Gaspard et la Poudre de Rire Magique
Par Studio Wonder — Jeunesse
Voici le premier chapitre de ton histoire, écrit avec la magie du "Wonder Engine" pour émerveiller les petits cœurs.
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# Chapitre 1 : Gaspard et le village tout gris
Il était une fois, niché entre deux montagnes de brume épaisse, un petit village qui s’appelait Grisemine. À Grisemine, tout étai...
Gaspard et le village tout gris
Voici le premier chapitre de ton histoire, écrit avec la magie du "Wonder Engine" pour émerveiller les petits cœurs.
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# Chapitre 1 : Gaspard et le village tout gris
Il était une fois, niché entre deux montagnes de brume épaisse, un petit village qui s’appelait Grisemine. À Grisemine, tout était... gris. Mais alors, vraiment tout ! Les toits des maisons étaient gris comme de la cendre, les rues étaient grises comme de vieux cailloux, et même les nuages dans le ciel ressemblaient à de gros moutons de poussière qui auraient oublié de prendre leur douche.
Dans ce village, les gens ne marchaient pas la tête haute pour regarder les oiseaux ou les étoiles. Oh que non ! Ils marchaient tout doucement, les épaules un peu tombantes, le nez pointé vers leurs chaussures. *Chlap, chlap, chlap...* faisaient leurs pas sur le sol triste.
On aurait dit que le village avait perdu toutes ses couleurs, comme un livre de coloriage que l'on aurait oublié de remplir. Et le plus triste dans tout ça, c’est que les habitants avaient aussi oublié comment faire un sourire. Leurs bouches étaient de petits traits horizontaux, bien droits, bien sérieux.
Pourtant, au milieu de tout ce gris, vivait un petit garçon nommé Gaspard.
Gaspard était un petit bonhomme avec des cheveux ébouriffés et des yeux qui brillaient comme deux petites billes de lumière. Ce matin-là, Gaspard portait son gros gilet en laine jaune canari. C’était la seule tache de couleur dans toute la rue. On aurait dit un petit soleil égaré dans un champ de charbon.
Gaspard sautilla jusqu’à la boulangerie de Monsieur Croûte-Molle.
— Bonjour Monsieur Croûte-Molle ! lança Gaspard d’une voix claire comme une clochette.
Le boulanger ne leva pas les yeux de son pétrin. Il malaxait une pâte à pain qui était, elle aussi, d'un gris très ennuyeux.
— Bonjour, Gaspard, marmonna-t-il avec un soupir qui fit s'envoler un peu de farine grise. Fais attention, tu fais trop de bruit avec tes chaussures. Ça fatigue mes oreilles.
Gaspard s’arrêta net. Il regarda ses pieds.
— Mais Monsieur Croûte-Molle, pourquoi personne ne rigole jamais ici ? Pourquoi les fleurs ferment-elles leurs pétales dès qu'on s'approche ?
Le boulanger s’arrêta de pétrir. Il regarda Gaspard avec de grands yeux fatigués.
— Rigoler ? Quel mot étrange, Gaspard. Le rire, c'est comme le vent : ça passe et ça s'en va. Ça ne sert pas à faire du pain. Regarde tes pieds, petit, c’est plus sûr. On ne risque pas de trébucher quand on regarde ses pieds.
Gaspard ressortit de la boulangerie, un peu déçu. Il s'assit sur un banc de pierre (gris et froid, bien sûr) et observa les gens passer.
Il y avait Madame Chaussette qui tirait son panier de courses en faisant une moue boudeuse.
*Pfff... Pfff...* faisait-elle en soufflant.
Il y avait le vieux Monsieur Grognon qui promenait son chien, un petit caniche qui avait l'air aussi triste qu'une éponge mouillée.
— C’est vraiment trop gris, murmura Gaspard en balançant ses jambes. On dirait que le bonheur est parti en vacances et qu'il a oublié de laisser son adresse.
Soudain, Gaspard sentit quelque chose de bizarre dans sa poche. Une petite chaleur, comme si un minuscule radiateur venait de s'allumer contre sa cuisse. Il plongea sa main dans son gilet jaune et ses doigts rencontrèrent une texture toute douce, comme du velours.
Il sortit une petite boîte en bois, vieille et usée, qu'il avait trouvée la veille dans le grenier de son grand-père. Elle n'était pas grise, celle-là ! Elle était d'un brun chaud, avec de petites étoiles gravées sur le couvercle.
*Cric... crac...* fit la boîte en s’ouvrant.
À l'intérieur, il n'y avait pas de bijoux, ni de pièces d'or. Il y avait une fine poudre scintillante qui changeait de couleur dès qu'un rayon de lumière la touchait. C’était du bleu ciel, du rose bonbon, du vert prairie et du jaune étincelant. La poudre semblait danser toute seule, comme si elle était vivante.
— Oh ! fit Gaspard, les yeux écarquillés. Qu’est-ce que c’est que ça ?
Il approcha son nez de la boîte. Une odeur délicieuse s’en échappa : ça sentait le chocolat chaud, la barbe à papa et la pluie d'été sur l'herbe fraîche. Gaspard sentit un petit chatouillis remonter le long de son nez.
— Hiiiii... Hiiiii...
Gaspard ne put pas s'en empêcher.
— ACHI-BOUM ! éternua-t-il avec force.
Un petit nuage de poudre s'envola de la boîte et retomba en pluie fine sur le chien de Monsieur Grognon qui passait par là.
Gaspard retint sa respiration. Est-ce qu'il avait fait une bêtise ? Le petit chien s'arrêta. Il renifla l'air. Ses oreilles se dressèrent d'un coup, comme deux petits drapeaux. Et là, une chose incroyable se produisit.
Le chien ouvrit grand la gueule, remua la queue si fort qu'il manqua de s'envoler, et laissa échapper un petit son que personne n'avait entendu à Grisemine depuis des années :
— Ouaf ! Ouaf-ha-ha !
On aurait dit que le chien rigolait. Monsieur Grognon, stupéfait, lâcha sa laisse. Il regarda son chien, puis il regarda Gaspard, et pour la première fois, le coin de sa bouche remua un tout petit peu... vers le haut.
