Volez, Tuez, Recommencez

Par Marcus V.Heist

Neuf heures cinq. Le mécanisme de sécurité s'enclenche. Un sifflement hydraulique sature l'espace. Les portes en acier glissent sur les rails de titane. Le choc final fait vibrer le marbre du hall. Une série de détonations sourdes retentit dans les chambranles. Les charges de thermite s'allument sim...

09:05 : Soudure

Neuf heures cinq. Le mécanisme de sécurité s'enclenche. Un sifflement hydraulique sature l'espace. Les portes en acier glissent sur les rails de titane. Le choc final fait vibrer le marbre du hall. Une série de détonations sourdes retentit dans les chambranles. Les charges de thermite s'allument simultanément. Une lueur orange vive jaillit des jointures. Le métal entre en fusion. L'odeur de magnésium brûlé agresse les narines. La soudure thermique est instantanée. Les issues n'existent plus. La Banque Centrale est un bloc hermétique. Vick lève son poignet gauche. Il presse le bouton latéral de son chronomètre. Les chiffres rouges s'allument sur le cadran digital. 00:00:01. Il ajuste son gilet pare-balles. Le Kevlar craque sous le tissu de son costume. Ses yeux gris balayent le hall. Onze hommes sont immobiles. Ils tiennent des fusils d'assaut et des sacs de sport. La sueur perle sur les fronts. Le silence pèse sur les épaules. Mira vérifie la chambre de son Benelli M4. Le clic du métal est sec. Elle ne regarde pas les autres. Elle observe les angles morts. Son crâne rasé reflète la lumière des plafonniers. Elle sent la vibration du sol sous ses bottes. Kade est à trois mètres d'elle. Il manipule un boîtier électronique. Ses doigts brûlés glissent sur les interrupteurs. Il cherche un signal radio. Il ne trouve que du souffle. Les brouilleurs fonctionnent. La cellule est isolée du monde. Le Gamin tremble. Son Glock 17 oscille entre ses mains. Ses phalanges sont blanches. Il regarde la porte principale. La lave de métal refroidit déjà. Elle forme une cicatrice noire sur l'acier. Il essaie de parler. Sa gorge est sèche. Aucun son ne sort. Il recule jusqu'à toucher une colonne de marbre. Le contact du froid le fait sursauter. Un haut-parleur crépite au plafond. Le son est plat. Artificiel. Une voix synthétique remplit le volume du hall. « Bienvenue dans la phase d'épuration. » Les braqueurs lèvent la tête. Les canons des armes pointent vers les grilles d'aération. « Le diamant Nadir est dans la chambre forte. » La voix ne possède aucune intonation. Elle est clinique. « Onze candidats. Une seule sortie. Un seul vainqueur. » Un braqueur nommé Russo lâche son sac. Il s'approche de la porte soudée. Il hurle des insultes. Il frappe le blindage avec la crosse de son HK416. L'acier est encore brûlant. La peau de ses mains grésille. Il lâche son arme. Il regarde ses paumes rouges. « La règle est simple », reprend la voix. « Chaque décès active le cycle suivant. » Le sol vibre. Un bruit d'engrenages massifs monte des profondeurs. Les plaques de marbre au centre du hall s'écartent. Une fente de dix centimètres apparaît. Une chaleur intense s'en échappe. Les incinérateurs industriels sont en chauffe. Les capteurs de mouvement scannent la zone. Russo se tourne vers Vick. Son visage est déformé par la panique. Il ramasse son fusil. Il pointe le canon vers le torse de Vick. — Ouvre cette porte, Vick. C'était pas le plan. Vick ne bouge pas. Il garde les mains visibles. — Le plan a changé, Russo. Pose ça. — Tu nous as vendus. Tu savais. Russo pose son doigt sur la détente. Son bras tremble. Mira pivote sur ses talons. Le mouvement est une ligne droite. Elle épaule son fusil à pompe. Le canon vise la tempe de Russo. — Pose, répète Mira. Sa voix est basse. Elle n'a pas d'émotion. Elle lit le mouvement des lèvres de Russo. Russo hurle. Il pivote vers Mira. Le percuteur de son fusil s'abat. La balle de 5.56 percute le marbre à un centimètre du pied de Mira. Mira presse la détente. Le Benelli crache une gerbe de plomb. La décharge frappe Russo en plein thorax. Le choc le projette en arrière. Son corps percute une vitrine de plexiglas. Le sang gicle en une nappe sombre sur le sol blanc. Le silence revient. Il est plus lourd qu'avant. Le corps de Russo convulse deux fois. Ses bottes raclent le sol. Puis il s'immobilise. Sous lui, la plaque de marbre bascule. Le mécanisme est fluide. Le cadavre glisse dans l'ouverture. Une flamme bleue monte du puits. Une odeur de viande grillée sature l'air pendant une seconde. La plaque se referme. Le sol est à nouveau plat. Il ne reste qu'une traînée de sang qui s'évapore sous l'effet de la chaleur résiduelle. Vick regarde son chronomètre. 00:04:12. — Dix, dit Vick. Il ne regarde pas le trou. Il regarde les neuf autres hommes. Le Gamin vomit contre la colonne. Les autres braqueurs se dispersent. Ils cherchent des abris derrière les comptoirs. Les alliances de la veille sont mortes. Chaque homme est une cible. Chaque homme est une clé vers la sortie. Kade s'approche de la porte de la chambre forte. Il pose son oreille contre l'acier. Il écoute les pignons. — C'est verrouillé par le serveur central, dit Kade. On n'entrera pas à l'explosif. Vick s'approche. Il marche avec calme. Ses semelles ne font aucun bruit. — La voix a dit que le diamant était le prix, dit Vick. La porte s'ouvrira quand le compte sera bon. — Quel compte ? demande un homme au fond du hall. Vick se tourne vers lui. — Le compte des corps. Le Gamin se relève. Il essuie sa bouche avec sa manche. Il braque son Glock vers Vick. — On va tous mourir ici. Tu le sais. Vick ne sourit pas. Il n'a pas peur. Il évalue la distance. Cinq mètres. Le Gamin n'est pas stable. Sa visée est haute. — Tu veux sortir ? demande Vick. Le Gamin hoche la tête. Ses yeux sont injectés de sang. — Alors tue quelqu'un d'autre, dit Vick. Mira se déplace le long des murs. Elle reste dans l'ombre des piliers. Elle observe les caméras de surveillance. Les objectifs pivotent. Ils suivent chaque mouvement. La banque est un organisme vivant. Elle digère ses occupants. Elle attend la suite. Un voyant rouge s'allume au-dessus de l'ascenseur de service. Le carillon résonne dans le vide. Les portes s'ouvrent. L'intérieur est vide. Une caisse en métal est posée au centre de la cabine. Vick fait signe à Kade. Kade avance prudemment. Il inspecte la caisse. Il n'y a pas de piège. Il ouvre le couvercle. À l'intérieur, des munitions. Des chargeurs pleins. Des pansements compressifs. Et une fiole d'adrénaline. L'organisateur fournit les ressources. Le massacre doit durer. La logistique est impeccable. Vick prend un chargeur de rechange. Il l'insère dans son arme de poing. Le ressort claque. Il regarde l'heure. 09:15. La température dans le hall augmente de deux degrés par minute. L'oxygène va devenir un problème. La climatisation ne rejette que de l'air chaud. — On se sépare, ordonne Vick. — Pourquoi ? demande un braqueur. — Parce que si on reste groupés, on meurt ensemble. Vick désigne les escaliers. — Mira, prends l'étage. Kade, reste sur la porte. Le Gamin, avec moi. Le Gamin ne bouge pas. Il ne fait plus confiance à personne. Il recule vers les bureaux du fond. Il disparaît derrière les cloisons en verre fumé. Vick regarde Mira. Elle hoche la tête. Elle disparaît dans la cage d'escalier. Ses pas sont légers. Elle est une ombre. Vick reste seul au milieu du hall. Il regarde la caméra principale. Il sait que quelqu'un regarde. Quelqu'un compte les points. Il ramasse le fusil de Russo. Il vérifie le mécanisme. Il est intact. Il le pose sur le comptoir de marbre. Un cadeau pour le prochain qui passera par là. Il n'y a plus de planificateur. Il n'y a plus de braquage. Il n'y a qu'une horloge et des prédateurs. Vick s'enfonce dans le couloir menant aux coffres privés. Ses chaussures crissent sur les débris de verre. Il ne pense pas au diamant. Il pense à la prochaine pression sur la détente. Le métal de son arme est chaud. La chasse est ouverte. Le haut-parleur crépite une dernière fois pour ce cycle. « 09:20. Que le meilleur gagne. » Le son se coupe. Le silence revient. Un silence de morgue. Vick s'arrête. Il entend une respiration de l'autre côté du mur. Il arme son pistolet. Le percuteur est prêt. Le premier acte est terminé. Le sang commence à sécher sur le marbre. La banque attend son prochain repas.

La Voix de l'Acier

La membrane du haut-parleur sature. Un sifflement strident parcourt les couloirs. Vick plaque son dos contre le béton froid. Il attend. La voix tombe du plafond. Elle est plate. Elle est synthétique. Elle n'a pas de sexe. Elle annonce le verdict. Un seul homme sortira vivant. Le diamant Nadir appartient au dernier survivant. Les autres sont des déchets. Le message tourne en boucle. Trois fois. Puis le silence revient. Il est plus lourd qu'avant. Dans le hall principal, le Gamin lâche un cri. C'est un son aigu. Un son de rat coincé. Il pointe son Glock vers les angles morts. Ses mains tremblent. La sueur pique ses yeux. Il veut sortir. Il cherche une issue. Les portes sont des blocs de fer. La soudure thermique a fusionné l'acier. La chaleur irradie encore des montants. Kade observe les joints. Il connaît le métal. Il sait que rien ne passera. Ni l'homme, ni l'espoir. Mira est accroupie derrière un pilier de marbre. Elle ne regarde pas le plafond. Elle regarde les hommes. Son fusil Benelli M4 repose sur sa cuisse. Elle sent les vibrations du sol. Un homme craque à trente mètres. C'est Ludo. Un mercenaire de seconde zone. Il court vers l'entrée principale. Il hurle des insultes. Il frappe le blindage avec la crosse de son fusil. Le bruit est sourd. Inutile. Mira se lève. Elle ne réfléchit pas. Elle épaule. Le viseur point rouge se fixe sur la nuque de Ludo. Elle presse la détente. La détonation déchire l'air. Le recul cogne l'épaule de la femme. La chevrotine groupe dans le crâne. La tête de Ludo explose contre la porte. Le sang repeint le blindage. Le corps s'effondre. Il n'y a pas de cri. Juste le bruit de la viande qui percute le sol. Le silence dure deux secondes. Un mécanisme hydraulique grogne sous le marbre. Les dalles pivotent. Le corps de Ludo glisse dans la fosse. Une lueur orange monte des profondeurs. La chaleur est immédiate. C'est un four industriel. Les flammes lèchent les bords de l'ouverture. Une odeur de cheveux brûlés remplit l'espace. Le mécanisme se referme. Le sol est de nouveau plat. Le sang a disparu. La banque est propre. Vick entend le coup de feu depuis le couloir des coffres. Il reconnaît le calibre douze. Mira a commencé le nettoyage. Il vérifie son chargeur. Quinze cartouches. Il en a une autre dans la chambre. Seize chances de survie. Il se déplace le long du mur. Ses pas sont feutrés. Il évite les zones de lumière. Il cherche Kade. L'artificier est la menace principale. Il possède les explosifs. Il peut modifier la structure du labyrinthe. Kade est dans la salle des serveurs. Il manipule des fils électriques. Ses doigts brûlés sont agiles. Il installe une charge de C4 sur un montant de soutien. Il ne cherche pas la sortie. Il veut tout raser. Le Gamin arrive dans le couloir. Il pleure sans bruit. Il voit Kade. Il lève son arme à deux mains. Kade ne se retourne pas. Il continue son travail. Le Gamin hésite. Son doigt se crispe sur la queue de détente. Mira observe la scène depuis une grille d'aération. Elle a une vue plongeante. Elle attend le bon angle. Elle ne favorise personne. Elle élimine les cibles. Le Gamin fait un pas de trop. Il est dans la ligne de mire. Mira retient son souffle. Elle attend que le Gamin tire. Elle veut voir si Kade porte un gilet. Kade se retourne enfin. Ses lunettes balistiques reflètent la lampe torche du Gamin. Il sourit. C'est un sourire de mort. Le haut-parleur s'active de nouveau. « Premier candidat éliminé. Dix restants. » La voix est satisfaite. Elle compte les points. Vick s'arrête devant une porte blindée. C'est l'accès aux coffres de haute sécurité. Le Nadir est là. Derrière trente centimètres d'acier trempé. Il lui faut Kade. Il lui faut les charges de démolition. Mais Kade est une cible prioritaire. Vick doit choisir. Protéger l'outil ou tuer la menace. L'air devient rare dans les niveaux inférieurs. La climatisation est coupée. La température monte à cause des incinérateurs. La sueur coule sous les gilets pare-balles. L'odeur de la poudre flotte dans les couloirs. C'est une odeur métallique. Une odeur de soufre et de viande. La banque est un estomac. Elle digère ses occupants. Vick siffle un code court. Deux notes sèches. Kade lève la tête. Il reconnaît le signal du planificateur. Le Gamin panique. Il tire au jugé. La balle ricoche sur un serveur. Des étincelles jaillissent dans l'obscurité. Kade plonge derrière un rack métallique. Mira lâche une nouvelle cartouche de douze. Le Gamin est touché à l'épaule. Il tombe en arrière. Il hurle. Le sol vibre déjà. Les dalles se préparent à s'ouvrir. Le Gamin rampe sur le marbre. Il ne veut pas brûler. Il accroche le rebord avec ses ongles. Mira recharge son fusil. Le bruit du verrou est sec. C'est le dernier son que le Gamin entendra. La fosse s'ouvre totalement. Le Gamin bascule dans le vide. Le rugissement des brûleurs monte d'un cran. Une colonne de feu jaillit brièvement. La dalle se remet en place. Vick arrive devant le bureau du directeur. La porte est entrouverte. Il sent une présence. Il lance une grenade flash. L'explosion blanche sature la pièce. Il entre en tirant trois fois. Le silence revient. Il n'y a personne. Juste un magnétophone qui tourne sur le bureau. La voix synthétique sort de l'appareil. « Bien joué, Vick. » Vick fige. Il regarde l'appareil. Il comprend. Il n'est pas le chasseur. Il est le gibier de luxe. Il recule vers le couloir. Une ombre bouge au fond de la pièce. C'est Mira. Elle a abandonné son fusil pour un couteau de combat. Elle sait que le bruit attire les autres. Elle préfère l'acier froid. Vick lève son arme. Il vise le centre de la masse. Mira disparaît derrière un meuble. Elle est rapide. Elle est silencieuse. Le haut-parleur crépite encore. « Neuf restants. Le temps presse. » Vick sent la chaleur monter par le sol. Les incinérateurs ne s'éteignent plus. Ils attendent la suite. La banque a faim. Vick serre la crosse de son pistolet. Il n'y a plus d'alliés. Il n'y a plus de plan. Il n'y a que le métal et le sang. La chasse continue dans l'obscurité des coffres.

