testicules, un lubrifiant naturel et brûlant qui rend chaque micromouvement électrique. Je ne cède pas. Je veux qu’elle sente chaque millimètre de ma possession, je veux qu'elle comprenne que même son propre orgasme ne lui appartient plus. Il est à moi.
Je reprends, mais cette fois avec une lenteur torturante. J’entre et je sors avec une délibération cruelle, savourant le frottement de nos muqueuses, le bruit de succion obscène qui emplit la pièce. Je la regarde se cambrer, ses ongles griffant le cuir du sous-main, cherchant un ancrage dans ce chaos sensoriel.
— Dis-le, ordonnai-je en saisissant son menton pour la forcer à me regarder. Dis que tu es ma chose. Que chaque souffle que tu prends est un privilège que je t’accorde.
— Je suis… je suis à toi… tout entière… Evan, je n'en peux plus… tue-moi ou finis-en…
Le mot « fini » agit comme un déclencheur. Ma rage froide se mue en une explosion de besoin pur. Je lâche sa jambe pour saisir ses deux hanches, mes phalanges blanchissant sous l'effort, et je commence à la pilonner avec une violence déchaînée. Je ne cherche plus la finesse. Je cherche l'oblitération.
Le son de nos corps qui s'entrechoquent est comme une série de coups de feu dans le silence de la bibliothèque. Elle hurle, un son guttural qui se brise contre les rayonnages de livres centenaires, et je m'en délecte. Je sens la chaleur monter en moi, une lave épaisse qui s'accumule à la base de mon échine. Elara explose la première. Je le sens à la façon dont son corps se rigidifie brusquement, ses yeux se révulsant alors qu'une série de spasmes violents m'emprisonnent. Son sexe me broie, m'aspire, me réclame.
C’est le signal. Je donne un dernier coup, le plus profond, le plus dévastateur, venant heurter son col avec une force qui lui arrache un sanglot de pur extase. Ma semence jaillit en moi avec une force qui me vide de toute raison. Je me répands en elle, vague après vague, un flot brûlant qui vient sceller notre pacte de sang et de sexe.
Je m'effondre sur elle, mon poids l'écrasant contre le bureau, nos souffres se mêlant dans l'air saturé d'hormones et de sueur. Je reste en elle, sentant mon sexe dégonfler lentement alors que les derniers tressaillements de son plaisir s'estompent. L'odeur de notre étreinte — ce mélange de musc, de parfum de luxe et de fluides corporels — est une drogue dont je ne me lasserai jamais.
Je redresse la tête, mes yeux sondant les siens. Elle est dévastée, marquée, mais je vois dans son regard cette étincelle de soumission absolue que je cherchais à raviver. Je retire mon sexe avec une lenteur calculée, écoutant le bruit humide de notre séparation. Un mince filet de notre mélange s’écoule sur sa cuisse, souillant le bois sombre du bureau.
Je ne dis rien. Je me redresse, réajustant mes vêtements avec une froideur qui contraste avec la fureur de l'instant précédent. Elle reste là, étalée, les jambes encore entrouvertes, offerte et vulnérable.
Je me penche vers elle, ma main glissant une dernière fois sur sa joue brûlante avant de s'attarder sur son cou, là où mon empreinte restera demain.
— La prochaine fois que tu désobéis, Elara, je ne serai pas aussi clément. Nettoie-toi. Et rejoins-moi dans mes appartements. Tu n'as pas fini de purger ta peine.
Je me détourne, la laissant seule dans le silence pesant du bureau, avec pour seule compagnie le souvenir de ma violence et la chaleur de ma semence qui refroidit en elle. La punition était nécessaire. Le plaisir était inévitable. Et la fin ne fait que commencer.
La Confrontation Finale
Le craquement de mes semelles sur le parquet centenaire de la bibliothèque résonne comme un coup de feu dans le silence sépulcral de la nuit. Je ne me retourne pas tout de suite. J’aime l’idée de la laisser là, offerte à l’obscurité et au froid des courants d’air qui lèchent les rayonnages.
Derrière moi, Elara est toujours étendue sur le bureau en acajou massif, les membres lourds, la respiration saccadée. Je sens son regard brûlant dans mon dos, une demande silencieuse, une supplique qu’elle n’osera jamais formuler. Je remonte la fermeture éclair de mon pantalon avec une lenteur délibérée, ajustant ma veste de costume avec une précision chirurgicale. Je suis de nouveau le prédateur froid, l’héritier Rook, celui qui juge et qui condamne.
Pourtant, l’odeur de notre étreinte s’accroche à ma peau. Ce mélange de sueur, de musc et de cette fragrance florale qui n’appartient qu’à elle. Je m’arrête à la lisière de l’ombre, puis je pivote lentement.
Le spectacle est obscène. Magnifique.
Ses jambes sont encore écartées, ballantes sur le bord du bois sombre dont le vernis luit sous la faible lueur d’une lampe de bureau. Entre ses cuisses, un filet de ma semence trace un chemin blanc et visqueux, une traînée de possession qui souille la surface vénérable du meuble. C’est ma marque. Une signature fluide sur un autel de savoir. Sur son cou, l’empreinte de mes doigts a déjà viré au pourpre sombre, une constellation de meurtrissures qui crie à qui veut l’entendre qu’elle m’appartient.
— Rhabille-toi, Elara, dis-je, ma voix n'étant qu'un grondement sourd. Le rat est dans le piège.
Elle tressaille. Ses yeux, embrumés par le plaisir et la confusion, retrouvent une lueur de terreur lucide. Elle sait de quoi je parle. Le harceleur. Celui qui a cru pouvoir l’observer dans l’ombre, celui qui a osé poser ses yeux de voyeur sur ce qui est mon territoire exclusif.
Elle se redresse avec difficulté, ses mains tremblantes cherchant ses vêtements éparpillés sur le sol poussiéreux. Je la regarde faire sans bouger, savourant sa vulnérabilité. Elle est chancelante, ses muscles encore en proie aux spasmes de l'orgasme que je viens de lui arracher. Chaque mouvement qu'elle fait est une agonie de grâce brisée.
— Evan… murmure-t-elle en enfilant sa chemise froissée. Tu ne vas pas… tu ne vas pas le tuer ?
Je m'approche d'elle, mes pas étouffés par le tapis persan usé. Je saisis son menton, forçant son visage vers le mien. Mes yeux s’ancrent dans les siens, n’y cherchant aucune pitié, seulement la soumission.
— Je vais lui apprendre ce qu’il en coûte de regarder ce qui est à moi, Elara. À Blackthorne, on ne vole pas. On ne convoite pas. On subit.
Je ramasse son sous-vêtement déchiré et le fourre dans ma poche comme un trophée. Puis, je lui tends sa jupe. Une fois qu'elle est sommairement couverte, je saisis son poignet, serrant juste assez pour lui rappeler ma force. Je l’entraîne vers le fond de la bibliothèque, là où les rayonnages s’arrêtent pour laisser place à une porte en fer forgé, dissimulée derrière une tapisserie en lambeaux.
L’escalier dérobé s’enfonce dans les entrailles de l’université. L’air y est plus lourd, saturé d’humidité et d’une odeur de terre ancienne. C’est ici que les fondateurs de Blackthorne réglaient leurs comptes, loin des regards, dans le ventre de la bête.
Nous descendons les marches de pierre, une par une. Le cliquetis des clés dans ma main est le seul métronome de notre descente aux enfers. Elara respire mal. Je sens son cœur battre contre mon bras, un petit oiseau piégé dans une cage de fer.
En bas, un couloir voûté s’étire, éclairé par des ampoules nues qui grésillent. Au bout, une pièce dont la porte est entrouverte. Une ombre s’y agite.