Gaspard regarda sa boîte magique en souriant. Il venait de comprendre. Le gris n'allait pas rester là bien longtemps.
— Attendez de voir ce que je vais faire ! s'exclama Gaspard en serrant son trésor contre son cœur.
La magie ne faisait que commencer.
Le trésor de la vieille malle
**CHAPITRE : Le trésor de la vieille malle**
Tout en haut de la maison de Gaspard, il y avait un endroit secret. Pour y aller, il fallait grimper un escalier qui faisait « Cric ! Crac ! » sous les chaussons. Cet endroit, c’était le grenier.
Dans le grenier, il ne faisait pas gris comme dans les rues de Grisemine. Oh non ! Quand le soleil passait par la petite fenêtre ronde, il dessinait des chemins de poussière d’or qui dansaient dans l’air. Le grenier sentait bon le vieux papier, le bois sec et un tout petit peu la cannelle, comme les biscuits de mamie.
Gaspard adorait fouiller partout. Il poussait des piles de vieux journaux, il sautait par-dessus des cartons remplis de pulls en laine tout doux, et il faisait coucou à son reflet dans un miroir un peu cassé.
Ce jour-là, tout au fond d’un coin sombre, derrière un vieux vélo qui n’avait plus de sonnette, Gaspard vit quelque chose de mystérieux. C’était une grande malle en bois, couverte d’une couverture à carreaux.
— Tiens, tiens… murmura Gaspard en penchant la tête. Qu’est-ce que tu caches, toi ?
Il tira sur la couverture. *Froutt !* Elle glissa sur le sol. La malle était magnifique. Elle était d’un bleu profond, comme le ciel juste avant la nuit, avec des étoiles argentées peintes sur les côtés.
Gaspard posa ses petites mains sur le couvercle. Le bois était frais et lisse.
— Un… deux… trois… Hop !
Il souleva le couvercle. *Creeeeeak !* fit la malle, comme si elle se réveillait d’une très longue sieste.
À l’intérieur, il y avait des merveilles : une vieille trompette qui faisait « pouët » tout doucement, un chapeau de magicien un peu tordu, et des plumes de toutes les couleurs. Mais ce qui attira l’œil de Gaspard, c’était un petit sac caché sous un mouchoir en dentelle.
C’était un sac en tissu brillant, de la couleur d’un arc-en-ciel qui aurait fait des étincelles. Il était fermé par un joli ruban doré. Et sur le sac, il y avait une étiquette écrite avec des lettres rondes et joyeuses :
**« POUDRE DE RIRE MAGIQUE »**
Gaspard ouvrit de grands yeux ronds. Ses doigts picotaient d’envie.
— De la poudre de rire ? Pour de vrai ?
Il prit le petit sac délicatement. Il était tout léger, comme s’il contenait des plumes de fée. Gaspard défit le ruban doré. *Frrrr…*
Soudain, une lueur douce s’échappa du sac. À l’intérieur, il y avait des milliers de petits grains qui brillaient comme des diamants, des miettes d’étoiles et des confettis minuscules.
Gaspard approcha son nez. Ça sentait le sucre glace, les chatouilles et la joie. Il plongea un doigt dans le sac. C’était tout doux, comme de la soie. Et dès qu’il toucha la poudre, il sentit un petit courant électrique remonter le long de son bras. Un petit « bzzzt » rigolo qui donnait envie de sautiller.
— Oh ! s’exclama-t-il. Ça chatouille les doigts !
Il sortit une pincée de poudre. Elle scintillait si fort qu’on aurait dit qu’elle chantait. Gaspard ne put s’empêcher de sourire. Rien qu’en regardant ces petits grains magiques, il sentait une bulle de bonheur gonfler dans son ventre, comme un ballon de baudruche.
— À Grisemine, tout le monde fait la tête, pensa Gaspard. Les gens sont tristes comme des parapluies mouillés. Mais avec ça… avec ça, je vais tout changer !
Il referma précieusement le sac et le serra contre son cœur. Le petit sac semblait battre comme un deuxième cœur, chaud et joyeux. Gaspard savait qu’il venait de trouver le plus beau des trésors. Ce n’était pas de l’or, ce n’était pas de l’argent, c’était bien mieux : c’était le remède contre l’ennui.
Gaspard redescendit l’escalier en courant, « Cric ! Crac ! », avec son secret dans la poche de son tablier. Il avait hâte. Hâte de voir ce qui se passerait si un tout petit peu de cette poudre s’envolait dans l’air gris de la ville.
Il ne savait pas encore que le chien de Monsieur Grognon l’attendait juste en bas, et que le premier « Ouaf-ha-ha ! » de l’histoire de Grisemine allait bientôt retentir.
La magie était là, nichée dans sa poche, prête à éclater en mille éclats de rire.
Atchoum ! Le premier éclat
# Chapitre : Atchoum ! Le premier éclat
Gaspard descendit les dernières marches de l’escalier en sautillant, le cœur battant comme un petit tambour de fête. Dans sa poche, le sachet de poudre magique était tout chaud, comme s’il contenait un minuscule morceau de soleil.
Dehors, par la fenêtre, la ville de Grisemine ressemblait à un vieux dessin oublié sous la pluie. Les toits étaient gris, les pavés étaient gris, et même les gens qui marchaient dans la rue avaient des visages tout gris, tristes comme des soupes sans sel.
Dans la cuisine, Pistache, la chatte de Gaspard, était étalée sur le carrelage froid. Pistache était une chatte très sérieuse. Elle ne courait jamais après sa queue et préférait froncer ses moustaches en regardant les mouches passer d’un air sévère. Elle était aussi grise que le reste de la ville, avec de grands yeux couleur de brouillard.
— Regarde, Pistache ! murmura Gaspard en sortant le petit sac de sa poche. Regarde ce que j’ai trouvé !
Mais à cet instant précis, un petit grain de poussière de l’escalier — un vieux grain de poussière tout sec et tout coquin — vint se poser sur le bout du nez de Gaspard.
Le nez de Gaspard commença à frémir.
*Chatouille... Chatouillis...*
Gaspard lâcha un petit cri :
— Oh non ! Ça vient ! Ça arrive !
