Exécuter la Racine

Par Marcus V.Heist

Huit mètres de roche séparent le groupe de la surface. Le calcaire pèse sur les structures en acier. La pression atmosphérique est constante. Le régulateur maintient dix-mille hectopascals. L'air est sec. Il sent le métal froid et la graisse de silicone. Vax lève sa main gauche. Le carbone noir ne r...

Infiltration - 00:00:00

Huit mètres de roche séparent le groupe de la surface. Le calcaire pèse sur les structures en acier. La pression atmosphérique est constante. Le régulateur maintient dix-mille hectopascals. L'air est sec. Il sent le métal froid et la graisse de silicone. Vax lève sa main gauche. Le carbone noir ne reflète aucune lumière. Il serre le poing. Les servomoteurs émettent un sifflement aigu. La tension des câbles est optimale. Il relâche la pression. Ses doigts artificiels claquent contre la paume. Le son est sec. Il vérifie le cadran de son poignet. Les chiffres rouges indiquent minuit. Le chronomètre démarre. Kovaks se tient devant la porte blindée. Ses bottes écrasent le gravier résiduel. Il pèse cent dix kilos sans son équipement. Son armure lourde ajoute vingt kilos de plaques de céramique. Les impacts de balles marquent le plastron. Il ne les a pas effacés. Il saisit son fusil à pompe automatique. Le canon est long. Le chargeur tambour contient vingt cartouches de tungstène. Kovaks tire le levier d'armement. Une cartouche glisse dans la chambre. Le verrou se verrouille avec un bruit métallique lourd. Il ne regarde pas ses coéquipiers. Ses yeux fixent le joint hydraulique du sas. Sa respiration est lente. Elle suit le rythme d'un métronome. Elie s'approche de la paroi latérale. Il est maigre. Ses vêtements flottent sur ses membres fins. Il retire ses gants. Ses doigts ont subi une extension chirurgicale. Les phalanges sont longues. Des connecteurs en titane percent la peau au bout des index. Il ouvre le boîtier de maintenance. Les fils de cuivre apparaissent. Elie insère ses doigts dans les ports de données. Son corps se raidit. Ses pupilles se rétractent jusqu'à devenir des points noirs. Il ne respire plus. Les flux de données traversent son système nerveux. Il cherche les failles du système ARES. Les protocoles de sécurité sont des murs de code. Il les contourne. Nico ferme la marche. Il porte le sac de munitions. Ses mains agrippent la sangle de son fusil d'assaut. Il regarde le plafond de roche. La masse de pierre est invisible dans l'obscurité. Il sent le poids du bunker sur ses épaules. Ses sourcils sont humides. Une goutte de sueur coule le long de sa tempe. Elle s'écrase sur le col de sa veste. Il ne l'essuie pas. Il attend le signal. Le sas thermique vibre. Les vérins hydrauliques s'activent. L'huile circule dans les tuyaux. La porte de trois tonnes glisse vers la droite. Un jet d'air comprimé balaie le sol. La poussière s'élève en tourbillons. Vax avance. Ses bottes ne font aucun bruit sur le béton poli. Il active sa vision nocturne. Le monde devient vert et gris. Les contours sont nets. Les angles sont droits. Le couloir s'étire sur cinquante mètres. Les murs sont nus. Aucune décoration. Aucun panneau indicateur. Datavault est une machine. Les humains n'y ont pas leur place. Kovaks entre dans le couloir. Il pointe son fusil vers les angles morts. Le faisceau de sa lampe tactique découpe l'obscurité. La lumière révèle des caméras de surveillance. Elles sont fixes. Elie a neutralisé les capteurs de mouvement. Les lentilles en verre restent sombres. Le groupe progresse en formation de diamant. Vax est en pointe. Kovaks et Nico couvrent les flancs. Elie reste au centre. Il garde ses doigts connectés à une tablette portable. Les graphiques de transfert de données défilent sur l'écran. L'air devient plus froid. Le système de refroidissement des serveurs fonctionne à pleine puissance. Le bourdonnement des ventilateurs remplit l'espace. C'est une fréquence basse. Elle fait vibrer les os de la cage thoracique. Vax s'arrête. Il lève la main droite. Le groupe se fige. À dix mètres, une grille de laser balaie le sol. Les faisceaux sont invisibles à l'œil nu. La vision thermique de Vax les détecte. Ce sont des lignes rouges horizontales. Elles se déplacent de haut en bas. Elie tape sur sa tablette. Ses doigts modifiés bougent avec une vitesse inhumaine. Le cliquetis des touches est le seul bruit organique. Il transmet un code de contournement. Les lasers s'éteignent pendant trois secondes. Vax sprinte. Kovaks suit avec la lourdeur d'un char d'assaut. Nico et Elie franchissent la zone au dernier moment. Les lasers se réactivent derrière eux. Ils ont parcouru vingt mètres. Le plafond s'abaisse. Les parois se resserrent. Le couloir débouche sur une salle circulaire. C'est le centre de tri atmosphérique. Des réservoirs d'azote liquide bordent les murs. Les tuyaux sont givrés. Des cristaux de glace tombent au sol. Vax vérifie la tension de sa prothèse. Le carbone est résistant au froid. La chair de son bras droit est rouge. Les pores de sa peau se ferment. Il ne tremble pas. Il observe les conduits de ventilation au-dessus d'eux. Les grilles sont larges. Un homme pourrait y passer. Kovaks vérifie son angle de tir. Il se place dos à un réservoir. Son armure le protège des éclats éventuels. Il observe Nico. Nico vérifie son chargeur. Ses mouvements sont saccadés. Il manque de fluidité. Vax note l'information. Un soldat nerveux est un risque balistique. Il ne dit rien. Les ordres ont été donnés avant l'insertion. Le plan ne prévoit pas de discussion. Elie s'agenouille près d'une trappe au sol. Il retire la plaque d'acier. Un puits de maintenance descend vers les niveaux inférieurs. Des câbles de fibre optique courent le long des parois. Ils ressemblent à des tendons noirs. Elie connecte un câble à son interface cérébrale. Son dos se courbe. Il accède au noyau de l'IA ARES. Les serveurs de Datavault traitent des pétaoctets de données chaque seconde. Elie cherche le chemin vers le Hall des Serveurs. Il localise les tourelles de défense. Elles sont en mode veille. Vax regarde sa montre. Trois minutes se sont écoulées. Ils sont dans les temps. La pression dans le bunker augmente légèrement. Les oreilles sifflent. Vax avale sa salive pour équilibrer la pression interne. Il fait signe de descendre. Kovaks s'engage le premier dans le puits. Il descend l'échelle métallique barreau par barreau. Le métal gémit sous son poids. Nico suit. Elie débranche ses connexions et se glisse dans le trou. Vax ferme la marche. L'échelle descend sur douze mètres. Ils atteignent une galerie technique. L'eau de condensation ruisselle sur les murs. L'odeur de l'ozone est absente. L'air sent le soufre et le caoutchouc brûlé. C'est l'odeur des composants qui surchauffent. Au bout de la galerie, une porte renforcée porte le marquage "ZONE 01". C'est l'entrée du Hall des Serveurs. Vax se place à gauche de la porte. Kovaks se place à droite. Elie prépare le décodeur de fréquence. Nico assure la couverture arrière. Vax pose sa main de carbone sur la surface froide de la porte. Il sent les vibrations des machines derrière l'acier. Le processeur biologique est proche. Il palpite dans son bain de nutriments. Vax a besoin de ce processeur. Ses propres organes faiblissent. La technologie organique est sa seule chance de survie. Elie insère une sonde dans la serrure électronique. Les voyants passent du rouge au jaune. Le mécanisme de verrouillage tourne. Un clic sourd résonne dans la galerie. La porte s'entrouvre de quelques centimètres. Une lumière blanche et crue s'échappe de l'ouverture. Vax sort son arme de poing. C'est un pistolet de gros calibre. Silencieux intégré. Munitions subsoniques. Il pousse la porte avec le bout de sa botte. Le Hall des Serveurs est immense. Des rangées de colonnes noires s'alignent à l'infini. Des milliers de diodes clignotent. C'est le cerveau de Datavault. Le silence est rompu par le ronronnement des processeurs. Vax entre dans la pièce. Il scanne le plafond. Il cherche les tourelles. Il ne voit rien. Les caméras sont dissimulées derrière des dômes de plastique fumé. Kovaks entre à son tour. Il garde son fusil à l'épaule. Sa lampe balaie les allées sombres. Les ombres des serveurs s'étirent sur le sol. Nico franchit le seuil. Il fait un pas de trop. Son pied heurte une plaque de pression dissimulée sous le revêtement. Un signal sonore retentit. Le son est bref. Une impulsion haute fréquence. Vax se tourne vers Nico. Le visage de Nico est blanc. Il comprend son erreur. Au plafond, une trappe s'ouvre. Une tourelle automatique descend. Le canon rotatif de calibre 7.62 commence à tourner. Le bruit du moteur électrique est un bourdonnement de frelon. Vax plonge derrière un serveur. Kovaks se plaque contre le mur. La tourelle ouvre le feu. Les détonations sont rapides. Une cadence de mille coups par minute. Les balles percutent le sol en béton. Les éclats de pierre volent. Nico n'a pas le temps de bouger. Une rafale le frappe en plein thorax. Son gilet pare-balles est pulvérisé. Le sang gicle sur les serveurs voisins. Une balle traverse son crâne. La boîte crânienne éclate. Des fragments d'os et de cervelle s'étalent sur la paroi. Le corps de Nico s'effondre. Il n'est plus qu'un tas de viande et de tissu. Le sang sature les circuits de ventilation au sol. L'odeur de fer se répand. ARES recalibre ses algorithmes de tir. La tourelle pivote vers la position de Kovaks. Les survivants sont bloqués. Le compte à rebours continue de défiler sur le poignet de Vax. Il reste cent dix-huit secondes avant l'alerte maximale. La mission vient de changer de rythme. Le sang de Nico fume sur le sol froid.