L'Erreur du Gamin

Le Gamin se tient au centre du Grand Hall. Ses bottes tactiques crissent sur le marbre blanc. L'espace est vaste. Trop vaste. Les plafonds culminent à douze mètres. Des colonnes doriques soutiennent la structure. Le silence est un poids physique. L'air sent le métal chauffé et l'huile de moteur. Le Gamin serre la crosse de son Glock 17. Ses jointures sont blanches. Une goutte de sueur coule le long de sa tempe. Elle s'arrête au bord de sa mâchoire. Il ne cligne pas des yeux. Ses pupilles sont dilatées au maximum. Elles absorbent la lumière crue des projecteurs de sécurité. À sa gauche, une ombre bouge. Un simple battement de rideau ou un courant d'air. Le Gamin pivote sur ses talons. Son index écrase la détente. Le premier coup part. Le bruit déchire le silence. C'est une détonation sèche. Le recul secoue son poignet. La douille de neuf millimètres saute en l'air. Elle tinte sur le sol de pierre. Le Gamin ne s'arrête pas. Il tire encore. Deux fois. Trois fois. Les balles percutent une colonne en marbre. Le calcaire explose en éclats tranchants. Une poussière fine sature l'air. Elle pique les narines. « Arrête ! » crie une voix au fond du hall. Le Gamin n'entend rien. Le sifflement dans ses oreilles couvre tout. Il voit une silhouette courir entre deux piliers. C'est Rosso. Rosso porte un sac de sport noir. Il lève les mains. Le Gamin voit une menace. Il aligne les organes de visée. Il presse la détente avec frénésie. Le Glock crache ses projectiles à une cadence de trois coups par seconde. Le canon monte. Le Gamin compense mal. Les impacts labourent le mur. Les boiseries volent en éclats. Une balle frappe Rosso à la cuisse droite. Le fémur se brise net. Rosso bascule en avant. Il hurle. Le son est étouffé par les détonations suivantes. Une deuxième balle pénètre son abdomen. Elle traverse le foie. Elle ressort par les lombaires. Rosso s'écrase sur le ventre. Son sang gicle sur le marbre blanc. Le rouge est vif. Il s'étale rapidement. La nappe atteint les bottes du Gamin. Le Gamin vide le chargeur. La culasse se bloque en arrière. Il continue d'appuyer sur la détente. Le percuteur frappe dans le vide. Un clic métallique répétitif. Le Gamin tremble. Ses genoux s'entrechoquent. Il lâche l'arme. Elle rebondit sur le sol avec un bruit sourd. Il regarde ses mains. Elles sont couvertes de résidus de poudre. Le sol vibre. Un grondement sourd monte des profondeurs de la banque. Les dalles de marbre sous le corps de Rosso s'écartent. Le mouvement est fluide. Mécanique. Une chaleur intense jaillit de l'ouverture. Les incinérateurs industriels sont en marche. La température grimpe de vingt degrés en trois secondes. Rosso rampe. Ses doigts griffent la pierre lisse. Il n'a plus de force. Il glisse dans la fosse. Ses cris s'arrêtent net quand il bascule dans le vide. Les dalles se referment. Le mécanisme se verrouille avec un claquement sec. Il ne reste que le sang. Une traînée sombre qui s'arrête au bord de la jointure des dalles. Vick observe la scène depuis la balustrade du premier étage. Il ne bouge pas. Son visage est un masque de cire. Il vérifie l'heure sur sa montre de plongée. 09h12. Un homme en moins. Huit restants. Il ajuste son gilet pare-balles. Le poids des plaques de céramique le rassure. Il ne ressent pas de pitié pour Rosso. Rosso était un poids mort. Un conducteur sans véhicule. Vick descend l'escalier latéral. Ses pas sont inaudibles. Il contourne le hall par les zones d'ombre. Il voit le Gamin. Le Gamin est à genoux. Il vomit un liquide clair sur le marbre. Ses épaules sont secouées de spasmes. Il est brisé. Vick sort son Colt 1911. Il engage une cartouche dans la chambre. Le bruit du métal est un signal. Mira apparaît derrière une statue de bronze. Elle tient son Benelli M4 à hauteur de hanche. Le canon pointe vers le sol. Elle observe le Gamin avec une curiosité clinique. Elle ne parle pas. Elle n'a pas besoin de mots. Elle voit une cible facile. Elle voit une munition gaspillée. Elle regarde Vick. Vick fait un signe de tête négatif. Pas encore. Le Gamin peut servir de diversion. La voix synthétique résonne à nouveau dans les haut-parleurs. Elle est dépourvue d'inflexion. « Huit unités actives. Le périmètre se réduit. » Un sifflement pneumatique retentit. Les portes blindées des bureaux latéraux se verrouillent. Des grilles en acier descendent du plafond. Elles divisent le Grand Hall en secteurs. Le Gamin se relève. Il cherche son arme. Il la trouve à deux mètres. Il rampe vers elle. Ses doigts touchent le métal brûlant du canon. Il se brûle. Il retire sa main. Vick s'adosse à un pilier. Il analyse la structure des grilles. L'acier fait deux centimètres d'épaisseur. Les soudures sont propres. C'est une cage. La banque se transforme en abattoir compartimenté. Il regarde le plafond. Des capteurs infrarouges pivotent. Ils suivent les sources de chaleur. Les mouvements du Gamin activent les senseurs. À l'autre bout du hall, une détonation sourde retentit. Kade vient de faire sauter une serrure électronique. La porte du coffre de transit explose vers l'extérieur. La fumée noire envahit le secteur sud. Kade sort de la fumée. Il porte un masque à gaz. Ses yeux sont invisibles derrière les verres sombres. Il tient un détonateur à distance. Il ne regarde personne. Il avance vers le centre du hall. Le Gamin panique de nouveau. Il récupère son Glock. Il insère un nouveau chargeur. Ses mouvements sont saccadés. Il insère le chargeur à l'envers. Il jure. Il recommence. Le chargeur s'enclenche. Il arme la culasse. « Kade ! » hurle le Gamin. Kade ne répond pas. Il continue d'avancer. Il pose une charge de C4 sur la base d'une grille. Il travaille vite. Ses mains brûlées manipulent les fils avec une précision chirurgicale. Il ignore le Gamin. Il ignore Vick. Il se concentre sur l'oxydation. Sur l'explosion à venir. Mira se déplace le long du mur est. Elle est une ombre parmi les ombres. Elle ne quitte pas Vick des yeux. Elle sait que Vick a vendu le groupe. Elle l'a lu dans sa posture. Dans sa façon de ne pas chercher la sortie. Vick cherche le diamant. Il attend que les autres s'entretuent. Mira glisse une main dans sa poche. Elle en sort une grenade flash. Elle attend le bon moment. La chaleur devient insupportable. La sueur imbibe les vêtements. L'odeur de la viande brûlée de Rosso s'infiltre partout. Elle se mélange à l'odeur de la poudre. Le Gamin se lève. Il pointe son arme vers Kade. « Arrête de bouger ! » ordonne le Gamin. Sa voix mue. Elle monte dans les aigus. Kade s'arrête. Il tourne la tête vers le Gamin. Le masque à gaz donne à Kade un air d'insecte géant. Il ne dit rien. Il appuie sur le bouton du détonateur. L'explosion est brève. Puissante. Elle ne détruit pas la grille. Elle projette des billes d'acier dans tout le secteur. Le Gamin est touché au bras. Il lâche son arme. Il tombe en arrière. La charge était directionnelle. Kade est protégé par un bouclier balistique qu'il a déployé au dernier moment. Vick profite de la confusion. Il sprinte vers le couloir des coffres privés. Il connaît le chemin. Il a mémorisé les plans pendant six mois. Le diamant Nadir est dans le coffre 402. Le coffre est protégé par une serrure biométrique. Il a besoin de l'empreinte de la directrice. La directrice est morte dans le bureau 12. Vick a sa main dans une glacière portable. Le Gamin hurle de douleur. Son bras gauche est une masse de chair rouge. Il rampe vers une colonne. Il pleure. Les larmes tracent des sillons propres sur son visage sale. Il est seul. Mira lance la grenade flash. L'explosion de lumière sature le hall. Le Gamin est aveuglé. Kade se protège derrière son bouclier. Mira bondit. Elle parcourt les dix mètres en deux secondes. Elle ne tire pas. Elle utilise son couteau. La lame de quinze centimètres pénètre la gorge du Gamin. Elle entre sous le menton. Elle ressort par la nuque. Le Gamin s'étouffe. Son sang inonde les mains de Mira. Elle retire la lame. Elle essuie l'acier sur le pantalon du mort. Sept restants. Mira ramasse le Glock du Gamin. Elle vérifie la chambre. Elle le glisse à sa ceinture. Elle regarde le plafond. Les incinérateurs s'ouvrent à nouveau. Le corps du Gamin disparaît dans la fosse. La banque nettoie les preuves. Le marbre redeviendra blanc. Vick atteint la porte du coffre 402. Il sort la main coupée de la glacière. La peau est livide. Les ongles sont vernis en rouge. Il presse l'index sur le lecteur optique. Le scanner émet un bip vert. Les pênes en acier se rétractent. La porte de deux tonnes pivote sur ses charnières. À l'intérieur, le diamant Nadir repose sur un socle de velours noir. Il capte la moindre particule de lumière. Il brille d'un éclat froid. Vick s'approche. Il ne sourit pas. Il sort un sac en suédine. Il saisit la pierre. Elle est lourde. Elle est froide. Un bruit de pompe retentit derrière lui. Le canon du Benelli de Mira touche sa nuque. « Pose le sac, Vick », dit Mira. Sa voix est basse. Monocorde. Vick ne bouge pas. Il sent le métal froid contre sa peau. Il regarde le diamant. « On peut partager, Mira. » « Non. » Le doigt de Mira se contracte sur la détente. Le Grand Hall résonne d'un nouveau coup de feu. Le sang de Vick repeint le velours noir. Le diamant roule sur le sol. Il est impeccable. Le sang glisse sur ses facettes sans laisser de trace. Six restants. La banque attend la suite.