Mon sang s’échauffe. Ce n'est plus du désir sexuel, c'est de l'adrénaline pure, la soif de domination. Je sens mon érection poindre de nouveau sous mon pantalon, nourrie par l'imminence de la violence. La possession d'Elara n'était que le prélude ; la destruction de celui qui l'a traquée en sera le point final.
Nous arrivons devant la porte. Je pousse Elara légèrement derrière moi, mais je garde sa main dans la mienne. Je veux qu’elle voie. Je veux qu’elle comprenne que ma protection est une prison de soie, mais que pour le reste du monde, c’est un linceul de plomb.
D'un coup de pied sec, j'ouvre grand la porte.
L'homme est là. Attaché à une chaise d'examen en métal, vestige d'un ancien département médical désaffecté. Il est jeune, peut-être un étudiant, le visage couvert d'une cagoule de fortune qu'il a lui-même utilisée pour ses méfaits. Il se débat, le souffle court à travers le tissu. Sur une table à côté de lui, ses trophées : des photos volées d'Elara, des mèches de ses cheveux, des notes griffonnées d'une écriture maladive.
— Regarde-le, Elara, dis-je en l'amenant devant lui. Regarde celui qui a troublé ton sommeil.
Je sens son corps se raidir contre le mien. Ma main descend sur sa hanche, la serrant fermement, mes doigts s'enfonçant dans la chair tendre qu'ils ont déjà malmenée sur le bureau. L'excitation est palpable. L'odeur de la peur de cet homme se mélange à celle du sexe qui émane encore de nous deux. C'est une symphonie de déchéance.
Je m'approche du captif. Je ne retire pas sa cagoule. Pas encore. Je préfère qu'il reste dans le noir, qu'il imagine quel monstre est en train de se pencher sur lui. Je sors un scalpel de ma poche de veste – un héritage de mon grand-père, le juge, qui aimait la précision.
— Tu l’as touchée avec tes yeux, n’est-ce pas ? murmurai-je à l’oreille du prisonnier, alors qu’Elara étouffe un sanglot derrière moi. Tu as cru que tu pouvais partager ce qui n'appartient qu'à un Rook.
Je fais glisser la lame sur le dos de ma main, testant son tranchant, avant de la poser délicatement sur la gorge de l'homme. Je sens son pouls s'affoler, un tambour de panique.
— Elara… regarde bien, dis-je sans détourner les yeux de ma proie. C’est pour toi que je fais ça. Pour que tu comprennes que personne, absolument personne, ne peut te sortir de ma main.
Je plante la pointe du scalpel très légèrement dans le cuir chevelu de l'homme, juste assez pour faire perler une goutte de sang noir sous la lumière crue. Le type pousse un cri étouffé, un gémissement animal qui me fait bander instantanément.
La confrontation ne fait que commencer. Et le sous-sol de Blackthorne n'a pas fini de boire ce soir.
Le gémissement de ce déchet est une mélodie. Un son guttural, gras, qui s’écrase contre les murs de béton suintants de ce sous-sol. Je sens la lame s’enfoncer d’un millimètre supplémentaire dans son derme, et la résistance de la chair me procure une décharge électrique qui remonte le long de mon bras jusqu’à mon entrejambe. Je suis dur comme de la pierre, mon pantalon devenu une cage trop étroite pour l’animal qui s'éveille en moi.
— Regarde-le, Elara. Ne détourne pas les yeux, ordonné-je d'une voix qui n'est plus qu'un grognement de prédateur.
Je ne me retourne pas, mais j’entends son souffle court, erratique. Je devine ses doigts tremblants qui se nouent dans son propre pull. Elle a peur de moi. Elle devrait. Mais elle est aussi fascinée, je le sens à l’odeur de son excitation qui se mêle à celle de la sueur froide du prisonnier. Une fragrance âcre et sucrée qui m'enivre.
Je déplace lentement la pointe du scalpel, traçant un chemin invisible le long de la tempe de l'homme, juste au-dessus de l'os. Le sang, d’un rouge vif sous cette lumière blafarde, commence à couler, une petite rivière qui vient mourir dans le col de sa chemise bon marché.
— Tu pensais qu’elle était seule ? Que personne ne veillait sur ce qui m’appartient ?
Ma main gauche se referme sur sa mâchoire, broyant les os, le forçant à lever le visage vers moi. Ses yeux sont injectés de sang, dilatés par la terreur pure. C’est délicieux. Je plaque mon corps contre le sien, sentant son cœur cogner contre ma poitrine comme un oiseau en cage.
— Elara, approche.
C’est un ordre, pas une invitation. J’entends ses pas hésitants sur le sol de ciment. Le cliquetis de ses chaussures est le seul autre bruit dans ce tombeau de béton. Quand elle est assez proche, je libère une main pour saisir sa nuque. Mes doigts se perdent dans ses cheveux fins, je la tire brusquement contre moi, son dos contre mon torse, face à notre proie.
Je sens ses fesses se presser contre ma queue qui bat furieusement sous mon jean. Elle tressaille, un petit cri étouffé s'échappant de ses lèvres, mais elle ne se dégage pas. Elle est prise au piège entre ma violence et son désir, exactement là où je la veux.
— Touche-le, murmuré-je, ma bouche frôlant son oreille. Sens ce que fait la peur à un homme qui a osé te convoiter.
— Evan... s’il te plaît... souffle-t-elle, sa voix brisée par l’émotion.
— S’il te plaît quoi, Elara ? S’il te plaît, tue-le ? Ou s’il te plaît, prends-moi ici, devant lui, pour qu’il voie enfin ce qu’est une véritable possession ?
Ma main qui tient le scalpel descend vers la joue du type. Je n’appuie pas encore. Je caresse. C’est presque érotique, cette lenteur. Je veux qu’il sente chaque atome d’acier froid. Je veux qu’il comprenne que sa vie ne tient qu'à l'inclinaison de mon poignet.
Soudain, je plante la lame dans son épaule. Pas assez pour toucher un organe vital, mais assez pour déchirer le muscle. Il hurle, un cri déchirant qui résonne dans toute la pièce. La sensation de la lame fendant les tissus me fait gémir de plaisir. Je me colle davantage à Elara, broyant son corps contre le mien, respirant l’odeur de sa terreur et de son plaisir coupable.
— Tu entends ça ? C’est le son de ton nom dans sa gorge, Elara. Mais ce soir, il ne le criera plus jamais avec envie. Il ne le criera qu'avec agonie.
Je retire le scalpel d’un coup sec. Le sang gicle, tachant ma chemise blanche, quelques gouttes venant perler sur la joue d’Elara. Elle ne bouge pas. Elle est pétrifiée, ses yeux fixés sur la plaie béante. Je lèche la goutte de sang sur sa joue, ma langue traînant lentement sur sa peau douce avant de mordre son lobe d'oreille.
— Il t’a regardée dans les vestiaires, n’est-ce pas ? Il a vu ta peau nue. Il a imaginé ses mains sales sur toi.
Ma main libre descend, glissant sous le pull d’Elara, trouvant sa peau brûlante. Je remonte jusqu'à ses seins, mes doigts écrasant ses tétons déjà durcis par l'adrénaline. Elle cambre le dos, un râle de plaisir s'échappant de sa gorge alors que le prisonnier gémit de douleur devant nous. Le contraste est insoutenable. Le sang et le sexe. La mort et la vie.
— Je vais lui enlever ses yeux, Elara. Pour qu’il ne puisse plus jamais salir ton image dans son esprit malade. Qu'en penses-tu ?
Je ramène la lame près de l'orbite de l'homme. Il tremble si fort que la chaise grince sur le sol. Ses larmes se mélangent au sang. C'est pathétique. C'est excitant.