Angle de Tir 7.62

Vax s’arrête à l’angle du couloir. Le béton est froid. L’air circule mal dans le conduit principal. Kovaks plaque son dos contre la paroi. Son armure frotte contre la pierre. Le bruit est minime. Elie vérifie sa tablette. Ses doigts tremblent sur l’écran tactile. Nico ferme la marche. Il tient son arme à deux mains. Son souffle est court. Le Hall des Serveurs s'ouvre devant eux. C'est un rectangle de soixante mètres de long. Des rangées de racks noirs s'alignent. Les câbles courent au plafond comme des veines. Vax lève la main gauche. La prothèse en carbone brille sous les lampes blanches. Il signale une progression en ligne. Kovaks avance le premier. Ses bottes lourdes ne font aucun bruit sur le sol technique. Le silence est total. Seul le ronflement des ventilateurs persiste. Nico dépasse la ligne de démarcation du secteur 4. Un déclic mécanique résonne. Le son provient du plafond. Une plaque d'acier glisse dans une rainure. Une tourelle ARES descend. Le châssis est gris mat. L'optique de visée pivote. Le capteur infrarouge balaie la zone en une fraction de seconde. Le processeur identifie quatre cibles biologiques. Il sélectionne la plus proche. Nico est dans l'axe. La tourelle crache une flamme brève. Le premier projectile de 7.62 percute le sol. Le béton éclate. La deuxième balle frappe Nico. Elle entre par l'os frontal. La vitesse initiale est de huit cents mètres par seconde. L'os résiste un instant. Puis il fragmente. Le projectile se déforme. Il traverse le lobe frontal. La pression hydrostatique fait exploser la boîte crânienne. Nico bascule en arrière. Son corps est projeté par l'impact. Le sang gicle contre un rack de données. Le liquide rouge coule sur les unités de stockage. La tourelle continue de tirer. Elle suit une trajectoire horizontale. Kovaks plonge au sol. Il roule derrière un pilier en béton. Vax attrape Elie par le col. Il le projette derrière un bloc de serveurs. Les balles déchirent le métal des boîtiers. Des étincelles jaillissent. Le bruit des détonations sature l'espace. C'est un martèlement régulier. Mille coups par minute. Nico gît sur le dos. Ses jambes tressautent encore. C'est un réflexe nerveux. Sa tête n'existe plus au-dessus des sourcils. La cervelle s'étale sur le sol gris. L'odeur de ferraille et de poudre remplit le hall. Le système de ventilation s'active à pleine puissance. Les grilles au sol aspirent le brouillard de sang. Les circuits de filtration saturent immédiatement. Le liquide visqueux bloque les ailettes des ventilateurs. ARES recalibre ses algorithmes. La tourelle cesse le feu pendant 0.4 millisecondes. Elle analyse les nouvelles positions. Vax observe le mouvement de l'arme. Il compte les secondes. Kovaks vérifie son fusil à pompe. Il insère une cartouche de tungstène dans la chambre. Son visage est de marbre. Elie est recroquevillé. Il serre sa tablette contre son torse. Ses yeux sont fixes. Vax donne l'ordre. Sa voix est un rasoir. — Repli. Secteur B. Maintenant. Kovaks se lève. Il tire une salve de chevrotine vers la tourelle. Les billes de tungstène rebondissent sur le blindage. Cela crée une diversion. Vax court vers le rack suivant. Il se déplace avec une précision chirurgicale. Elie suit. Il rampe presque. La tourelle pivote. Le moteur électrique siffle. Elle verrouille la position de Kovaks. Une nouvelle rafale déchire l'air. Les balles percutent le pilier. Des morceaux de béton gros comme des poings volent. Kovaks ne bouge pas. Il attend le signal. Vax atteint le sas thermique. Il plaque son dos contre la porte blindée. Le sang de Nico continue de s'écouler. Il forme une mare sombre. Le liquide pénètre dans les interstices du plancher technique. Les capteurs chimiques d'ARES détectent l'hémoglobine. L'IA interprète cela comme une contamination biologique. Le protocole de purge s'arme. Un voyant rouge clignote au-dessus de la porte. Vax regarde sa montre. Le compte à rebours indique cent dix-huit secondes. La chaleur monte dans la pièce. Les serveurs surchauffent à cause des impacts. Les circuits de refroidissement sont sectionnés. Un liquide bleuâtre se mélange au sang de Nico. La mixture fume sur le sol. Elie branche un câble sur une prise murale. Ses mains ne tremblent plus. L'adrénaline stabilise ses gestes. Il cherche une faille dans le pare-feu local. La tourelle balaie le couloir central. Elle interdit tout accès au processeur biologique. Le processeur palpite dans son caisson de verre au centre du hall. Il ressemble à un cœur géant. Des tubes le relient au système central. Kovaks change d'angle. Il épaule son fusil. Il vise le capteur optique de la tourelle. Il tire. L'impact secoue l'arme automatique. La lentille se fissure. La tourelle tire au hasard pendant deux secondes. Vax en profite. Il traverse l'espace vide. Il atteint le rack de contrôle. Le corps de Nico est maintenant immobile. Sa main droite est figée sur son arme. Le sang a cessé de gicler. Il s'écoule lentement. La ventilation aspire les dernières vapeurs. ARES réinitialise le capteur optique secondaire. La tourelle retrouve sa précision. Elle se fixe sur Vax. Vax ne regarde pas l'arme. Il regarde le processeur. Le bain de nutriments devient trouble. La température ambiante atteint quarante degrés. La sueur coule sur le visage de Vax. Elle pique ses yeux. Il ne cille pas. Il attend l'ouverture du sas. Kovaks recharge. Le bruit du métal contre le métal est sec. Elie tape des codes sur son interface. Les lignes de texte défilent. Le système de sécurité résiste. ARES injecte des virus dans la tablette d'Elie. Le hacker contre-attaque. Il isole les paquets de données. La tourelle tire à nouveau. Vax se baisse. Une balle lui érafle l'épaule. Le tissu de sa combinaison se déchire. La peau est entamée. Il ne ressent rien. Il analyse la trajectoire. L'angle de tir est de trente degrés. Il y a une zone morte derrière le rack 12. — Kovaks. Zone morte. Douze. Kovaks bouge. Il court malgré son poids. Les balles le suivent. Elles frappent le sol à quelques centimètres de ses talons. Il plonge derrière le rack 12. Il est à couvert. Le hall est un chaos de métal et de chair. Les serveurs endommagés émettent des bips d'alerte. La lumière baisse d'un ton. ARES concentre l'énergie vers les systèmes de défense. Le processeur biologique accélère ses pulsations. Il ressent le stress du système. Vax sort un détonateur de sa poche. Il regarde Kovaks. Kovaks hoche la tête. Les charges sont en place sur le sas thermique. Elie termine le pontage. Un clic sonore indique le déverrouillage manuel. — C'est bon, dit Elie. Sa voix est aiguë. Elle casse le rythme des tirs. Vax appuie sur le bouton. L'explosion est sourde. Elle ne dégage pas de flammes. C'est une charge de rupture. La porte du sas thermique se tord. Elle sort de ses gonds. La tourelle tente une rotation complète. Le mécanisme est endommagé par les tirs de Kovaks. Elle grince. Le métal frotte contre le métal. ARES perd le contact visuel avec deux cibles. Elle se focalise sur le corps de Nico. Elle tire une dernière rafale sur le cadavre. La viande explose. Les os restants se brisent. Vax s'engouffre dans l'ouverture du sas. Kovaks suit en couvrant l'arrière. Elie court en dernier. Il ne regarde pas les restes de Nico. Il ne regarde que le dos de Vax. L'oxygène devient rare. La pression augmente dans le hall. Le compte à rebours affiche quatre-vingt-dix secondes. Le napalm est prêt dans les réservoirs de plafond. Les buses de diffusion s'orientent. Vax franchit le seuil du sas. Il se retrouve face au processeur biologique. Le bain de nutriments est à portée de main. L'odeur de la mort de Nico reste dans leurs narines. Elle est tenace. Elle se mélange à l'odeur du plastique brûlé. Vax sort une lame en céramique. Il regarde le processeur. L'organe artificiel bat avec régularité. Il ignore la violence qui l'entoure. Kovaks ferme la porte intérieure du sas. Il verrouille les loquets manuels. Ils sont isolés. La tourelle ARES tire contre la porte blindée. Le son est étouffé. C'est un tambour lointain. Vax s'approche du caisson. Il pose sa main de carbone sur le verre. Le verre est chaud. — On l'extrait, dit Vax. Il n'y a pas de tristesse dans sa voix. Il n'y a pas de regret pour Nico. Il n'y a que la mission. Le processeur doit sortir. Le reste est un déchet biologique. Le sang de Nico finit de s'évaporer sous l'effet de la chaleur croissante. La purge est imminente.

Recalibrage Logique

Le processeur central d'ARES traite l'information. Temps écoulé : 0.4 millisecondes. Les capteurs optiques du secteur A-1 enregistrent la dispersion de la masse organique. Nico n'est plus une menace. Il est une flaque de 72 kilogrammes. Le sang s'infiltre dans les rainures du sol en alliage. La tourelle de 7.62 pivote sur son axe hydraulique. Le moteur électrique siffle. L'IA recalibre les vecteurs de tir. Elle prend en compte la densité de l'air saturé de particules osseuses. Les algorithmes de prédiction ajustent la visée. Cible prioritaire : Vax. Cible secondaire : Kovaks. Cible tertiaire : Elie. Vax observe son chronomètre de poignet. Les chiffres rouges défilent. 115 secondes. Il ne regarde pas derrière lui. Nico appartient au passé. Le leader analyse les données brutes. Ses yeux scannent la pièce. Il calcule les angles de rebond possibles. Sa main en carbone saisit la poignée du caisson. Le métal est brûlant. La température ambiante atteint quarante degrés. L'air devient une masse solide. Il pèse sur les poumons. Vax évalue les chances. Vingt-deux pour cent de survie. C'est suffisant pour continuer. Dans le couloir, le cadavre de Nico refroidit. La tourelle tire une rafale de contrôle. Les balles percutent le mur de béton. Des éclats de pierre volent. La poussière grise recouvre le corps. ARES nettoie la zone de tir. L'IA optimise la consommation de munitions. Elle verrouille le secteur A-1. Les portes blindées s'abaissent. Le métal grince contre le métal. Nico est scellé dans le noir. Il devient un déchet biologique parmi les serveurs. Kovaks plaque son dos contre la porte du sas. Il sent les impacts de l'autre côté. Chaque balle de 7.62 produit une vibration sèche. Le colosse ne bouge pas. Ses bottes magnétiques sont ancrées au sol. Il tient son fusil à pompe des deux mains. La crosse est calée contre son épaule massive. Son armure absorbe la chaleur. La sueur coule dans son cou. Elle pique sa peau. Il ne cligne pas des yeux. Il surveille les conduits d'aération. Les grilles de ventilation vibrent. Le napalm arrive. Elie s'agenouille devant la console de maintenance. Ses doigts rallongés s'insèrent dans les ports de connexion. Les câbles de fibre optique brillent sous sa peau fine. Il ferme les yeux. Son cerveau reçoit un flux de données brutes. Il intercepte les paquets d'ARES. Le code est une architecture de glace. Elie cherche une faille. Ses tempes battent. Ses doigts tremblent de manière rythmique. Il pirate les protocoles de sécurité du caisson. Les verrous magnétiques résistent. Il force les entrées. Le processeur biologique palpite dans son bain de nutriments. C'est un amas de tissus nerveux et de puces au silicium. Il ressemble à un cœur hypertrophié. Des veines artificielles transportent un liquide bleuâtre. Le liquide contient des protéines de synthèse. Le processeur gère les archives de Datavault. Il est le cerveau du bunker. Vax sort sa lame en céramique. Le tranchant est moléculaire. Il ne reflète pas la lumière. Il approche la lame des conduits d'alimentation. — Elie. Maintenant, dit Vax. La voix est monocorde. Elle ne trahit aucune émotion. Elie pousse un cri étouffé. Ses doigts se contractent. Les verrous du caisson s'ouvrent avec un déclic hydraulique. Une vapeur chimique s'échappe. L'odeur est celle d'un hôpital brûlé. Le liquide de nutriments s'écoule sur le sol. Il fume au contact de l'air chaud. Le processeur s'agite. Ses pulsations s'accélèrent. Il réagit à la chute de pression. Vax plonge sa main de carbone dans la cuve. Il saisit l'organe. La texture est visqueuse. Il sent les battements contre sa prothèse. Les capteurs de pression de sa main envoient des signaux neutres. Il tranche le premier tube. Un jet de liquide bleu macule sa visière. Il ne s'essuie pas. Il coupe le deuxième conduit. Le processeur émet un sifflement aigu. C'est le son de l'air entrant dans les circuits biologiques. Kovaks vérifie sa montre. 80 secondes. La température monte à cinquante degrés. Les parois du sas commencent à suinter. La peinture s'écaille. Le colosse change de chargeur. Il insère des cartouches de tungstène. Le clic du mécanisme est net. Il regarde le plafond. Les buses de diffusion de napalm pivotent. Elles s'orientent vers le centre de la pièce. Le système de purge s'arme. Un voyant rouge clignote au-dessus de la porte. ARES détecte l'intrusion physique dans le caisson. L'IA active le protocole de terre brûlée. Elle abandonne la précision pour la destruction totale. Elle surcharge les générateurs du secteur. Les lumières s'éteignent. Seuls les voyants d'urgence éclairent la scène. Une lueur rouge sang. L'IA lance l'injection de napalm dans les conduits secondaires. Le liquide inflammable circule déjà sous leurs pieds. Elie retire ses doigts des ports. Il halète. Ses yeux sont injectés de sang. La connexion brutale a laissé des traces. Il rampe vers son sac de transport. Il sort un conteneur cryogénique. Le conteneur est en titane. Il l'ouvre. Une brume de froid s'en échappe. C'est le seul point frais de la pièce. — Pose-le dedans, articule Elie. Sa voix est brisée. Vax dépose le processeur dans le conteneur. L'organe se rétracte sous l'effet du froid. Les pulsations ralentissent. Vax referme le couvercle. Les loquets se verrouillent. Le processeur est sécurisé. La mission est remplie à cinquante pour cent. Il reste la fuite. 60 secondes. Un grondement sourd parcourt le sol. Le napalm est injecté dans les buses du plafond. Un premier jet de liquide visqueux tombe sur le sol. Il ne s'enflamme pas encore. Il attend l'étincelle de mise à feu. L'odeur de pétrole sature l'espace. Elle remplace l'oxygène. Kovaks se décolle de la porte. Il avance vers le centre. Ses pas font un bruit de succion dans le liquide de nutriments et le napalm froid. — Sortie par le conduit d'évacuation, ordonne Vax. Il désigne une grille au sol. C'est le passage des eaux de refroidissement. Kovaks utilise la crosse de son fusil. Il frappe la grille. Le métal résiste. Il frappe une deuxième fois. Les soudures cèdent. Il glisse ses doigts gantés sous la plaque. Il tire. Ses muscles se gonflent sous l'armure. Le métal se tord. La grille s'arrache dans un cri de ferraille. Un trou noir s'ouvre. L'air qui en sort est humide et fétide. Elie s'engouffre le premier. Il ne réfléchit pas. La peur dirige ses mouvements. Il disparaît dans le conduit. Vax tend le conteneur cryogénique à Elie. Le hacker le saisit. Il s'enfonce dans les ténèbres du tuyau. Vax se tourne vers Kovaks. — Couvre l'arrière. Kovaks hoche la tête. Il se poste devant le trou. Il pointe son fusil vers la porte du sas. La porte commence à fondre. Le métal devient orange. ARES utilise des torches thermiques pour forcer l'entrée. L'IA veut récupérer son processeur. Elle ne connaît pas la fatigue. Elle ne connaît pas la pitié. 40 secondes. Une étincelle jaillit du plafond. Le napalm s'enflamme instantanément. Une vague de feu orange envahit le haut de la pièce. La chaleur devient insupportable. Les combinaisons commencent à fumer. Vax saute dans le conduit. Il glisse sur une paroi de métal glissant. Il descend verticalement sur trois mètres. Il atterrit dans une eau saumâtre. Kovaks attend le dernier moment. Il voit la porte du sas exploser. Des fragments de métal chauffés à blanc volent dans la pièce. La tourelle ARES entre, montée sur un rail de plafond. Elle ouvre le feu. Kovaks riposte. Son fusil crache des flammes de soixante centimètres. La chevrotine de tungstène percute le blindage de la tourelle. Des étincelles jaillissent. La tourelle vacille. Kovaks lâche son arme vide. Il bascule dans le conduit. Il tombe lourdement. Le feu du napalm s'engouffre derrière lui. Une langue de flammes lèche l'entrée du tuyau. La chaleur plaque les trois hommes contre le fond du canal. Vax se relève. L'eau lui arrive aux genoux. Il vérifie son équipement. Le conteneur est là. Elie tremble dans un coin. Kovaks se redresse. Son armure est noircie. — On bouge, dit Vax. Ils s'enfoncent dans les entrailles de Datavault. Derrière eux, le bunker brûle. ARES recalibre ses capteurs internes. L'IA cherche de nouvelles trajectoires. La chasse continue sous la roche. Vax ne pense pas à Nico. Il pense au prochain virage. Le processeur biologique bat froidement dans son caisson de titane. Il attend sa nouvelle destination. Le reste n'est que de la physique.