Il essaya de se boucher le nez, mais c’était trop tard. Ses yeux se plissèrent, ses joues gonflèrent comme des ballons de baudruche, et...
— **ATCHOUM !**
Le s'éternuement fut si fort que le petit sac s'ouvrit d'un coup. Une pincée de poudre dorée s'envola dans l'air, brillant comme mille lucioles en plein jour. La poudre tourbillonna, fit trois loopings au-dessus de la table, et retomba tout doucement, *pouf*, juste entre les deux oreilles de Pistache.
Pendant une seconde, rien ne se passa. Le silence revint dans la cuisine, plus grand qu’avant. Gaspard n’osait plus respirer. Pistache, elle, restait immobile, une petite tache de lumière scintillante posée sur le sommet de sa tête.
Puis, soudain, une moustache de Pistache se mit à trembler. Puis la deuxième.
Un petit bruit monta de sa gorge. Ce n’était pas un miaulement. Ce n’était pas un ronronnement. C’était un…
— *Hi-hi-miaou ?*
Pistache ouvrit de grands yeux ronds, non plus gris comme le brouillard, mais pétillants comme de la limonade. D'un seul coup, elle fit un bond prodigieux, aussi haut qu'une crêpe que l'on fait sauter dans la poêle !
— Regarde-moi ça ! s'écria Gaspard, les yeux écarquillés.
Pistache n’était plus une chatte sérieuse. Elle était devenue une véritable acrobate de cirque ! Elle se mit à faire des pirouettes sur le carrelage. *Zing !* Elle tournait sur elle-même comme une toupie folle. *Hop !* Elle rebondissait sur ses pattes de velours comme si elle avait des ressorts cachés sous ses coussinets.
Elle ne marchait plus, elle dansait ! Elle faisait des « tournicotis » et des « tournicotas », ses pattes lançant des petits éclats d'or à chaque mouvement. Elle s'élança vers un rayon de lumière, fit une roulade arrière, et finit par s'asseoir sur son derrière en applaudissant avec ses pattes avant.
— Miaou-ha-ha ! semblait-elle dire en agitant sa queue en forme de point d’interrogation.
Gaspard éclata de rire. Un rire vrai, un rire rond, un rire qui faisait du bien partout dans le corps, des orteils jusqu’à la pointe des cheveux. C’était le premier rire qui résonnait dans cette maison depuis bien longtemps. Et ce rire était si puissant qu’il semblait chasser la grisaille des murs.
— C’est magique, Pistache ! C’est vraiment magique !
Le petit garçon s’agenouilla pour caresser la chatte, qui se frotta contre sa main en faisant des petits bruits de bulles de savon qui éclatent. La cuisine n’était plus triste. Elle semblait remplie de couleurs invisibles, de chaleur et de chansons douces.
Gaspard se redressa, les yeux brillants. Si une toute petite pincée de poudre pouvait transformer une chatte grincheuse en une danseuse étoile, que se passerait-il si toute la ville de Grisemine en recevait un peu ?
Il serra à nouveau son trésor contre lui. Il était prêt. Il se dirigea vers la porte d'entrée, mais en s'approchant de la fenêtre, il vit une ombre passer sur le trottoir. C'était Monsieur Grognon, le voisin qui ne souriait jamais, tirant sur la laisse de son gros chien noir, un animal qui passait son temps à montrer les dents.
Gaspard sourit malicieusement. La mission de la Poudre de Rire Magique ne faisait que commencer. Et le premier « Ouaf-ha-ha ! » de l’histoire n’était plus qu’à quelques pas de là...
Le boulanger tout bougon
Voici le chapitre de votre conte, écrit dans un style sensoriel, doux et merveilleux, parfaitement adapté aux petits de 3 à 5 ans.
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# Chapitre : Le boulanger tout bougon
Gaspard marchait dans la rue de Grisemine avec un petit secret qui brillait au creux de sa poche. Dans sa main, il serrait le petit sachet de Poudre de Rire. Tout autour de lui, la ville semblait un peu endormie, toute grise et toute triste, comme un vieux pull qui gratte.
Il s’arrêta devant une vitrine couverte de poussière. C’était la boulangerie de Monsieur Pétrin. Mais attention, Monsieur Pétrin n’était pas un boulanger rigolo. Oh que non ! Il avait des sourcils épais comme deux grosses chenilles noires qui se fâchaient tout le temps, et un nez en forme de grosse pomme de terre un peu roussie.
*Gling-gling !* fit la clochette de la porte. C’était une clochette qui sonnait d'un ton tout triste, comme si elle avait un petit rhume.
À l’intérieur, Monsieur Pétrin était en train de s’occuper d’une grosse montagne de pâte à pain.
— Grrr... Marmonna le boulanger. Cette pâte est trop collante ! Le four est trop chaud ! Et le ciel est trop gris !
Il donnait de grands coups de poing dans la pâte. *Pouf ! Paf ! Bam !* On aurait dit qu’il se battait avec un gros oreiller. La farine volait partout, faisant des nuages blancs qui faisaient éternuer les mouches.
Gaspard s’approcha doucement du comptoir.
— Bonjour Monsieur Pétrin ! dit-il avec sa petite voix de flûte.
Le boulanger s’arrêta, une trace de farine sur le bout du nez.
— Bonjour, bonjour... On ne voit rien avec toute cette poussière ! Qu’est-ce que tu veux, Gaspard ? Un croissant tout dur ou un pain tout mou ?
Gaspard sourit. Il plongea ses doigts dans sa poche et attrapa une pincée de poudre. Elle était chaude et picotait ses doigts, comme des petites bulles de limonade.
— Je voudrais juste un peu de bonheur, Monsieur Pétrin !
Et d'un geste vif, comme s'il semait des graines d'étoiles, Gaspard lança la poudre au-dessus du pétrin de bois.
*Frouuuuuuu !*
La poudre ne tomba pas comme du sel. Non, elle se mit à flotter en faisant des tourbillons dorés et roses. Elle dansa dans l’air en faisant un bruit de clochettes de fées : *Ting-ting-ting !*
Une étincelle toucha le bout du nez de Monsieur Pétrin. Une autre se posa sur ses grosses chenilles de sourcils. Et soudain... le miracle arriva.