— Regarde-moi, ordonné-je au prisonnier. Regarde ce que je fais à la femme que tu pensais pouvoir traquer.
Tout en gardant la pointe de l'acier contre sa paupière frémissante, je force Elara à se retourner dans mes bras. Je la plaque contre le mur de béton, soulevant ses jambes pour qu’elle entoure ma taille. Le scalpel reste braqué sur l’œil du type, ma main ferme, mon regard plongeant dans celui d'Elara.
Elle est en nage, ses pupilles dévorant son iris. Je sens son humidité à travers nos vêtements. L'animalité de la scène atteint son paroxysme.
— Il va regarder, Elara. Il va regarder comment un Rook marque ce qui lui appartient. Chaque gémissement que tu vas pousser sera un clou de plus dans son cercueil.
Je déboutonne mon pantalon d'une main, sans jamais lâcher le scalpel des yeux, ni la proie du regard. L’air est lourd de l'odeur du fer et du sexe. Le temps s'arrête. Il n'y a plus que nous trois, la douleur et l'extase, dans les entrailles de Blackthorne.
Le scalpel glisse légèrement, traçant une ligne rouge parfaite juste sous le sourcil de l'homme. Une promesse.
— On commence à peine, salopard. Tu vas regretter d'être né avec des yeux.
Je sens son souffle saccadé, brûlant, contre ma carotide. Elara est une plaie ouverte, un mélange de terreur pure et de désir dévastateur qui cogne contre ma poitrine. Son dos est écrasé contre le béton rugueux, froid, contrastant avec la fournaise qui grimpe entre nous. Ma main gauche maintient ses fesses, la soulevant avec une force brutale, tandis que ma main droite, d'une précision chirurgicale, presse la pointe du scalpel contre la peau fine de la paupière de l’ordure.
— Regarde bien, fils de pute, je grogne, ma voix n'étant plus qu'un râle animal. Regarde ce que tu ne toucheras jamais. Regarde comment elle s'ouvre pour moi.
D’un geste sec, j’écarte l’entrejambe de son sous-vêtement de dentelle, le tissu craquant sous la pression. Elle est inondée. Je sens son humidité poisseuse couler sur mes doigts, une preuve flagrante de sa reddition totale à ma noirceur. Je ne perds pas une seconde. Ma braguette est ouverte, ma virilité impatiente et douloureuse bat contre son ventre.
Je me décale à peine pour laisser le type voir l’instant où je la fends. Je plonge mes yeux dans ceux d’Elara. Ses pupilles sont tellement dilatées qu’il ne reste qu’un mince liseré vert. Elle est à moi. Complètement.
— Evan… murmure-t-elle, un mélange de supplique et d'agonie.
Je l’ignore et je m’enfonce en elle d'un coup de rein sauvage, sans préliminaires, sans douceur. Un cri aigu s'échappe de ses lèvres, résonnant contre les murs de briques de la cave, avant de s'étouffer dans mon cou. Elle est serrée, comme un étau de velours qui essaie d'emprisonner ma rage. Je m'immobilise un instant, savourant la sensation de sa chair qui se déchire presque pour m'accueillir, tandis que je sens le type sous ma lame trembler de tous ses membres.
— Tu sens ça, Elara ? C'est lui qui nous regarde. C’est sa peur qui te fait mouiller comme ça, n'est-ce pas ?
Je recommence à bouger. Un rythme lent, torturant, profond. À chaque va-et-vient, le scalpel trace une ligne de sang supplémentaire sur le visage du harceleur. La douleur de l'un nourrit le plaisir de l'autre. Je sens les muscles d'Elara se contracter autour de moi, des spasmes électriques qui remontent le long de ma colonne vertébrale. Elle accroche ses ongles dans mes épaules, labourant ma peau, cherchant un ancrage dans ce chaos.
Le bruit est obscène. Le claquement de ma peau contre la sienne, le glissement fluide et sonore de mon sexe en elle, les gémissements étouffés qu'elle ne peut plus contenir. Je n'ai plus rien d'un homme civilisé. Je suis un Rook. Je suis le prédateur qui marque son territoire sur le cadavre encore chaud de l'espoir de son ennemi.
— Plus fort… grogne-t-elle, sa tête basculant en arrière, exposant sa gorge. Evan, je t'en supplie…
Je saisis sa mâchoire, la forçant à me regarder, alors que j’accélère la cadence. Je ne suis plus dans la retenue. Je la pilonne avec une violence sourde, chaque assaut la soulevant contre le mur. Je sens la sueur perler sur mon front, se mélanger à la sienne. L’air est saturé de notre odeur, un mélange de musc, de sueur et de l'arôme métallique du sang qui commence à perler sur le sol.
Le type gémit derrière son bâillon de fortune, ses yeux révulsés par la terreur et l’humiliation. C’est le spectacle final. Je vois le moment où Elara bascule. Ses yeux se voilent, son corps se tend comme un arc, et elle commence à crier mon nom dans un râle de pure extase. Son orgasme me frappe comme une onde de choc, ses parois internes se refermant sur moi dans des pulsations désordonnées.
C’est le signal. Je lâche toute retenue. J’enfonce mes doigts dans sa chair, je m’ancre en elle jusqu’à la garde et je me libère avec une sauvagerie qui me vide les poumons. Je rugis contre son oreille, ma semence se répandant en elle en vagues brûlantes, marquant son utérus de mon sceau.
Je reste là, haletant, mon front contre le sien, le scalpel toujours immobile, menaçant. Le silence qui suit est lourd, seulement brisé par nos respirations erratiques. Je retire lentement mon sexe de son corps, savourant le bruit de succion, l'humidité qui s'écoule le long de ses cuisses. Elle glisse doucement au sol, les jambes tremblantes, les yeux encore perdus dans le vide.
Je me tourne enfin entièrement vers l'homme au sol. Je me rhabille avec une lenteur calculée, sans jamais quitter son regard brisé. Je ramasse le scalpel, essuyant la lame sur sa propre chemise.
— Tu as vu, n'est-ce pas ? Tu as vu comment elle m'appartient ?
Je m'accroupis près de lui, attrapant une poignée de ses cheveux pour forcer sa tête en arrière. La coupure sous son œil est propre, nette. Une cicatrice qui lui rappellera chaque matin qui je suis.
— Si jamais je te croise à nouveau dans un rayon de mille bornes d'elle, je ne m'arrêterai pas à une égratignure. Je te viderai, lentement, en te forçant à regarder tes propres entrailles. Est-ce qu’on se comprend ?
Il hoche frénétiquement la tête, des larmes de lâcheté roulant sur ses joues.
Je me relève et j'attrape Elara par la main. Elle est chancelante, marquée, souillée, mais elle brûle d'une lumière que je suis le seul à pouvoir entretenir. Je l'entraîne vers la sortie des sous-sols, laissant derrière nous l'ombre brisée de l'homme qui a osé croire qu'il pouvait nous toucher.
Blackthorne est peut-être un nid de vipères, mais ce soir, le corbeau a montré qu'il était le seul maître des ténèbres. Le chapitre se referme sur le bruit de nos pas dans le couloir désert, alors que je sens encore la chaleur de son corps sur ma peau, une promesse de destruction et de possession éternelle.
Le Pacte de Sang
Le silence des couloirs de Blackthorne n’est jamais vraiment vide. Il palpite de secrets séculaires, du poids des jugements rendus dans l’ombre et de l’écho étouffé de nos propres essoufflements. Ma main broie celle d’Elara, ses doigts frêles perdus dans ma paume, une petite chose fragile que j'entraîne derrière moi à travers les entrailles de pierre de l'université.