Kade et le C4

Kade regarde le corps de Vick. La tête repose sur le marbre. Les yeux sont ouverts. Ils fixent le plafond. Le sang sature le col de la chemise blanche. Mira range le diamant. Elle glisse la pierre dans une poche latérale. Elle ne regarde pas le mort. Elle regarde Kade. La porte principale est scellée. La soudure thermique dégage une lueur orange. La chaleur monte dans la pièce. Kade sent la sueur sur son front. Elle pique ses yeux. Il regarde le chambranle de la porte. Il voit les quatre blocs de C4. Il les a posés lui-même. Le système de sécurité a activé les brûleurs. Le sol vibre. Les incinérateurs industriels chauffent sous les dalles. La température grimpe de deux degrés par minute. Kade sait ce qui va arriver. Les détonateurs chimiques vont réagir. Le mercure va se dilater. Kade s'approche de la première charge. Il s'agenouille. Ses genoux craquent. Il ouvre sa sacoche en toile noire. Il sort une pince coupante. Les poignées sont en caoutchouc. Il sort un scalpel chirurgical. Le métal brille sous les plafonniers. Mira pointe son Benelli M4. Le canon est à trente centimètres de la nuque de Kade. « Travaille », dit Mira. Sa voix est un rasoir. Elle ne tremble pas. Elle observe les mains de l'artificier. Kade insère la lame dans la pâte grise. Le C4 est malléable. Il ressemble à de la pâte à modeler. L'odeur d'amande amère remplit ses narines. C'est l'odeur de la nitro-glycérine. Il cherche le détonateur. C'est un tube d'aluminium de six millimètres. Le Gamin est assis contre un pilier. Il tient son Glock 17. Ses mains secouent l'arme. Il regarde le cadavre de Vick. Il regarde la mare de sang qui s'élargit. Il a envie de vomir. Il avale sa salive. Elle a un goût de fer. Kade trouve le premier fil. Il est rouge. Il est relié à une batterie de neuf volts. La batterie est fixée avec du ruban adhésif noir. Kade doit couper le circuit. S'il se trompe, la charge explose. Le souffle brisera ses poumons. La chaleur vaporisera sa peau. Il place la pince. Il serre les mâchoires d'acier. Le fil cède. Un clic minuscule résonne. Kade ne respire plus. Il attend. Rien ne se passe. Il retire le détonateur de la masse explosive. Il le pose doucement sur le sol. Il reste trois charges. La chaleur augmente encore. L'air devient lourd. La poussière danse dans la lumière des lampes. Kade se déplace vers la deuxième charge. Elle est située en haut du montant droit. Il doit se lever. Vick semble le surveiller. Son regard vide est braqué sur les mains de Kade. La cicatrice sur sa glotte est devenue violette. Le sang ne coule plus. Il coagule. Il forme une croûte sombre sur le velours. Kade lève les bras. Ses muscles brûlent. Il incise le deuxième bloc. Le plastique résiste. La chaleur a ramolli la matière. Le détonateur est enfoncé profondément. Kade utilise ses doigts. Il gratte la pâte. Ses ongles sont noirs de limaille. Mira fait un pas de côté. Elle surveille le couloir. Les autres braqueurs sont ailleurs. On entend des tirs au loin. Des rafales courtes. Des cris étouffés par les murs blindés. La banque est un tombeau. Le Gamin se lève. Il marche vers Kade. « On va mourir ? », demande le Gamin. Mira ne tourne pas la tête. « Recule », dit Mira. Le Gamin s'arrête. Il regarde le C4. Il regarde le scalpel. Kade saisit le deuxième détonateur. Il tire. Le tube glisse. Il est brûlant. La soudure thermique a chauffé le cadre de la porte à cent degrés. Le mercure dans le capteur est à la limite. Kade coupe le fil noir. Deuxième charge neutralisée. Il en reste deux. Kade essuie ses mains sur son pantalon. Le tissu est trempé. La sueur coule dans son dos. Il sent le courant d'air chaud des incinérateurs. Les trappes au sol s'ouvrent légèrement. Une lueur rouge sort des interstices. Kade passe à la troisième charge. Elle est près du sol. Il doit s'allonger. Il s'installe dans la poussière. Il voit le visage de Vick de près. Les pores de la peau sont dilatés. Une mouche se pose sur l'œil du mort. Elle ne bouge pas. Kade enfonce le scalpel. Il coupe trop vite. La lame ripe. Elle entaille son index. Le sang coule sur le C4. Kade ne jure pas. Il n'a pas le temps. Il cherche le fil. Il y a trois fils cette fois. Un piège. Un montage en série. Il observe le circuit. Il suit les pistes sur le circuit imprimé. La puce est une CMOS standard. Le condensateur est chargé. S'il coupe le mauvais fil, le condensateur se décharge. L'étincelle suffit. Mira appuie le canon sur le dos de Kade. « Qu'est-ce que tu fais ? », demande-t-elle. « C'est piégé », répond Kade. Sa voix est rauque. Sa gorge est sèche. « Désamorce », ordonne Mira. Le Gamin commence à rire. C'est un rire nerveux. Il ressemble à un hoquet. Il pointe son arme vers le plafond. « On est coincés. On va brûler. » Mira se retourne. Elle frappe le Gamin avec la crosse du Benelli. Le coup percute la mâchoire. Le Gamin tombe. Il ne rit plus. Il crache une dent. Kade se concentre. Il choisit le fil vert. Il place la pince. Il ferme les yeux une seconde. Il coupe. Le silence persiste. Il ouvre les yeux. Le voyant de la batterie s'éteint. Il retire le troisième détonateur. Il reste une charge. La plus haute. Elle est au centre du linteau. Kade doit monter sur les épaules du Gamin. « Lève-toi », dit Kade. Le Gamin se relève péniblement. Il a la bouche en sang. Il se place contre la porte. Kade grimpe. Il est instable. La chaleur est insupportable près du plafond. La soudure thermique a fini son travail. Le métal est scellé pour l'éternité. La dernière charge est noire de suie. Kade gratte la surface. Le C4 a commencé à fondre. Il devient liquide. Il goutte sur le visage du Gamin. « Ça brûle ! », hurle le Gamin. « Ne bouge pas », dit Kade. Il cherche le détonateur. Il ne le voit pas. Il est noyé dans la masse fondue. Kade utilise ses doigts nus. La douleur est immédiate. La peau de ses mains cloque. Il ne retire pas ses mains. Il sent le tube métallique. Il est brûlant. Il le saisit. Il tire. Le fil est tendu. Il est relié à un capteur de mouvement. Si Kade bouge trop, ça saute. Il doit rester immobile. Le Gamin tremble. « Reste droit », dit Mira. Elle pointe son fusil vers les jambes du Gamin. Le Gamin se fige. Il retient sa respiration. Kade coupe le dernier fil. Le détonateur vient avec. Il tombe au sol. Le bruit du métal sur le marbre est net. Kade descend. Il s'effondre contre le mur. Ses mains sont rouges. Des lambeaux de peau pendent. Mira regarde la porte. Elle est toujours fermée. Le C4 est neutralisé, mais la sortie est inexistante. Elle regarde le corps de Vick. Elle regarde le diamant dans sa main. La pierre brille. Elle se moque de la chaleur. Le Gamin pleure. Il ramasse sa dent. Il la regarde. Kade regarde ses mains. Il ne sent plus la douleur. Ses nerfs sont cuits. Les incinérateurs ronflent plus fort. Les dalles de marbre commencent à chauffer. La banque veut ses cadavres. Mira se tourne vers le couloir. « On bouge », dit-elle. Elle marche sur la main de Vick. Les os craquent. Elle ne ralentit pas. Kade se lève. Il laisse les blocs de C4 derrière lui. Ils ne servent plus à rien. Le Gamin suit Mira. Il marche comme un automate. Ils s'enfoncent dans les ténèbres du hall. La lumière décline. Les batteries de secours faiblissent. Le cadavre de Vick reste seul. Ses yeux fixent toujours le plafond. La fumée de la soudure stagne dans l'air. Elle pique la gorge. Cinq restants. La banque attend.

L'Oxygène Rare

Le ronronnement des turbines s'arrête. Le silence pèse sur le hall. L'air devient immobile. Mira lève la tête vers les bouches d'aération. Les pales ne tournent plus. La poussière retombe lentement. La chaleur monte du sol. Les incinérateurs tournent à plein régime sous le marbre. Kade essuie la sueur sur son front. Ses mains brûlées laissent des traces brunes. Le Gamin halète. Sa respiration est trop bruyante. Il aspire l'oxygène par saccades. Cinq hommes et une femme. Trop de poumons pour ce volume. L'air se charge de gaz carbonique. Les tempes battent. Mira compte les têtes. Deux mercenaires sans nom se tiennent près des guichets. Ils ont les yeux rouges. Ils cherchent le souffle. L'un d'eux s'appelle Russo. L'autre est un ancien de la sécurité. Ils consomment trop. Mira serre la crosse de son Benelli. Le métal est tiède. Russo s'appuie contre une colonne. Il ouvre la bouche comme un poisson. Il veut de l'air. Mira avance sans bruit. Ses bottes ne claquent pas sur le sol chaud. Elle se place derrière lui. Le canon du fusil touche la nuque. Le coup part. La cervelle macule le marbre blanc. Le corps s'effondre. La dalle s'ouvre instantanément. Le cadavre glisse dans le vide. Les flammes lèchent le bord de l'ouverture. Le deuxième homme hurle. Il lève son arme. Mira pivote sur ses talons. Elle tire une seconde fois. La décharge de chevrotine ouvre sa poitrine. Il tombe en arrière. Le sol l'avale. Les dalles se referment. Le silence revient. L'air est plus léger. Le Gamin vomit. Le liquide acide fume sur le sol brûlant. Kade ne bouge pas. Il regarde les dalles closes. Mira recharge son arme. Le clic du levier d'armement résonne. Elle ne regarde pas le Gamin. Elle regarde le plafond. Les capteurs de CO2 clignotent en rouge. Le niveau baisse. L'économie est nécessaire. Elle range le Benelli dans son dos. Elle sort son couteau. La lame est en carbone noir. Ils marchent vers les coffres. La température atteint quarante degrés. La semelle des bottes ramollit. Kade boite. Ses nerfs brûlés le trahissent. Le Gamin suit à trois mètres. Il garde son arme pointée vers le sol. Ses mains tremblent moins. La peur a laissé place à la stupeur. Ils traversent le hall principal. Les bureaux sont renversés. Les dossiers jonchent le sol. Le papier brunit sous l'effet de la chaleur. La structure de la banque est une cage de Faraday. Les ondes ne passent pas. Les murs font deux mètres d'épaisseur. Le béton est vibré. L'acier est du type AR500. Mira connaît les plans. Elle cherche la salle des serveurs. Le système de survie y est centralisé. Elle veut relancer les pompes. Elle ne veut pas mourir étouffée. Le diamant Nadir pèse dans sa poche. Cinquante carats de carbone pur. Un bruit de métal vient du fond du couloir. Mira s'arrête. Elle fait signe de se baisser. Kade s'accroupit avec difficulté. Le Gamin se plaque contre un mur. Une ombre bouge derrière une vitre blindée. C'est un garde survivant. Il porte un masque à gaz. Il a une carabine de précision. Il ne les a pas vus. Mira observe son rythme respiratoire. Le filtre du masque siffle. Mira contourne par le local technique. Elle rampe dans les conduits de câblage. L'espace est étroit. La gaine de plastique brûle la peau. Elle débouche derrière le garde. Elle ne tire pas. Le bruit attirerait les autres. Elle utilise sa lame. Elle tranche la carotide sous le bord du masque. Le sang gicle sur la vitre. Le garde s'écroule. Mira récupère le masque. Elle le tend à Kade. Kade refuse. Il montre ses poumons. Il respire déjà mal. Il veut que le Gamin vive. Mira donne le masque au Gamin. Il l'enfile sans discuter. L'air devient rare à nouveau. La sueur pique les yeux. Mira sent son cœur cogner contre ses côtes. Elle cherche la porte 402. C'est l'accès aux ventilateurs de secours. La serrure est électronique. Kade s'approche. Il sort ses outils. Ses doigts tremblent. Il connecte les fils. Les étincelles sont bleues. Le panneau de contrôle s'allume. Le code s'affiche. Mira tape les chiffres. La porte reste scellée. Le système est verrouillé de l'extérieur. Mira frappe le mur du poing. Elle ne ressent pas la douleur. Elle regarde le Gamin à travers la visière du masque. Ses yeux sont dilatés. Kade s'assoit par terre. Il ne peut plus porter son sac. L'oxygène manque cruellement. Mira prend une grande inspiration. L'air est acide. Elle regarde le couloir sombre. Ils sont trois. La banque attend encore deux cadavres. Elle regarde Kade. Kade comprend. Il ferme les yeux. Mira sort son arme de poing. Le Glock est froid contre sa paume. Elle vise le front de Kade. Kade ne bouge pas. Il attend la fin de la brûlure. Le Gamin essaie de crier sous son masque. Le son est étouffé par le caoutchouc. Mira appuie sur la détente. Le percuteur frappe l'amorce. La détonation est sourde dans ce petit espace. Kade bascule sur le côté. La dalle sous lui vibre. Elle s'ouvre. Le corps disparaît dans la fournaise. Mira reste seule avec le Gamin. Elle range son arme. Elle s'assoit contre la porte scellée. Ses poumons brûlent comme du papier sec. Elle regarde le diamant. La pierre est parfaite. Elle ne respire pas. Elle n'a pas besoin d'air. Mira ferme les yeux pour économiser ses forces. Le Gamin s'assoit en face d'elle. Le sifflement du masque est le seul bruit. La banque est un tombeau de marbre chaud. Le système de haut-parleurs grésille. La voix synthétique reprend. « Population réduite. Oxygène en cours de réinjection. » Un souffle frais sort des conduits. Mira ouvre les yeux. Elle aspire l'air goulûment. Le Gamin retire son masque. Il pleure sans bruit. Ses larmes s'évaporent avant de toucher le sol. Mira se lève. Elle ne tend pas la main au Gamin. Elle marche vers la salle du coffre. Le diamant doit sortir. Le reste n'est que de la viande brûlée. Le couloir s'étire devant eux. Les lumières de secours passent au vert. La banque autorise leur progression. Mira vérifie son chargeur. Il reste huit cartouches. Le Gamin a encore son pistolet. Il est le dernier obstacle. Mira le sait. Le Gamin le sait aussi. Ils marchent côte à côte dans le froid artificiel. La trêve est temporaire. L'air est gratuit pour l'instant. La sortie ne l'est pas.

