Lulu et le Secret de la Nuit Douce
Par Studio Wonder — Jeunesse
Voici le premier chapitre de l’histoire de Lulu, conçu avec la magie et la douceur du style « Wonder Engine ».
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# CHAPITRE 1 : LULU ET SON DOUDOU TOUT MOU
Il était une fois, au creux d’un vieux chêne aux racines de velours, un petit terrier tout rond et tout chaud. À l’intérieur, bien à l’abri...
Lulu et son doudou tout mou
Voici le premier chapitre de l’histoire de Lulu, conçu avec la magie et la douceur du style « Wonder Engine ».
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# CHAPITRE 1 : LULU ET SON DOUDOU TOUT MOU
Il était une fois, au creux d’un vieux chêne aux racines de velours, un petit terrier tout rond et tout chaud. À l’intérieur, bien à l’abri sous une couette qui ressemblait à une grosse meringue à la vanille, habitait Lulu.
Lulu était un petit lapin aux oreilles aussi longues que des rubans de soie et au nez qui faisait *frip-frop, frip-frop* dès qu’il sentait une bonne odeur de trèfle.
Ce soir-là, la Lune avait allumé sa petite veilleuse d’argent dans le ciel. Tout était calme. On n’entendait que le chant d'un grillon timide : *crir-crir, crir-crir*. Lulu était parfaitement installé. Il portait son pyjama préféré, celui avec des carottes bleues qui brillaient un tout petit peu dans le noir.
Contre son cœur, Lulu serrait Pistache.
Pistache n’était pas un vrai lapin, non, c’était son doudou. Un doudou tellement mou qu’il pouvait se transformer en boule, en crêpe ou en écharpe selon les besoins. Pistache sentait bon la lavande et le biscuit chaud. Ses oreilles étaient un peu usées à force d’avoir reçu des milliers de bisous, mais pour Lulu, c’était le plus beau trésor de toute la Forêt des Songes.
Pourtant, malgré le silence soyeux et la chaleur du lit, il y avait un petit souci.
Un tout petit, minuscule, mais très agaçant souci.
Les yeux de Lulu étaient... **GRANDS OUVERTS**.
Ils étaient ouverts comme deux jolies billes de chocolat noir. Il regardait le plafond. Il regardait les ombres des feuilles danser sur le mur. Il regardait même une petite poussière d’étoile qui flottait dans un rayon de lune.
— Pistache ? murmura Lulu d’une voix toute petite, comme un souffle de vent. Tu dors, toi ?
Pistache ne répondit pas tout de suite, car les doudous parlent surtout avec le cœur. Mais Lulu sentit une petite chaleur contre sa patte. Il remonta la couette jusqu’à son menton.
— Moi, je n’y arrive pas, soupira Lulu. Mes paupières font la gymnastique. Elles ne veulent pas rester baissées. Elles font *hop !* et elles remontent pour regarder si la nuit est bien là.
Lulu tourna à gauche. *Frou-frou*, fit le drap.
Lulu tourna à droite. *Flop-flop*, firent ses oreilles sur l’oreiller-nuage.
Il attrapa Pistache par une patte et le souleva.
— Regarde, Pistache ! La Lune nous surveille. Tu crois qu'elle attend quelque chose ? Peut-être qu'elle a oublié de nous raconter la fin de l’histoire ?
Lulu s'assit brusquement dans son lit. Ses oreilles pointèrent vers le haut, comme deux antennes magiques.
— Écoute... Tu entends ce petit bruit ? On dirait que la nuit nous murmure un secret, mais je ne comprends pas les mots. C’est un secret tout doux, un secret qui sent le miel et la mousse humide.
Pistache, dans les bras de Lulu, semblait d’accord. Ses yeux en boutons de bottine brillaient doucement.
— Maman dit toujours que pour dormir, il faut trouver la clé du Secret de la Nuit Douce, continua Lulu en caressant les poils soyeux de son doudou. Mais où est-elle, cette clé ? Est-ce qu’elle est cachée sous mon oreiller ? Est-ce qu’elle est tombée dans mon chausson ?
Lulu glissa sa petite main sous son oreiller. Il ne trouva qu'une miette de sablé de l'heure du goûter. *Raté !*
Il regarda par la fenêtre ronde de son terrier. Dehors, les fleurs de lune commençaient à s’ouvrir en faisant un bruit de papier de soie : *shhh-shhh*. La forêt semblait couverte d'une nappe de sucre glace. Tout était si beau, si mystérieux.
— Pistache, j’ai une idée ! s'exclama Lulu avec un petit bond du cœur. Si le sommeil ne vient pas jusqu'à mon lit, c'est peut-être parce qu'il nous attend quelque part ailleurs ? Peut-être que le Secret de la Nuit Douce se cache juste là, derrière le grand buisson de myrtilles ?