Je sens sa résistance faiblir à chaque pas. Elle ne traîne plus les pieds. Elle suit. Elle s'abandonne à la traction de mon bras, à la cadence de ma marche prédatrice.
L’air est frais ici, contrastant violemment avec la chaleur poisseuse du sous-sol que nous venons de quitter. Mais la sueur, elle, ne refroidit pas. Elle colle ma chemise à mon dos, elle rend la peau d’Elara glissante, presque érotique sous mes doigts. Je sens l’odeur de la peur qui s’évapore pour laisser place à quelque chose de plus sombre, de plus lourd : l’acceptation.
Je ne me retourne pas. Pas encore. J’aime cette sensation de l’avoir dans mon sillage, marquée, souillée par ce qui vient de se passer, son innocence piétinée par la nécessité de survivre. Sous le tissu de mon pantalon, je sens le scalpel contre ma cuisse, un rappel froid et tranchant de ma propre nature. J'ai tué pour elle, ou presque. J'ai surtout montré à cette petite boursière que le monde n'est qu'un abattoir et que je suis celui qui tient le couteau.
— Evan…
Son murmure est un souffle brisé, une supplique qui n’ose pas dire son nom. Je ne réponds pas. Je resserre ma prise jusqu’à ce qu’elle laisse échapper un petit gémissement. Ce son est une drogue.
Nous atteignons les escaliers dérobés qui mènent à mon aile privée, loin des dortoirs communs, loin des regards curieux des fils de lignées qui n'ont pas encore compris que le pouvoir ne s'hérite pas, il s'arrache. Je pousse la lourde porte en chêne de mes appartements et je la projette quasiment à l'intérieur avant de refermer le verrou derrière nous. Le clic de la serrure résonne comme le couperet d'une guillotine. Elle est à moi. Ici, le monde extérieur cesse d'exister.
Je me tourne enfin vers elle.
L’obscurité de la pièce est seulement percée par la lueur rousse des braises dans la cheminée. Elara est là, au milieu du tapis persan, et le spectacle qu’elle offre me fait bander instantanément, une douleur sourde et impérieuse dans mon entrejambe. Sa jupe est de travers, déchirée à l’ourlet, révélant la pâleur de ses cuisses tachées de poussière et de quelques gouttes de sang qui ne sont pas les siennes. Son chemisier manque de boutons, dévoilant la naissance de ses seins qui se soulèvent au rythme de sa respiration saccadée. Ses cheveux, autrefois sagement attachés, forment une auréole de chaos autour de son visage ravagé.
Mais ce sont ses yeux qui me retiennent. Ils ne sont plus fuyants. Ils sont fixés sur moi avec une intensité dévorante, un mélange de terreur absolue et d’une dévotion maladive.
— Tu m’as emmenée ici pour me briser, n’est-ce pas ? murmure-t-elle, sa voix tremblante mais étrangement assurée.
Je m’approche lentement, chaque pas calculé pour la faire reculer jusqu’à ce que ses mollets heurtent le bord de mon bureau massif en acajou. Je pose mes mains de chaque côté de ses hanches, l’emprisonnant entre le bois froid et la chaleur brutale de mon corps.
— On ne brise que ce qui a de la valeur, Elara, je réponds d’une voix basse, rauque, qui semble sortir du plus profond de mes tripes. Toi, je veux te démonter. Pièce par pièce. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de cette façade de petite fille sage.
Je lève une main et je saisis son menton, forçant sa tête en arrière. Mon pouce écrase sa lèvre inférieure, l’obligeant à entrouvrir la bouche. Elle dégage une odeur de détresse et de désir acide, un mélange qui me rend fou.
— Tu as vu ce que je suis capable de faire, je continue en penchant mon visage vers le sien, mes lèvres effleurant presque les siennes sans jamais les toucher. J’ai le sang de ces hommes sur mes mains. Et tu as aimé ça. Ne mens pas. Tu as aimé voir le monstre sortir de sa cage pour toi.
Ses yeux s’embuent, mais elle ne détourne pas le regard. Une larme roule sur sa joue, que je cueille du bout de la langue. Elle est salée, chaude, délicieuse.
— Je n’ai nulle part où aller, souffle-t-elle dans un aveu qui sonne comme un pacte.
— Tu n’as jamais eu nulle part où aller, Elara. Tu étais perdue dès l’instant où j’ai posé les yeux sur toi dans cette bibliothèque. Tu es à moi. Pas parce que je t’ai sauvée, mais parce que tu es la seule ici qui soit assez cassée pour comprendre que mon enfer est ton seul refuge.
Ma main descend, quittant son visage pour s’égarer dans l’ouverture de son chemisier. Mes doigts effleurent la peau brûlante de son décolleté, sentant le galop frénétique de son cœur sous ses côtes. Je saisis le tissu restant et je tire d'un coup sec. Les derniers boutons sautent, ricochant sur le parquet avec un bruit de grêle.
Elle ne sursaute même pas. Elle se cambre légèrement, offrant sa poitrine à ma vue, ses tétons déjà durcis par le froid et l’excitation. Elle est magnifique dans sa ruine. Un chef-d'œuvre de soumission volontaire.
— Regarde-moi, j'ordonne, ma voix n'étant plus qu'un grognement animal.
Elle obéit, les pupilles tellement dilatées qu’elles envahissent l’iris. Je plonge ma main dans ses cheveux, empoignant les mèches à la racine pour lui tirer la tête en arrière, exposant la ligne fragile de son cou. Je veux y marquer mon territoire, je veux que chaque centimètre de sa peau crie mon nom.
— Dis-le, j’exige, mon autre main descendant vers sa jupe, cherchant l’humidité entre ses jambes à travers le tissu fin de ses sous-vêtements. Dis-le que tu es mon animal. Dis-le que tu veux que je te finisse.
Elle laisse échapper un cri étouffé quand mes doigts trouvent leur cible, pressant fermement contre son intimité déjà trempée. Elle est brûlante, prête à fondre.
— Je suis à toi, Evan, gémit-elle en agrippant mes épaules, ses ongles s'enfonçant dans le tissu de ma chemise. Fais-moi oublier… fais-moi tout oublier sauf toi.
Je souris, un rictus sans aucune once de douceur. Le prédateur en moi a enfin gagné. La chasse est finie, le dépeçage peut commencer.
— Je vais faire bien plus que ça, petite boursière. Je vais te graver dans la chair ce que signifie appartenir à un Rook.
Je la soulève brutalement pour l'asseoir sur le bureau, dégageant les dossiers et les livres d'un revers de bras violent. Les papiers volent dans la pièce comme des feuilles mortes alors que je m'insinue entre ses cuisses, ouvrant grand ses jambes pour faire face à ma propre destruction.
L’air est saturé de tension, d’électricité statique et de cette promesse de violence charnelle qui ne demande qu'à exploser. Je défais ma ceinture avec une lenteur sadique, mes yeux ne quittant jamais les siens, savourant l'attente, savourant le pouvoir absolu que j'ai sur chaque fibre de son être. Elle tremble de tout son long, ses jambes s'enroulant instinctivement autour de ma taille, m'attirant vers le gouffre.
Le pacte est scellé. Il n'y a plus de retour possible. Seulement le sang, la sueur, et le bruit de nos âmes qui se fracassent l'une contre l'autre.
Le cuir de ma ceinture claque contre le sol, un écho sec qui résonne dans le silence pesant du bureau comme un coup de feu. Je vois ses pupilles se dilater, envahir l’iris clair jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un abîme de désir et de terreur mêlés. C’est là que je la veux. Juste au bord de la rupture.