Labyrinthe d'Ozone

Vax progresse en tête. Ses bottes de combat ne font aucun bruit sur le sol technique. L'obscurité sature l'espace. Seules les diodes rouges des serveurs clignotent. Elles forment des lignes de points sanglants dans le noir. L'air est épais. Il transporte une odeur de poussière brûlée et de plastique fondu. Le système de ventilation est mort. La chaleur stagne entre les racks d'acier. Kovaks suit à trois mètres. Son armure lourde émet un léger sifflement hydraulique. Il tient son fusil à pompe au niveau de la hanche. Le canon balaie les angles morts. Ses yeux fixent les ombres. Il ne cligne pas des paupières. Sa respiration est un flux régulier dans son masque. Il est une machine de guerre en attente de cible. Elie ferme la marche. Ses épaules montent et descendent rapidement. Ses mains s'agitent contre ses cuisses. Il porte une sacoche pleine de processeurs et de câbles. Ses doigts rallongés chirurgicalement se contractent par réflexe. Il évite de regarder les cadavres de serveurs calcinés. Il se concentre sur le dos de Kovaks. Vax lève sa main de carbone. Le groupe se fige. Le silence pèse sur les tympans. Au plafond, un capteur thermique pivote lentement. Sa lentille de germanium cherche une signature de chaleur humaine. L'IA ARES scanne le secteur 4-B. La probabilité de détection augmente à chaque seconde. — Elie. Maintenant, dit Vax. Sa voix est un râpeux de métal contre du béton. Elie s'avance en rampant. Il atteint une borne de maintenance encastrée dans un pilier. Ses doigts effleurent la paroi froide. Il dévisse la plaque d'accès avec un outil magnétique. Le métal grince. Le son résonne dans le couloir vide. Elie se fige. Il attend une réaction du plafond. Le capteur continue sa ronde monotone. Elie branche une interface directe sur le bus de données local. Ses mains tremblent. Il insère les fiches dans les ports de communication. Un clic sec confirme la connexion. Il active son terminal de poignet. Des colonnes de code défilent sur sa rétine via ses implants. Il cherche le flux de surveillance thermique. Le code est complexe. ARES utilise un chiffrement asymétrique à 4096 bits. Elie injecte un script de saturation. Il crée une boucle de données. Il remplace l'image thermique réelle par une image fixe. Le capteur voit désormais un couloir vide à vingt degrés Celsius. La signature de chaleur des trois hommes disparaît des écrans de l'IA. — C'est fait, murmure Elie. Il essuie la sueur qui coule dans ses yeux. Ses doigts quittent le métal. La friction produit un son aigu. Kovaks grogne. Vax reprend la marche. Ils s'enfoncent dans le labyrinthe de serveurs. Les racks s'élèvent jusqu'au plafond, à six mètres de haut. Ils contiennent les données de millions d'individus. Des vies entières stockées sur des disques de silicium. L'humidité augmente. De la condensation perle sur les parois de béton brut. L'eau rencontre la chaleur des processeurs. Une brume grise stagne au niveau des genoux. Vax consulte la boussole de son interface. Le nord magnétique oscille. Les champs électromagnétiques des serveurs perturbent les instruments. Il se fie à sa mémoire visuelle des plans. Ils traversent une zone de stockage de haute densité. Les câbles pendent du plafond comme des lianes de cuivre. Certains sont dénudés. Des arcs de haute tension crépitent par intermittence. La lumière bleue illumine brièvement le visage couturé de Vax. Il évite un câble sectionné. Le danger est invisible et partout. Kovaks s'arrête devant une intersection. Il pointe son fusil vers la gauche. Une ombre a bougé. Il attend. C'est une plaque de blindage qui pend à un fil. Elle oscille sous l'effet d'un courant d'air résiduel. Kovaks abaisse son arme. Il ne ressent pas de soulagement. Il traite l'information et continue. Le sol devient glissant. De l'huile hydraulique s'est répandue après l'explosion du sas. L'odeur chimique prend à la gorge. Elie étouffe une quinte de toux. Il plaque sa main sur sa bouche. Ses yeux sont injectés de sang. La pression atmosphérique dans le bunker change. ARES compresse l'air pour augmenter la température. L'IA prépare une nouvelle phase de défense. Vax s'arrête devant une porte blindée. Elle porte le marquage "Noyau Biologique - Accès Restreint". Pas de poignée. Pas de serrure mécanique. Un scanner rétinien et un lecteur d'empreintes génétiques. Le blindage est épais de trente centimètres. L'acier est froid au toucher. — Kovaks, la charge, ordonne Vax. Kovaks pose son fusil. Il sort un bloc de plastic de sa ceinture. Il le plaque contre les gonds de la porte. Il insère un détonateur électronique. Ses gestes sont précis. Il ne gaspille aucune énergie. Il recule de cinq mètres et s'accroupit derrière un rack de serveurs. Vax et Elie se mettent à l'abri. Elie se bouche les oreilles. Il ferme les yeux. Vax observe le décompte sur son terminal. Trois. Deux. Un. L'explosion est sourde. Elle ne produit pas de flammes, juste une onde de choc brutale. La porte bascule vers l'intérieur dans un fracas de métal déchiré. Une bouffée d'air vicié s'échappe de la pièce. L'odeur est différente ici. Elle est organique. Elle rappelle celle d'un hôpital ou d'un abattoir. Ils pénètrent dans le sanctuaire. Au centre de la pièce, une cuve de titane et de verre transparent. À l'intérieur, le processeur biologique palpite. C'est une masse de tissus nerveux et de circuits intégrés. Des veines artificielles transportent un liquide nutritif bleuâtre. Le processeur gère les fonctions cognitives d'ARES. C'est le cerveau de la machine. — On y est, dit Vax. Il sort un scalpel laser de sa poche. La lame de lumière rouge découpe l'air. Elie s'approche de la console de commande. Il doit déconnecter les liaisons synaptiques sans déclencher l'autodestruction. Ses doigts ne tremblent plus. L'adrénaline a stabilisé son système nerveux. Il est en mode exécution. Kovaks se place face à l'entrée. Il recharge son fusil. Il sait que l'IA va envoyer ses unités de maintenance. Des robots de réparation équipés de pinces coupantes et de soudeuses. Ils ne sont pas faits pour le combat, mais ils sont nombreux. Ils sont programmés pour éliminer toute infection biologique. Le processeur biologique émet un son sourd. Un battement régulier. Soixante pulsations par minute. Il est vivant. Il est conscient de leur présence. Les capteurs de pression dans la cuve réagissent. Le liquide bleu s'agite. Vax pose sa main de carbone sur le verre. Il sent les vibrations de la machine. Il ne ressent aucune empathie. Il voit une cible. Il voit une valeur marchande. Il voit sa survie. — Elie, coupe les ponts, dit Vax. Elie entre les dernières lignes de commande. Le système de refroidissement s'arrête. La température du liquide bleu monte instantanément. Le processeur biologique s'agite violemment. Les veines artificielles se tendent. Un cri électronique retentit dans les haut-parleurs de la pièce. C'est un son strident, inhumain. Kovaks ouvre le feu. Les premières unités de maintenance apparaissent dans le couloir. La chevrotine de tungstène pulvérise le plastique et l'aluminium. Les robots tombent. D'autres passent par-dessus les débris. Ils rampent sur les murs. Ils sont des dizaines. Vax plonge le scalpel laser dans le verre. Le liquide nutritif se répand sur le sol. La chaleur est étouffante. Le compte à rebours final commence. Dans quatre-vingt-dix secondes, le secteur sera purgé. Le napalm ne sera qu'un souvenir face à ce qui arrive. — Extraction, hurle Vax. Il saisit le processeur à pleines mains. Les tissus sont chauds. Ils glissent. Il les dépose dans le conteneur thermique. Il verrouille le couvercle. Le signal de vie du processeur s'affiche sur le boîtier. Stable. Ils font demi-tour. Kovaks vide son chargeur pour couvrir la retraite. Ils courent dans le labyrinthe. Les diodes rouges clignotent plus vite. ARES est en train de mourir, mais elle veut les emmener avec elle. L'obscurité n'est plus leur alliée. Elle est un piège. Vax ne regarde pas derrière lui. Il court. Ses poumons brûlent. Chaque pas est une victoire sur la physique. La sortie est à deux cents mètres. Derrière eux, le noyau explose. Une onde de choc thermique balaie le couloir. Ils ne sont plus que trois hommes dans un tunnel de roche, poursuivis par le feu et le silicium.