La Division

Le marbre du Grand Hall brille sous les projecteurs. Mira franchit le seuil. Le Gamin marche dans son ombre. Six hommes occupent l'espace. Ils se tiennent derrière les colonnes de soutien. Le silence pèse trois tonnes. Kade est à gauche. Il vérifie le câblage d'une charge directionnelle. Ses mains tremblent légèrement. L'air est sec. Il sent la poussière et le métal froid. Vick se tient au centre du hall. Il ne porte pas d'arme apparente. Ses mains sont jointes dans le dos. Il observe les deux groupes. La division est nette. Trois hommes se sont rangés derrière Kade. Deux autres font face, près des guichets blindés. Le Gamin hésite. Il regarde Mira. Elle ne bouge pas. Elle serre la poignée de son Benelli M4. Le canon pointe vers le sol. Le système de ventilation s'arrête. Le silence devient total. Un homme du groupe des guichets lève son arme. C'est un HK MP5. Le sélecteur de tir claque sur "auto". Le bruit résonne contre la coupole en verre. Kade lève la tête. Il plaque son dos contre le marbre. Les autres suivent le mouvement. Les corps se tassent. Les muscles se contractent. Vick consulte sa montre. Il recule de trois pas. Il s'installe dans l'angle mort d'une statue de bronze. Il sort un carnet de sa poche intérieure. Il note un chiffre. Onze au départ. Sept dans le hall. Le compte est simple. La survie est une équation. Il attend le premier tir. Le Gamin lève son pistolet. Ses deux mains enserrent la crosse. Le métal est glissant de sueur. Il vise le groupe de Kade. Mira pose une main sur son épaule. Elle appuie fort. Elle le force à baisser son arme. Elle ne veut pas gaspiller de munitions. Elle attend l'ouverture. L'homme au MP5 lâche une rafale. Trois balles percutent la colonne de Kade. Le marbre éclate en fragments blancs. La poussière envahit l'air. C'est le signal. Le hall devient une chambre de combustion. Les détonations se succèdent sans rythme. Le bruit est assourdissant. Les douilles de 9mm tintent sur le sol. Elles rebondissent comme des pièces de monnaie. Kade active un fumigène. Une nappe grise se répand sur le sol. Les silhouettes deviennent des ombres floues. Mira s'accroupit. Elle glisse vers la droite. Elle utilise les banquettes en cuir comme couverture. Le Gamin rampe derrière elle. Il ferme les yeux à chaque détonation. Une balle traverse le dossier d'une banquette. La mousse synthétique vole. Vick observe la scène. Il ne cille pas. Un homme s'effondre près des guichets. La balle a traversé sa gorge. Il plaque ses mains sur la plaie. Le sang gicle entre ses doigts. Il essaie de crier. Seul un sifflement sort de sa trachée. Les capteurs de mouvement sous le sol s'activent. Un panneau de marbre coulisse en silence. Le corps tombe dans le vide. Les flammes bleues de l'incinérateur lèchent le bord de l'ouverture. Le panneau se referme. Le sol est de nouveau lisse. Kade progresse sous la fumée. Il tire au jugé avec un Glock 17. Il vide son chargeur en cinq secondes. Il éjecte le magasin vide. Il enclenche le suivant. Le ressort claque. Il cherche Mira du regard. Il ne la voit pas. Il voit seulement les éclairs de départ des tirs adverses. Mira surgit sur le flanc gauche. Elle épaule le Benelli. Elle vise l'homme au MP5. Elle presse la détente. Le recul secoue son corps sec. La cartouche de chevrotine déchire le gilet pare-balles de la cible. L'homme est projeté contre le blindage du guichet. Il ne se relève pas. Le sol s'ouvre à nouveau. La banque nettoie la zone. Vick raye un nom sur son carnet. Il reste cinq combattants actifs. La visibilité baisse. La fumée sature l'espace. L'odeur de la poudre brûlée pique les yeux. Le Gamin tire une fois. Il touche un lustre en cristal. Des milliers de débris tombent du plafond. Ils crissent sous les bottes. Un des alliés de Kade hurle. Il a reçu une balle dans la cuisse. Il s'assoit contre une colonne. Il essaie de poser un garrot. Kade ne l'aide pas. Il utilise le blessé comme appât. Il attend que l'autre camp se découvre. Un tireur sort de derrière un guichet. Kade l'abat d'une balle dans le front. Le crâne explose contre la vitre pare-balle. Le sang dessine une étoile rouge. Le silence revient brusquement. Les chargeurs sont vides ou presque. Les hommes reprennent leur souffle. On entend le crépitement des flammes dans les sous-sols. La chaleur monte. La température du hall atteint trente degrés. La sueur brûle les plaies. Mira vérifie sa réserve. Quatre cartouches. Elle regarde Vick. Il fait un signe de tête vers le coffre. Le message est clair. Le temps presse. L'oxygène va de nouveau baisser. Les ventilateurs ne tournent plus. L'air devient rare. Kade se lève. Il tient son dernier chargeur. Il regarde les survivants. La division a fonctionné. Les factions sont brisées. Il ne reste que des individus. La coopération est morte avec les premiers morts. Il avance vers le centre du hall. Il marche sur les éclats de cristal. Le Gamin se lève à son tour. Il pointe son arme vers Kade. Sa main ne tremble plus. Le froid de la banque a gelé ses nerfs. Il n'est plus un enfant. Il est un rouage du massacre. Mira reste accroupie. Elle observe la trajectoire de Kade. Elle sait où il va. Il veut la console de commande. Vick sort de son angle mort. Il marche vers le groupe. Il ne craint pas les balles. Il sait que personne ne tirera sur le Planificateur avant l'ouverture du coffre. Il est la clé. Il s'arrête à trois mètres de Kade. Il ajuste sa cravate. "Le compte est bon," dit Vick. Sa voix est plate. Elle ne porte aucune émotion. Kade crache au sol. Sa salive est noire de poussière. Il pointe son Glock vers la tête de Vick. Vick ne bouge pas. Il montre le cadran de sa montre. Les chiffres rouges défilent. Cinq minutes avant le verrouillage définitif des systèmes pneumatiques. Mira se redresse. Elle se place derrière Kade. Le canon du Benelli touche la nuque de l'artificier. Le Gamin garde son arme braquée sur le dernier survivant des guichets. L'impasse est totale. Le Grand Hall est un échiquier où chaque pièce est en échec. "Ouvrez la porte," ordonne Mira. Kade range son arme. Il sort une tablette tactique de sa veste. Il connecte un câble au port de la colonne centrale. Ses doigts volent sur l'écran. Les codes défilent en vert. Un grondement sourd fait vibrer le sol. Les verrous hydrauliques du coffre s'activent. La porte de vingt tonnes pivote lentement. Une lumière blanche s'échappe de l'ouverture. Le diamant Nadir est là. Il repose sur un socle de velours noir. Il ne brille pas. Il absorbe la lumière. Il est le centre du vide. Vick sourit pour la première fois. C'est un mouvement mécanique des lèvres. Il ne touche pas ses yeux. Il regarde le diamant. Puis il regarde les survivants. Il compte les munitions restantes dans leurs yeux. La division n'est pas finie. Elle commence. Le dernier homme des guichets lâche son arme. Il s'effondre. Ses poumons luttent pour trouver de l'air. L'oxygène est coupé. Le système privilégie la salle du coffre. La zone de combat devient une chambre à vide. Mira inspire une dernière fois l'air vicié du hall. Elle pousse Kade vers l'entrée du coffre. Le Gamin suit. Vick ferme la marche. Le panneau de marbre derrière eux se referme. Le Grand Hall est vide. Les incinérateurs s'éteignent. Le silence reprend ses droits sur le marbre propre. Seule l'odeur de la poudre persiste. Elle flottera jusqu'à la fin du monde.

L'Autel du Nadir

Le coffre est un cube de six mètres de côté. Les parois sont en acier au manganèse. L'air est rare. Vick ajuste son gilet pare-balles. Il regarde le socle central. Le Nadir est là. Il ressemble à un morceau de charbon poli. La pierre est posée sur un coussin de velours noir. La lumière tombe du plafond. Des tubes fluorescents vibrent à cinquante hertz. Le silence est total. Il pèse sur les tympans. Mira surveille la porte scellée. Son Benelli M4 est braqué sur le vide. Le Gamin tremble. Ses mains serrent la crosse de son Glock. La sueur pique ses yeux. Il ne s'essuie pas. Kade s'approche du socle. Il pose sa trousse à outils sur le sol métallique. Le bruit résonne contre les parois. Il sort un stéthoscope électronique. Ses doigts brûlés manipulent les capteurs. Il cherche le mécanisme de verrouillage. Le socle est un cylindre de titane. Il n'y a pas de serrure visible. Kade plaque le capteur contre le métal froid. Il écoute les fréquences. Vick observe la scène. Il ne bouge pas. Ses yeux sont des billes d'acier. Il compte les secondes. L'oxygène diminue. Chaque inspiration est un effort. Les poumons brûlent. Kade sort une sonde à fibre optique. Il l'insère dans une fente millimétrique. L'écran de contrôle affiche des engrenages. C'est de l'horlogerie ancienne. Pas de circuits intégrés. Pas d'informatique. Le mécanisme est purement mécanique. Kade tourne une molette. Un déclic se fait entendre. Le son est sec. Il ressemble à un os qui casse. Le Gamin sursaute. Son doigt frôle la détente. Mira ne tourne pas la tête. Elle reste immobile. Elle est une statue de chair et de kevlar. Kade retire la sonde. Il utilise une pince fine. Il cherche le contrepoids. Le système est sensible à la pression atmosphérique. La soudure thermique des portes a modifié la donne. La pression a monté. Les ressorts sont tendus au maximum. Kade insère un crochet en alliage. Il doit bloquer le percuteur. Sa main droite tremble légèrement. Il la stabilise avec la gauche. Une goutte de sueur tombe de son front. Elle s'écrase sur le titane. Le mécanisme réagit. Un sifflement d'air comprimé emplit la pièce. Le socle pivote de trois degrés. La cloche de verre blindé s'enfonce dans le sol. Le diamant est à portée de main. Kade sourit. Ses dents sont jaunes. Il avance la main vers la pierre. Il ne voit pas la fente latérale. Elle est dissimulée sous le rebord du velours. Le déclencheur est thermique. La chaleur de la main de Kade active le ressort. Une lame de tungstène sort de la fente. Elle se déplace à cent mètres par seconde. Le mouvement est invisible à l'œil nu. Le bruit est celui d'une guillotine. La lame tranche le cuir des gants. Elle coupe la chair. Elle brise les métacarpes. Trois doigts de Kade tombent sur le socle. L'index, le majeur et l'annulaire. Ils rebondissent. Ils glissent sur le velours. Ils s'arrêtent près du diamant. Kade ne crie pas tout de suite. Le choc bloque les récepteurs nerveux. Il regarde ses moignons. Le sang ne coule pas encore. La coupe est trop nette. Puis la pression artérielle reprend le dessus. Le liquide rouge gicle. Il macule le diamant noir. Il asperge le titane. Kade recule en trébuchant. Il serre son poignet droit avec sa main gauche. Un cri rauque sort de sa gorge. C'est un son animal. Il s'effondre sur le sol. Ses jambes battent le métal. Vick ne fait pas un geste pour l'aider. Il regarde les doigts sur le socle. Le sang coule dans les rainures du mécanisme. Le système se bloque. La lame reste sortie. Elle brille sous la lumière crue. Vick s'approche. Il enjambe les jambes de Kade. Il sort un mouchoir en soie de sa poche. Il ramasse le diamant. La pierre est lourde. Elle est froide malgré le sang. Vick essuie la gemme. Il l'examine. Le Nadir ne reflète rien. Il absorbe tout. Le Gamin vomit. Le bruit du liquide sur le sol est écœurant. Il lâche son arme. Le Glock tape le métal. Mira tourne la tête. Ses yeux sont vides. Elle regarde Kade se vider de son sang. Elle ne propose pas de pansement. Elle ne propose pas de garrot. Elle vérifie sa chambre de tir. Une cartouche de chevrotine est prête. Kade halète. Son visage devient gris. Le sang forme une flaque sombre autour de lui. L'odeur de ferraille remplit l'espace clos. Vick range le diamant dans une pochette intérieure. Il regarde sa montre. Dix minutes avant l'ouverture automatique des évents de sécurité. L'air est saturé de gaz carbonique. La vision de Vick se trouble. Il cligne des yeux. Il reste debout. Le Gamin pleure sans bruit. Ses épaules tressautent. Il regarde les doigts de Kade. Ils ressemblent à des saucisses oubliées sur un comptoir. Il ramasse son arme. Ses mains sont moites. Il regarde Vick. Vick ne le regarde pas. Vick regarde la porte. Il attend le signal. Le signal de la fin. Kade s'arrête de bouger. Ses yeux restent ouverts. Ils fixent le plafond. La pupille est dilatée. Le sang s'arrête de gicler. Il coule lentement. La flaque atteint les bottes de Mira. Elle décale son pied de dix centimètres. Elle ne veut pas salir son cuir. Vick sort un carnet. Il raye un nom. Kade est rayé. Il reste trois noms. Vick, Mira, Le Gamin. La division est plus simple maintenant. La part du lion grossit. Vick range le carnet. Il ajuste sa cravate. Le nœud est parfait. Il n'a pas une tache de sang sur son costume. Un grondement sourd vibre dans les murs. Les évents s'ouvrent. Un flux d'air frais pénètre dans le coffre. C'est un air sec. Il sent la poussière et le métal. Le Gamin inspire de grandes bouffées. Il s'étouffe. Il tousse. Vick inspire calmement. Il remplit ses poumons avec méthode. La porte du coffre commence à pivoter. Le mécanisme de soudure thermique se rétracte. Le métal gémit. Des étincelles tombent du linteau. Mira se met en position. Elle épaule son fusil. Elle vise l'ouverture. Elle attend les survivants du hall. Elle attend les cibles. Vick sort son arme. Un Sig Sauer P226. Il vérifie le chargeur. Quinze balles. Il arme la culasse. Le son est métallique. Définitif. Il regarde Le Gamin. Le Gamin comprend. Il lève son Glock. Ses bras tremblent. La visée est instable. Le diamant Nadir est dans la poche de Vick. Il pèse sur son torse. C'est le poids de onze cadavres. C'est le poids de la sortie. Vick fait un pas vers la porte. Il marche sur une phalange de Kade. Le cartilage craque sous sa semelle. Il ne ralentit pas. L'ouverture est large de vingt centimètres. La lumière du hall pénètre dans le coffre. Elle est plus faible. Plus jaune. Vick s'arrête. Il attend que la porte soit totalement ouverte. Il n'aime pas les angles morts. Il n'aime pas les surprises. Mira avance d'un pas. Elle est à côté de Vick. Ils forment un bloc. Le Gamin est en retrait. Il est le point faible. Vick le sait. Mira le sait. Le Gamin le sait aussi. Le sang de Kade commence à figer. Il devient une gelée brune. La lame de tungstène brille toujours sur l'autel de titane. Elle a fait son travail. Elle a pris son tribut. Le Nadir est libre. Les hommes ne le sont pas. La porte s'arrête. Le passage est libre. Le hall est silencieux. La fumée des incinérateurs flotte encore au ras du sol. Vick sort le premier. Son ombre s'étire sur le marbre. Il ne regarde pas en arrière. Kade appartient au coffre maintenant. Il fait partie du décor. Il est une variable éliminée. Vick marche vers la sortie. Ses pas sont réguliers. Il ne court pas. Il ne fuit pas. Il s'en va. Mira le suit. Elle couvre ses arrières. Le Gamin ferme la marche. Il trébuche sur le seuil. Il ne regarde pas le corps de Kade. Il ne regarde pas les doigts. Il regarde le dos de Vick. C'est sa seule boussole. Le coffre reste ouvert derrière eux. La lumière des tubes fluorescents éclaire le vide. Le sang brille sur le titane. Le Nadir est parti. Il ne reste que la limaille et la mort. La banque est un tombeau de luxe. Le marbre attend les prochains. Vick appuie sur la détente une fois. Le Gamin s'effondre. La division est terminée. Vick range son arme. Il continue de marcher. Seul. Fin du chapitre.