Les sourcils du boulanger s'envolèrent vers le haut de son front. Ses yeux, qui étaient tout rétrécis, devinrent ronds et brillants comme deux billes de verre. Ses lèvres, d'abord serrées, s'étirèrent, s'étirèrent... jusqu'à dessiner un immense sourire, aussi large qu'une baguette de pain !
— Oh ! Oh oh ! Mais... mais c’est que ça me chatouille ! s'exclama Monsieur Pétrin.
Il commença à bouger les épaules. *Gauche, droite, gauche, droite.* Puis, il se remit à pétrir la pâte, mais cette fois, ses mains dansaient. Il ne tapait plus, il caressait. Il ne grognait plus, il fredonnait.
Et soudain, sa voix s'éleva, forte et joyeuse, comme un chanteur d’opéra :
— *Ohé, ohé ! Le bon pain doré ! Dans mon fourneau, c’est le plus beau ! La farine danse, la levure s’élance, et mon cœur chante la romance !*
Gaspard n’en croyait pas ses yeux. La pâte à pain elle-même semblait vivante ! Elle se gonflait comme un gros ballon magique, faisant des petites bulles qui faisaient *Pop ! Pop !* en rythme avec la chanson.
Monsieur Pétrin se mit à jongler avec des boules de pâte.
— Regarde, Gaspard ! Une miche en forme de lapin ! Et celle-ci, c’est une brioche en forme de soleil !
La boulangerie changea de couleur. L’odeur ne sentait plus le brûlé, elle sentait maintenant la vanille, le miel chaud et les vacances de Noël. L’air était devenu si léger que les petits pains au chocolat semblaient vouloir s'envoler de leurs plateaux.
— Merci Gaspard ! cria le boulanger en faisant une pirouette, sa toque de travers sur la tête. Je me sens léger comme une plume de canari !
Gaspard rit de bon cœur. Il ramassa son petit sac et se dirigea vers la sortie.
— Au revoir, Monsieur Pétrin ! Gardez bien votre chanson dans votre cœur !
En sortant, Gaspard vit que la vitrine n’était plus grise du tout. Elle brillait sous un petit rayon de soleil qui venait juste de percer les nuages de Grisemine.
Dans sa poche, le sachet était encore bien rempli. Gaspard regarda la rue. Il y avait encore tant de gens à faire chanter... et le petit garçon savait déjà exactement vers qui diriger ses pas magiques. Car là-bas, au bout de la place, la fleuriste semblait avoir un gros chagrin...
*À suivre...*
La rencontre avec Madame Grognon
Voici le nouveau chapitre des aventures de Gaspard, écrit avec toute la magie et la douceur pour les petites oreilles.
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# Chapitre 2 : La rencontre avec Madame Grognon
Gaspard marchait sur les pavés de Grisemine avec son petit sac de poudre magique serré contre son cœur. Le soleil commençait à chatouiller les toits, mais au bout de la place, il y avait un endroit où les rayons n’osaient pas s’aventurer. C’était la boutique de fleurs de **Madame Grognon**.
Madame Grognon était la dame la plus sévère, la plus froncée et la plus « ronchonne » du village. Elle portait toujours un grand tablier gris et un chapeau pointu qui ressemblait à un vieux parapluie fermé. Chez elle, les roses faisaient la tête, les tulipes regardaient leurs racines et même les cactus semblaient avoir peur de piquer.
Quand Gaspard s’approcha, il l’entendit bougonner :
— Oh ! Encore un pétale de travers ! Et cette eau qui est trop mouillée ! Et ce soleil qui brille trop fort ! Quel ennui, quel souci, quelle barbe !
Gaspard s’arrêta devant la porte. Madame Grognon leva les yeux. Ses sourcils étaient si serrés qu’ils ressemblaient à deux grosses chenilles noires en colère.
— Bonjour Madame Grognon ! dit Gaspard avec son plus beau sourire.
— « Bonjour » ? grogna-t-elle. Qu’est-ce qu’il y a de bon là-dedans ? Tu vas salir mon pas de porte avec tes chaussures pleines de poussière, petit garnement ! Allez, ouste ! File comme le vent !
Mais Gaspard ne bougea pas. Il plongea délicatement ses doigts dans son petit sac. Il sentit les petits grains de poudre de rire : ils étaient doux comme du velours et tièdes comme un câlin.
*Flic, flac, floc !*
Gaspard lança une pincée de poudre vers l’étal de fleurs. La poudre ne tomba pas au sol. Elle se mit à danser dans l’air, tourbillonnant autour du nez de Madame Grognon comme des petits moucherons de lumière d’or.
Madame Grognon ouvrit de grands yeux. Elle voulut dire : « C’est quoi ce bazar ? », mais à la place, un bruit étrange sortit de sa bouche :
— *Hic... Hop... Pipoudou !*
Elle se frotte le nez. Ses yeux se mirent à pétiller comme de la limonade. Elle regarda son grand seau d’eau, celui qu’elle utilisait pour arroser ses fleurs tristes. Soudain, l’eau se mit à bouillonner. Des milliers de petites bulles commencèrent à monter, monter, monter...
— Oh ! Mais... mais qu’est-ce qui m’arrive ? s’exclama-t-elle.
Madame Grognon plongea ses mains dans le seau. Quand elle les ressortit, elle ne tenait pas de l’eau, mais une immense bulle de savon, grosse comme un ballon de plage ! La bulle était transparente, avec des reflets rose bonbon, bleu ciel et vert prairie.
— Regardez, Madame Grognon ! cria Gaspard en sautant de joie.
La fleuriste, toute surprise, souffla doucement sur la bulle. *Fioouuu...* La bulle s’envola en dansant. Madame Grognon commença à rire. Ce n’était pas un petit rire tout sec, non ! C’était un rire rond, un rire qui fait « Glou-glou » et qui donne envie de sautiller.
Elle se mit à fabriquer des bulles géantes, de plus en plus grosses. Il y en avait partout ! Des bulles en forme de cœurs, des bulles qui ressemblaient à des nuages, et même des bulles qui sentaient bon la fraise des bois.
— Regarde, Gaspard ! Je suis légère ! Je suis une fée des bulles ! criait-elle en faisant tournicoter son grand tablier gris qui, par magie, devenait tout coloré.