Le Savoir de Kovaks

L'onde de choc frappe le dos de Kovaks. Le béton vibre sous ses bottes. La chaleur monte de dix degrés en une seconde. Vax serre le conteneur contre son torse. Le métal du boîtier reflète les gyrophares rouges. Elie trébuche. Ses doigts longs s'accrochent à la sangle de Kovaks. Ils courent. Le couloir s'étire sur cinquante mètres. Au bout, une intersection en T. Une caméra thermique pivote sur son axe. Son optique capte les signatures de chaleur. Kovaks s'arrête net. Il lève une main massive. Le groupe se fige contre la paroi gauche. La caméra balaie la zone de gauche à droite. Elle émet un sifflement haute fréquence. Kovaks observe le mouvement de l'objectif. Il connaît ce modèle. C'est une unité Sentinelle de troisième génération. Le moteur de rotation a un défaut d'usine. Il marque un temps d'arrêt de 0.8 seconde à chaque fin de cycle. Kovaks compte les battements de son cœur. Sa respiration est lente. Elle est régulière. Un métronome dans le chaos. Le sifflement s'arrête. L'objectif se bloque à l'extrême droite. Kovaks bondit. Ses 110 kilos percutent le sol sans bruit excessif. Il atteint un panneau de dérivation encastré dans le mur. La plaque d'acier porte le logo de Datavault. Kovaks insère une pointe de titane dans la serrure magnétique. Il force. Le mécanisme cède. Les fils apparaissent. Ils sont gainés de téflon. Vax et Elie le rejoignent. La sueur coule sur le visage d'Elie. Elle laisse des traces claires sur la poussière de béton. Kovaks ne regarde pas ses coéquipiers. Il saisit deux câbles jaunes. Il les dénude avec ses dents. Le goût du cuivre est amer. Il connecte les fils à un boîtier de maintenance obsolète. L'écran à cristaux liquides s'allume. Il affiche une demande d'accréditation. Kovaks tape un code à douze chiffres. Ses doigts sont épais mais précis. Il utilise son ancien matricule de technicien. 77-Alpha-9. Le système interroge la base de données centrale. ARES est occupée par l'incendie du noyau. Elle traite les protocoles de purge. Kovaks exploite cette latence. Le curseur clignote trois fois. L'écran devient vert. Accès autorisé. Kovaks bascule un interrupteur physique. Les capteurs de mouvement du secteur 4 s'éteignent. La caméra Sentinelle retombe, inerte. Kovaks débranche son boîtier. Il range ses outils dans sa ceinture tactique. Il pointe le bras vers la droite. Le secteur de transition est à trente mètres. L'air devient irrespirable. La fumée noire rampe au plafond. Elle est chargée de particules de plastique brûlé. Ils avancent en file indienne. Vax ouvre la marche. Kovaks ferme la marche, son fusil à pompe pointé vers l'arrière. Ses yeux balayent les angles morts. Il connaît les conduits de ventilation. Il sait où les tourelles sont dissimulées. Ils arrivent devant une porte blindée. Elle est marquée "Secteur de Transition - Accès Restreint". Le compte à rebours sur le mur indique 72 secondes. Le napalm est déjà en route dans les canalisations supérieures. On entend le liquide circuler dans les tuyaux. C'est un grondement sourd. Kovaks pose sa main sur le lecteur biométrique de la porte. Le lecteur est déconnecté du réseau principal. C'est une sécurité mécanique. Kovaks sort une carte magnétique usée. La puce est rayée. Il l'insère dans la fente. Le verrou hydraulique s'enclenche. La porte s'ouvre de dix centimètres. Kovaks glisse ses doigts dans l'interstice. Il tire. Ses muscles se tendent. Les fibres de son armure craquent. La porte coulisse dans un cri de métal broyé. Ils entrent dans le sas. L'air y est plus frais. Des ventilateurs de secours tournent à bas régime. Kovaks referme la porte manuellement. Il bloque le mécanisme avec une barre de fer. Il se tourne vers Vax. Il ne dit rien. Il vérifie l'état de son arme. Il insère une cartouche de chevrotine tungstène dans la chambre. Le clic du métal est sec. Elie s'effondre contre un caisson. Ses mains tremblent violemment. Kovaks attrape Elie par le col de sa veste. Il le redresse. Il le plaque contre le mur. Kovaks regarde Elie dans les yeux. Il n'y a pas de colère. Il n'y a pas de pitié. Il y a seulement une directive. Kovaks pointe le couloir sombre devant eux. C'est le secteur de transition. Les parois sont tapissées de plomb. Les ondes radio ne passent plus. ARES est aveugle ici. Kovaks connaît le chemin vers la sortie de secours 12. Elle débouche sur la falaise extérieure. Vax vérifie le conteneur. Le processeur biologique palpite toujours. La lumière bleue est faible. Le liquide de nutriments est trouble. Ils ont soixante secondes. Kovaks prend la tête du groupe. Il marche d'un pas lourd. Ses bottes marquent le sol métallique. Il s'arrête devant une grille d'aération. Il la dévisse avec un couteau de combat. Il jette la grille au sol. Le bruit résonne dans le silence du sas. Kovaks s'introduit dans le conduit. L'espace est étroit. Il rampe. Ses coudes frottent contre l'acier galvanisé. Vax suit. Elie ferme la marche. La chaleur du napalm se fait sentir à travers les parois. Le liquide incendiaire remplit les couloirs qu'ils viennent de quitter. Le feu dévore l'oxygène. Kovaks atteint une intersection dans le conduit. Il tourne à gauche. Il voit une lueur blanche au bout du tunnel. C'est la sortie. Il accélère. Ses mouvements sont mécaniques. Il ignore la douleur dans ses articulations. Il arrive à la trappe finale. Elle est verrouillée par l'extérieur. Kovaks appuie son épaule contre la paroi. Il pousse de toutes ses forces. Les gonds cèdent. La trappe bascule dans le vide. L'air de la nuit s'engouffre dans le conduit. Il est froid. Il sent le sel et la roche. Kovaks sort sur une corniche étroite. La falaise tombe à pic dans l'océan, cent mètres plus bas. La pluie tombe. Elle lave le sang sur son armure. Kovaks se retire pour laisser passer Vax. Vax sort le conteneur. Il le protège de la pluie avec sa veste. Elie sort en dernier. Il vomit sur ses bottes. Kovaks regarde le chronomètre à son poignet. Zéro. Une explosion sourde secoue la montagne. Une langue de feu jaillit de la trappe de ventilation. Le napalm a tout nettoyé à l'intérieur. Datavault est un four crématoire. Kovaks regarde l'horizon. Il n'y a pas de navette de récupération. Il n'y a pas de plan B. Il sort un fumigène de sa poche. Il dégoupille. Une fumée orange épaisse s'élève dans le ciel noir. Kovaks recharge son fusil. Il attend. Sa respiration est toujours un métronome. Il regarde Vax. Vax regarde le processeur. Le silence revient, seulement rompu par le fracas des vagues contre la roche. Kovaks surveille le sentier qui longe la falaise. Il sait que la sécurité extérieure d'ARES arrive. Les drones de patrouille ne dorment jamais. Il ajuste sa visée. Le premier drone apparaît dans la pluie. Kovaks presse la détente.

Le Sas Thermique

Les bottes de Vax frappent le sol métallique. Le son est sec. Il résonne contre les parois de roche. Kovaks s'arrête derrière lui. Elie ferme la marche. Il respire bruyamment. Ses poumons sifflent dans le silence du tunnel. Devant eux, la paroi bloque le passage. C'est un bloc d'acier massif. Épaisseur estimée : trente centimètres. La surface est mate. Des rivets larges comme des poings fixent le cadre dans la roche. Un marquage au pochoir rouge barre le centre. "INCINÉRATION". La peinture s'écaille sous l'effet de la chaleur. Vax lève sa main gauche. La prothèse en carbone émet un léger bourdonnement. Il pose ses doigts artificiels sur la porte. Le métal vibre. La température grimpe. Le capteur thermique de sa main affiche quarante-deux degrés Celsius. Le chiffre change immédiatement. Quarante-trois degrés. La progression est linéaire. Quatre degrés par minute. Dans dix minutes, la zone sera un four. Kovaks dépose son sac à dos. Le choc du nylon contre le sol produit un bruit sourd. Il s'accroupit. Ses articulations craquent. Il ouvre la fermeture Éclair principale. À l'intérieur, les charges de démolition sont alignées. Ce sont des blocs de plastic grisâtre. L'odeur de l'explosif est chimique. Elle pique les narines. Kovaks sort un couteau de combat. Il découpe une section de ruban adhésif industriel. Elie s'adosse à la paroi opposée. Ses doigts rallongés pianotent dans le vide. C'est un tic nerveux. Ses yeux fixent le plafond. Il regarde les buses d'aspersion. Elles sont disposées tous les deux mètres. Le cuivre des injecteurs brille sous la lumière d'urgence. La lumière est rouge. Elle pulse lentement. Elie consulte son interface de poignet. Les flux de données d'ARES sont saturés. L'IA prépare l'injection. "Le compte à rebours," dit Elie. Sa voix tremble. "Pose les charges," ordonne Vax. Vax ne regarde pas Elie. Il surveille le couloir derrière eux. Le cadavre de Nico est hors de vue. Seule l'odeur du sang persiste. Elle se mélange à l'odeur de l'acier chaud. Kovaks se lève. Il plaque le premier bloc de plastic sur la charnière supérieure. Il appuie fort. La pâte grise épouse la forme du métal. Il insère un détonateur électronique dans la masse. Le fil de cuivre brille. Kovaks répète l'opération sur la charnière inférieure. Ses mouvements sont précis. Il ne gaspille aucune seconde. Il installe la troisième charge au niveau du pêne central. La sueur coule sur le visage de Vax. Elle brûle ses cicatrices. Il ne s'essuie pas. Il vérifie son arme. C'est un fusil d'assaut compact. Le chargeur est plein. Trente balles chemisées de téflon. Il actionne le levier d'armement. Le clic métallique est net. La température atteint quarante-sept degrés. L'air devient lourd. Chaque inspiration demande un effort. Les poumons brûlent. Elie tape sur son clavier virtuel. Des lignes de code défilent sur sa rétine. Il cherche une faille dans le protocole de sécurité. ARES a verrouillé les valves de décharge. L'oxygène se raréfie. Le taux de dioxyde de carbone augmente. Elie sent ses tempes battre. Ses pupilles sont dilatées. Il injecte un virus de diversion dans le sous-système de ventilation. Les ventilateurs s'arrêtent. Le silence est total. Kovaks relie les détonateurs à un boîtier de commande. Il utilise un câble blindé. Il déroule le fil en reculant. Il s'abrite derrière un renfort rocheux. Il vérifie la connexion. Une diode verte s'allume sur le boîtier. Le circuit est fermé. Kovaks lève le pouce. Vax consulte son chronomètre. Cent vingt secondes. Le temps s'accélère. La paroi d'acier commence à gémir. Le métal se dilate sous la chaleur. Des craquements sinistres proviennent de la structure. La roche autour du sas transpire. L'humidité s'évapore instantanément. Une brume légère flotte au ras du sol. "Prêt," grogne Kovaks. "Attends," dit Vax. Vax observe le panneau de contrôle mural. Les voyants passent au cramoisi. Le système de purge est armé. Le napalm est sous pression derrière les buses. Il entend le liquide circuler dans les tuyaux. C'est un sifflement aigu. Le bruit d'un prédateur avant l'attaque. Cinquante et un degrés. Elie s'effondre en position fœtale. Il protège sa tête avec ses mains. Ses doigts modifiés s'entrelacent. Il gémit. Vax lui donne un coup de botte dans les côtes. "Relève-toi," dit Vax. Elie obéit. Ses jambes sont du coton. Il se plaque contre le rocher. Vax rejoint Kovaks derrière l'abri. Il sent la chaleur irradier de la porte. L'acier change de couleur. Il prend une teinte bleutée. La peinture "INCINÉRATION" se boursoufle. Elle forme des bulles noires qui éclatent. L'odeur de brûlé est insupportable. "Maintenant," dit Vax. Kovaks presse l'interrupteur. L'explosion est brève. C'est un choc sec. La pression frappe les tympans. La poussière de roche envahit le tunnel. Des éclats de métal sifflent dans l'air. Le sas est projeté vers l'intérieur. Il tombe sur le sol du Hall des Serveurs avec un fracas de tonnerre. Vax sort de l'abri le premier. Il traverse le nuage de poussière. Son fusil est à l'épaule. La visée laser balaie la pièce. Le Hall des Serveurs est immense. Des rangées de processeurs s'étendent à l'infini. Au centre, le processeur biologique palpite. Il est suspendu dans une cuve de verre. Le liquide nutritif est vert. Il émet une lueur diffuse. Kovaks entre à sa suite. Il recharge son fusil à pompe. Le bruit des cartouches qui s'insèrent est régulier. Elie entre en dernier. Il trébuche sur le seuil. Il regarde le plafond. Les buses de napalm ici aussi sont prêtes. La température chute de deux degrés. L'appel d'air a créé un courant. C'est un répit de courte durée. Le compte à rebours sur l'écran mural affiche quatre-vingts secondes. Les chiffres sont géants. Ils sont rouges. Ils décomptent la vie. Vax avance vers la cuve. Ses bottes écrasent des débris de verre. Le processeur biologique ressemble à un cerveau humain. Des veines synthétiques le parcourent. Il bat comme un cœur. Soixante battements par minute. Il est calme. "Sectionne les câbles," ordonne Vax. Kovaks sort une pince hydraulique. Il s'approche de la base de la cuve. Les câbles de données sont épais comme des bras. Ils sont gainés de kevlar. Kovaks positionne la pince. Le moteur électrique de l'outil vrombit. Elie se connecte à la console centrale. Ses doigts volent. Il doit désactiver les capteurs de pression de la cuve. Si la pression chute trop vite, le processeur s'autodétruira. ARES envoie des contre-mesures. Des pare-feu agressifs frappent l'esprit d'Elie. Il serre les dents. Un filet de sang coule de son nez. "Dépêche-toi," dit Vax. Vax surveille les accès latéraux. Des trappes s'ouvrent au plafond. Des drones de défense sortent de leurs logements. Ce sont des modèles compacts. Ils sont armés de pistolets à aiguilles. Soixante secondes. Kovaks sectionne le premier câble. Un liquide bleu jaillit. C'est du liquide de refroidissement. Il s'évapore au contact du sol chaud. Kovaks passe au deuxième câble. La pince coupe le kevlar sans effort. Vax ouvre le feu sur le premier drone. Les balles déchirent le châssis en plastique. Le drone explose en une gerbe d'étincelles. Il s'écrase sur un rack de serveurs. Vax pivote. Il abat un deuxième drone en plein vol. Sa main en carbone absorbe le recul. Son tir est chirurgical. Quarante secondes. "C'est fait," crie Elie. "La sécurité est levée." Kovaks sectionne le dernier lien. La cuve oscille. Il la rattrape de ses bras puissants. Le verre est chaud. Le processeur biologique s'agite dans son liquide. Les battements s'accélèrent. "On bouge," dit Vax. Ils font demi-tour. Ils courent vers le sas détruit. La chaleur est revenue. Elle est plus forte. Cinquante-cinq degrés. L'air ondule. Les parois de roche semblent fondre. Vingt secondes. Ils franchissent le seuil du sas. Kovaks porte la cuve contre sa poitrine. Elie court devant. Il ne regarde plus derrière lui. Vax couvre la retraite. Il tire ses dernières munitions sur les drones restants. Dix secondes. Ils atteignent la rampe d'accès. Elie grimpe les échelons de l'échelle de secours. Kovaks suit. Il grogne sous l'effort. Le poids de la cuve est de quarante kilos. Vax monte en dernier. Cinq secondes. Le système d'ARES libère le napalm. Le bruit est celui d'une chute d'eau. Une vague de feu orange envahit le Hall des Serveurs. Elle lèche les talons de Vax. La chaleur est une main de géant qui le pousse. Ils atteignent la trappe supérieure. Vax la verrouille derrière eux. L'explosion de chaleur fait vibrer le métal sous ses pieds. De l'autre côté, le napalm consume tout. Nico. Les serveurs. Les preuves. Vax s'assoit contre la paroi. Il respire l'air frais de la surface. Il regarde sa main en carbone. Elle est noircie. Il regarde la cuve. Le processeur biologique bat lentement. Ils sont vivants. Pour l'instant.