Le Secret de Vick

Vick marche sur le marbre blanc. Ses semelles en caoutchouc ne produisent aucun son. Le hall de la Banque Centrale est une cathédrale de pierre froide. L'air est saturé par l'odeur de la viande brûlée. Les incinérateurs industriels fonctionnent sous les dalles. Ils consument les restes du Gamin. La fumée grise rampe au ras du sol. Elle s'enroule autour des chevilles de Vick. Kade suit à trois mètres derrière. L'artificier respire avec difficulté. Ses poumons sont irrités par la limaille de fer. Il porte le sac d'explosifs sur l'épaule droite. Sa main gauche serre une télécommande de détonation. Ses doigts sont des moignons de chair rouge et de cicatrices. Ils arrivent devant la porte du secteur Nord. C'est un bloc d'acier brossé de vingt centimètres d'épaisseur. Les soudures thermiques ont scellé les bords. Le métal est encore chaud. La chaleur fait onduler l'air. Kade s'arrête. Il pose son sac lourdement. Le bruit du nylon sur le marbre résonne dans le vide. Vick se tient droit. Il ajuste son gilet pare-balles. Le Kevlar craque sous le tissu de son costume. Il regarde sa montre de poignet. 09h42. Le timing est respecté. Kade s'agenouille devant la porte. Il sort un pain de C4 de son sac. La pâte explosive est grise. Elle ressemble à de la glaise malléable. Kade la plaque contre la charnière supérieure. Ses mains tremblent légèrement. La sueur coule de son front. Elle s'écrase sur ses lunettes de protection balistique. Il ne dit rien. Il n'a plus de mots. Il ne reste que la tâche technique. Il prépare le circuit de mise à feu. Il insère un détonateur chimique dans la masse grise. Les fils de cuivre brillent sous les lampes halogènes. Vick recule d'un pas. Son ombre s'étire sur le mur latéral. Il observe la nuque de Kade. La peau est grasse. Quelques cheveux gris collent au derme. Vick sort son Sig Sauer P226 de son holster de hanche. Le mouvement est fluide. Il n'y a aucune hésitation mécanique. Le silencieux est déjà vissé sur le canon noir. Vick lève le bras. Le viseur s'aligne sur la base du crâne de l'artificier. L'angle est de quarante-cinq degrés. Le coup part. Le son est une toux sèche. Une percussion étouffée. La balle de 9mm perfore l'os occipital. Elle traverse le cerveau. Elle ressort par l'orbite droite. Kade est projeté contre la porte blindée. Son front heurte l'acier avec un bruit sourd. Son corps glisse lentement vers le sol. Il laisse une traînée de sang sombre sur le métal brossé. Le détonateur tombe de ses mains mortes. Il roule sur le marbre. Vick ne bouge pas. Il observe la flaque qui s'élargit. Le sang est presque noir sous cet éclairage. Il attend dix secondes. Le corps de Kade a un dernier spasme nerveux. Puis le silence revient. Vick range son arme. Il ne ramasse pas les explosifs. Il n'en a pas besoin. Il fouille la poche intérieure de sa veste. Il en sort un terminal numérique compact. Le boîtier est en polymère noir. L'écran LCD s'allume. Vick entre une séquence de seize chiffres. Ses doigts tapent sur les touches avec une précision de métronome. 4-8-1-5-1-6-2-3-4-2-9-0-7-1-1-5. C'est le code de déverrouillage d'urgence. Le code des architectes. Le code de ceux qui ont conçu le piège. Un grondement sourd monte des profondeurs du bâtiment. Les pompes hydrauliques s'activent. Le liquide sous pression circule dans les conduits de cuivre. Les verrous de titane se rétractent à l'intérieur des murs. Le bruit est celui d'une machinerie lourde. Un déclic métallique final signale l'ouverture. La porte Nord s'entrouvre de dix centimètres. Un courant d'air frais s'engouffre dans le hall. Il chasse l'odeur de mort. Vick range le terminal. Il ramasse le sac de Kade. Il en extrait une grenade fumigène. Il tire sur la goupille. Le métal tinte sur le sol. Il lâche la grenade derrière lui. Une fumée blanche et épaisse se déverse. Elle sature l'espace en quelques secondes. Vick franchit le seuil de la porte. Il ne regarde pas en arrière. Mira est à vingt mètres. Elle est accroupie derrière une colonne de marbre massif. Elle a tout vu. Son œil gauche est collé à l'optique de son Benelli M4. Elle a vu le tir de Vick. Elle a vu la chute de Kade. Elle n'a pas bougé. Son rythme cardiaque est bas. Quarante-huit battements par minute. Elle est une machine de surveillance. Son oreille valide capte les bruits de la machinerie. Elle comprend la trahison. Vick possède les codes. Il a éliminé les variables inutiles. Kade était une clé de secours. Le Gamin était un poids mort. Mira quitte son abri. Elle se déplace dans la fumée. Ses mouvements sont latéraux. Elle évite le centre du couloir. Elle atteint le corps de Kade. Elle enjambe le cadavre sans le regarder. Elle voit la porte ouverte. La lumière du jour filtre à travers l'entrebâillement. C'est une lumière crue. Elle blesse les yeux après deux heures d'obscurité. Mira ajuste la sangle de son fusil à pompe. Elle vérifie la chambre. Une cartouche de chevrotine est engagée. Elle franchit la porte à son tour. Elle débouche dans le sas de livraison. Le plafond est haut. Des camions de transport de fonds sont garés en épi. Ils sont vides. Vick est déjà loin dans la zone d'ombre du parking souterrain. Mira repère ses traces de pas sur le béton poussiéreux. Les semelles de Vick laissent des marques régulières. Mira suit les marques. Elle garde son arme à l'épaule. Elle ne court pas. La précipitation est une erreur de débutant. Le parking est un labyrinthe de piliers en béton brut. L'humidité suinte des murs. Des gouttes d'eau tombent des canalisations au plafond. Le bruit de chaque goutte est une détonation dans le silence. Mira s'arrête. Elle utilise son œil droit pour scanner les angles. Elle cherche la silhouette du costume trois-pièces. Elle cherche la cicatrice sur la glotte. Vick est près d'une berline noire. Il ouvre le coffre. Il y dépose le diamant Nadir. La pierre est enfermée dans une boîte en plomb. Il ne manipule pas l'objet avec précaution. C'est une marchandise. Il sort une télécommande de sa poche. Il déverrouille le véhicule. Les feux de détresse clignotent deux fois. Le orange illumine le béton gris. Mira épaule son Benelli. Elle vise le réservoir de la berline. Elle est à trente mètres. La distance est optimale pour la dispersion des billes de plomb. Elle retient sa respiration. Elle presse la détente. Le coup de feu déchire le silence du parking. Le recul percute son épaule. La déflagration est assourdissante dans l'espace clos. Le réservoir explose. Une boule de feu orange et noire enveloppe l'arrière du véhicule. Vick est projeté en avant par le souffle. Il roule sur le béton. Son costume est maculé de suie. Mira avance. Elle pompe une nouvelle cartouche. Le bruit mécanique du métal contre le métal est sec. Elle ne quitte pas Vick des yeux. Il se relève lentement. Il a perdu son arme dans l'explosion. Il se tient le bras gauche. Le sang coule sur sa chemise blanche. Il regarde Mira. Son visage reste de marbre. Il n'y a pas de colère. Il n'y a pas de peur. Il y a seulement le constat d'un nouvel obstacle. Vick crache au sol. Le liquide est rouge. Il a une côte cassée. Il s'appuie contre un pilier. Il regarde l'incendie qui dévore la voiture et le diamant. Le Nadir est indestructible, mais il est maintenant au cœur d'un brasier de mille degrés. Mira s'arrête à cinq mètres. Elle pointe le canon du Benelli sur le visage de Vick. Elle voit la cicatrice sur sa glotte. Elle voit les yeux gris du planificateur. Vick ouvre la bouche. Il ne parle pas. Il sourit. C'est un mouvement de lèvres sans joie. Il porte sa main droite à sa ceinture. Mira presse la détente une seconde fois. La charge de chevrotine frappe la poitrine de Vick. Le gilet pare-balles stoppe les billes, mais l'énergie cinétique brise le sternum. Vick est cloué contre le pilier. Il glisse au sol. Ses poumons s'affaissent. Mira s'approche. Elle place le canon sous le menton de Vick. Elle sent la chaleur du métal contre sa propre peau. Elle appuie. Le crâne de Vick explose contre le béton. La cervelle et les fragments d'os se mélangent à la poussière du parking. Mira range son arme. Elle regarde l'incendie. Le Nadir est là-dedans. Elle ne fera pas l'effort de le récupérer. Elle se détourne. Elle marche vers la rampe de sortie. Ses pas sont réguliers. Elle sort dans la rue. Le soleil de 10h00 est violent. Elle ne regarde pas en arrière. La banque est un tombeau scellé. Elle est la seule variable restante. Fin du chapitre.