Les habitants de Grisemine s’arrêtèrent, émerveillés. Les enfants couraient pour attraper les bulles qui éclataient en faisant un petit bruit de bisou : *Poc !*
À chaque fois qu’une bulle touchait une fleur triste, la fleur se redressait, ouvrait ses pétales et se mettait à briller. La boutique de Madame Grognon ne s’appelait plus « La Rose Grise », elle ressemblait maintenant à un arc-en-ciel tombé du ciel.
Madame Grognon s’arrêta un instant, les joues toutes roses et les cheveux un peu ébouriffés par le bonheur. Elle regarda Gaspard et lui lança une bulle si magique qu’à l’intérieur, on voyait un petit château de sucre.
— Merci, mon petit Gaspard, dit-elle d’une voix douce comme du miel. Je crois que j’avais oublié que la vie pouvait être aussi légère qu’une bulle de savon.
Gaspard sourit. Son sac était encore un peu lourd, et il savait qu'un peu plus loin, près de la grande fontaine, quelqu'un d'autre avait besoin d'un peu de magie...
*À suivre...*
Même la pluie veut rigoler
**CHAPITRE : Même la pluie veut rigoler**
Gaspard marchait d’un pas léger, ses petites bottes rouges faisant un bruit joyeux sur les pavés qui commençaient à briller. Dans son sac, la poudre de rire sautillait contre son dos. Il s’approchait de la grande fontaine, au milieu de la place, quand soudain, le ciel changea de couleur.
De gros nuages tout ronds, comme de gros moutons gris et laineux, arrivèrent au-dessus de Grisemine.
— Oh ! murmura Gaspard en levant le nez. Je crois que le ciel a envie de nous envoyer des bisous d’eau.
*Tic, tac, floc.*
Une petite goutte tomba juste sur le bout du nez de Gaspard. Elle était froide et un peu triste. Puis une autre, et encore une autre. Les gens de la ville commençaient déjà à ouvrir de grands parapluies tout gris en faisant la grimace.
— Vite, cachons-nous ! criait un monsieur avec un grand chapeau. La pluie, ça mouille et ça rend tout triste !
Gaspard s’arrêta pile devant la fontaine. La fontaine, d’ordinaire, ne faisait qu’un bruit de vieux moteur fatigué : *glou-glou... glou-glou...* Elle avait l’air de s’ennuyer terriblement.
— Attendez ! cria Gaspard avec un immense sourire. Même la pluie a le droit de s’amuser !
Il plongea ses deux mains dans son sac magique. Cette fois, il ne prit pas seulement une pincée, mais deux grosses poignées de poudre. Elle brillait comme des milliers de petites étoiles de sucre.
— Un, deux, trois... Pour que la pluie fasse des éclats !
Gaspard lança la poudre très haut, très fort, vers les gros nuages gris. La poudre s'envola dans un tourbillon de lumière bleue et dorée. Elle grimpa, grimpa, jusqu'à traverser les gouttes d'eau.
Alors, un miracle se produisit.
La pluie ne faisait plus *ploc-ploc* de façon ennuyeuse. Non, maintenant, chaque goutte qui tombait du ciel s'était transformée en une petite bille de cristal enchantée.
*Gling !* faisait une goutte en touchant un chapeau.
*Ploc !* faisait une autre en rebondissant sur une épaule.
*Ding-ding !* faisaient celles qui tombaient dans les flaques.
C’était un véritable concert ! On aurait dit que le ciel jouait du xylophone sur toute la ville. Les enfants, qui s’étaient cachés sous les porches, sortirent en courant. Ils n’avaient plus peur de se mouiller, car cette pluie-là ne mouillait pas vraiment : elle chatouillait !
— Regardez ! s’exclama une petite fille en robe jaune. Les gouttes font de la musique !
Elle tendit la main et une goutte bleue tomba dans sa paume en faisant un petit bruit de clochette : *Gling !* La petite fille éclata de rire, et son rire s'envola avec le son de la pluie.
Gaspard s'approcha de la grande fontaine. Grâce à la poudre, l'eau qui jaillissait n'était plus grise. Elle était devenue d'un bleu turquoise étincelant, avec des reflets argentés. Et le plus drôle, c’est que les jets d’eau ne faisaient plus *glou-glou*, ils chantaient !
— *La-la-la, la pluie est là, pour faire danser les petits chats !* semblait dire la fontaine.
Les gens de Grisemine jetèrent leurs parapluies gris par terre. Ils se mirent à danser sous les gouttes qui faisaient *Ploc !* et *Gling !*. C’était une fête magnifique. Même les chats de la ville, qui détestent l’eau d’habitude, étaient sortis pour essayer d’attraper les gouttes musicales avec leurs pattes.
Gaspard regarda ses mains. Il lui restait encore un peu de poudre. Il vit alors, au bord de la place, un vieux banc tout seul où personne ne s'asseyait jamais. Sur ce banc, un petit oiseau regardait la fête, mais il n'osait pas chanter.
Gaspard s'approcha doucement, une étincelle de malice dans les yeux. Il savait que la magie ne faisait que commencer...
*À suivre...*
Oh non, le sac est vide !
# Chapitre : Oh non, le sac est vide !
Gaspard s’avança sur la pointe des pieds, comme s'il marchait sur des nuages de coton. Devant lui, sur le vieux banc tout gris, le petit oiseau ne bougeait pas. C’était un petit moineau aux plumes couleur de poussière. Il avait l'air si triste que même ses petites pattes semblaient fatiguées.
— Ne t’inquiète pas, petit oiseau, murmura Gaspard avec un sourire grand comme un croissant de lune. Moi, je vais te redonner une chanson !
Gaspard imaginait déjà l’oiseau s'envoler en laissant derrière lui une traînée de confettis dorés. Il imaginait ses plumes devenir aussi colorées qu’un arc-en-ciel après la pluie.
Le petit garçon glissa sa main dans sa poche. Ses doigts cherchèrent le petit sac en velours, celui qui sentait bon la vanille et le sucre glace.
*Froufrou, froufrou...* fit le tissu contre ses doigts.