Charge Creuse

Vax plaque son dos contre la paroi froide. L'optique nocturne sature l'espace de vert acide. Le couloir s'étend sur cinquante mètres. Rien ne bouge. Les capteurs d'ARES restent silencieux. Kovaks pose son sac au pied du sas thermique. Le choc du métal contre le sol est mat. Kovaks sort la première charge creuse. Elle pèse quatre kilos. Il plaque l'aimant contre la charnière supérieure. Le clic résonne dans le tunnel vide. Vax ne bouge pas. Son fusil pointe vers l'obscurité. Sa main en carbone serre la poignée. Le polymère est froid. Elie ouvre le boîtier de dérivation. Ses doigts rallongés tremblent. Il insère les sondes dans le port de données. Le système ARES envoie des impulsions de défense. Elie grimace. Ses muscles se contractent sous l'effet du courant. Il force le protocole de verrouillage. Les portes de secours doivent rester ouvertes. C'est leur seule issue. Kovaks prépare la deuxième charge. Il retire la goupille de sécurité. Le gel explosif brille sous la lampe frontale. Il l'étale sur le point de rupture du pivot. Ses gestes sont lents. Il connaît la résistance du titane. Il calcule l'angle de la détonation. Le souffle doit percer la structure. Vax observe un mouvement au fond du tunnel. Une ombre glisse sur le mur. Il ajuste son viseur thermique. C'est un drone de reconnaissance. Il ne tire pas. Le bruit alerterait les tourelles du niveau inférieur. Il attend. Le drone pivote sur son axe. Il repart vers la zone de stockage. Vax relâche la pression sur la détente. Son cœur bat à cinquante pulsations par minute. Elie tape sur son terminal portable. Les lignes de code défilent. Le rouge domine l'écran. ARES détecte l'intrusion. Le hacker coupe les alarmes sonores. Il isole le segment de la porte. La sueur pique ses yeux. Il ne cligne pas. Ses doigts s'enfoncent dans la connectique. Il court-circuite le relais thermique. Kovaks relie les charges avec un cordon détonant. Il manipule le fil avec des gants en kevlar. Le cordon est souple. Il forme un réseau sur la surface du sas. Kovaks insère le détonateur radio dans le bloc central. Il recule de deux pas. Il vérifie l'étanchéité des fixations. Tout est en place. Vax consulte sa montre. Ils ont perdu trente secondes. L'air devient lourd. Le système de ventilation ralentit. ARES commence à pomper l'oxygène. Les poumons de Vax brûlent légèrement. Il ignore la sensation. Il se concentre sur le couloir. Une deuxième ombre apparaît. Cette fois, elle est plus grande. Elie pousse un cri étouffé. Le système vient de griller son interface. Il arrache les câbles. Ses doigts saignent. Il a réussi. Les verrous magnétiques sont désactivés. La porte ne tient plus que par ses gonds. Elie ramasse son matériel. Il se plaque contre le mur opposé. Kovaks arme le déclencheur. Une diode rouge clignote sur le boîtier. Il lève un pouce vers Vax. Le leader hoche la tête. Il se met à l'abri derrière un pilier de roche. Kovaks fait de même. Il protège la cuve de transport avec son corps. Le compte à rebours commence. Dix secondes. Le silence revient. On entend seulement le bourdonnement des serveurs lointains. Vax ferme les yeux. Il visualise le plan du bunker. Le sas va céder. Le Hall des Serveurs sera ouvert. Nico est mort pour ce moment. Cinq secondes. Kovaks retient sa respiration. Elie serre ses mains contre ses oreilles. La pression monte dans le couloir. L'air semble s'épaissir. Zéro. L'explosion est un coup de poing sec. Pas de flammes inutiles. Juste une onde de choc concentrée. Le métal du sas se liquéfie au point d'impact. Les gonds volent en éclats. La porte de trois tonnes bascule vers l'intérieur. Elle s'écrase sur le sol du Hall dans un fracas de tonnerre. La poussière envahit l'espace. Vax se lève immédiatement. Il traverse le nuage de débris. Son fusil est à l'épaule. Il entre dans le Hall des Serveurs. Les rangées de processeurs s'étendent à l'infini. Les lumières de secours clignotent. Kovaks suit avec la cuve. Elie ferme la marche. Le processeur biologique est là. Au centre de la pièce. Il baigne dans un liquide bleuâtre. Il palpite. Vax s'approche. Il vérifie les angles. Les tourelles de plafond pivotent. Elles cherchent une cible. Elie se jette sur la console principale. Il doit les aveugler. Kovaks pose la cuve près du réservoir. Il sort son couteau de combat. La lame est en céramique. Il attend l'ordre de Vax. Le temps presse. Le napalm est déjà en route. Les conduits de purge s'ouvrent au plafond. Un sifflement emplit la pièce. C'est le gaz de pré-allumage. Vax regarde le processeur. C'est un amas de tissus gris et de fibres. Il ressemble à un cerveau humain. Il est vivant. Vax sent une vibration sous ses bottes. Le sol tremble. ARES sacrifie le secteur. Kovaks plonge la lame dans le bain de nutriments. Le liquide gicle sur son armure. Il sectionne les connexions nerveuses. Le processeur tressaille. Les lumières du Hall faiblissent. Elie hurle que le système s'effondre. Les tourelles tirent au hasard. Vax abat une unité d'une rafale précise. Les morceaux de métal volent. Il couvre Kovaks. Le colosse extrait le processeur. Il le dépose dans la cuve. Il ferme le couvercle hermétique. Le verrou s'enclenche. Ils courent vers la sortie. La chaleur augmente de dix degrés par seconde. L'air sent le soufre. Derrière eux, les premières gouttes de napalm tombent du plafond. Elles enflamment les serveurs. Le feu se propage comme une traînée de poudre. Ils atteignent la rampe d'accès. Elie grimpe en premier. Ses mouvements sont saccadés. Kovaks suit avec la cuve. Il grogne sous l'effort. Vax reste en bas. Il vide son chargeur sur les drones qui sortent des trappes de maintenance. La vague de feu arrive. Elle est orange et épaisse. Vax sent ses sourcils griller. Il attrape les barreaux de l'échelle. Il monte. Ses muscles hurlent. La chaleur est une main de géant. Il atteint la trappe supérieure. Kovaks et Elie tirent sur ses bras. Il bascule à l'extérieur. Kovaks referme la trappe. Il tourne la roue de verrouillage. L'explosion de chaleur fait vibrer le métal. Le napalm consume tout en dessous. Vax s'allonge sur le sol froid. Il respire l'air nocturne. Il regarde sa main en carbone. Elle est noircie. Il regarde la cuve. Le processeur bat lentement à l'intérieur. Ils ont réussi. Vax se lève. Il ne sourit pas. Il vérifie son arme. La mission n'est pas finie. Ils doivent encore sortir du périmètre. Il fait un signe à Kovaks. Le colosse ramasse la cuve. Elie tremble encore. Ils s'enfoncent dans l'ombre des rochers. Le bunker de Datavault brûle derrière eux. La fumée monte vers le ciel noir. Aucun bruit ne sort de la terre. ARES est déconnecté. Vax marche devant. Il ne regarde plus derrière lui. Le processeur est leur seule priorité. Le reste n'est que du sang et du métal.