L'Oreille Sourde

Mira retire ses bottes. Elle pose ses pieds à plat sur le marbre. Le froid de la pierre remonte dans ses chevilles. Son oreille droite capte le bourdonnement des ventilateurs. Son oreille gauche ne capte rien. Le silence est une masse physique. Elle plaque sa paume contre une colonne. Le bâtiment vibre. Une onde traverse le sol. Un choc sec. Une botte ferrée à vingt mètres. Mira saisit son Benelli M4. La crosse en polymère est rugueuse. Elle vérifie la chambre. Une cartouche de calibre 12 est engagée. Le culot de laiton brille dans l'ombre. Elle ne regarde pas le viseur. Elle suit la ligne du canon. Un homme apparaît au bout du couloir. Il porte un treillis gris. Son fusil d'assaut balaie l'espace. Il marche avec lourdeur. Le marbre amplifie chaque impact. Mira ne bouge pas. Elle attend que l'homme dépasse l'angle mort. Elle compte les battements de son propre pouls. Soixante par minute. L'homme pivote. Son épaule dépasse du pilier. Mira presse la détente. Le recul frappe son épaule. La détonation déchire l'air. Neuf grains de chevrotine percutent le thorax de la cible. Le gilet pare-balles se déchire. L'homme est projeté contre le mur. Son casque heurte le marbre avec un bruit métallique. Il glisse. Une traînée sombre marque la paroi. Mira recharge. Elle insère une nouvelle cartouche dans le tube magasin. Le ressort oppose une résistance précise. Elle avance vers le corps. L'homme respire encore. Un sifflement sort de sa trachée. Mira ne le regarde pas dans les yeux. Elle pointe le canon vers le bas. Elle tire une seconde fois. Le sifflement s'arrête. Elle s'accroupit. Elle pose ses doigts sur le sol. Une nouvelle vibration arrive du hall principal. Deux hommes. Ils courent. Les ondes sont rapides et désordonnées. Mira change de position. Elle se glisse derrière un comptoir en chêne. L'odeur de la cire se mélange à celle de la poudre. Les deux hommes entrent dans la zone. Ils voient le cadavre. Le premier crie un ordre. Mira n'entend pas les mots. Elle voit le mouvement de sa mâchoire. Le second homme pointe son arme vers le plafond. Il tire une rafale. Le plâtre tombe en flocons blancs. Mira attend. Elle observe les reflets sur les vitres des bureaux. Le premier homme s'approche du corps. Il baisse sa garde. Mira se redresse. Elle tire deux fois. La première charge frappe le ventre. La seconde emporte la mâchoire. L'homme tombe en arrière. Ses jambes s'agitent dans un spasme nerveux. Le second tireur se cache derrière une poubelle en inox. Les balles de 5.56 percent le bois du comptoir. Les éclats de chêne volent autour de Mira. Elle sent une coupure sur sa joue. Elle ne porte pas la main à sa blessure. Elle glisse sur le côté. Elle rampe sur le marbre. Elle contourne le tireur par la gauche. Son oreille sourde est tournée vers lui. Elle utilise sa vision périphérique. L'homme recharge son chargeur. Le clic du métal est le signal. Mira se lève. Elle franchit la distance en trois foulées. L'homme lève son arme. Trop tard. Mira enfonce le canon du Benelli dans son plexus. Elle appuie sur la détente. L'énergie cinétique vide les poumons de l'adversaire. Il s'effondre. Mira vérifie ses munitions. Il reste trois cartouches dans le tube. Elle fouille les poches du mort. Elle trouve deux cartouches de calibre 12. Elle les insère dans son arme. Ses mouvements sont mécaniques. Ses doigts ne tremblent pas. Elle se dirige vers la salle des coffres. Les incinérateurs sous le sol s'activent. Une chaleur lourde monte des grilles d'aération. L'air devient sec. La poussière de béton pique les yeux. Mira voit une ombre près de l'entrée du coffre. C'est un homme de grande taille. Il tient un bouclier balistique. Mira ne tire pas. La chevrotine rebondirait sur le polycarbonate. Elle cherche une faille. L'homme avance lentement. Il protège ses jambes. Mira ramasse une douille vide au sol. Elle la lance vers la droite. La douille tinte sur le marbre. L'homme pivote son bouclier vers le bruit. Mira tire dans l'espace exposé. La charge de plomb frappe le côté du cou. L'artère carotide est sectionnée. Le sang gicle sur le bouclier transparent. L'homme lâche son équipement. Il porte ses mains à sa gorge. Il s'écroule sur les genoux. Mira s'approche. Elle finit le travail d'une balle dans la nuque. Le silence revient. Mira pose son front contre le métal froid d'une porte. Elle ferme les yeux. Elle ressent les battements du bâtiment. Plus aucune vibration humaine. Les moteurs des incinérateurs tournent à plein régime. Les corps seront bientôt des cendres. Elle marche vers le centre de la pièce. Le diamant Nadir repose sur son socle. La pierre est noire. Elle absorbe la lumière des lampes de secours. Mira ne tend pas la main. Elle regarde l'objet. C'est un morceau de carbone. Des hommes sont morts pour ce carbone. Elle entend un bruit sourd. Une détonation lointaine. Kade a activé ses charges. Le sol tremble violemment. Des fissures apparaissent sur les dalles de marbre. Mira garde son équilibre. Elle écarte les jambes. Elle baisse son centre de gravité. Elle se dirige vers l'escalier de service. Les marches sont en acier. Le bruit de ses pas change de tonalité. Elle monte vers le premier étage. Elle croise un dernier garde. Il est blessé. Il tient ses intestins à deux mains. Il regarde Mira. Il essaie de dire quelque chose. Mira ne s'arrête pas. Elle lui tire une balle dans le front sans ralentir. Elle atteint le palier. La porte de secours est soudée. La limaille de fer brille sur les bords. Mira utilise la crosse de son fusil. Elle frappe le panneau de contrôle. Les fils électriques se touchent. Des étincelles jaillissent. Le mécanisme de verrouillage lâche. Elle entre dans le bureau de la direction. Les murs sont couverts de cuir. Elle voit Vick à travers la vitre. Il est dans le parking. Elle se souvient de la scène. Elle se souvient du tir. Elle se souvient de l'explosion du crâne contre le béton. Mira regarde ses mains. Elles sont couvertes de suie et de sang séché. Elle nettoie le canon de son arme avec un morceau de rideau. Elle vérifie une dernière fois le secteur. Le bâtiment est un tombeau. Elle est le seul moteur encore en marche. Elle descend vers le garage. L'odeur d'essence est forte. Elle passe devant le corps de Vick. Les fragments d'os sont éparpillés sur trois mètres. Elle ne ralentit pas. Elle ne ressent rien. Son cerveau traite les données. Sortie libre. Munitions faibles. Objectif atteint. Elle franchit la rampe. La lumière du jour frappe son visage. Ses pupilles se contractent instantanément. Elle range son Benelli sous son manteau long. Elle marche sur le trottoir. Les passants ne la regardent pas. Elle est une ombre parmi les ombres. Elle tourne au coin de la rue. Elle jette son arme dans une benne à ordures. Le métal sonne contre le fer blanc. Elle continue de marcher. Ses pas sont réguliers. Elle ne regarde jamais en arrière. Le cycle est terminé.

La Chute du Gamin

Le Gamin court sur le marbre blanc. Ses semelles en caoutchouc crissent. Le silence de la banque est lourd. Un déclic mécanique résonne sous ses pieds. Les plaques de pierre glissent sur des rails lubrifiés. Le sol se dérobe. Le Gamin bascule en arrière. Son centre de gravité franchit la ligne de rupture. Ses bras moulinent dans le vide. Son dos frappe le rebord opposé. L'impact expulse l'air de ses poumons. Il glisse dans l'ouverture. La fosse mesure quatre mètres de large. Les parois sont en acier inoxydable brossé. Le Gamin lance ses mains en avant. Ses ongles raclent le métal froid. Il trouve une prise sur le rebord de la dalle fixe. Ses phalanges se verrouillent sur l'arête vive. Le reste de son corps pend dans le noir. Sous lui, le système d'incinération s'active. Les brûleurs industriels crachent du propane. Les injecteurs sifflent. Une lueur orange monte du fond. La température grimpe de vingt degrés par seconde. L'air devient une masse solide. Le Gamin ferme les yeux. Les paupières ne suffisent pas. La chaleur traverse la peau. Les capillaires de son visage éclatent. Le derme rougit. Des cloques se forment sur ses pommettes. Il sent l'odeur de ses propres cheveux qui roussissent. La kératine brûlée sature ses narines. Ses poumons brûlent à chaque inspiration. L'oxygène se raréfie. Le dioxyde de carbone remplace l'air pur. Ses doigts souffrent. Le métal du rebord emmagasine la chaleur des brûleurs. L'acier devient un fer à repasser. La chair des paumes grésille. Le Gamin ne lâche pas. Ses tendons sont des câbles d'acier sous tension. Ses muscles deltoïdes brûlent. L'acide lactique paralyse ses épaules. Il pèse soixante-dix kilos. La gravité tire sur ses vertèbres. Il contracte ses abdominaux. Il lève une jambe. Sa chaussure cherche un appui sur la paroi lisse. Le caoutchouc fond contre l'inox. Il laisse une trace noire et gluante. Le Gamin hurle. Le son meurt dans sa gorge sèche. Sa langue colle à son palais. Il tire sur ses bras. Son menton dépasse le niveau du sol. Il voit le hall de la banque. Le marbre est calme. Les douilles de laiton jonchent le sol. Il voit son pistolet à deux mètres. L'arme brille sous les plafonniers. Il doit atteindre cette surface. Il déplace sa main droite. Il gagne cinq centimètres. Ses doigts glissent sur le sang et la sueur. Il plante ses ongles dans une rainure du mécanisme. Les flammes en bas atteignent leur régime de croisière. Le vrombissement est celui d'un réacteur d'avion. La colonne d'air chaud le pousse vers le haut mais consume ses tissus. Ses vêtements en polyester fondent. Les fibres synthétiques collent à ses cuisses. La douleur est un signal électrique continu. Son cerveau traite l'information. Il refuse de lâcher. Il bascule son torse vers l'avant. Il appuie son sternum contre l'arête du sol. Il rampe. Ses coudes s'écorchent sur le marbre. Il ramène son genou gauche sur la surface solide. Il bascule son poids. Il roule sur le côté. Il s'éloigne de la fosse. Le mécanisme de fermeture se déclenche. Les dalles de marbre reviennent à leur position initiale. Le choc des plaques scelle le trou. Le bruit est sec. Le Gamin s'allonge sur le dos. Il regarde le plafond. Les dalles de faux plafond sont immaculées. Il respire par petites bouffées. Sa poitrine se soulève avec difficulté. Son visage est une plaie ouverte. La peau pend par lambeaux sur son front. Il ne sent plus ses mains. Elles sont noires. Le sang coule de ses avant-bras. Il tourne la tête. Il voit son reflet dans une paroi de verre sécurit. Il ne reconnaît pas ses traits. Il n'a plus de sourcils. Ses lèvres sont gonflées. Il ressemble à une pièce de viande oubliée sur un gril. Il se redresse sur les coudes. Chaque mouvement déchire les croûtes naissantes. Il rampe vers son arme. Ses doigts ne peuvent plus saisir la crosse correctement. Il utilise ses deux paumes pour presser le métal. Il range le pistolet dans sa ceinture. La brûlure du canon contre sa hanche est négligeable. Il a dépassé le seuil de saturation nerveuse. Il se lève. Ses jambes tremblent. Ses rotules claquent. Il marche vers le centre du hall. Ses pas laissent des empreintes de sang et de plastique fondu. Il regarde ses mains. Les terminaisons nerveuses sont détruites. Il ne ressent plus le froid de la climatisation. Il ne ressent plus rien. Il est une machine biologique endommagée. Il vérifie son chargeur. Il reste huit cartouches. Neuf millimètres Parabellum. Pointes creuses. Le Gamin observe les caméras de surveillance. Les lentilles pivotent. Elles suivent ses mouvements. Il sait que Vick regarde. Il sait que Mira est ailleurs. Il est seul dans la zone de mort. Il crache un mélange de salive et de sang sur le marbre. Le liquide s'étale. Il ne tremble plus. La panique a disparu avec sa peau. Il reste l'os et la volonté. Il se dirige vers l'escalier de service. Ses mouvements sont mécaniques. Il monte les marches une par une. Le bruit de ses bottes résonne dans la cage d'escalier. Il ne cherche plus à se cacher. Il veut trouver Vick. Il veut trouver la sortie. Il veut le diamant. Le Gamin n'existe plus. Il reste un prédateur brûlé. Il pousse la porte coupe-feu. Le métal grince. Il entre dans le couloir des bureaux. Les moquettes étouffent ses pas. L'odeur de l'ozone et du papier plane ici. Il avance. Le canon de son arme pointe vers le sol. Il attend le prochain mouvement du bâtiment. La banque est vivante. Lui aussi. Pour l'instant.