Lulu n'avait plus envie de bailler. Son petit nez faisait *frip-frop* de curiosité. Il serra Pistache très fort contre lui. Le doudou était si mou qu'il épousait parfaitement la forme de son bras.
— On va aller le chercher, le secret ? demanda Lulu à son ami de peluche. Juste un tout petit peu ? Promis, on rentre avant que le soleil ne se réveille pour colorier le ciel.
Pistache ne dit rien, mais il sembla devenir encore plus léger, comme s'il était prêt à s'envoler.
Lulu sortit une patte de la couette. Puis deux. Le sol du terrier était frais et doux comme de la mousse. Il mit sa petite cape en laine, attrapa Pistache par la main, et ensemble, ils s'avancèrent vers l'entrée du terrier.
La grande aventure de la nuit allait commencer, et le Secret de la Nuit Douce n'avait qu'à bien se cacher, car Lulu le petit lapin et Pistache son doudou tout mou arrivaient à pas de velours...
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*La suite au prochain chapitre : "Le Chemin des Lucioles Dansantes".*
Le mystère du noir
Voici le nouveau chapitre de l'histoire de Lulu, écrit dans le style merveilleux et sensoriel que tu recherches.
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# CHAPITRE 2 : Le mystère du noir
Sur la pointe des pattes, Lulu franchit le seuil du terrier. *Chut...* Le monde faisait un bruit de silence. C’était un silence tout doux, comme si la terre entière s’était enveloppée dans une immense couverture de coton.
Lulu leva son petit nez vers le ciel. Ce n’était pas vraiment noir, en haut. C’était un bleu très, très, très profond, comme de l’encre de chine mélangée à de la poussière de diamants.
— Regarde, Pistache, murmura Lulu en serrant son doudou contre sa joue. Le soleil a éteint la grande lampe. Mais où sont passées toutes les couleurs ?
Lulu s'inquiétait un petit peu. D’habitude, son jardin était une boîte de feutres magiques. Il y avait le jaune pimpant des boutons-d'or, le rouge éclatant des coccinelles et le vert piquant des herbes folles. Mais là, sous le regard de la Lune, tout semblait avoir disparu.
Le buisson de myrtilles ? Il était devenu une grosse ombre ronde.
Le vieux chêne ? Une silhouette géante qui semblait caresser les nuages.
Même la cape en laine de Lulu, d’habitude si rose, ressemblait maintenant à une petite prune foncée.
Lulu s’assit sur une racine moussue. *Scrinch, scrinch*, fit la mousse sous ses fesses.
— Dis, Pistache, tu crois que le soleil a emporté les couleurs dans son sac à dos ? demanda-t-il à son ami de peluche. Est-ce qu’il est parti les ranger dans un tiroir secret de l’autre côté de la colline ?
Pistache ne répondit pas, mais ses oreilles en velours semblaient écouter le vent. Lulu ferma les yeux pour mieux imaginer. Il voyait le soleil, ce gros bonbon de feu, en train de brosser ses rayons avant de se glisser sous une couette de nuages violets.
— Peut-être que le jaune se repose pour être très brillant demain matin, continua Lulu en balançant ses pieds. Et le bleu du ciel... peut-être qu'il fait dodo au fond de la rivière ?
Soudain, une petite brise passa sur les moustaches de Lulu. *Frou-frou...* Elle sentait la terre fraîche et le parfum sucré des fleurs de nuit, celles qui n'ouvrent leurs pétales que lorsque tout le monde ronfle. Lulu comprit alors quelque chose d'extraordinaire. Le noir n'était pas un trou vide. C'était un manteau de velours qui protégeait le sommeil du monde.
— C'est ça, le mystère ! s'exclama Lulu avec un petit saut de joie. Le noir, c'est pour qu'on puisse rêver en couleur ! Si le soleil restait tout le temps, les yeux seraient trop fatigués pour voir les rêves.
Lulu toucha l'herbe. Elle était fraîche, perlée de petites gouttes d'eau qui brillaient comme des perles. *Plip, plop.* C’était la rosée, la boisson préférée des fées de la nuit.
— Regarde, Pistache ! Le noir n'est pas méchant. Il est juste... timide. Il cache les couleurs pour nous faire une surprise au réveil. Mais... si les couleurs dorment, comment on va faire pour trouver le Secret de la Nuit Douce sans lumière ?
C'est alors qu'un petit point de lumière apparut près du nez de Lulu. Puis deux. Puis trois. Ce n’était pas le soleil. C’était comme si des étoiles étaient tombées du ciel pour venir danser dans les herbes hautes.
— Oh ! fit Lulu, les yeux ronds comme des soucoupes. On dirait des petites lanternes volantes !
Le mystère du noir n'était plus tout à fait un mystère, car dans l'obscurité, de nouvelles lumières commençaient à s'allumer, bien plus petites et plus magiques que le grand soleil de la journée.