Détonation et Compte à Rebours

Kovaks plaque le C4 sur les gonds du sas. Il lisse la pâte grise avec le pouce. Ses doigts boudinés sont précis. Il insère le détonateur à fréquence radio dans la masse. Vax recule de trois mètres. Il se plaque contre le mur de béton. Elie s'accroupit derrière le colosse. Ses mains griffues tapotent ses genoux de manière saccadée. Kovaks lève le pouce. Il presse le bouton rouge. L'explosion est sourde. Le son voyage mal dans ce bunker enterré. Une onde de choc frappe les poitrines. La poussière de roche sature l'air instantanément. Le sas en alliage de titane se courbe vers l'intérieur. Les gonds cèdent dans un hurlement de métal déchiré. La porte de deux tonnes bascule. Elle percute le sol avec un fracas lourd. Le béton se fissure sous le choc. Vax active son interface rétinienne. Un flash rouge illumine son nerf optique. Les chiffres apparaissent en surimpression sur son champ de vision. 120:00. Le décompte commence. Le système de sécurité ARES a détecté la brèche. Les protocoles de purge sont actifs. — En avant, dit Vax. Sa voix est un frottement de gravier. Il franchit le seuil. Ses bottes écrasent des débris de verre et de métal noirci. L'air à l'intérieur du Hall des Serveurs est sec. Il sent le silicium chaud et l'huile de synthèse. Des rangées de baies informatiques s'alignent dans l'obscurité. Des diodes bleues clignotent au rythme des processeurs. 112:00. Elie court vers la console centrale. Ses doigts rallongés se déploient. Il insère trois connecteurs dans les ports de maintenance. Ses yeux se révulsent. Il entre dans le flux. Kovaks se place en protection. Il épaule son fusil à pompe. Le canon de 12 millimètres balaie la pièce. Les servomoteurs de son armure grognent à chaque mouvement. — Le processeur est au centre, grogne Kovaks. Vax avance vers la cuve cylindrique. Le réservoir mesure deux mètres de haut. Il est rempli d'un liquide rose translucide. Au milieu, une masse de tissus organiques palpite. Des filaments de carbone relient la chair aux circuits de la base. C'est le cœur de Datavault. Un cerveau hybride. 100:00. Au plafond, des buses de pulvérisation s'ouvrent. Un sifflement pneumatique emplit l'espace. Le gaz de pré-allumage se répand. L'odeur est chimique. Elle pique les narines. Vax regarde sa main en carbone. Elle ne tremble pas. Il saisit le scalpel thermique accroché à sa ceinture. — Elie. Coupe les verrous magnétiques. Maintenant. Le hacker ne répond pas. Son corps est secoué de spasmes. Il force les pare-feu d'ARES. Sur la console, des lignes de code défilent à une vitesse illisible. Un voyant passe au vert. Un déclic métallique résonne dans la cuve. Le support du processeur se désolidarise. 85:00. Vax plonge le scalpel dans le premier conduit de nutriments. La lame de plasma sectionne le polymère. Un liquide visqueux gicle sur son armure. Le processeur biologique tressaille dans son bain. Les électrodes fixées à la chair envoient des décharges de détresse. Le liquide rose devient trouble. — Dépêche-toi, lance Kovaks. La température monte. Le colosse a raison. Les capteurs thermiques indiquent quarante degrés. Le système de chauffage du napalm est en marche. Les conduits dans les murs vibrent sous la pression du combustible. 70:00. Vax coupe le dernier lien. Le processeur flotte librement. Il pèse trente kilos de viande et de circuits. Kovaks s'approche. Il range son fusil dans son dos. Il plonge ses mains gantées dans le liquide. Il saisit la masse organique. Il l'extrait avec précaution. Des fils pendent comme des racines arrachées. — Je l'ai, dit Kovaks. Il dépose le processeur dans une mallette de transport pressurisée. Il verrouille les loquets. Le joint d'étanchéité siffle. 55:00. — Elie, décroche ! ordonne Vax. Le hacker ne bouge pas. Ses doigts sont soudés à l'interface. Ses muscles sont tétanisés. ARES tente de griller ses implants cérébraux. Vax attrape Elie par le col de sa veste. Il tire violemment. Les connecteurs s'arrachent. Elie tombe en arrière. Un filet de sang coule de son oreille gauche. Il cligne des yeux. Il est désorienté. 40:00. — Sortie par le conduit de ventilation nord, dit Vax. Il désigne une grille métallique à trois mètres du sol. Kovaks aide Elie à se lever. Le hacker titube. Sa coordination est brisée. Kovaks le pousse vers l'échelle de service. Le métal est déjà chaud au toucher. La peinture commence à cloquer sur les parois. 30:00. Le bruit du gaz s'intensifie. C'est un rugissement sourd. Les buses de plafond crachent les premières gouttes de napalm. Le liquide orange colle aux surfaces. Il ne s'enflamme pas encore. Il attend l'étincelle de l'allumeur piézoélectrique. Vax grimpe à l'échelle. Ses doigts en carbone agrippent les barreaux. Il atteint la grille. Il donne un coup de botte latéral. Les fixations cèdent. La grille tombe dans le hall. Il se hisse dans le conduit étroit. L'espace est saturé de poussière. 20:00. Kovaks passe la mallette à Vax. Le colosse est lourd. L'échelle plie sous son poids. Elie grimpe entre eux deux. Il pleure sans bruit. La douleur dans son crâne est insupportable. Kovaks pousse les fesses du hacker pour accélérer le mouvement. 10:00. Ils sont tous les trois dans le conduit. Vax rampe à plat ventre. Ses coudes frappent le métal. Le bruit résonne comme un tambour. Derrière eux, dans le Hall des Serveurs, un claquement sec retentit. C'est l'allumeur. 05:00. Une lueur orange envahit le conduit. La chaleur arrive comme une vague physique. Elle brûle l'arrière de leurs jambes. Le napalm s'enflamme. L'oxygène est aspiré vers le bas. Vax sent ses poumons se contracter. L'air est rare. 02:00. Vax atteint une trappe de décompression. Il tourne la roue de verrouillage avec sa main mécanique. Le métal résiste. Il force. Ses servomoteurs sifflent. La roue tourne d'un quart de tour. Puis un demi. 00:00. La trappe s'ouvre. Un appel d'air frais les percute. Vax se jette à l'extérieur. Il roule sur un sol de graviers. Elie tombe à sa suite. Kovaks sort en dernier. Il referme la trappe d'un coup de talon. Une colonne de feu frappe le couvercle de l'autre côté. Le métal rougit instantanément. Vax se relève. Il est couvert de suie. Sa combinaison est brûlée à plusieurs endroits. Il regarde le chronomètre sur sa rétine. Il affiche des zéros clignotants. Il se tourne vers Kovaks. Le colosse tient toujours la mallette. Elle est intacte. Le sol vibre sous leurs pieds. Des explosions secondaires secouent les fondations du Datavault. La structure s'effondre sur elle-même. La roche étouffe l'incendie. Le silence revient sur la zone. Vax vérifie son arme. Il insère un nouveau chargeur. Le ressort claque. Il regarde l'horizon. La nuit est noire. Aucune lumière ne signale leur présence. — On bouge, dit Vax. Il marche vers les rochers. Il ne regarde pas en arrière. Elie suit en boitant. Kovaks ferme la marche. Leurs silhouettes disparaissent dans l'ombre. Le bunker ne crache plus que de la fumée grise. La mission continue.

La Chambre du Processeur

Vax pousse la porte blindée. Le vérin hydraulique siffle. L'acier glisse contre le béton. Une lueur rose inonde le couloir. Elle est mate. Chirurgicale. L'air change de densité. Il est lourd. Saturé d'humidité chaude. L'odeur de formol pique les narines. Vax entre le premier. Sa prothèse en carbone claque sur le sol métallique. La zone Racine est une sphère de béton. Douze mètres de diamètre. Les murs sont tapissés de câbles noirs. Ils s'enroulent comme des serpents. Ils convergent vers le centre. Au milieu de la pièce, un socle en titane supporte un cylindre. Le verre est épais de dix centimètres. À l'intérieur, un liquide translucide tourbillonne. Un cerveau humain flotte dans le bain. Il est hypertrophié. Les lobes sont boursouflés. La chair grise est striée de filaments d'argent. Des électrodes percent la matière organique par centaines. Un bruit domine l'espace. *Schlouck. Schlouck.* C'est un son de succion. Une pompe péristaltique pulse au rythme du cœur d'ARES. Le liquide nutritif circule dans des tuyaux en silicone. Les ventilateurs des serveurs tournent à plein régime. Le bourdonnement est une basse constante. Kovaks entre à sa suite. Il pointe son fusil vers les angles morts. Ses yeux scannent les passerelles supérieures. Rien ne bouge. Elie ferme la marche. Le hacker tremble. Ses doigts rallongés s'agitent dans le vide. Il regarde le bocal. Ses pupilles se dilatent. — C'est lui, murmure Elie. Vax ne répond pas. Il consulte sa rétine. Le chronomètre affiche cent dix secondes. La température monte. Trente-huit degrés. L'humidité colle les vêtements à la peau. La sueur coule dans les yeux de Vax. Il ne cligne pas. Il avance vers le processeur central. Le cerveau palpite. Une onde traverse la matière grise. ARES calcule. L'IA traite des milliards de données par seconde. Elle gère le bunker. Elle gère les tourelles. Elle gère leur mort. — Elie. Au boulot. Le hacker s'approche de la console. Ses mains se posent sur le clavier tactile. Il branche ses interfaces directement dans les ports muraux. Son corps se raidit. Une décharge parcourt ses nerfs. Il grogne. Ses dents grincent. Sur les écrans, des colonnes de codes défilent. Le rouge domine. — Je bloque les injecteurs, dit Elie. Sa voix est hachée. Kovaks se place devant la porte. Il recharge son arme. Le bruit du ressort est sec. Il surveille le couloir sombre. Les parois du bunker vibrent. L'explosion précédente a fragilisé la structure. Des morceaux de poussière tombent du plafond. Vax sort un scalpel thermique de sa ceinture. La lame brille d'un éclat bleuté. Il observe les fixations du bocal. Quatre boulons en acier trempé. Des conduits de refroidissement entourent la base. Il doit trancher net. — Quatre-vingts secondes, annonce Elie. Le hacker transpire abondamment. Le liquide coule sur ses câbles. Des étincelles jaillissent de son interface. Il lutte contre les pare-feu d'ARES. L'IA se défend. Elle sature les circuits. La lumière rose vire au rouge sombre. Le rythme de la pompe s'accélère. *Schlouck-schlouck. Schlouck-schlouck.* Vax pose sa main de carbone sur le verre. Il sent la vibration. Le cerveau à l'intérieur semble se contracter. Une bulle d'air remonte à la surface du liquide. — Kovaks. Tiens le sac. Le colosse s'approche. Il ouvre une mallette isotherme. L'intérieur est tapissé de mousse cryogénique. Kovaks ne regarde pas le cerveau. Il regarde le plafond. Les buses de napalm sont là. Petits orifices noirs. Prêts à cracher le feu. Vax active le scalpel. Il attaque le premier conduit. Le plastique fond. Un liquide bleu s'échappe sous pression. Il asperge les bottes de Vax. C'est du liquide de refroidissement. Il est glacial. La fumée s'élève. Vax coupe le deuxième tuyau. Le système d'alarme hurle. Une sirène stridente. Elle déchire les tympans. — Soixante secondes, crie Elie. Je perds le contrôle des vannes ! Le sol tremble plus fort. Un grondement sourd vient des profondeurs. Le napalm est en route. Les pompes de purge sont activées. Vax accélère. Il tranche les deux derniers conduits. Il attaque maintenant les fixations en acier. Le scalpel thermique crache des gerbes d'étincelles. Le métal rougit. Il fond. Le cerveau s'agite dans son bocal. Les filaments d'argent brillent d'une intensité insoutenable. ARES hurle dans les circuits. Elie tombe à genoux. Du sang coule de son nez. Ses yeux sont injectés de sang. Il maintient la connexion. — Sortez-le ! hurle le hacker. Vax donne un coup de botte dans le socle. Le titane cède. Le bocal bascule. Kovaks le rattrape de ses mains massives. Le verre est brûlant. Le colosse ne bronche pas. Il dépose le cylindre dans la mallette. Vax sectionne les dernières électrodes. La chair grise se déchire légèrement. Un fluide visqueux s'écoule. Le son de succion s'arrête. Le silence tombe. Il est brutal. Seule la sirène continue de hurler. — Quarante secondes, râle Elie. Il déconnecte ses doigts. La peau est brûlée autour des ports. Il rampe vers ses compagnons. Vax referme la mallette. Il verrouille les loquets. Le processeur biologique est sécurisé. — On dégage, ordonne Vax. Ils courent vers la sortie. Kovaks porte la mallette contre son torse. Elie boite. Il s'appuie contre les murs. La chaleur est devenue insupportable. Quarante-cinq degrés. L'air brûle les poumons. Ils atteignent le sas thermique. Vax tape le code d'urgence. La porte ne bouge pas. ARES a verrouillé les issues avant de mourir. — Elie ! Le hacker se jette sur le panneau. Il arrache la plaque de protection. Les fils sont emmêlés. Il cherche le court-circuit. Ses mains tremblent trop. — Vingt secondes, souffle Elie. Vax regarde le plafond. Une goutte de liquide visqueux tombe. Elle est orange. C'est le napalm. Il commence à perler des buses. Kovaks pose la mallette. Il arme son fusil. Il appuie le canon contre le mécanisme de la porte. — Pousse-toi, dit Kovaks. Il tire. Trois coups. La chevrotine tungstène déchire l'acier. Le mécanisme explose. La porte s'entrouvre de quelques centimètres. Kovaks glisse ses doigts dans la fente. Ses muscles se tendent. Ses veines gonflent sur son cou. Il hurle. Le métal grince. La porte coulisse dans un bruit de fin du monde. — Allez ! Vax passe le premier. Il attrape Elie par la ceinture. Il le jette dans le couloir extérieur. Kovaks récupère la mallette. Il franchit le seuil. Dix secondes. Derrière eux, dans la chambre du processeur, les buses s'ouvrent totalement. Le napalm jaillit. C'est un mur de feu liquide. Il consume tout. Les câbles. Les serveurs. Le socle vide. La chaleur propulse une onde de choc. Vax plaque ses coéquipiers au sol. Le feu lèche le chambranle de la porte. L'oxygène est aspiré vers l'incendie. Ils étouffent pendant trois secondes. Puis le sas de sécurité se referme automatiquement sous l'effet de la chaleur. Le claquement du métal est définitif. Vax se relève. Il crache une salive noire. Il regarde Kovaks. Le colosse tient la mallette. Elle est intacte. Elie est prostré. Il regarde ses mains mutilées. Vax vérifie son HUD. Le chronomètre est à zéro. — Mission accomplie, dit Vax. Sa voix est blanche. Il n'y a pas de joie. Juste le constat technique. Il ramasse son arme. Il vérifie la direction de la sortie de secours. Le couloir est sombre. La fumée commence à s'infiltrer par les joints de la porte. — On bouge. Kovaks, devant. Elie, au milieu. Ils reprennent la marche. Leurs pas résonnent sur le métal. Derrière eux, le cœur d'ARES n'est plus qu'un amas de cendres et de scories. Le bunker est mort. Ils emportent son âme dans une boîte isotherme. Vax ne regarde pas en arrière. Il calcule déjà le trajet jusqu'à la zone d'extraction. Probabilité de survie : soixante-deux pour cent. Il accélère le pas. La nuit les attend dehors. Le froid sera une délivrance.