Gaspard attrapa le cordon de soie et sortit le sac. Mais, bizarrement, le sac lui sembla léger. Très léger. Aussi léger qu’une bulle de savon prête à s'envoler.
Gaspard fronça ses petits sourcils. Il ouvrit grand le sac et plongea ses doigts à l’intérieur. Il chercha dans le coin gauche... *Rien.* Il chercha dans le coin droit... *Rien du tout.* Il gratouilla même le fond avec son ongle.
— Oh ? fit Gaspard, tout étonné.
Il retourna le sac au-dessus de sa main. Il secoua. Il secoua encore plus fort.
*Secoue, secoue, petit sac !*
Mais aucune poussière d’étoile ne tomba. Pas un seul grain de rire. Pas même une petite étincelle. Le sac était vide. Aussi vide qu’une assiette de biscuits après le goûter.
— Oh non ! s'exclama Gaspard, la voix un peu tremblante. Oh non, le sac est vide !
Il regarda autour de lui. La fête battait son plein autour de la fontaine turquoise. Les gens riaient : *Hahaha ! Hihihi !* L'eau chantait : *La-la-la !* C’était magnifique. Mais quand Gaspard tourna la tête vers le reste du village de Grisemine, son petit cœur se serra.
Il y avait encore tant de choses tristes et grises !
Là-bas, la boulangerie avait des murs couleur de vieux trottoir, et le pain dans la vitrine semblait dur comme de la pierre.
Plus loin, les pots de fleurs sur les fenêtres étaient remplis de feuilles toutes sèches qui faisaient *Crac-crac* sous le vent.
Et le petit oiseau sur le banc... Il attendait toujours. Il pencha sa petite tête sur le côté, regardant Gaspard avec ses deux petits yeux ronds comme des billes noires. On aurait dit qu’il demandait : « Et pour moi ? Est-ce qu’il y a un peu de magie pour moi ? »
Gaspard s'assit par terre, juste à côté du banc. Il se sentait tout petit. Une petite larme commença à briller au coin de son œil, comme une perle de rosée.
— J’ai tout utilisé pour la fontaine, soupira-t-il en caressant le tissu tout mou de son sac vide. Je voulais que tout le monde soit heureux. Je voulais que les fleurs s'ouvrent et que les maisons se colorent en rose, en vert et en jaune poussin. Mais maintenant... la magie est finie.
Le vent souffla doucement dans les cheveux de Gaspard. *Fiuuuu...*
Le petit oiseau s'approcha. Il sauta du banc : *Hop ! Hop !*
Il vint se poser juste devant les chaussures de Gaspard. Il ne chantait pas, mais il frotta son petit bec contre le lacet du petit garçon.
Gaspard regarda le fond de son sac une dernière fois. Il l'étira bien grand sous la lumière de la fontaine magique. Et là, tout au fond, coincé dans une petite couture, il vit... un minuscule point brillant. Un tout petit point, pas plus gros qu'un grain de sable, mais qui brillait plus fort qu'une luciole dans la nuit.
Ses yeux s'agrandirent. Son cœur fit *Boum-boum* d'espoir.
— Un grain... murmura-t-il. Il reste juste un petit grain de rire !
Mais comment faire ? Un seul grain de poudre, c’était si peu pour tout un village ! C'était si petit pour soigner toutes les tristesses du monde. Gaspard resta silencieux, réfléchissant très fort. Il devait trouver une idée. Une idée encore plus magique que la poudre elle-même.
Soudain, il regarda l’oiseau, puis la fontaine, puis ses propres mains. Un petit sourire malicieux revint éclairer son visage.
— Petit oiseau, dit-il en tendant son doigt, si on ne peut pas tout colorier d'un coup, on va peut-être devoir faire autrement...
*À suivre...*
Le secret de Gaspard
Voici le nouveau chapitre de ton conte, écrit avec toute la magie et la douceur du style Wonder Engine.
***
# Chapitre : Le secret de Gaspard
Gaspard arriva au milieu de la place du village. Tout était gris, comme un vieux pull oublié sous la pluie. Les maisons semblaient bouder et les gens marchaient la tête basse, les mains cachées au fond de leurs poches. On n’entendait que le bruit des pas : *Flap, flop, flap.* Pas un chant d’oiseau, pas un éclat de voix.
Gaspard plongea sa main dans son sac. Il sentit, contre le bout de son index, le minuscule grain de poudre. Il était si petit, mais il vibrait comme un petit cœur qui bat.
« Si je le lance maintenant, pensa Gaspard, il va se perdre dans le vent. Personne ne le verra. »
Il regarda Mamie Framboise, assise sur son banc de pierre. Elle avait l’air si triste que même son grand chapeau de paille semblait retomber sur ses yeux. Puis il vit le petit Léo, qui boudait devant un ballon dégonflé.
Gaspard prit une grande inspiration. Il ferma les yeux très fort. Il ne sortit pas la poudre. À la place, il grimpa sur la margelle de la fontaine et s’écria :
— Écoutez ! Écoutez tous ! J’ai un secret très important à vous dire !
Quelques têtes se levèrent. Des yeux ternes regardèrent le petit garçon. Gaspard sentit ses jambes trembler un peu, comme des spaghettis cuits. Mais il se souvint du petit grain brillant. Il se souvint de la lumière.
— Savez-vous, commença Gaspard en faisant de grands gestes avec ses bras, savez-vous ce qui est arrivé ce matin à l’éléphant du roi ?
Les villageois s'approchèrent un peu. Un éléphant ? C’était bizarre.
— L’éléphant du roi, continua Gaspard avec une voix mystérieuse, a voulu mettre des patins à roulettes. Mais ses pieds sont gros comme des citrouilles ! Alors il a glissé... *Zouuuup !* Il a fait un soleil et il a atterri les quatre pattes en l'air dans un énorme gâteau à la crème ! *Splatch !*
Gaspard fit une grimace rigolote, en gonflant ses joues comme s’il avait la bouche pleine de chantilly. Il agita ses doigts pour imiter la crème qui coule sur ses oreilles.
Le silence retomba sur la place. Gaspard retint son souffle. Est-ce que ça allait marcher sans la poudre ?
Soudain, un petit bruit monta du banc de pierre.