Je ne la déshabille pas avec délicatesse. Mes mains s’accrochent au tissu de sa jupe, les articulations blanchies par la force, et je déchire la fermeture éclair dans un cri de métal agonisant. Le tissu cède, dévoilant la courbe de ses hanches, la soie blanche de ses sous-vêtements qui tranchent avec l'ébène du bureau. Elle essaie de respirer, mais l'air semble lui manquer. Sa poitrine se soulève par saccades, ses petits seins heurtant la dentelle de son corsage à chaque inspiration désespérée.
— Regarde-moi, Elara, j'ordonne, ma voix n'étant plus qu'un grognement sourd, vibrant au fond de ma gorge.
Elle lève les yeux, ses cils encore humides de larmes de peur, ou peut-être de soulagement. Je plonge ma main entre nous, mes doigts venant s'écraser contre sa mâchoire pour la forcer à maintenir le contact. Je veux qu'elle voie le monstre. Je veux qu'elle comprenne que ce soir, il n'y a pas de rédemption, seulement la chute.
Je descends ma main libre le long de son ventre plat, sentant ses muscles se contracter sous ma paume brûlante. Je n'effleure pas, je marque. Ma peau est rugueuse, calleuse, une insulte à sa douceur de porcelaine. Quand j'atteins l'élastique de son entrée, je ne m'arrête pas. Je glisse deux doigts à l'intérieur, brutalement, et un gémissement étranglé s'échappe de ses lèvres.
Elle est déjà trempée.
L’odeur de son excitation remonte jusqu’à mes narines, un mélange musqué et sucré qui achève de consumer ma raison. Je retire mes doigts pour les porter à mes lèvres, mes yeux rivés aux siens, savourant le goût de son abandon avant de les enfoncer de nouveau en elle, plus profondément cette fois.
— Tu es une petite menteuse, Elara, je murmure contre sa bouche, mon souffle chaud chargé de menace. Tu joues les saintes, mais ton corps me hurle qu'il a soif de cette noirceur. Regarde comme tu m'accueilles. Tu es une fontaine.
Je commence un mouvement de va-et-vient impitoyable, mes doigts la labourant sans aucune intention de douceur. Je sens ses parois se contracter autour de moi, l'humidité visqueuse qui lubrifie chaque mouvement, le son mouillé de nos chairs qui s'entrechoquent. Elle rejette la tête en arrière, son dos se cambrant sur le bois dur du bureau, ses mains agrippant désespérément mes épaules, ses ongles s'enfonçant dans mon cuir.
— S'il te plaît... Julian... articule-t-elle dans un souffle brisé.
— S’il te plaît quoi ? Que je t'achève ? Ou que je te brise ?
Je m'arrête net, la laissant suspendue au bord du précipice. Le manque se lit sur son visage comme une plaie ouverte. Je saisis ses cuisses et je les écarte encore davantage, au-delà de ce qui semble confortable, pour m'insérer physiquement entre elles. Je libère ma propre érection, lourde, battante, une arme de chair qui ne demande qu'à punir et à posséder.
Je me penche en avant, écrasant mon torse contre le sien, sentant ses mamelons pointer à travers le tissu de son chemisier que je n'ai pas encore pris la peine de retirer. Je veux qu'elle sente chaque centimètre de moi, chaque battement de ma rage. Ma bouche s'abat sur son cou, non pas pour l'embrasser, mais pour le mordre. Je plante mes crocs dans la jonction de son épaule, aspirant sa peau jusqu'à ce que je sente le goût métallique du sang perler sous ma langue.
Elle pousse un cri, un mélange de douleur et d'extase pure, ses jambes se resserrant violemment autour de mes reins.
— Je vais te marquer, boursière, je grogne contre sa peau chauffée à blanc. Je vais laisser des traces que tu ne pourras jamais effacer. Chaque fois que tu te regarderas dans un miroir, tu verras que tu m'appartiens. Que tu es la propriété d'un Rook.
Mes mains descendent sous ses fesses, soulevant son bassin pour l'aligner parfaitement avec mon envie. Je sens l'humidité de son sexe contre mon gland, cette chaleur dévorante qui promet de m'engloutir. Je ne pénètre pas encore. Je frotte simplement, lentement, torturant chaque nerf, chaque pore de sa peau avec la tension insoutenable de l'imminence.
— Dis-le, j'exige, en saisissant ses cheveux pour ramener son visage à quelques millimètres du mien. Dis-moi ce que tu es.
— Je suis à toi... souffle-t-elle, ses yeux révulsés par le plaisir. Fais-le... détruis-moi.
Ses mains descendent le long de mon torse, cherchant ma braguette, ses doigts tremblants guidant mon sexe vers son entrée brûlante. Elle s'offre, elle s'ouvre, elle mendie sa propre perte.
Je positionne ma pointe contre son ouverture étroite, sentant les pulsations de son excitation répondre aux miennes. Le liquide séminal et ses fluides à elle se mélangent en un lubrifiant naturel, brillant sur ma peau sombre. Je n'attends plus. D'un coup de rein sauvage, je m'enfonce en elle, brisant sa résistance, déchirant le silence de la pièce par son cri de possession absolue.
Je suis en elle jusqu'à la garde, l'épinglant au bureau comme un papillon de nuit sur un tableau de collectionneur. Elle est si serrée que j'ai l'impression que mes propres os vont se briser. La sensation est si intense, si viscérale, que je perds pied un instant, ma vision se brouillant alors que le monde se réduit à cet unique point de contact, à cette fusion violente de deux êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer.
Je commence mes mouvements, lents, profonds, cherchant à atteindre le fond de son être, à imprimer mon rythme dans sa moelle épinière. Le bureau gémit sous notre poids, le bruit du bois qui craque se mêlant à celui de nos respirations haletantes. À chaque coup de boutoir, ses seins s'écrasent contre moi, sa peau glisse contre la mienne, couverte d'une fine pellicule de sueur qui nous rend insaisissables.
— Regarde ce que tu as fait de moi, Elara, je siffle, mes mains enserrant sa taille pour la marteler avec plus de force encore. Tu as réveillé le démon, maintenant tu vas devoir l'encaisser.
Elle ne répond que par des râles inarticulés, ses doigts griffant le bois du bureau, cherchant une prise alors que je l'emmène dans une zone où la douleur n'est qu'une autre forme de plaisir, où la morale n'existe plus. Je suis le monstre qu'elle a choisi, et je compte bien lui montrer que l'enfer a ses propres délices.
Le rythme n'est plus une cadence, c’est une exécution. Je ne cherche plus la finesse, je cherche l’impact, le choc sourd de mon bassin contre le sien qui résonne dans le silence pesant du bureau. Mes mains, moites de cette sueur qui nous lie, remontent de sa taille à sa gorge. Je ne serre pas pour l’étouffer, mais pour sentir le passage frénétique de son souffle, la vibration de ses cris étouffés qui naissent au plus profond de ses entrailles.
Ses jambes se resserrent autour de mes reins, ses talons s’enfonçant dans mes fessiers, m’incitant à aller encore plus loin, à briser la dernière barrière qui nous sépare. Je sens ses muscles internes se contracter, m’agripper, me supplier d'en finir tout en redemandant davantage. C’est une agonie délicieuse. L’odeur de notre sexe, brute, musquée, se mélange à celle du vieux cuir et du métal froid des armes posées non loin.
— Regarde-moi, Elara ! j’ordonne d’une voix rauque, brisée par l’effort.
Elle bascule la tête en arrière, ses cheveux étalés sur les dossiers éparpillés comme une traînée de soie sombre. Ses yeux sont vitreux, perdus dans le brouillard de la luxure et de la soumission consentie. Elle est magnifique ainsi, dévastée par mon poids, marquée par mes doigts qui laisseront des traces pourpres sur sa peau de porcelaine. Elle n'est plus la femme fuyante du début ; elle est la complice du diable.