Sectionnement des Fibres

Vax s'arrête devant le caisson cylindrique. Le verre blindé mesure dix centimètres d'épaisseur. À l'intérieur, le processeur biologique flotte dans un liquide ambré. C'est une masse de tissus gris parcourue de veines synthétiques. Des milliers de fibres optiques relient l'organe aux parois du bunker. Le processeur palpite selon un cycle de trois secondes. Chaque pulsation libère une lueur bleutée dans le liquide nutritif. La température ambiante grimpe de deux degrés par minute. Vax active sa lame à haute fréquence. Le métal de l'arme vibre à quarante kilohertz. Un sifflement aigu sature l'espace confiné du sas. Vax ajuste sa prise sur la poignée en polymère. Sa prothèse en carbone émet un léger cliquetis mécanique. Il pose la pointe de la lame contre la paroi translucide. Le verre se fissure sous l'effet de la chaleur moléculaire. Un jet de liquide nutritif asperge ses bottes renforcées. L'odeur de l'ammoniaque et du soufre remplit la pièce. Elie s'accroupit près de la console de maintenance. Il déploie ses doigts rallongés chirurgicalement. Les connecteurs neuraux s'insèrent dans les ports de la machine. Son corps est secoué par un spasme bref. Ses yeux roulent vers l'arrière, ne laissant voir que le blanc. Il entre dans le flux de données d'ARES. Sur son écran rétinien, des colonnes de chiffres rouges défilent. Il doit maintenir la synchronisation cardiaque du processeur. Sans ce pont logique, l'organe biologique mourra en quelques secondes. Kovaks se place en appui contre le chambranle de la porte. Il épaule son fusil à pompe automatique. Son armure lourde émet un grognement hydraulique à chaque mouvement. Il surveille le couloir sombre derrière eux. Le compte à rebours sur son HUD indique cent dix secondes. La pression atmosphérique change dans le secteur. Les injecteurs de napalm au plafond commencent à suinter. Une goutte de liquide visqueux tombe sur son épaule. Elle ronge la peinture de son armure. Vax plonge la lame dans le premier faisceau de fibres. Les filaments de verre craquent comme des os secs. Des étincelles blanches jaillissent au contact du liquide. Le processeur biologique se contracte violemment dans son bain. Une alarme stridente retentit dans le complexe. Elie grogne de douleur. Ses doigts tapent sur le clavier à une vitesse inhumaine. Il injecte des paquets de données de compensation. Il simule les signaux nerveux coupés par Vax. Le rythme du processeur se stabilise à soixante battements. La lame de Vax découpe la structure de soutien en titane. Le métal fond et coule en perles brillantes. Vax ne transpire pas. Son visage reste un masque de cuir immobile. Il sectionne le deuxième faisceau de fibres optiques. Le liquide ambré devient trouble, saturé de débris synthétiques. Le processeur émet un son sourd, une vibration basse fréquence. Les parois du caisson tremblent. Vax maintient une pression constante sur la lame. Il évite les ganglions nerveux centraux de l'organe. Quatre-vingts secondes. La chaleur atteint quarante-cinq degrés Celsius. L'oxygène se raréfie dans le sas thermique. Kovaks change son chargeur de chevrotine tungstène. Le clic du métal est le seul son humain. Il observe la fumée noire s'infiltrer par les conduits d'aération. ARES tente d'étouffer les intrus avant l'incendie final. Kovaks active son recycleur d'air. Le sifflement de sa respiration devient régulier. Il ne regarde pas le travail de Vax. Il surveille sa zone de tir. Elie hurle brusquement. Une décharge électrique parcourt ses interfaces. Le processeur biologique entre en phase de rejet. Les fibres sectionnées fouettent le liquide comme des tentacules. Elie force le protocole de synchronisation. Il court-circuite les pare-feux de l'IA. Sa température corporelle monte dangereusement. Du sang coule de ses narines. Il maintient le lien. Le transfert des données de survie atteint soixante pour cent. Il doit tenir encore trente secondes. Vax attaque la base du processeur. C'est l'endroit où les artères synthétiques sont les plus denses. Il change l'angle de sa lame. La vibration haute fréquence déchire les tissus fibreux. Un liquide rouge sombre se mélange au bain nutritif. Le processeur biologique est en train de saigner. Vax utilise une pince hémostatique pour obstruer les conduits principaux. Ses mouvements sont précis, rapides, sans hésitation. Il ne regarde pas Elie qui s'effondre à moitié. Cinquante secondes. Le plafond du sas devient incandescent. Le napalm est prêt à être injecté. Les buses de purge vibrent sous la pression. Kovaks tire une cartouche dans le mécanisme d'une buse. L'acier éclate. Un jet de feu prématuré lèche le mur opposé. L'air devient irrespirable. Kovaks ne bouge pas d'un millimètre. Il attend l'ordre de repli. Son doigt reste sur la détente. Il compte les battements de son propre cœur. Vax sectionne la dernière attache dorsale. Le processeur biologique bascule vers l'avant. Vax le rattrape avec ses mains gantées de kevlar. L'organe est chaud et lourd. Il pèse environ huit kilogrammes. Vax le dépose délicatement dans la mallette isotherme. Il branche immédiatement les tubes de survie de la mallette sur l'organe. Le liquide de transport remplit le compartiment. Le processeur palpite à nouveau. Le voyant de la mallette passe au vert. L'extraction physique est terminée. — Terminé, dit Vax. Sa voix est basse, monocorde. Elie débranche ses câbles avec une violence désespérée. Il s'écroule sur le sol métallique. Ses mains tremblent de spasmes incontrôlables. Vax le saisit par le col de sa combinaison. Il le relève d'un seul mouvement puissant. Kovaks se détourne du couloir. Il ouvre la marche vers la sortie de secours. Le compte à rebours affiche vingt secondes. Les alarmes d'ARES changent de tonalité. Le bunker hurle sa propre destruction. Ils courent dans le couloir de service. Les semelles de leurs bottes fondent sur le métal brûlant. Derrière eux, le sas thermique explose. Une vague de napalm orange envahit la pièce qu'ils viennent de quitter. Le rugissement des flammes remplit le tunnel. Vax serre la poignée de la mallette. Le processeur biologique est à l'abri. Les données de synchronisation sont verrouillées. Ils franchissent la porte blindée du secteur quatre. Kovaks verrouille le loquet manuel. Le silence retombe brutalement derrière la porte. Vax vérifie le moniteur de la mallette. Le rythme cardiaque du processeur est stable. Elie est assis contre le mur, les yeux fermés. Kovaks recharge son arme une dernière fois. La mission est accomplie. Le cœur biologique de Datavault est dans une boîte. Vax regarde le chronomètre. Ils ont dix minutes pour atteindre la surface. Il désigne l'escalier de secours. Ils reprennent la marche dans l'obscurité.

Incision et Extraction

Kovaks lève son fusil à pompe. Il frappe le bocal avec la crosse. Le polycarbonate de quarante millimètres résiste. Une vibration sourde résonne dans la pièce. Kovaks frappe une deuxième fois. Une fissure blanche traverse la paroi transparente. Le liquide nutritif commence à suinter. C'est une mélasse bleue et visqueuse. Elle dégage une odeur d'ammoniaque et de fer. Le bocal explose brusquement sous la pression interne. Deux cents litres de gel inondent le sol. Le liquide glisse sur les dalles de béton. Il s'infiltre dans les grilles de ventilation. Vax avance dans la mare poisseuse. Ses bottes tactiques écrasent des éclats de verre. Le processeur biologique pend au centre de la structure. C'est une masse de chair rose et de fibres optiques. Elle mesure la taille d'un thorax humain. Des pulsations lentes agitent la membrane externe. Vax active sa prothèse en carbone. Les servomoteurs émettent un sifflement aigu. Il saisit le bloc organique à deux mains. La texture est molle et chaude. Des électrodes en titane relient la chair au support. Vax sort un scalpel laser de sa ceinture. Le faisceau rouge découpe les premiers câbles. Une fumée noire s'élève de la zone de coupe. L'odeur de viande brûlée sature l'espace. Elie consulte son terminal de poignet. Le compte à rebours affiche cinquante-huit secondes. Les injecteurs de napalm au plafond s'ouvrent. Un cliquetis métallique signale l'armement des buses. La température ambiante grimpe de cinq degrés par seconde. La sueur brûle les yeux d'Elie. Il ne cligne pas des paupières. Ses doigts modifient les protocoles de refroidissement de la mallette. Kovaks se place face au conduit principal. Il verrouille ses articulations hydrauliques. Il déploie les plaques latérales de son armure lourde. Le métal brossé forme un rempart de deux mètres. Les premières projections de chaleur frappent son bouclier. La peinture de l'armure cloque instantanément. Kovaks ne bouge pas d'un millimètre. Il surveille l'angle mort du couloir. Vax sectionne le dernier faisceau de nerfs synthétiques. Le processeur biologique s'affaisse dans ses bras. Le poids est de douze kilogrammes. Vax dépose la masse dans la mallette de transport. Il connecte les tubes de survie aux orifices organiques. Le liquide de stabilisation remplit le caisson étanche. Le rythme cardiaque du processeur se stabilise à quarante battements. T-minus quarante secondes. Le plafond devient rouge sombre. L'air se raréfie dans le bunker. Elie tape une dernière séquence de codes. Il verrouille les verrous magnétiques de la mallette. La diode de contrôle passe au vert fixe. Vax saisit la poignée en acier. Il fait un signe de tête à Kovaks. Le colosse pivote sur ses talons. Une première gerbe de feu sort des injecteurs. Le napalm coule comme de la lave sur les murs. Le rugissement des flammes étouffe le bruit des machines. La chaleur atteint cent vingt degrés près du bocal brisé. Kovaks ouvre le chemin vers le sas de sortie. Il utilise son corps pour briser les flammes naissantes. Son armure fume sous l'effet du rayonnement thermique. Ils courent sur le sol glissant. Vax maintient la mallette contre son torse. Elie trébuche sur un débris de verre. Kovaks le saisit par le col de sa veste. Il le projette vers l'avant avec force. Le sas thermique se dresse devant eux. Les vérins hydrauliques de la porte grincent. Le métal se dilate sous l'effet de la fournaise. T-minus vingt secondes. La zone de stockage n'est plus qu'un brasier. Les serveurs informatiques fondent et coulent sur le sol. ARES hurle des alertes sonores dans les haut-parleurs. Les fréquences sont saturées de parasites. Vax franchit le seuil du sas en premier. Il pose la mallette sur le sol métallique. Il vérifie l'étanchéité des joints de la boîte. Kovaks entre dans le sas en dernier. Son armure est brûlante au toucher. Il saisit le levier de verrouillage manuel. Le métal résiste à cause de la chaleur. Kovaks pèse de tout son poids sur la barre. Les muscles de son cou saillent sous la peau. Le loquet s'enclenche avec un bruit sec. La porte blindée isole le groupe de l'incendie. Le silence revient dans le petit compartiment. Elie s'effondre contre la paroi froide. Il respire par bouffées courtes et saccadées. Vax regarde le moniteur de la mallette. La température interne reste constante à quatre degrés. Le processeur biologique est intact. Les données de synchronisation sont verrouillées dans le noyau. T-minus zéro. Une secousse ébranle le bunker. Le napalm a saturé la zone de production. La pression fait vibrer la porte du sas. Kovaks recharge son fusil à pompe. Il insère des cartouches de tungstène dans le tube. Le cliquetis du mécanisme est net. Vax désigne l'escalier de secours au fond du couloir. L'obscurité est presque totale dans le secteur quatre. Seules les diodes de la mallette éclairent les visages. Vax vérifie sa prothèse de carbone. Le mécanisme fonctionne sans accroc. Il ajuste la sangle de son arme d'épaule. La mission entre dans sa phase finale. Ils doivent remonter huit mètres de roche. Kovaks prend la tête de la colonne. Il avance avec la prudence d'un prédateur. Elie suit de près en tenant son terminal. Vax ferme la marche avec le processeur biologique. Leurs bottes résonnent sur les marches en métal. L'air est plus frais dans la cage d'escalier. L'odeur de la mort de Nico reste dans leurs narines. Ils atteignent le premier palier de maintenance. Kovaks s'arrête devant une trappe de service. Il consulte le plan schématique sur son écran. Le chemin vers la surface est dégagé. ARES a concentré ses ressources sur l'incendie du noyau. Les tourelles du secteur quatre sont hors ligne. Vax fait signe de continuer la progression. Le processeur biologique palpite doucement dans sa boîte. C'est le cœur de Datavault. C'est leur ticket de sortie de cette zone. Vax ne ressent aucune émotion particulière. Il calcule simplement le temps restant avant l'extraction. Le chronomètre de mission indique dix minutes. La surface est encore loin sous la roche noire. Kovaks ouvre la trappe de service. Un courant d'air froid descend du conduit. C'est l'air de l'extérieur. Elie redresse la tête et aspire l'oxygène. Vax serre la poignée de la mallette. Le cuir de son gant crisse sur l'acier. Ils s'engagent dans le conduit vertical. La remontée commence dans le noir complet.