Lulu se leva, attrapa Pistache par la patte, et se prépara à suivre ces étincelles d'or qui l'invitaient à s'enfoncer plus loin dans la forêt...
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*La suite au prochain chapitre : "Le Chemin des Lucioles Dansantes".*
Monsieur Hibou et le rideau bleu
Voici le nouveau chapitre de l’histoire de Lulu, écrit dans le style merveilleux et sensoriel du "Wonder Engine", parfait pour les petites oreilles de 3 à 5 ans.
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# Chapitre : Monsieur Hibou et le rideau bleu
Lulu et Pistache marchaient sur la pointe des pieds, guidés par les petites lucioles qui dansaient devant leur nez. Les lucioles ne faisaient pas de bruit, elles faisaient juste « clic-clic » avec leur petite lumière d'or. La forêt ne semblait plus du tout effrayante. Elle ressemblait maintenant à une grande chambre décorée de guirlandes magiques.
Soudain, au milieu d'un grand chêne tout rond et tout vieux, deux énormes cercles jaunes s’allumèrent.
*Hou-hou !*
Lulu s'arrêta net. Pistache se cacha derrière l'oreille de Lulu. Les deux cercles jaunes clignotèrent. Ce n'étaient pas des lanternes, c'étaient les yeux de Monsieur Hibou !
Monsieur Hibou était magnifique. Il portait un petit gilet de plumes grises et, sur le bout de son bec, une minuscule paire de lunettes rondes. Il semblait très sérieux, mais ses yeux brillaient comme deux soleils de poche.
— Bonsoir, petite Lulu. Bonsoir, Monsieur Pistache, dit-il d'une voix douce qui ressemblait au bruissement du vent dans les feuilles. Que faites-vous dehors alors que les fleurs ont déjà fermé leurs pétales ?
Lulu s'approcha un peu, en serrant fort la patte de Pistache.
— Monsieur Hibou, on cherche le Secret de la Nuit Douce. Mais j'ai un peu peur… Pourquoi le monde s'est-il éteint ? Pourquoi tout est devenu si sombre ?
Monsieur Hibou pencha la tête sur le côté, à gauche, puis à droite. Il eut un petit rire qui fit vibrer ses plumes.
— Oh, mais la nuit n’est pas éteinte, ma petite Lulu ! Elle est simplement habillée. Approche, regarde bien le ciel à travers les branches.
Lulu leva le nez. Elle regarda très fort. Elle ne vit pas de noir, mais un bleu très, très profond. Un bleu comme le velours d’une robe de princesse, ou comme l’eau d’un lac très calme.
— Tu vois, expliqua Monsieur Hibou en ouvrant ses grandes ailes soyeuses, la Nuit, c’est comme un immense **Rideau Bleu**. Un rideau géant que le ciel tire sur le monde pour nous protéger.
— Un rideau ? demanda Lulu en ouvrant de grands yeux. Comme celui de ma chambre ?
— Exactement ! sourit le vieux hibou. Imagine que le Soleil est une grosse lampe très brillante. Si on la laissait allumée tout le temps, les petites fleurs seraient fatiguées de danser, les écureuils n'arrêteraient pas de courir, et tes yeux finiraient par piquer un peu. Alors, la Nature, qui est très maligne, tire ce grand rideau bleu pour dire : *« Chuuut… C’est l’heure du repos. »*
Monsieur Hibou descendit de sa branche et vint se poser juste devant Lulu. Il sentait bon l’écorce de bois et la mousse fraîche.
— Touche l’air, Lulu. Sens-tu comme il est doux ?
Lulu tendit sa petite main. L’air de la nuit ne lui semblait plus froid, mais frais et caressant, comme une caresse sur la joue.
— Sous le rideau bleu, continua Monsieur Hibou, tout devient plus calme. Les couleurs se reposent pour être plus éclatantes demain matin. Le rouge des coquelicots fait dodo, le jaune des citrons fait une sieste, et même le vert de la forêt ferme ses petits yeux. C’est le rideau de la paix. Il nous aide à fabriquer des rêves en chocolat et des aventures sur des nuages.
Lulu caressa le ventre tout mou de Pistache. Elle commençait à comprendre. Le noir n'était pas un trou, c'était une couverture de douceur. Un rideau magique qui protégeait le sommeil de tout le monde.
— Est-ce que le Secret de la Nuit Douce est caché derrière le rideau ? demanda-t-elle tout bas.
Monsieur Hibou fit un clin d'œil malicieux.
— Tu touches au but, petite exploratrice. Mais pour trouver le secret, il faut savoir écouter ce que le rideau bleu nous chuchote. Suis le sentier qui descend vers la rivière d'argent. Là-bas, quelqu'un t'apprendra à écouter le silence.
Lulu fit une petite révérence à Monsieur Hibou.
— Merci, Monsieur le rideau bleu !