Je ralentis un instant, juste assez pour la faire frémir de frustration, pour la voir cambrer son dos contre le bois dur, cherchant désespérément le contact que je lui retire partiellement. Je la contemple, le torse puissant, luisant de sueur, mon souffle court venant fouetter son visage. Je plonge deux doigts dans sa bouche pour étouffer son prochain gémissement, savourant le contact de sa langue chaude sur ma peau salée.
— Tu sens ça ? Ce vide ? Il n'y a que moi qui peux le combler. Personne d'autre n'osera jamais te prendre comme ça. Personne d'autre ne voudra de l'obscurité que tu caches.
Je reprends mes assauts avec une fureur renouvelée. Chaque coup de boutoir est une signature, un sceau que j'appose sur son âme. C'est viscéral, animal. Le bruit de nos chairs qui s'entrechoquent, ce claquement humide et rythmique, devient le seul métronome de mon existence. Je me sens monter, cette pression insoutenable qui part de l’aine et envahit tout mon corps, transformant mon sang en plomb liquide.
Ses griffes s'enfoncent dans mes épaules, labourant ma peau, cherchant à s'ancrer dans la réalité alors que je l'emmène au bord du précipice. Elle commence à trembler, de longs frissons qui parcourent ses cuisses, ses hanches qui s'agitent de manière désordonnée sous les miennes.
— Je... je vais... gémit-elle, son regard s'ancrant enfin dans le mien avec une intensité terrifiante.
— Viens pour moi, Elara. Brise-toi.
L’instant d’après, les vannes lâchent. Elle se cambre dans un cri silencieux, ses muscles vaginaux se refermant sur moi dans une série de spasmes électriques, me broyant presque. C’est le signal que mon propre corps attendait. Je lâche prise. Je ne suis plus un homme, je suis une force de la nature qui s'abat sur elle. Ma semence jaillit, brûlante, profonde, la remplissant jusqu’à l’excès tandis que je m'écrase contre elle, l'étouffant presque sous mon poids.
L'orgasme me traverse comme une décharge de haut voltage, me laissant vidé, pantelant, le front collé contre son épaule trempée. Pendant de longues secondes, le monde s'arrête. Il n'y a plus de complot, plus de sang sur les mains, plus de pacte. Il n'y a que cette chaleur qui reflue lentement, le battement de nos deux cœurs qui tentent de retrouver un unisson.
Je me redresse lentement, restant en elle, savourant la sensation de sa lassitude extrême. Elle est là, offerte, éparpillée sur mon bureau de chêne, les lèvres entrouvertes, le regard fixé sur le plafond sombre. Je passe une main sur son visage, écartant une mèche de cheveux collée par la sueur.
Je me retire avec un bruit humide, la voyant tressaillir au contact de l'air frais. Une traînée de nos fluides mêlés glisse le long de sa cuisse, une marque de notre union sauvage. Je ramasse ma chemise, mais avant de la passer, je me penche vers son oreille. Mon souffle est encore court, chargé de la promesse de recommencer.
— Tu appartiens au monstre, maintenant, Elara. Et le monstre ne partage jamais son trésor.
Elle esquisse un sourire faible, presque imperceptible, mais chargé d'une acceptation sombre. Elle ne veut plus être sauvée. Elle veut être possédée.
Je referme ma ceinture, le bruit métallique du cran marquant la fin de la parenthèse. Dehors, la guerre nous attend, mais ici, dans ce bureau imprégné de notre odeur et de notre péché, nous avons scellé quelque chose de bien plus dangereux qu'un simple accord politique. Nous avons lié nos ombres.
Je quitte la pièce sans un mot de plus, la laissant se remettre de sa propre chute, sachant pertinemment que peu importe où elle ira, elle portera mon empreinte en elle. Le pacte de sang est conclu, non pas avec de l'encre, mais avec la sueur, le sperme et la certitude que nous brûlerons ensemble.
FIN DU CHAPITRE
La Reine de Blackthorne
Le déclic métallique de ma boucle de ceinture a résonné dans le silence sépulcral du bureau comme un coup de feu. Un point final, brutal et sans appel.
Je me tenais sur le seuil de la porte, la main posée sur la poignée de bronze froid, le corps encore vibrant d’une adrénaline sombre. Ma chemise de coton égyptien, froissée par ses doigts désespérés, était rentrée avec une précision chirurgicale dans mon pantalon. Je respirais l'odeur de la pièce : un mélange lourd de vieux grimoires, de cire d'abeille et de ce parfum viscéral, entêtant, de sexe et de sueur.
Je me suis retourné. Une dernière fois.
Elara était toujours là, étalée sur le chêne massif de mon bureau, telle une offrande profanée sur un autel païen. Ses cheveux clairs se répandaient en un halo chaotique sur le bois sombre, presque noir sous la lumière tamisée de la lampe de banquier. Elle ne bougeait pas. Ses yeux, autrefois fuyants et emplis de terreur, étaient fixés sur le plafond orné de moulures gothiques, mais ils ne voyaient rien. Ou peut-être voyaient-ils tout.
Mon regard est descendu, inévitablement. La pâleur de sa peau contrastait violemment avec la morsure du bois. Et là, le long de sa cuisse droite, une traînée épaisse et nacrée de ma semence coulait lentement, une signature liquide qui marquait son appartenance. Elle était couverte de moi. Marquée dans sa chair, dans son âme, jusque dans l'humidité de ses draps intérieurs. Six mois. Il m’avait fallu six mois pour transformer la petite boursière effrayée en cette créature de marbre et de stupre.
— Relève-toi, Elara, ai-je lâché d'une voix que je ne cherchais pas à adoucir. Elle était rauque, chargée de l'autorité qui coule dans les veines des Rook depuis des générations.
Elle a eu un tressaillement imperceptible. Ses doigts, dont les ongles avaient griffé mon dos quelques minutes plus tôt, ont caressé nerveusement la surface du bureau. Elle a basculé ses jambes sur le côté, ses pieds nus touchant le tapis persan avec une légèreté de spectre. Elle ne cherchait pas à se couvrir. Pourquoi le ferait-elle ? Il n'y avait plus de secrets entre nous, seulement des cicatrices et des pactes scellés dans l'ombre.
Je suis revenu vers elle, rompant la distance que j'avais moi-même instaurée. Mes pas étaient silencieux, prédateurs. Arrivé à sa hauteur, j'ai glissé ma main sous son menton pour forcer son regard à rencontrer le mien. Ses pupilles étaient encore dilatées, dévorant l'iris, témoignage de la petite mort qu'elle venait de traverser.
— Tu te souviens de ce qu'ils t'appelaient au début ? ai-je murmuré, mon pouce écrasant sa lèvre inférieure encore gonflée par mes baisers. La "souris de Blackthorne".
Un frisson a parcouru son échine, mais elle n'a pas reculé. Elle a ancré ses doigts dans mes avant-bras, ses ongles s'enfonçant dans le tissu de ma chemise.
— Ils ne m'appellent plus comme ça, Evan, a-t-elle répondu, sa voix n'étant qu'un souffle éraillé.
— Non. Aujourd'hui, ils baissent les yeux quand tu traverses le hall. Ils se taisent quand tu entres dans la bibliothèque. Tu es la Reine de ce campus de charognards, et chaque goutte de plaisir que je t'arrache est le prix de ta couronne.
J'ai descendu ma main vers sa cuisse, là où mon empreinte séchait. J'ai recueilli une partie du fluide sur deux doigts, avant de les porter à ses lèvres.
— Goûte, ai-je ordonné.