*Hi... hihi...*
C’était Mamie Framboise. Elle cachait sa bouche avec sa main, mais ses yeux pétillaient. Puis, à côté d’elle, le petit Léo lâcha un petit rire qui ressemblait à un cri d’oiseau.
*Hahaha !*
Et là, quelque chose d’extraordinaire se produisit. Le rire de Mamie Framboise s’envola et alla chatouiller l’oreille du boulanger. Le boulanger commença à glousser, et son rire, comme une bulle de savon, rebondit sur le nez de la voisine.
En quelques instants, la place du village ne faisait plus *Flap, flop*. Elle faisait : *Hahaha ! Ohéhé ! Hihihi !*
C’était un concert de joie ! Les visages gris devenaient roses. Les yeux s’illuminaient comme des petites bougies. Le rire était partout : il courait sur les pavés, il grimpait aux fenêtres, il faisait danser les feuilles des arbres.
Gaspard regarda ses mains. Elles étaient vides. Il n’avait pas jeté le grain de poudre. Il n’avait rien utilisé du tout !
Il s’assit sur le bord de la fontaine, tout ému. L’oiseau bleu vint se poser sur son épaule et lui chuchota à l’oreille :
— Tu as vu, Gaspard ? Tu n’as pas eu besoin de magie.
Gaspard sourit. Un vrai sourire, grand comme un croissant de lune.
— J’ai compris, murmura-t-il. Le rire n’était pas dans mon sac. Il n’était pas dans la poussière magique.
Il posa sa main sur sa poitrine, là où ça faisait *Boum-boum*.
— Le rire était déjà là, caché à l’intérieur de tout le monde. Il attendait juste une petite porte pour sortir. La poudre, c’était juste la clé... mais on peut ouvrir la porte tout seul !
Le grain de poudre, tout au fond de sa poche, brilla une dernière fois avant de se transformer en un petit flocon de lumière qui s'envola vers le ciel. Gaspard n'en avait plus besoin. Il possédait désormais le plus beau des trésors : il savait comment réveiller le soleil dans le cœur des gens, simplement avec quelques mots et beaucoup d'amour.
Ce soir-là, dans le village qui n'était plus gris du tout, on raconta des histoires de girafe à lunettes et de chats qui font du vélo. Et Gaspard s'endormit en sachant que demain, il aurait encore mille secrets à partager.
***À suivre...***
La grande fête des chatouilles
### Chapitre : La grande fête des chatouilles
Le lendemain matin, le soleil se leva avec une énergie toute particulière. Il ne se contentait pas d’éclairer le village ; il semblait peindre les murs en jaune beurre, les toits en rouge cerise et les volets en bleu d’oiseau. Dans sa petite chambre, Gaspard s’étira si fort qu’il manqua de tomber de son lit.
— Hop-là ! s’écria-t-il en riant. Aujourd’hui, c’est le grand jour !
Dans les rues, une odeur délicieuse flottait dans l’air. Ça sentait la brioche toute chaude, le chocolat qui fond et la confiture de fraises qui fait *« bloup-bloup »* dans la casserole. Les habitants avaient sorti de grandes tables en bois et les avaient recouvertes de nappes à carreaux, aussi joyeuses que des confettis.
Tout le village était là. Il y avait la boulangère avec son tablier plein de farine, le vieux monsieur qui répare les montres et même le chat Caramel, qui remuait la queue en cadence.
— Regardez ! s’exclama Gaspard en arrivant sur la place. On n’a pas besoin de poudre magique pour faire briller nos yeux !
Il s’approcha de Grand-Mère Tartine, qui installait un immense saladier de crème chantilly. Gaspard s’accroupit, fit marcher ses doigts sur le sol comme deux petites araignées rigolotes, puis…
— *Guili-guili !* fit-il en chatouillant doucement le creux du genou de la vieille dame.
Grand-Mère Tartine sursauta, son chapeau de travers, et un rire s’échappa de sa bouche, un rire rond et sonore, comme le son d’une grosse cloche en or :
— Oh ! Gaspard ! Petit coquin ! Tu m’as eue !
C’était le signal. Comme par enchantement, la « Grande Fête des Chatouilles » commença. Ce n’était pas une bagarre, non, c’était une danse de doigts légers. Les papas chatouillaient le cou des mamans, les enfants se poursuivaient en faisant des *« doudou-doudou »* sur les ventres rebondis, et les amis s’échangeaient des petites gratouilles dans le dos qui font frissonner de plaisir.
— Écoutez ! dit Gaspard en levant un doigt vers le ciel.
Le village chantait. Ce n’était pas de la musique de radio, c’était la musique du bonheur.
*« Hihihi ! »* faisait le petit frère.
*« Hahaha ! »* répondait le boulanger.
*« Hohoho ! »* tonnait le maire avec son gros ventre qui sautillait comme une gelée à la menthe.
On aurait dit que des milliers de petites bulles de savon éclataient en même temps dans l’air. Le rire volait partout, se posant sur les nez, derrière les oreilles et sur le bout des doigts.
Soudain, la musique commença. Un accordéoniste jouait une mélodie qui donnait envie de sautiller comme des lapins. Tout le monde se prit par la main pour former une immense ronde autour de la fontaine.
— Un pas à gauche, on sourit ! cria Gaspard. Un pas à droite, on fait des guilis !
Quand la ronde tournait vite, très vite, les couleurs se mélangeaient. On ne voyait plus que des visages radieux et des mains qui s’agitaient. Sans aucune poussière magique, sans aucun sortilège, le village était devenu l’endroit le plus scintillant de la terre.
Le goûter fut un moment merveilleux. On mangea des gâteaux si moelleux qu’on aurait dit des nuages sucrés. On but de la limonade qui piquait doucement la langue et qui faisait faire des petites grimaces rigolotes.
— Gaspard, demanda une petite fille nommée Lilou en essuyant une moustache de chocolat sur sa lèvre, est-ce que la poudre magique va revenir un jour ?
Gaspard regarda ses mains, puis il regarda les yeux pétillants de son amie. Il sentit une chaleur douce, comme un petit radiateur allumé dans sa poitrine.