— Hou-hou ! Bonne route, les petits ! n’oubliez pas : la nuit ne cache rien, elle câline tout ce qui vit.
Lulu et Pistache reprirent leur marche, le cœur léger. Maintenant, quand Lulu regardait le ciel, elle ne voyait plus d'obscurité. Elle voyait un immense rideau de velours bleu, parsemé de petits trous brillants, prêt à bercer la terre entière.
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*La suite au prochain chapitre : "Le Chant de la Rivière d'Argent".*
Le ballet des Lucioles
Voici le nouveau chapitre de ton conte, écrit dans le style merveilleux et sensoriel du "Wonder Engine".
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# Chapitre : Le ballet des Lucioles
Lulu et Pistache marchaient sur le petit sentier de mousse. Sous leurs pattes et leurs pieds nus, le sol était aussi doux qu’un tapis de salon. Tout autour d’eux, la forêt semblait respirer un grand parfum de menthe fraîche et de terre mouillée. C’était une odeur qui donnait envie de faire de jolis rêves.
Soudain, Pistache s’arrêta net. Ses petites oreilles frémirent.
— Regarde, Lulu ! Là, près du gros buisson de fougères ! On dirait qu’une étoile est tombée du ciel !
Lulu s'accroupit, les yeux écarquillés. Entre deux feuilles de velours vert, un tout petit point de lumière venait de s’allumer. *Clignote, clignote.* C’était une lueur dorée, douce comme la flamme d’une bougie d’anniversaire.
Puis, une deuxième lumière apparut. Et une troisième. Et bientôt, une dizaine de petites étincelles se mirent à flotter dans l’air, juste devant le nez de Lulu.
— Oh ! s’exclama Lulu en joignant les mains. Ce sont des fées ?
Une petite voix, fine comme un fil de soie, sembla lui répondre par un bourdonnement joyeux. Ce n’étaient pas des fées, mais des lucioles. Des petites bêtes de lumière qui portaient chacune une minuscule lanterne dans leur dos.
Les lucioles commencèrent alors une danse incroyable. Elles montaient, descendaient, tournaient en boucle, dessinant des rubans d’or dans l’obscurité. C’était un véritable ballet de paillettes vivantes.
— Viens, Lulu ! On dirait qu’elles nous invitent ! lança Pistache en faisant un petit bond de côté.
Lulu se mit à courir doucement au milieu des points brillants. Elle ne craignait plus du tout l’ombre, car les lucioles transformaient la forêt en une salle de fête enchantée.
— Regarde, Pistache ! Si je bouge mes mains, elles me suivent !
C’était vrai. Les lucioles entouraient Lulu comme une couronne scintillante. Elles se posaient parfois un instant sur son épaule, dégageant une chaleur minuscule, presque invisible, mais si rassurante.
— Vous êtes les veilleuses de la nuit, n'est-ce pas ? murmura Lulu en tendant un doigt vers une petite luciole qui s’était posée sur une branche.
La luciole fit briller son ventre tout rond deux fois, comme pour dire : *« Oui, petite Lulu. La nuit n'est jamais toute noire. Nous sommes là pour éclairer le chemin de ceux qui osent ouvrir les yeux. »*
Lulu comprit alors une chose très importante : la nuit n'était pas un grand trou vide. C’était une chambre magique où la nature allumait ses propres petites lampes. Le ciel avait les étoiles, et la forêt avait les lucioles.
— Merci, les demoiselles de lumière ! dit Lulu avec un grand sourire.
Les lucioles se rassemblèrent alors devant eux, formant une longue ligne brillante qui pointait vers le bas de la colline. Elles indiquaient la route, comme un chemin de diamants posés sur l'herbe sombre.
— Elles nous montrent la rivière d'argent ! s'écria Pistache en agitant sa queue en panache. En route, exploratrice !
Main dans la patte, Lulu et Pistache suivirent leurs petites guides lumineuses. Le silence de la forêt n'était plus inquiétant, il était rempli de petits secrets qui brillaient. Lulu se sentait protégée, comme si chaque luciole était une petite pensée affectueuse de la Nuit Douce.
Elles marchèrent ainsi un long moment, portées par la magie de ce ballet doré, jusqu'à ce qu’un nouveau son parvienne à leurs oreilles. Un son fluide, léger, qui faisait *« Glic-glic, floc-floc »*.
C’était l’eau qui chantait entre les pierres. Elles arrivaient enfin là où le silence s'apprend par la musique.
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*La suite au prochain chapitre : "Le Chant de la Rivière d'Argent".*
La chanson de Grillon-Cric
**CHAPITRE : LA CHANSON DE GRILLON-CRIC**
Le murmure de l’eau devenait de plus en plus clair. *« Glic-glic, floc-floc... »* La Rivière d’Argent serpentait entre les arbres, ses reflets dansant sous la lune comme des milliers de petits poissons d’argent. Lulu et Pistache s’arrêtèrent au bord de l’eau, sur un tapis de mousse aussi doux qu’un doudou.