Elle a hésité une fraction de seconde, un reliquat de son ancienne vie, avant d'obéir. Sa langue a effleuré mes doigts, récupérant chaque parcelle de notre union. Ses yeux ne m'ont pas quitté. C'était un acte de soumission totale, et pourtant, il y avait une puissance nouvelle dans sa manière de m'accepter. Elle ne subissait plus. Elle consommait le pouvoir que je lui offrais, aussi toxique soit-il.
Je me suis reculé, satisfait. La bête en moi ronronnait de voir son œuvre terminée.
— Habille-toi. La soie noire. On nous attend au Conseil de minuit. Je veux qu'ils voient l'éclat de tes yeux après que je t'ai brisée. Je veux qu'ils sentent l'odeur de mon sexe sur ta peau sous ton parfum de luxe.
Elle s'est levée, vacillante sur ses jambes encore faibles. Chaque mouvement était d'une lenteur érotique, une chorégraphie de la lassitude et du désir. Elle a ramassé sa robe qui gisait au sol comme une mue inutile.
Le vent de novembre hurlait contre les vitraux du bureau, mais ici, dans ce sanctuaire de cuir et de péché, la chaleur était étouffante. Je l'ai regardée enfiler ses sous-vêtements de dentelle fine, ses gestes précis malgré le tremblement de ses mains. Elle savait que je l'observais. Elle savait que chaque bouton qu'elle fermait était une barrière que je briserais à nouveau avant l'aube.
— Evan ? a-t-elle dit alors qu'elle ajustait la bretelle de sa robe.
Je me suis arrêté, la main sur la carafe de cristal pour me servir un whisky.
— Oui ?
— Ne pense pas que parce que je porte ta marque, je t'appartiens totalement.
Un sourire carnassier a étiré mes lèvres. Elle apprenait vite. Très vite.
— C’est justement ce qui rend la chasse si intéressante, ma reine.
Je lui ai tendu le verre. Elle a bu une gorgée, le liquide ambré faisant briller ses lèvres, puis elle a passé sa main dans ses cheveux pour les discipliner, redevenant en un instant la compagne glaciale et intouchable de l'héritier Rook.
— On y va ? a-t-elle demandé.
J'ai hoché la tête, lui offrant mon bras. Nous avons quitté le bureau, laissant derrière nous l'odeur de notre débauche pour affronter le froid piquant du campus. Les couloirs de Blackthorne étaient sombres, hantés par les ombres des gargouilles et les secrets des lignées qui dirigeaient ce monde. Mais alors que nos pas résonnaient sur le marbre, je sentais la tension monter. Ce n'était pas seulement la fin d'une soirée. C'était le début de notre règne, et ce soir, l'université allait apprendre ce qu'il en coûtait de défier ce que nous étions devenus.
Le claquement des talons d'Elara sur le marbre froid résonnait comme un métronome dans le silence sépulcral du grand hall. À mon bras, elle ne marchait pas, elle glissait. Sa robe en soie noire, d’une coupe si ajustée qu’elle semblait avoir été cousue directement sur sa peau, accrochait la lumière mourante des lustres en cristal. À chaque pas, le tissu soulignait la courbe de ses hanches, ce balancement provocateur que j’avais appris à dompter, mais que je préférais voir s’exposer aux yeux de tous.
Je sentais les regards. Ils étaient partout, tapis dans l'ombre des alcôves ou derrière les portes entrouvertes des salles communes. Blackthorne ne dormait jamais vraiment. C’était un nid de vipères, et nous venions de marcher sur leur nid.
— Respire, Elara, murmurai-je contre son oreille, ma voix à peine plus haute qu'un souffle rauque. Sens-les. Ils ont peur.
Elle ne cilla pas, mais je sentis ses doigts se crisper légèrement sur mon avant-bras, ses ongles s'enfonçant dans le drap de mon manteau. Un petit frisson de plaisir remonta ma colonne vertébrale. Elle aimait ça. Elle détestait qu’ils la regardent, mais elle adorait savoir qu’aucun d’entre eux n’oserait plus jamais poser une main sale sur elle. Parce qu’elle était à moi.
Nous arrivâmes au sommet du grand escalier qui menait à la cour intérieure. Un groupe d’étudiants, des héritiers de lignées pétrolières et de noms de l'ancien monde, s’écarta instantanément à notre approche. Parmi eux, Sterling. Je l'avais brisé trois mois plus tôt pour avoir osé suggérer que la place d'Elara était dans son lit.
Il pâlit en nous voyant. Ses yeux glissèrent de mon visage à celui d'Elara, avant de s'arrêter, fascinés et horrifiés, sur la légère rougeur qui marquait encore la base de son cou, vestige de mes dents de tout à l'heure.
Je m'arrêtai net. Le groupe se figea.
— Quelque chose te perturbe, Sterling ? demandai-je d'un ton d'une politesse venimeuse.
Le garçon déglutit, le regard fuyant.
— Non, Rook. Rien du tout.
Elara se tourna vers lui. Son visage était un masque de marbre, mais ses yeux brillaient d'une cruauté nouvelle, une étincelle que j'avais moi-même allumée. Elle s'approcha de lui, me lâchant un instant. Le silence devint oppressant, lourd de la menace que je représentais, debout juste derrière elle.
Elle passa une main lente sur le revers du veston de Sterling, époussetant une poussière imaginaire. Le pauvre type tremblait.
— Tes yeux, Julian, dit-elle d'une voix basse, mielleuse. Ils se promènent trop. Tu devrais faire attention. Evan est d'humeur... possessive, ce soir.
Je ne pus m'empêcher de sourire. Ma reine.
Je l'attrapai par la taille, mes doigts s'ancrant dans la chair de sa hanche avec une force possessive. Je la ramenai contre moi, son dos percutant mon torse. Je voulais qu'ils voient l'impact. Je voulais qu'ils sentent l'odeur de sexe qui émanait encore de nous, ce mélange de sueur, de parfum de luxe et de fluides séchés que l'air frais ne parvenait pas à dissiper.
— On s'en va, dis-je simplement.
Nous descendîmes les marches, mais au lieu de traverser la cour vers ma voiture, je l'entraînai brusquement dans l'ombre de la galerie des statues, là où les gargouilles de pierre nous isolaient du reste du monde.
Dès que nous fûmes cachés par un pilier massif, je la projetai contre la pierre froide. Le contraste entre le froid du mur et la chaleur de son corps fut un choc électrique. Elle laissa échapper un petit cri étouffé, ses mains venant se poser sur mes épaules.
— Evan… on est dehors, haleta-t-elle, ses yeux cherchant les miens dans la pénombre.
— Je m'en fous, grognai-je. La façon dont il t'a regardée... J'ai encore besoin de te marquer.
Je ne lui laissai pas le temps de protester. Je relevai brusquement le bas de sa robe de soie. Ma main remonta le long de sa cuisse galbée, rencontrant la dentelle fine de ses bas, puis la peau brûlante de l'intérieur de ses jambes. Elle était déjà trempée. La sensation de mes doigts glissant dans son humidité chaude et visqueuse me fit serrer les dents.
— Regarde-moi, ordonnai-je en enfonçant deux doigts en elle d'un coup sec.
Elle cambra le dos, sa tête basculant contre la pierre, un gémissement rauque s'échappant de ses lèvres entrouvertes. Je pouvais entendre, au loin, le rire des autres étudiants, le bruit de la fête qui commençait, mais ici, dans cette poche de ténèbres, il n'y avait que le son de nos respirations saccadées et le bruit sourd de ma main qui la travaillait impitoyablement.
Je me penchai pour écraser ma bouche contre la sienne, étouffant ses cris alors que j'augmentais la cadence. Mon pouce pressait son clitoris avec une insistance brutale, la forçant à se tordre contre moi. Elle était une fontaine, son plaisir se déversant sur ma main, collant à mes doigts alors que je la possédais dans cette parodie de dévotion.