— Elle n’est jamais partie, Lilou, répondit-il avec un clin d’œil. La poudre magique, c’était juste pour nous montrer le chemin. Maintenant, la magie, c’est nous qui la fabriquons quand on se donne un sourire ou qu’on partage un secret. Nos doigts sont des baguettes magiques et nos rires sont les plus beaux des trésors !
Alors que le soleil commençait à se coucher, transformant le ciel en un grand sorbet à l’orange, tout le village s’assit dans l’herbe, fatigué d’avoir tant ri.
Gaspard ferma les yeux un instant. Il entendit le vent murmurer dans les feuilles et le dernier éclat de rire d’un bébé au loin. Il comprit que cette fête ne s'arrêterait jamais vraiment. Tant qu’il y aurait des doigts pour chatouiller et des cœurs pour s’aimer, la lumière ne s’éteindrait plus jamais dans leur joli village.
Et ce soir-là, en rentrant chez lui, Gaspard fit une dernière petite chatouille à l’ombre de son doudou sur le mur, juste pour le plaisir d’entendre le silence lui répondre par un sourire.
***Fin.***
La morale du pays coloré
Voici le dernier chapitre de ton conte, écrit avec toute la douceur et les couleurs du style "Wonder Engine".
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### Chapitre : La morale du pays coloré
Le lendemain matin, quand Gaspard ouvrit les rideaux de sa chambre, il dut se frotter les yeux très fort. Le gris, ce vieux monsieur triste et poussiéreux, s’était envolé comme une petite fumée. À sa place, un festival de couleurs faisait la fête dans les rues !
Les maisons n’étaient plus de la couleur des vieux cailloux. Elles étaient devenues bleues comme des macarons à la myrtille, jaunes comme des citrons pressés et roses comme des joues après un gros bisou. Même les cheminées semblaient danser, soufflant des nuages en forme de barbe à papa.
Gaspard descendit en courant, ses petits pieds faisant *flip-flap* sur les pavés qui ressemblaient maintenant à des bonbons multicolores. Il retrouva Lilou près de la fontaine. La fontaine ne crachait plus seulement de l’eau, elle faisait jaillir des milliers de petites bulles de savon qui brillaient comme des diamants arc-en-ciel.
— Regarde, Gaspard ! s’écria Lilou en sautant à cloche-pied. Le monde est devenu un immense livre de coloriage ! Est-ce qu’il nous reste encore un peu de poudre de rire dans nos poches pour que ça reste toujours comme ça ?
Gaspard plongea ses mains dans ses poches. Elles étaient vides. Plus un seul petit grain de poussière magique. Pas même une miette d'étincelle. Il eut un petit pincement au cœur, mais soudain, il aperçut son reflet dans une bulle qui passait.
Il vit ses yeux qui pétillaient comme des étoiles et sa bouche qui dessinait un grand arc de cercle vers le haut. Il comprit alors le plus grand des secrets.
— Lilou, approche ! chuchota-t-il avec un petit rire mystérieux.
Il prit les mains de son amie. Ses mains étaient chaudes et douces.
— La poudre magique est finie, c’est vrai. Mais regarde bien le boulanger là-bas. Est-ce qu’il a besoin de poudre pour faire ses brioches en forme de cœur ?
Ils regardèrent Monsieur Farine. Il n’avait plus sa mine de papier mâché. Il chantonnait une chanson qui faisait « *La-la-li, le pain est cuit !* » et il offrait des petits morceaux de croûte dorée aux oiseaux. À chaque fois qu’un oiseau s’envolait, une traînée de plumes orangées illuminait le ciel.
— Et regarde la voisine, Madame Tulipe, continua Gaspard.
La vieille dame, qui restait autrefois cachée derrière ses rideaux gris, était en train d’arroser ses fleurs. Mais elle ne faisait pas que les arroser : elle leur racontait des blagues ! Et les fleurs, toutes rouges et violettes, semblaient se dandiner pour mieux l’écouter.
Gaspard se tourna vers Lilou et lui fit le plus beau, le plus grand, le plus brillant des sourires.
— Tu vois, Lilou ? La poudre de rire, c’était juste pour nous réveiller. C’était comme une petite allumette. Mais maintenant, c’est nous qui sommes des bougies. Mon sourire, c’est de la poudre jaune. Ton rire, c’est de la poudre rose. Et quand on aide quelqu’un à ramasser ses billes ou qu’on fait un câlin à son doudou, on repeint le monde en vert-espoir.
Lilou écarquilla ses grands yeux. Elle essaya de faire un sourire encore plus grand que celui de Gaspard. Elle sentit ses propres joues chauffer doucement, comme si un petit radiateur de bonheur s'était allumé dans son ventre.
— Alors, dit-elle en battant des mains, si je souris à un arbre, il va rester vert ?
— Oui ! répondit Gaspard. Et si tu ris avec le vent, il portera tes couleurs jusqu'à l'autre bout de la terre. Nous sommes des magiciens, Lilou. Nos cœurs sont des boîtes à peinture !
C’était ça, la grande morale du pays coloré. Gaspard avait appris que la plus belle des poudres magiques ne se vendait pas dans les magasins de sorciers et ne se trouvait pas dans des fioles de verre. Elle était cachée juste derrière les lèvres, prête à sortir dès qu'on décidait d’être gentil.
Le village resta coloré pour toujours. Parfois, bien sûr, il pleuvait un peu de gris quand quelqu’un était triste ou fatigué. Mais il suffisait que Gaspard passe par là, qu’il fasse une petite grimace rigolote ou qu’il partage un secret, pour que la magie recommence.
Il avait compris que le monde n'est triste que si l'on oublie de le regarder avec amour.
Ce soir-là, en s’endormant, Gaspard ne demanda pas de veilleuse. Il ferma les yeux et dessina un grand soleil dans sa tête. Il savait que demain, dès qu'il ouvrirait la bouche pour dire « Bonjour ! », une pluie de paillettes invisibles tomberait sur tous ceux qu'il croiserait.
Car au pays de Gaspard, on ne disait plus « C’est magique ! », on disait : « C’est nous qui sommes la magie ! »
Et dans le silence bleu de la nuit, on pouvait presque entendre les couleurs chanter.
***Fin.***