Le Duel des Ombres

Vick s'adosse au caisson d'un bureau en métal. L'acier est froid contre son gilet pare-balles. Il vérifie l'alignement de ses organes de visée. Son Sig Sauer P226 contient quinze cartouches. Une balle repose déjà dans la chambre. Il respire par le nez. Le rythme est lent. Régulier. Il observe le reflet d'une cloison vitrée. Mira progresse dans l'allée centrale. Ses bottes tactiques ne produisent aucun son sur le tapis. Elle incline la tête sur la gauche. Son oreille valide capte le sifflement de la climatisation. Elle voit une ombre bouger sur le linoléum. Elle pivote. Le Benelli M4 monte à l'épaule. Elle presse la détente. Le recul secoue son bras droit. La cartouche de calibre 12 libère neuf grains de plomb. Le jet pulvérise un écran d'ordinateur. Les cristaux liquides coulent sur le clavier. Vick n'est plus là. Il a basculé derrière une rangée de classeurs. Il tire trois fois en cadence. Les impacts perforent le carton des dossiers. Des feuilles de papier volent dans la pièce. Elles retombent comme de la neige grise. Mira plonge derrière un canapé en cuir. Elle sent le souffle d'un projectile près de sa tempe. Elle ne panique pas. Ses yeux scannent l'espace sous les bureaux. Elle cherche des pieds. Des chaussures. Elle voit le bout d'un richelieu noir. Elle ajuste son tir. Le cuir du canapé explose sous le retour de flamme. La chevrotine laboure le sol. Vick retire sa jambe juste à temps. Il se redresse. Il utilise une armoire métallique comme bouclier. Il tire à travers la paroi fine. Le métal résonne. Mira rampe vers une colonne porteuse. Elle change d'angle. Elle insère deux nouvelles cartouches dans le tube magasin de son fusil. Ses gestes sont précis. Mécaniques. La poussière de plâtre sature l'atmosphère. Elle pique les yeux. Vick sort un fumigène de sa poche. Il dégoupille. Il lance l'objet vers le centre de l'open space. Une fumée blanche et épaisse se déploie. Elle occulte les lignes de vue. Vick met son masque à gaz. Les sangles serrent son crâne. Il entend son propre souffle dans les filtres. Mira perd le contact visuel. Elle se plaque contre le béton de la colonne. Elle sait que Vick bouge. Elle ne l'entend pas. Elle observe les remous de la fumée. Un mouvement circulaire indique un déplacement d'air. Elle tire au jugé. Le bruit de la détonation est assourdissant dans l'espace clos. Vick contourne par la droite. Il utilise le bruit du fusil pour couvrir ses pas. Il voit la silhouette de Mira à travers le brouillard blanc. Il vise le flanc. Il presse la détente deux fois. Le premier projectile frappe le Kevlar. Le second trouve la chair. Mira bascule en avant. La balle de 9mm a traversé le muscle deltoïde. Le sang gicle sur le béton gris. Il est rouge vif. Presque noir sous cette lumière. Elle ne lâche pas son arme. Elle roule sur elle-même. Elle se cache derrière un chariot de courrier. Elle presse sa main gauche sur l'orifice d'entrée. Le liquide chaud s'infiltre entre ses doigts. Vick avance avec prudence. Il garde son arme à deux mains. Il ne parle pas. Il ne propose pas de reddition. Il vérifie chaque recoin. Il voit les gouttes de sang sur le sol. Elles forment une piste discontinue. Il suit les taches. Mira déchire une manche de sa chemise avec ses dents. Elle serre le tissu autour de son bras. Le nœud est ferme. La douleur est une information thermique. Elle ignore le signal. Elle prend son pistolet Glock 17 de la main droite. Le Benelli est trop encombrant pour ce volume de fumée. Elle attend. Elle regarde sous le chariot. Elle voit les semelles de Vick. Il est à trois mètres. Elle tire à travers le bas du chariot. Le métal siffle. Vick saute sur un bureau. Il riposte par le haut. Les balles perforent le plateau en bois. Mira glisse sur le côté. Elle se redresse. Leurs regards se croisent un instant à travers la fumée qui se dissipe. Les yeux de Vick sont vides. Ceux de Mira sont fixes. Vick tire. Mira s'abaisse. Elle lance une agrafeuse lourde vers la gauche. Vick tourne la tête vers le bruit. Mira bondit vers la sortie de secours. Elle laisse une traînée sombre sur la moquette. Elle franchit la porte. Le battant se referme. Vick s'arrête devant le seuil. Il regarde l'impact sur son gilet. La plaque de céramique est brisée. Il retire le masque à gaz. Il respire l'air chargé de poudre. Il recharge son chargeur. Il ramasse une douille vide. Il la glisse dans sa poche. Le couloir est vide. Le silence revient. Seul le cliquetis d'un ventilateur d'ordinateur brise le calme. Vick marche vers l'escalier. Il ne court pas. Il économise son oxygène. La chasse continue. Mira s'arrête dans la cage d'escalier. Elle s'assoit sur une marche. Elle vérifie son pansement de fortune. Le tissu est saturé. Elle respire par saccades. Elle recharge son Glock. Elle regarde vers le haut. Les caméras pivotent toujours. Le Gamin est quelque part. Vick est derrière elle. Elle sourit sans montrer ses dents. Ses gencives sont rouges. Elle se relève. Elle appuie son épaule valide contre le mur. Elle monte. Chaque étage est une nouvelle zone de tir. Elle connaît la structure du bâtiment. Elle connaît les angles morts. Elle attend le prochain contact. Vick atteint le palier. Il voit les traces de doigts ensanglantés sur la rampe. Il ne se presse pas. Il sait que Mira va ralentir. La perte de sang réduit les réflexes. Il ajuste ses gants. Il vérifie sa montre. 09h42. Le temps s'écoule. Le diamant attend dans la chambre forte. Les morts s'accumulent. Il pousse la porte du douzième étage. Le couloir est long. Les bureaux de la direction sont ici. Le marbre remplace la moquette. Les bruits de pas résonnent davantage. Vick retire ses chaussures. Il avance en chaussettes noires. Il devient un spectre. Mira entend une vibration dans le sol. Elle se fige. Elle éteint sa lampe torche. L'obscurité est totale. Elle utilise sa vision périphérique. Elle voit une lueur faible au bout du couloir. Une diode de photocopieuse. Elle vise la zone d'ombre à côté. Vick lance une pièce de monnaie. Le métal tinte sur le marbre. Mira ne tire pas. Elle connaît le truc. Elle attend le mouvement réel. Vick rampe sur le ventre. Il passe sous la ligne de tir probable. Il voit la silhouette de Mira découpée par la lumière de secours. Il vise le genou. Il tire. Mira bascule. Elle lâche un grognement sec. Elle riposte en arrosant le couloir. Les balles de 9mm ricochent sur les parois en marbre. Les étincelles illuminent brièvement la scène. Vick se plaque contre le sol. Il attend la fin du chargeur. Le percuteur de Mira frappe dans le vide. Clic. Vick se lève. Il pointe son arme. Mira sort un couteau de combat de sa botte. Elle se tient accroupie. Malgré la blessure. Malgré le sang. Elle est prête à bondir. Vick baisse légèrement son arme. Il regarde la plaie à l'épaule de Mira. Il regarde son genou. Il range son Sig Sauer dans son holster. Il sort son propre couteau. Une lame fixe de dix centimètres. Noire. Mate. Ils s'observent. Le silence est lourd. La fumée des tirs précédents flotte encore. Mira attaque la première. Elle vise la gorge. Vick pare avec son avant-bras renforcé. Il contre-attaque par un coup de pied au ventre. Mira encaisse. Elle recule de deux pas. Elle change de main. Elle feinte à gauche. Elle frappe à droite. La lame entaille le costume de Vick. Le tissu se déchire. Une ligne rouge apparaît sur son torse. Vick ne cille pas. Il saisit le poignet de Mira. Il tord. Les os craquent. Mira ne lâche pas le couteau. Elle donne un coup de tête. Le nez de Vick explose. Le sang coule dans sa bouche. Il a un goût de fer. Vick lâche prise. Mira retombe au sol. Elle rampe vers son pistolet. Vick lui écrase la main avec sa botte. Il appuie de tout son poids. Mira serre les dents. Elle utilise son autre main pour planter son couteau dans le mollet de Vick. Il recule en boitant. Il reprend son arme. Mira fait de même. Ils se visent mutuellement. À bout portant. Une explosion retentit à l'étage inférieur. Le sol tremble. Les vitres restantes volent en éclats. Kade vient de déclencher une charge. La diversion fonctionne. Vick et Mira se regardent. Ils savent que le temps est écoulé. Vick fait un pas en arrière. Il garde son arme braquée sur Mira. Il atteint l'ascenseur de service. Il appuie sur le bouton. Les portes s'ouvrent. Il entre. Mira ne tire pas. Elle n'a plus de munitions. Elle le regarde disparaître derrière les portes en inox. Elle reste seule sur le marbre. Elle respire lourdement. Elle regarde ses mains. Elles sont rouges. Elle regarde le couloir. Le Gamin apparaît au bout. Il tient son arme à deux mains. Il tremble. Mira ramasse son couteau. Elle se relève péniblement. Elle fixe le jeune homme. Elle ne dit rien. Elle attend. Le Gamin lève son pistolet. Son doigt hésite sur la détente. Le bâtiment grince. Les incinérateurs s'activent au sous-sol. L'odeur de la chair brûlée remonte par les conduits. La banque digère ses premiers cadavres. Mira fait un pas vers le Gamin. Elle boite. Son ombre s'étire sur le marbre ensanglanté. Elle est toujours un prédateur. Même blessée. Surtout blessée.

Hémorragie

Vick franchit le seuil du coffre. Ses bottes crissent sur les douilles de 9mm. L'air est saturé de poudre brûlée. Il avance vers le centre de la pièce. Le Nadir est là. La pierre repose sur un piédestal de titane. Elle capte la lumière crue des plafonniers. Le diamant est rouge. Le sang a séché en croûtes sombres sur les facettes. Vick tend une main gantée. Il saisit le cristal. La surface est visqueuse. Il frotte la pierre contre sa manche en laine. Le tissu absorbe l'hémoglobine. Le diamant retrouve sa clarté froide. Vick le glisse dans sa poche intérieure. Le poids déforme la coupe de son veston. Un déclic mécanique résonne derrière lui. Vick pivote sur ses talons. Le Gamin se tient dans l'encadrement de la porte. Il ne tremble plus. Ses épaules sont basses. Son regard est fixe. Il tient son Glock 17 à deux mains. Le canon est stable. Le Gamin a tué. Cela se voit à sa posture. L'innocence a quitté son visage. Il ne reste que la mécanique du tir. La peur a laissé place à une absence totale de sentiment. Vick ne bouge pas. Ses mains restent visibles. Il évalue la distance. Six mètres. Trop loin pour un désarmement manuel. Trop près pour espérer un raté. Le Gamin serre la crosse. Ses phalanges blanchissent sous la pression. Il n'y a pas de haine dans ses yeux. Juste une nécessité biologique. Le gosse veut survivre. "Donne-le moi," dit le Gamin. Sa voix est monocorde. Elle n'a plus de timbre. Vick esquisse un mouvement de tête vers sa poche. "Tu ne sauras pas quoi en faire," répond Vick. Sa voix est un râle sec. Le Gamin fait un pas en avant. Ses semelles collent au marbre. Le sang fait un bruit de succion à chaque mouvement. "Je sortirai d'ici," dit le Gamin. Il lève l'arme. Le guidon s'aligne sur le plexus de Vick. Au-dessous, les incinérateurs montent en régime. Les vibrations font trembler les parois de verre. La température grimpe de deux degrés. La sueur perle sur le front de Vick. Elle coule dans ses yeux. Il ne cille pas. Il observe l'index du Gamin. Le doigt se contracte sur la queue de détente. Le mouvement est lent. Délibéré. Vick plonge sur le côté gauche. Le coup de feu déchire le silence. La détonation sature l'espace clos. La balle siffle près de son oreille. Elle percute le coffre-fort derrière lui. Le plomb s'écrase sur l'acier blindé. Vick roule sur le sol. Il sort son Colt. Il tire deux fois en direction de la porte. Le Gamin bascule derrière un pilier de soutien. Les impacts de balles font éclater le revêtement de marbre. La poussière de pierre sature l'atmosphère. Le Gamin riposte. Il vide son chargeur par rafales courtes. Il applique les procédures de base. Un, deux. Pause. Un, deux. Il ne panique plus. Il cherche l'angle mort. Vick rampe derrière le socle du Nadir. Le titane le protège des projectiles. Il vérifie son chargeur. Trois balles restantes. Le silence revient brusquement. Il est lourd. Seul le ronflement sourd des brûleurs persiste dans les conduits. L'air devient rare. Les soudures thermiques ont scellé le bâtiment hermétiquement. L'oxygène diminue à chaque détonation. Vick respire par la bouche. Il économise ses mouvements. Il entend le bruit du métal contre le sol. Le Gamin change de chargeur. Le clic est net. Le plastique heurte le marbre. "Mira est morte," lance Vick. C'est un mensonge tactique. Il cherche une réaction. Un bruit. Un souffle. Le Gamin ne répond pas. Il est devenu un fantôme. Vick se redresse brusquement. Il tire une balle vers le bord du pilier. Le Gamin surgit de l'autre côté. Il tire simultanément. Vick sent un choc violent à l'épaule. La force de l'impact le projette contre le mur. Son bras gauche devient lourd. La chaleur du sang se répand sous son gilet. Le Gamin s'avance à découvert. Il marche avec une assurance nouvelle. Il pointe son arme vers la tête de Vick. Vick lève son Colt. Sa main tremble. Il presse la détente. Le percuteur frappe dans le vide. Enrayage. Vick lâche l'arme. Elle glisse sur le sol ensanglanté. Le Gamin s'arrête à deux mètres. Il regarde Vick. Il regarde la tache de sang qui s'étend sur l'épaule du planificateur. "Le diamant," ordonne le Gamin. Vick plonge la main dans sa poche. Il sort le Nadir. Il le tient entre le pouce et l'index. La pierre brille. Elle semble absorber la lumière de la pièce. "Prends-le," dit Vick. Il lance le diamant au sol. La pierre roule vers le Gamin. Elle s'arrête contre sa chaussure. Le Gamin baisse les yeux une fraction de seconde. C'est l'erreur. Vick sort un couteau de sa botte. Il se propulse en avant. Le Gamin relève son arme. Vick saisit le canon. Il le dévie vers le haut. Le coup part dans le plafond. Vick enfonce la lame sous le sternum du Gamin. Il pousse fort. Il remonte le couteau vers le cœur. Le Gamin lâche son pistolet. Ses mains se referment sur le poignet de Vick. Ses yeux s'écarquillent. Il n'y a pas de cri. Juste un sifflement d'air dans ses poumons perforés. Vick maintient la pression. Il regarde le gosse dans les yeux. Il voit la vie s'éteindre. Les pupilles se dilatent. La tension quitte les muscles du Gamin. Vick retire la lame. Le corps du Gamin s'effondre sur le marbre. Il tombe sur le Nadir. Le sang frais recouvre à nouveau la pierre. Vick s'appuie contre le pilier. Il halète. Sa blessure à l'épaule brûle. Il déchire sa chemise. Il improvise un pansement compressif. La douleur est une information technique. Il l'ignore. Le sol vibre plus fort. Les capteurs de mouvement ont détecté la fin du combat. Les trappes d'évacuation s'ouvrent au pied du pilier. Le corps du Gamin glisse lentement vers l'abîme. Les flammes orangées lèchent le bord de l'ouverture. La banque digère sa proie. L'odeur de chair brûlée remonte par les conduits. Elle est âcre. Elle prend à la gorge. Vick se penche. Il ramasse le Nadir. Il le nettoie une seconde fois avec un morceau de tissu propre. La pierre est intacte. Il ramasse le Glock du Gamin. Il vérifie la chambre. Une balle est engagée. Il range l'arme à sa ceinture. Il quitte la chambre forte. Il marche dans le couloir. Les lumières de secours clignotent. Le rouge sature l'espace. Il vérifie sa montre. 09h42. Le temps presse. L'oxygène est à 12 %. Ses poumons brûlent à chaque inspiration. Il avance vers l'escalier de service. Chaque pas est un effort calculé. Le marbre est glissant. La limaille de fer recouvre les cadavres des gardes. Il entend un frottement de métal. Mira est là. Elle est assise contre le mur du hall. Elle tient son Benelli M4. Le canon repose sur ses genoux. Elle n'a plus de cartouches. Elle regarde Vick. Elle voit la forme du diamant dans sa poche. Elle ne bouge pas. Elle n'a plus la force de se lever. Son visage est livide. Vick passe devant elle. Il ne s'arrête pas. Il ne dit rien. Mira ferme les yeux. Elle respire l'odeur de la mort qui sature le bâtiment. Vick monte les marches. Il ne se retourne pas. La banque est un tombeau de luxe. Le Nadir est le seul témoin. Il atteint le dernier étage. La porte de secours est soudée. Le métal est bleui par la chaleur des torches automatiques. Vick sort une charge de C4 de son sac. Kade l'avait préparée pour ce cas de figure. Il fixe l'explosif sur les gonds supérieurs. Il connecte le détonateur électronique. Il recule de cinq mètres. Il se plaque contre le mur porteur. L'explosion souffle la porte. Les débris de métal volent dans le couloir. L'air frais de l'extérieur s'engouffre dans le bâtiment. Vick aspire une grande goulée. Ses poumons lui font mal. Il sort sur le toit. L'air est froid. Le ciel est gris de pollution. Il marche vers le bord du parapet. En bas, les sirènes hurlent. Les gyrophares découpent l'obscurité de la rue. Les forces d'intervention encerclent le périmètre. Vick ne regarde pas en bas. Il regarde l'horizon. Il sort le Nadir. Le diamant brille sous la lumière naturelle. Il est parfait. Il est pur. Il est le prix du massacre. Vick range la pierre. Il descend par l'échelle d'incendie. Ses mouvements sont précis. Il n'a pas de remords. Il a un plan de sortie. La banque brûle derrière lui. Les incinérateurs ont fini leur travail. Il ne reste que des cendres, du sang et un diamant.