Mais alors qu’ils s’apprêtaient à tremper le bout de leurs doigts (et de leurs pattes) dans l’onde fraîche, un autre bruit s'éleva. Ce n'était pas le chant de l'eau. C'était un petit son sec et cristallin, une sorte de trille joyeux qui flottait dans l'air tiède.
*« Cric-cric... Chirp-chirp... Cric-cric-dodo... »*
— Écoute ! chuchota Lulu en portant sa main à son oreille. On dirait un petit instrument de musique.
— C’est Grillon-Cric ! s’exclama Pistache en sautillant sur une racine. C’est le chef d’orchestre de la prairie de lune !
Perché sur une grande feuille de menthe qui sentait bon le frais, se tenait un tout petit monsieur vêtu d'un habit vert forêt, brillant comme du satin. C’était Grillon-Cric. Il était minuscule, pas plus grand que le pouce de Lulu, mais il se tenait très droit. Il frottait ses ailes l’une contre l’autre avec une agilité incroyable, comme s’il jouait du plus petit violon du monde.
— Bonsoir, voyageurs ! dit Grillon-Cric d’une voix qui ressemblait à un tintement de clochette. Vous arrivez juste à temps pour la Sérénade des Pétales.
Lulu ouvrit de grands yeux ronds.
— La Sérénade des Pétales ? Qu’est-ce que c’est, Monsieur le Grillon ?
Le petit insecte fit une élégante révérence.
— Voyez-vous, petite humaine, les fleurs travaillent dur toute la journée. Elles attrapent les rayons du soleil, elles dansent avec le vent, elles nourrissent les abeilles... Le soir venu, elles sont très fatiguées. Mais parfois, elles n'arrivent pas à trouver le sommeil. Alors, je joue pour elles. Ma musique est une couverture de notes pour leurs rêves.
Grillon-Cric reprit son concert. *« Cric-cric, tout doux... Cric-cric, dodo... »*
Lulu et Pistache s’assirent en silence pour regarder le spectacle. Autour d’eux, les fleurs de la rive commençaient à réagir. Les grandes marguerites blanches, qui ressemblaient à de petites étoiles tombées dans l'herbe, se mirent à balancer leur tête très lentement.
Sous l'effet de la mélodie, les pétales commençaient à se replier un à un. C’était magique ! Lulu voyait une clochette bleue se refermer comme un petit parapluie, tandis qu'une rose sauvage enroulait ses pétales de soie pour former un bouton bien serré, comme si elle mettait son pyjama.
— Regarde, Pistache, chuchota Lulu. Elles ferment leurs yeux colorés.
— Elles font de la place aux rêves, répondit le petit écureuil en baillant un peu. La musique de Cric, ça donne envie de se mettre en boule dans un nid de plumes.
La mélodie changea. Elle devint encore plus basse, plus lente, comme un murmure de maman au moment du coucher. Grillon-Cric ne se contentait pas de jouer, il semblait peindre le silence avec ses sons.
— Dis-moi, Grillon-Cric, demanda Lulu tout bas, est-ce que la Nuit Douce a toujours une chanson pour tout le monde ?
Le grillon s'arrêta un instant, ses antennes frémissant dans la brise.
— Toujours, Lulu. Il suffit de savoir écouter avec son cœur. Le vent chante dans les feuilles, la rivière chante sur les cailloux, et moi, je chante pour les fleurs. Tout le monde a besoin d’une berceuse pour ne pas avoir peur du noir.
Lulu se sentit merveilleusement bien. Elle caressa la mousse sous ses doigts. La forêt n'était plus un endroit mystérieux et sombre, c'était une immense chambre à coucher, décorée de lumières de lucioles et parfumée par la menthe et la terre mouillée.
Toutes les fleurs de la rive étaient maintenant endormies, formant de petits dômes colorés sous la lune. Grillon-Cric rangea ses ailes avec un petit bruit de froissement de papier de soie.
— Voilà, ma mission est terminée pour ce soir, annonça-t-il. Elles dormiront bien jusqu'aux premiers rayons du soleil.
— Merci, Monsieur le Grillon, dit Lulu en lui envoyant un baiser du bout des doigts. Ta musique est le plus joli des secrets.
Grillon-Cric fit un dernier saut et disparut dans les hautes herbes, laissant derrière lui une petite note de musique qui semblait flotter encore dans l’air.
Pistache se frotta les yeux avec ses petites pattes.
— On continue, exploratrice ? La Rivière d'Argent a encore quelque chose à nous montrer. Elle coule vers le Grand Saule Pleureur, là où les secrets sont les plus profonds...
Lulu se leva, le cœur léger. Elle n'avait plus peur du tout. Elle savait maintenant que même les fleurs avaient un ami pour les border.