— Tu es à qui ? murmurai-je contre ses lèvres, ma voix vibrant de rage et de désir.
— À toi… Evan… seulement à toi…
Je libérai ma main, laissant ses jambes flageoler. Je déboutonnai mon pantalon, mon sexe dur et pulsant exigeant son dû. Je ne voulais pas de tendresse. Je voulais le pouvoir. Je l'attrapai par les fesses, la soulevant de terre pour qu'elle enroule ses jambes autour de ma taille. Son sexe béant était là, offert, m'invitant à tout détruire.
— Dis-le encore, ordonnai-je, ma verge frottant contre son entrée déjà lubrifiée.
— Je suis ta chienne, ta reine, tout ce que tu veux… s'il te plaît, Evan… prends-moi. Ici. Maintenant.
Je ne me fis pas prier. Je m'enfonçai en elle d'un seul coup, profond, brutal, jusqu'à ce que nos os se percutent. Elle hurla dans mon cou, ses ongles labourant mon dos à travers ma chemise. Le rythme devint frénétique, une lutte animale dans le froid de la nuit, chaque va-et-vient nous enfonçant un peu plus dans une débauche que seul Blackthorne pouvait engendrer.
Au loin, une lumière balaya la galerie. Une patrouille de sécurité. Je ne m'arrêtai pas. Au contraire, l'idée d'être pris, de voir le choc sur leurs visages avant de les faire renvoyer ou pire, ne fit qu'accentuer la pression dans mes reins.
Je la possédais contre cette pierre séculaire, l’héritier Rook et sa conquête, marquant ce territoire de notre sueur et de notre arrogance, alors que le vrai danger, celui que nous avions nous-mêmes invité en devenant les maîtres de ce lieu, commençait à ramper vers nous depuis les confins du campus.
La lumière de la lampe torche balaya le pilier de pierre à moins de dix mètres de nous, découpant des ombres mouvantes sur les arches gothiques de la galerie. Je sentis Elara se figer une fraction de seconde, son souffle court se coinçant dans sa gorge alors que ses yeux s'écarquillaient de terreur et d'excitation. Mais je ne lui laissai pas le temps de reculer. Je resserrai ma poigne sur ses hanches, mes doigts s'enfonçant dans sa chair tendre, et je la ramenai violemment contre moi.
— Ne bouge pas, murmurai-je contre son oreille, ma voix n'étant plus qu'un grognement rauque. Regarde-les. Regarde comme ils sont proches.
Je repris mon mouvement, plus lent, plus cruel. Chaque va-et-vient était une déclaration de guerre. Le frottement de nos sexes, trempés de nos fluides mêlés, produisait un claquement humide qui résonnait contre la pierre séculaire. C’était obscène. C’était parfait. Je sentais sa paroi interne se contracter autour de ma queue, un étau brûlant qui menaçait de me faire perdre pied, mais je refusais de céder. Pas encore.
Je voulais qu'elle sente chaque centimètre de moi, qu'elle comprenne qu'ici, sur ce campus qui l'avait autrefois terrifiée, elle était intouchable tant qu'elle était sous moi.
— Evan… ils vont…
Elle n'acheva pas sa phrase. Je l'étouffai d'un baiser sauvage, ma langue envahissant sa bouche avec la même brutalité que mon sexe envahissait son corps. Elle agrippa mes cheveux, tirant dessus avec une force née du désespoir, ses ongles griffant mon cuir chevelu. Le faisceau lumineux frôla nos pieds, éclairant un instant le bas de sa robe relevée et mes pantalons baissés sur mes cuisses. Le danger pulsait dans mes veines, plus addictif que n'importe quelle drogue.
Je me dégageai presque entièrement, ne laissant que la pointe de mon gland jouer avec son entrée déjà gorgée de sang et de plaisir, avant de m'enfoncer à nouveau d'un coup de rein sec, profond, jusqu'à la garde. Le gémissement qu'elle laissa échapper fut étouffé contre mon épaule, une plainte animale, vibrante, qui me fit bander plus dur encore, si c’était seulement possible.
— Dis-le, ordonnai-je, ma respiration heurtée brûlant sa peau. Dis-moi à qui tu appartiens pendant qu'ils cherchent dans le noir.
— À toi… grogna-t-elle, ses hanches s'agitant frénétiquement pour combler le vide chaque fois que je me retirais. Je suis à toi, Evan. Prends-moi… baise-moi plus fort, par pitié…
Son impudeur m'excita au-delà du raisonnable. J'accélérai la cadence, perdant toute notion de retenue. Je n'étais plus l'héritier des Rook, le prince poli des apparences. J'étais un prédateur marquant sa proie, un roi souillant son trône. Mes mains remontèrent pour écraser ses seins, mes pouces malmenant ses tétons durcis par le froid et l'excitation, tandis que mon bassin percutait le sien avec une régularité de métronome.
*Clac. Clac. Clac.*
Le bruit de nos corps qui s'entrechoquaient semblait hurler dans le silence de la nuit. La patrouille s'éloignait, le faisceau de lumière mourant au bout de la galerie, mais la tension, elle, ne faisait que croître. Elara était au bord du gouffre. Je voyais ses yeux se révulser, son dos s'arc-bouter contre le mur froid. Elle était une corde tendue à rompre.
— Je viens… Evan, je…
Ses muscles vaginaux se mirent à spasmodier autour de moi, des vagues de chaleur me submergeant, m'aspirant. C'était le signal. Je lâchai prise. Je l'attrapai par les cuisses, la soulevant légèrement pour changer l'angle, pour m'enfoncer encore plus loin dans son antre, là où personne d'autre n'irait jamais.
Je la broyais contre moi, cherchant à fusionner nos os, nos peaux, nos souffles. Le plaisir explosa, une décharge électrique qui me vida de toute pensée. Je déversai mon foutre au plus profond d'elle en longs jets brûlants, mon corps secoué par des tremblements que je ne pouvais plus contrôler. Elle hurla mon nom, un cri déchirant qui se perdit dans les hauteurs de la nef, ses parois me broyant dans un spasme final qui sembla durer une éternité.
Nous restâmes ainsi, soudés l'un à l'autre, haletants, la sueur refroidissant instantanément sur nos corps exposés au vent nocturne. Ma tête reposait dans le creux de son cou, je sentais son cœur battre la chamade contre ma poitrine, un tambour de guerre assourdi.
Doucement, je me retirai, le son de notre séparation étant le dernier vestige de notre débauche. Je la laissai glisser le long du mur, ses jambes tremblantes peinant à la soutenir. Je réajustai mes vêtements avec une lenteur calculée, reprenant mon masque de glace, même si mes mains vibraient encore de l'adrénaline du moment.
Elara se redressa, lissant sa robe, ses cheveux en bataille, ses lèvres gonflées et rougies. Elle n'était plus la petite souris grise de Blackthorne. Elle avait un éclat nouveau dans le regard, une étincelle de cruauté apprivoisée.
Je lui tendis la main, mon visage se figeant alors que je scrutais l'obscurité au-delà de la galerie. Là-bas, dans les ombres de la forêt qui bordait le campus, je savais que d'autres yeux nous regardaient. D'autres prédateurs, jaloux de notre ascension, attendant la moindre faiblesse.
— Viens, Reine de Blackthorne, murmurai-je en refermant mes doigts sur les siens. Le monde nous appartient ce soir. Mais demain, il faudra se battre pour le garder.
Elle sourit, un sourire sombre qui fit écho au mien. Nous avions survécu aux six premiers mois. Nous avions pris le pouvoir par le sang et le sexe. Mais Blackthorne était un monstre affamé, et nous venions de lui donner le goût de la royauté. La chasse ne faisait que commencer.