L'Épuration Finale

Mira glisse le long de la paroi en acier brossé. Ses semelles tactiques ne font aucun bruit sur le marbre. Elle tient son Benelli M4 par la poignée pistolet. La crosse est calée fermement dans le creux de son épaule droite. Son œil valide scrute les angles morts. La visibilité est réduite à dix mètres. La fumée des grenades fumigènes sature l'air. Elle sent l'odeur âcre du phosphore. Son oreille gauche siffle. Elle n'entend que son propre pouls. Le rythme est rapide. Cent-vingt battements par minute. Vick est à découvert. Il se tient près du socle du Nadir. Le diamant est une masse sombre sous la lumière défaillante. Vick a perdu son veston. Sa chemise blanche est collée à sa peau par la sueur. Le gilet pare-balles est lourd. Il pèse sur ses poumons. Vick comprime sa blessure abdominale. Le sang est noir sous cet éclairage. Il coule entre ses doigts. Il tache le marbre blanc. Vick regarde la pierre. Il ne regarde pas les ombres. Ses lèvres bougent sans émettre de son. Le Gamin est à vingt mètres. Il est accroupi derrière un comptoir de réception. Le marbre du comptoir est criblé d'impacts de balles. Il tient son Glock 17 à deux mains. L'arme tremble. Le Gamin a les yeux fixes. Il regarde le corps de Kade, étendu un peu plus loin. Kade est mort. Ses mains brûlées sont figées dans une crispation post-mortem. Le Gamin respire par saccades. L'air est rare. Les ventilations sont coupées. La température grimpe. Mira ajuste sa position. Elle voit la nuque de Vick. Elle décale son pied gauche. Un morceau de verre craque sous son poids. Le son est faible. Vick ne se retourne pas. Il est concentré sur sa douleur. Mira aligne le guidon et le cran de mire. Elle vise le bas du dos. Là où le gilet s'arrête. Elle contracte l'index. Le coup de feu déchire le silence. La flamme de départ illumine la pièce. Le recul est sec. La cartouche de calibre 12 est éjectée. Elle tinte sur le sol. Les plombs frappent Vick. L'impact le projette contre le socle. Le bruit des os qui cassent est net. Vick s'affaisse. Ses jambes cèdent. Il glisse lentement. Son visage frappe le rebord du piédestal. Le diamant Nadir est là. À quelques centimètres de ses yeux. Vick expire. Un filet de sang sature sa gorge. Il ne bouge plus. Mira avance. Elle veut confirmer le décès. Elle marche avec précaution. Elle arrive à cinq mètres de Vick. Elle lève son fusil. Elle presse la détente pour le coup de grâce. Un clic sec résonne. La culasse reste en arrière. Le magasin tubulaire est vide. Mira lâche le Benelli. L'acier cogne le marbre. Elle porte la main à son étui de cuisse. Elle sort son couteau de combat. La lame est en acier carbone. Elle est noire. Elle ne reflète pas la lumière. Le Gamin voit Mira. Il voit le mouvement. Il voit le couteau. La panique prend le contrôle de ses muscles. Il se lève brusquement. Il tend ses bras. Il ne vise pas. Il tire. Le premier projectile de 9mm percute le mur. Le deuxième frappe Mira à l'épaule. Le choc la fait pivoter. Le troisième projectile entre dans son thorax. Il traverse le poumon. Mira s'arrête. Elle regarde le Gamin. Elle ne ressent pas de douleur. Elle ressent un froid soudain. Ses doigts lâchent le couteau. Elle tombe à genoux. Elle essaie de respirer. Elle produit un gargouillis sanglant. Elle s'effondre sur le côté. Son crâne rasé tape le sol. Ses yeux restent ouverts. Ils fixent le plafond. Le Gamin reste debout. Il garde son arme pointée vers Mira. Il tire encore. Le percuteur frappe dans le vide. Le chargeur est vide. Il continue d'appuyer sur la détente. Clic. Clic. Clic. Il finit par baisser les bras. Ses muscles se relâchent. Il laisse tomber son Glock. L'arme rebondit sur le marbre. Le Gamin regarde autour de lui. Il est seul. Vick est mort sur le socle. Mira est morte à ses pieds. Kade est une masse inerte. Les sept autres braqueurs sont des cadavres. Le silence est total. Puis un bruit sourd monte des profondeurs. Les moteurs des incinérateurs industriels démarrent. Les vibrations font trembler le sol. Les capteurs thermiques ont détecté la fin du combat. Le protocole de nettoyage est engagé. La température augmente rapidement. L'air devient brûlant. Le Gamin sent la chaleur à travers ses semelles. Il regarde les issues. Les soudures thermiques brillent d'un rouge sombre. Il n'y a pas de sortie. Il n'y a pas de secours. Les communications sont mortes. Il s'approche du socle. Il regarde Vick. Il regarde le diamant. Le Nadir est là. Il est parfait. Le Gamin tend la main. Il prend la pierre. Elle est chaude. Elle est couverte du sang de Vick. Le Gamin essuie le diamant sur son pantalon. La pierre brille. Elle capte la lumière rouge des issues soudées. Le Gamin s'assoit contre le socle. Il serre le diamant dans sa main droite. La chaleur devient insupportable. La peau de son visage commence à tirer. Ses yeux brûlent. La fumée des incinérateurs sort des grilles d'aération. Elle est noire. Elle est grasse. Le Gamin ferme les yeux. Il ne tremble plus. Il attend le feu. Le diamant reste froid dans sa paume. C'est la seule chose froide dans la banque. Le métal des murs commence à craquer sous la dilatation. Le marbre se fend. Le Gamin ne bouge pas. Il attend la fin du cycle.

09:55 : Sortie

Le sifflement des extracteurs s'arrête. Le silence pèse sur la salle des coffres. La température chute de dix degrés en une minute. Le métal des parois craque. Les soudures thermiques virent du rouge au gris sombre. La fumée noire stagne à un mètre du sol. Le Gamin décolle son dos du socle en marbre. Sa chemise reste collée à la pierre. Il tire sur le tissu. Les fibres se déchirent avec un bruit sec. Il se tient debout. Ses jambes tremblent sous son poids. Ses genoux manquent de lâcher. Il stabilise sa position. Il regarde ses mains. La paume droite est fermée sur le Nadir. Le diamant appuie contre ses phalanges. Les arêtes de la pierre coupent sa peau. Le sang coule entre ses doigts. Il ne desserre pas sa prise. Le Gamin regarde le corps de Vick. Le Planificateur repose à trois mètres. Sa tête penche sur le côté. Ses yeux fixent un point invisible au plafond. Le gilet pare-balles est lacéré. La cicatrice sur sa glotte est devenue noire. Le Gamin ne bouge pas. Il attend un signe de vie. Rien ne vient. Vick est une masse de viande morte. Le Gamin détourne le regard. Il marche vers le centre de la pièce. Ses bottes écrasent une couche épaisse de résidus. Les incinérateurs ont fini leur travail. Le sol est recouvert de cendres grises. Ce sont les restes de Mira et de Kade. Il n'y a plus d'os. Il n'y a plus de vêtements. Il reste seulement de la poussière de carbone. La poussière vole à chaque pas. Elle se dépose sur ses chaussures. Elle entre dans ses poumons. Il tousse. Sa gorge est irritée par la chaux et le fer. Il atteint le couloir principal. Les lampes de secours clignotent. Le rythme est régulier. Une seconde de lumière. Deux secondes d'ombre. Le Gamin avance dans le noir. Il connaît le chemin par cœur. Il évite les débris de verre. Il passe devant le bureau du directeur. La porte est sortie de ses gonds. Le mobilier est calciné. L'odeur de plastique brûlé s'accroche à ses narines. Il ne respire que par la bouche. L'air est acide. Il brûle ses muqueuses. Le Gamin serre le diamant plus fort. La pierre est sa seule certitude. Elle est lourde. Elle est réelle. Un bruit sourd résonne dans le hall. C'est un choc métallique. Les vérins hydrauliques de la porte principale s'activent. Le mécanisme grogne. L'huile sous pression circule dans les tuyaux. Le Gamin s'arrête. Il lève son arme de la main gauche. Son bras est lourd. Le pistolet pèse trois kilos. Il vise la fente entre les battants d'acier. Les soudures se brisent. Des éclats de métal sautent au visage du Gamin. Il ne cligne pas des yeux. La porte recule de dix centimètres. Un jet de vapeur blanche s'échappe. C'est le système de refroidissement. La vapeur enveloppe le Gamin. Elle est froide sur sa peau brûlée. La porte s'ouvre lentement. Le moteur électrique peine. Les engrenages grincent. Le Gamin voit une ligne de lumière blanche. Elle est violente. Elle blesse ses rétines. Il plisse les paupières. Il avance vers l'ouverture. Ses pieds s'enfoncent dans la limaille de fer. Le sol est jonché de douilles vides. Elles tintent sous ses semelles. Il passe devant le cadavre d'un garde. L'homme est allongé sur le ventre. Son uniforme est imbibé de sang séché. Le Gamin ne s'arrête pas. Il ne regarde pas le visage. Les morts n'ont plus de nom. Ils sont des obstacles. Il arrive au seuil de la banque. La porte est totalement ouverte. L'air extérieur s'engouffre dans le bâtiment. Il est pur. Il est frais. Le Gamin prend une grande inspiration. Ses poumons sifflent. Il sent le goût de la ville. Le goudron. L'échappement des moteurs. La pluie récente. Il fait un pas sur le trottoir. Le soleil est haut dans le ciel. Il est 09h55. Le timing est exact. Le plan de Vick était parfait. Sauf pour les hommes. Le Gamin regarde la rue. Elle est vide. Les cordons de police sont à cent mètres. Les gyrophares tournent sans bruit. Les tireurs d'élite sont sur les toits. Il voit les reflets des lentilles optiques. Ils le visent. Le point rouge d'un laser danse sur son torse. Il ne lève pas les mains. Il ne jette pas son arme. Il marche droit devant lui. Ses pas sont lourds sur le béton. Il sent le poids du Nadir dans sa paume. Le diamant est une charge. Il est une condamnation. Il s'arrête au milieu de la chaussée. Il ouvre sa main droite. Le Nadir capte les rayons du soleil. La pierre décompose la lumière. Elle projette des spectres sur le bitume. Le diamant est pur. Il n'a pas de mémoire. Il ne porte pas l'odeur de la mort. Le Gamin regarde le sang sur les facettes. Le liquide rouge commence à sécher. Il devient brun. Le Gamin essuie la pierre sur sa manche. Le tissu est sale. Il étale la tache. Il s'en moque. Une voix sort d'un haut-parleur. Elle est déformée par l'amplification. Elle ordonne de lâcher l'arme. Elle ordonne de s'allonger au sol. Le Gamin n'écoute pas. Il regarde l'horizon. Les immeubles de verre se dressent contre le ciel. La ville continue de tourner. Les gens vont au travail. Les voitures roulent. Le massacre de la Banque Centrale est une statistique. Onze hommes sont entrés. Un seul sort. Le compte est bon. Le Gamin range le diamant dans sa poche. Il sent le froid de la pierre contre sa cuisse. Il lâche son pistolet. L'acier frappe le goudron avec un bruit sourd. Il lève les yeux vers les tireurs d'élite. Il ne sourit pas. Il n'a pas de regret. Il a survécu au cycle. Il a traversé le feu. Il marche vers les lignes de police. Ses bottes laissent des traces de cendres grises sur l'asphalte blanc. Chaque pas est un effort. Chaque pas est une victoire. Le vent se lève. Il disperse la poussière sur ses vêtements. La fumée de la banque sort par la porte ouverte. Elle forme un panache noir dans le ciel bleu. Le Gamin s'arrête devant le premier véhicule de police. Il voit son reflet dans le pare-brise. Son visage est couvert de suie. Ses yeux sont injectés de sang. Il ressemble à un spectre. Il n'est plus le Gamin. Il est le reste d'un carnage. Un policier s'approche. Il tient un fusil d'assaut. Il hurle des ordres. Le Gamin ferme les yeux. Il sent la chaleur du soleil sur sa peau. C'est une sensation physique. C'est la seule chose qui compte. Le Nadir est dans sa poche. Les autres sont dans les cendres. Le contrat est rempli. Le Gamin s'agenouille lentement. Il pose ses mains sur sa nuque. Il sent le métal des menottes sur ses poignets. Le contact est froid. Le contact est définitif. Il respire une dernière fois l'air libre. Le cycle est terminé.
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Marcus V

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Neuf heures cinq. Le mécanisme de sécurité s'enclenche. Un sifflement hydraulique sature l'espace. Les portes en acier glissent sur les rails de titane. Le choc final fait vibrer le marbre du hall. Une série de détonations sourdes retentit dans les chambranles. Les charges de thermite s'allument sim...

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