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*La suite au prochain chapitre : "Le Chant de la Rivière d'Argent".*
Le bisou de la Lune
# Chapitre : Le bisou de la Lune
La nuit n’était plus une grande ombre mystérieuse. Pour Lulu, elle était devenue une immense couverture de velours bleu, parsemée de petits diamants qui clignotaient au-dessus de sa tête. En marchant sur le sentier de mousse douce, Lulu sentait la terre tiède sous ses pieds nus. C’était comme marcher sur un gâteau à la guimauve, tout souple et tout moelleux.
À ses côtés, Pistache, le petit écureuil à la queue en panache, trottinait joyeusement. Ses petites griffes faisaient un bruit léger sur les feuilles sèches : *crac-frourou, crac-frourou*.
— Regarde, Lulu ! s’exclama Pistache en pointant son petit nez rose vers le ciel. Dame Lune nous regarde. Elle a mis sa plus belle robe de soie blanche ce soir.
Lulu leva les yeux. La lune était ronde et brillante, comme une grosse bulle de savon qui ne voulait pas éclater. Elle semblait sourire, perchée tout là-haut, tout en haut du grand toboggan des étoiles.
Soudain, quelque chose de magique se produisit.
Un rayon de lumière, aussi fin qu’un fil de soie et aussi brillant qu’une cuillère d’argent, descendit lentement du ciel. Ce n’était pas un rayon de soleil qui pique les yeux, non. C’était une lueur toute douce, une lumière qui semblait chuchoter.
Le rayon dansa dans l’air, slaloma entre les branches des arbres et, dans un mouvement gracieux, vint se poser juste sur les oreilles de Lulu.
— Oh ! murmura Lulu en s’arrêtant net.
Elle sentit un petit chatouillis délicat, comme si une plume de poussin venait de lui caresser le lobe de l’oreille. C’était une sensation de chaleur tendre, une caresse de lumière qui sentait bon le rêve et le lait chaud.
— C’est le bisou de la Lune, expliqua Pistache avec un clin d’œil. Elle le donne seulement aux explorateurs qui ont le cœur courageux. Elle te dit : « N’aie crainte, petite Lulu, je veille sur tes pas. »
Lulu ferma les yeux une seconde. Sous le baiser d’argent de la Lune, elle se sentit devenir toute légère, comme si elle allait s’envoler. Ses oreilles semblaient pétiller de minuscules étincelles magiques.
— Merci, Dame Lune, souffla la petite fille. Ton bisou est tout doux, encore plus doux que le doudou-lapin de ma chambre.
Elle fit un petit tour sur elle-même, et sa chemise de nuit s’illumina comme si elle avait été trempée dans un seau de paillettes d’argent. À chaque pas, elle laissait derrière elle une petite traînée de lumière qui s’effaçait doucement, comme le passage d’une fée.
Ils arrivèrent bientôt près d’un endroit où le silence n’était plus tout à fait silencieux. Un petit bruit de chant venait de plus bas.
*Glou-glou… flic-floc… chuintait l’eau.*
— Écoute ! dit Lulu en tendant l’oreille (celle qui brillait encore un peu). La rivière m’appelle.
Devant eux, la Rivière d’Argent serpentait entre les cailloux ronds. Sous la lumière de la lune, l’eau ne semblait pas faite de liquide, mais de milliers de perles qui roulaient les unes sur les autres.
— C’est ici que les secrets voyagent, dit Pistache à voix basse. La rivière les ramasse dans les montagnes et les apporte jusqu’au Grand Saule Pleureur. Regarde comme elle brille ! On dirait qu’elle a mangé des étoiles au dîner.
Lulu s’approcha du bord. L’herbe ici était parsemée de petites gouttes de rosée qui reflétaient la lumière de la lune, comme si le sol était couvert de confettis de verre.
Au loin, elle vit une silhouette immense et majestueuse. C’était lui. Le Grand Saule Pleureur. Ses longues branches tombaient jusqu’au sol, comme de longs cheveux verts et argentés qui trempaient leurs pointes dans l’eau pour la chatouiller.
— Il a l’air d’un grand géant qui se coiffe, s’émerveilla Lulu.
— C’est le gardien des rêves de la forêt, répondit Pistache. Et si tu écoutes très, très bien le bruit de l’eau contre ses racines, tu entendras sa chanson.
Lulu fit un pas de plus, le cœur battant d’impatience. Le bisou de la lune brillait toujours sur ses oreilles, lui donnant tout le courage nécessaire pour découvrir le prochain secret de la Nuit Douce.
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*La suite au prochain chapitre : "Le Chant de la Rivière d'Argent".*
Le chemin des rêves
**CHAPITRE : Le chemin des rêves**
Lulu resta un long moment immobile, les pieds dans l’herbe fraîche, à écouter la chanson de l’eau. Le Grand Saule Pleureur semblait lui faire un petit signe de la tête avec ses longues mèches d’argent. Mais soudain, une petite brise parfumée à la vanille et à la fleur d’oranger vint lui chatouiller le bout du nez.