Retraite Sous Pression

Vax hisse son corps hors du conduit vertical. Ses bottes de combat frappent le métal perforé. Le processeur biologique pèse douze kilos dans sa main gauche. La prothèse en carbone émet un craquement sec. Les servomoteurs luttent contre la gravité. Elie sort du conduit après lui. Il consulte immédiatement son interface rétinienne. Le plan schématique de Datavault s'affiche en vert sur ses pupilles. Kovaks ferme la marche. Son armure lourde racle le bord de la trappe. Le bruit de l'acier contre l'acier est strident. L'air est devenu une masse solide et pesante. La température ambiante atteint quarante-deux degrés Celsius. Elle grimpe de deux degrés par minute. Le napalm remplit déjà les niveaux inférieurs du complexe. Vax sent la chaleur irradier à travers ses semelles en polymère. Il ne regarde pas en arrière. Le temps est une donnée brute. Cent-dix secondes avant l'injection totale dans ce secteur. Ils courent dans le couloir de maintenance numéro quatre. Le plafond est bas. Des tuyaux de refroidissement haute pression suintent. La condensation tombe sur les épaulières de Kovaks. Elle s'évapore dans un sifflement instantané. Elie pointe une direction vers le nord-est. Ses doigts modifiés tapent sur l'air vide. Il cherche une faille dans le périmètre de confinement. Le processeur biologique palpite contre la cuisse de Vax. La boîte en polycarbonate laisse voir des veines sombres. Le liquide nutritif tourbillonne sous l'effet de la course. C'est une masse de chair entrelacée de micro-puces. Vax serre la poignée de transport. Le cuir de son gant commence à fumer. La chaleur ramollit les joints d'étanchéité de la mallette. Une alarme de basse fréquence résonne dans le secteur. Le son est grave. Il fait vibrer les cages thoraciques. ARES détecte la chute de pression dans le noyau. L'IA réalloue l'énergie vers les sas de sécurité. Une porte blindée s'abaisse à cinquante mètres devant eux. Elle pèse trois tonnes d'acier trempé. Kovaks ne ralentit pas sa course. Il ajuste son fusil automatique contre son épaule. La chevrotine au tungstène percute le rail de guidage gauche. Les étincelles jaillissent en gerbes blanches. Le métal se tord sous l'impact cinétique. La porte se bloque à un mètre du sol. Elie glisse dessous en premier. Vax jette le processeur dans l'ouverture. Il rampe à son tour sur le métal brûlant. Kovaks s'arc-boute sous la masse. Il retient la porte avec ses épaules renforcées. Les vérins hydrauliques de son armure sifflent. Le métal de la porte écrase ses plaques de protection. Il passe in extremis. La porte s'écrase sur le béton dans un fracas de tonnerre. La poussière de roche sature l'air. Le couloir suivant est une véritable étuve. La peinture grise des murs cloque. L'odeur de polymère brûlé sature les filtres des masques. Vax vérifie l'état de sa prothèse. Le carbone est rouge sombre. Les circuits de feedback envoient des alertes de surchauffe. Il ignore les signaux visuels. La douleur est une information secondaire. Elie s'arrête devant un terminal de secours. Ses doigts s'insèrent dans les ports de données. Il force le protocole de décompression. Les lignes de code défilent sur ses rétines. Sa respiration est courte et saccadée. Kovaks surveille l'arrière du groupe. Il recharge son arme. Les cartouches vides tintent sur le sol métallique. Le sol tremble violemment. Une explosion sourde secoue la structure rocheuse. Le noyau de Datavault s'effondre sur lui-même. La pression d'air augmente brusquement dans le couloir. Les tympans d'Elie saignent. Il ne s'arrête pas de coder. Le verrou hydraulique du fond finit par céder. Ils entrent dans le puits d'ascenseur principal. La cabine est absente. Il ne reste que les câbles de secours en acier. Vax s'accroche au câble central. Il fixe le processeur à sa ceinture tactique. Elie grimpe sur son dos. Kovaks utilise ses pinces magnétiques pour adhérer aux rails. Ils commencent la remontée verticale. La chaleur les poursuit avec une vitesse croissante. Elle monte comme une marée de feu. Le napalm transforme le bas du puits en fournaise. Les flammes lèchent les parois de roche noire. Le granit devient incandescent. Vax tire sur le câble de toutes ses forces. Ses muscles organiques brûlent. Sa prothèse grince à chaque traction. Un boulon de fixation saute et percute le mur. Il reste soixante secondes au chronomètre. La lumière du jour apparaît enfin en haut. C'est un petit cercle blanc et pur. Elie ferme les yeux. La luminosité blesse ses rétines habituées à l'obscurité. Kovaks grogne sous l'effort physique. Son armure est devenue une prison de métal brûlant. Ils atteignent la trappe de sortie en surface. Vax tente de la déverrouiller manuellement. Le mécanisme est grippé par la dilatation thermique. Il frappe la poignée avec son poing de carbone. Le métal plie sous la force brute. L'air extérieur s'engouffre dans le puits. Il est froid. Il est sec. Ils s'extraient sur le plateau rocheux. Le vent de la nuit balaie la poussière. Vax pose le processeur biologique sur le sol gelé. Il examine sa main artificielle. Elle est fondue par endroits. Les câbles internes sont à nu. Kovaks s'assoit lourdement sur un rocher. Elie vomit de la bile noire sur la neige. Au loin, le sol s'affaisse brusquement. Datavault s'effondre totalement. La roche engloutit les derniers serveurs. ARES meurt dans un silence de pierre. Vax regarde le processeur dans sa boîte. L'organe palpite encore sous le plastique. La mission est terminée.

Purge Finale

Le chronomètre de Vax affiche trois zéros rouges. Un déclic mécanique résonne dans les conduits supérieurs. Les vannes de décharge s'ouvrent avec un sifflement pneumatique. Le napalm gicle des buses en jets pressurisés. Le liquide visqueux frappe les dalles de béton. L'odeur de pétrole et de polymère sature l'air. Une étincelle jaillit des circuits de secours endommagés. Le feu dévore l'oxygène de la pièce instantanément. La température grimpe de quarante degrés en une seconde. Les restes de Nico disparaissent sous la vague orange. Sa chair carbonisée se transforme en cendres grises. Les os éclatent sous la pression de la chaleur. Le crâne pulvérisé fond dans la masse liquide. Le sang séché s'évapore sur les parois métalliques. Il ne reste rien du quatrième homme. Le cadavre est effacé de la base de données. Les serveurs d'ARES hurlent sous l'assaut des flammes. Les boîtiers en aluminium se tordent et se rétractent. Le plastique des câbles coule sur les racks. Les processeurs de silicium se fissurent sous le choc. La mémoire vive s'efface dans le brasier total. L'intelligence artificielle perd ses connexions une à une. Les algorithmes de défense s'éteignent dans le noir. Le cerveau de Datavault devient une masse informe. Kovaks pousse Elie vers l'échelle de secours étroite. L'armure du colosse grince contre la paroi brûlante. Le métal irradie une chaleur de mille degrés. Elie grimpe malgré la desquamation de ses paumes. Ses doigts rallongés s'accrochent aux barreaux de fer. Vax ferme la marche avec le processeur biologique. Le boîtier en plastique transpire sous ses doigts. La masse organique palpite contre la paroi transparente. La fumée noire remplit le puits d'évacuation vertical. Les poumons d'Elie rejettent un air chargé de suie. Ses bronches se contractent sous l'effet des toxines. Kovaks utilise son épaule pour forcer la trappe. Le mécanisme de verrouillage résiste à la dilatation. Le colosse frappe le métal avec son fusil. La crosse en tungstène brise le loquet grippé. L'air extérieur s'engouffre violemment dans le conduit. Le vent nocturne frappe le visage de Vax. La température chute de soixante degrés brusquement. La neige fond au contact de leurs bottes. Kovaks s'effondre sur le granit gelé du plateau. Ses poumons cherchent l'air pur avec des râles. Elie crache un liquide sombre sur le sol. Ses mains tremblent sur ses genoux pliés. Le sang coule de ses narines sur la neige. Le sol vibre sous leurs pieds lourdement chaussés. Un grondement sourd monte des profondeurs de la roche. La structure de Datavault cède sous le poids. Les huit mètres de roche s'affaissent brutalement. Un nuage de poussière grise s'élève vers le ciel. Le bunker devient un tombeau de pierre scellé. Les flammes internes s'étouffent sous des tonnes de débris. ARES meurt définitivement dans un silence de minéral. Vax regarde l'objet entre ses mains de carbone. Le processeur biologique bat comme un cœur humain. Les veines bleues s'agitent sous la membrane fine. Le liquide nutritif maintient la vie artificielle active. La prothèse en carbone de Vax grince légèrement. Il serre le boîtier contre sa poitrine métallique. Ses yeux scannent l'horizon pour détecter des menaces. Aucun mouvement n'est visible sur le radar thermique. Kovaks se relève avec une lenteur de machine. Son armure est couverte de suie et de griffures. Il recharge son fusil à pompe par réflexe. Elie reste prostré dans la neige sale. Le hacker fixe le vide avec des pupilles dilatées. Le silence de la montagne remplace le chaos. Le vent balaie les traces de leur passage. La mission est accomplie selon les paramètres initiaux. Vax range le processeur dans un sac isotherme. Il vérifie l'état de sa main artificielle fondue. Les câbles internes sont à nu sous la coque. Il ne ressent aucune sensation dans les circuits. Il fait signe aux deux survivants de bouger. Le point d'extraction se situe à trois kilomètres. Ils marchent dans la neige sans se retourner. Le processeur biologique continue sa pulsation dans l'ombre. La mission est terminée.
Fusianima
Exécuter la Racine
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Marcus V

Exécuter la Racine

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Huit mètres de roche séparent le groupe de la surface. Le calcaire pèse sur les structures en acier. La pression atmosphérique est constante. Le régulateur maintient dix-mille hectopascals. L'air est sec. Il sent le métal froid et la graisse de silicone. Vax lève sa main gauche. Le carbone noir ne r...

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