— *Atchoum !* éternua Lulu en riant.
Pistache, son petit guide à la queue en panache, dressa ses oreilles.
— Tu entends ça, Lulu ? C’est l’appel de ton oreiller. La Nuit Douce a fini de nous montrer ses trésors pour aujourd’hui. Il est temps de rentrer faire dodo.
Lulu fit une petite moue. Elle aimait tellement cette forêt magique ! Elle n’avait pas du tout envie que l’aventure s’arrête. Mais Pistache pointa sa petite patte vers le sol, juste devant les orteils de la petite fille.
— Regarde bien… La lune nous a laissé un cadeau pour le retour.
Sous les yeux émerveillés de Lulu, une ligne de lumière commença à briller sur la mousse. C’était comme si quelqu’un avait renversé un pot de confiture d’étoiles ! Des milliers de petits grains d’or et de bleu scintillaient, formant un petit sentier étroit qui serpentait entre les arbres.
— Oh ! Un chemin de poussière d’étoiles ! s’exclama Lulu en tapant dans ses mains.
— Et c’est le chemin le plus doux du monde, murmura Pistache. Viens, pose un pied dessus.
Lulu avança prudemment. Dès que ses petits pieds touchèrent la poussière brillante, elle poussa un cri de surprise. Ce n’était pas dur comme de la terre, ni piquant comme des brindilles. C’était aussi mou et rebondi qu’un gros tas de coton de sucre !
*Flic-floc, flic-floc.*
À chaque pas, le chemin faisait un petit bruit de clochette étouffée. Et à chaque fois que Lulu posait le pied, une petite nuée de paillettes s’envolait autour de ses chevilles, comme des lucioles qui voulaient jouer.
— On dirait que je marche sur un nuage de paillettes ! s’émerveilla Lulu.
— C’est le chemin des rêves, expliqua Pistache en trottinant à ses côtés. Il ne nous ramène pas seulement à la maison, il nous prépare pour le pays des songes.
Tout autour d’eux, la forêt semblait s’endormir pour de bon. Lulu vit un petit hérisson roulé en boule sous une feuille de rhubarbe, ronflant tout doucement : *Zzz... pfuuu... Zzz... pfuuu...* Plus loin, une famille d’oiseaux s’était blottie les uns contre les autres dans un nid, formant une grosse boule de plumes toutes douces.
Même les fleurs fermaient leurs pétales comme on ferme ses paupières. Lulu se sentit soudain un peu fatiguée, elle aussi. Ses pas devenaient plus lents, plus lourds, mais toujours aussi légers grâce à la poussière d’étoiles.
— Regarde, Lulu ! Là-haut ! dit Pistache.
Au bout du chemin, la forêt s’ouvrit pour laisser place au jardin de Lulu. Et tout en haut de la façade de la maison, une fenêtre était grande ouverte. Une petite lumière orangée s’en échappait, chaude et accueillante comme un câlin.
— C’est ma chambre ! reconnut Lulu.
Le chemin de poussière d’étoiles ne s’arrêta pas au bord de la pelouse. Il s’éleva dans l’air, formant un magnifique pont de lumière qui montait, montait, jusqu’au rebord de la fenêtre. Lulu grimpa sur ce toboggan à l’envers. Elle n’avait pas peur, car la poussière d’étoiles la portait comme si elle avait des ailes de papillon.
En un clin d’œil, Lulu se retrouva sur le rebord de sa fenêtre. Elle enjamba le cadre et posa ses pieds sur le tapis de sa chambre. Tout était calme. Son doudou Lapin l’attendait sur son oreiller, les oreilles bien dressées.
Lulu se retourna vers la fenêtre. Pistache était assis sur le rebord, sa fourrure brillant encore un peu de la magie de la nuit.
— Merci Pistache, chuchota Lulu en lui caressant la tête. C’était la plus belle promenade du monde.
— De rien, petite Lulu. N’oublie pas : le secret de la Nuit Douce restera toujours là, juste derrière tes yeux fermés.
Pistache fit une dernière pirouette, sauta sur une branche du vieux chêne et disparut dans un frou-frou de feuilles argentées. Lulu se glissa sous ses draps qui sentaient bon la lessive et le propre. Elle remonta sa couette jusqu’à son menton.
Sur ses oreilles, le "bisou de la lune" brillait encore un tout petit peu, comme une veilleuse secrète. Lulu ferma les yeux, et dans sa tête, elle voyait encore la rivière d’argent et le grand saule qui danse. Elle fit un petit sourire, soupira d'aise, et s’endormit, emportée par le dernier grain de poussière d’étoiles vers le plus beau des rêves.
***
*Fin de l'histoire... Chut, Lulu dort maintenant.*
Le secret est un câlin
Voici le dernier chapitre de l’histoire de Lulu, un chapitre tout doux, comme une plume qui se pose sur le cœur.
***
### Chapitre : Le secret est un câlin
Dans la petite chambre, tout était calme. Lulu était bien emmitouflée dans son lit, comme une petite chenille dans son cocon de soie. La couette était chaude, les oreillers étaient moelleux comme des nuages de chantilly, et le silence chantait une petite musique tranquille.
Pourtant, Lulu ne dormait pas encore tout à fait. Ses yeux restaient entrouverts, fixant les ombres qui dansaient doucement sur les murs. Autrefois, ces ombres lui faisaient un peu peur. Elle pensait que le noir était un grand trou vide qui cachait des mystères un peu trop grands pour elle.
Mais ce soir, tout était différent.
Lulu tendit l'oreille. Dehors, le vent soufflait dans les branches du vieux chêne. *Frou-frou… Chut… Frou-frou…* On aurait dit que l’arbre murmurait une berceuse. Elle repensa à Pistache, le chat magique, et à sa fourrure qui sentait la poussière d’étoiles. Elle repensa à la rivière d’argent qui coulait sans faire de bruit sous la lune.
Soudain, Lulu comprit. Une petite chaleur se diffusa dans sa poitrine, plus douce encore que son chocolat chaud du matin.
— Je sais, murmura-t-elle dans un souffle. Je connais le secret.
Elle s’assit un petit peu, serrant son doudou Lapin contre son cœur. Elle regarda par la fenêtre la grande nuit bleue qui enveloppait le jardin. Elle ne voyait plus du noir, non. Elle voyait une immense couverture de velours.
— La nuit n’est pas toute noire, expliqua-t-elle à son doudou. Regarde, Lapin. Elle est bleu-nuit, elle est indigo, elle est violette comme les fleurs de maman. Elle n'est pas là pour nous faire peur. Elle est là pour nous protéger.
Lulu ferma les yeux et imagina la forêt tout entière. Elle vit, dans sa tête, les petits écureuils en boule dans leurs nids de mousse, les renardeaux blottis les uns contre les autres dans leur terrier, et même les fleurs qui refermaient leurs pétales pour garder leur parfum bien au chaud.
Elle comprit que la Nuit Douce n'était pas un monstre, mais une maman géante. La nuit, c’était un immense câlin qui descendait du ciel pour serrer toute la Terre dans ses bras.
— C’est ça le secret, chuchota Lulu en souriant. La nuit, c’est le moment où le monde entier se repose dans un grand câlin.
C’était pour cela que les étoiles brillaient : c’étaient de petites veilleuses pour que personne ne se sente seul. C’était pour cela que la lune était ronde et blanche : c’était un gros bisou de lumière posé sur le front de la forêt.
Lulu se rallongea. Elle sentit la douceur des draps contre sa joue. Elle se sentait si bien, si protégée. Elle n’était plus juste une petite fille dans un lit ; elle faisait partie de la grande respiration de la nuit. Elle sentait son petit cœur battre au même rythme que celui de la forêt, des grillons et des chouettes.
— Merci, la Nuit, dit-elle en bâillant très fort. Merci pour ton câlin.
Elle sentit le "bisou de la lune" sur son oreille picoter une dernière fois, comme pour lui dire : *« De rien, petite Lulu. Dors bien. »*
Ses paupières devinrent lourdes, lourdes comme des pétales de rose mouillés par la rosée. Les images de la rivière d'argent et des feuilles qui dansent se transformèrent en un rêve coloré. Dans ce rêve, elle volait au-dessus des arbres, portée par le souffle tiède de l'obscurité.
Lulu s'endormit pour de bon, un petit sourire aux lèvres. Le secret était bien gardé, là, juste derrière ses yeux fermés. Et tout autour de la maison, la Nuit continuait de veiller, serrant la petite fille, le chat Pistache et le monde entier dans son grand manteau de tendresse.
Dehors, le vieux chêne fit un dernier *frou-frou*. La lune monta un peu plus haut dans le ciel. Tout était paisible. Le secret était partout, et le câlin de la nuit était le plus doux de tous les câlins.
***
*Chut… Lulu dort vraiment, maintenant. Fais de beaux rêves, toi aussi.*
Chut... Lulu s'endort
**CHAPITRE : Chut... Lulu s'endort**
Dans la petite chambre aux murs couleur de barbe à papa, le silence s’était installé comme un invité très poli. Lulu était maintenant bien enfoncée dans son lit, qui ressemblait à un grand nid de coton tout doux. Sa couette, parsemée de petites étoiles qui brillaient faiblement dans le noir, l’enveloppait comme un énorme marshmallow à la vanille.
C’était le moment le plus magique de la journée. Lulu remua un tout petit peu ses orteils sous le tissu chaud. *Chatouille, chatouille*, faisait la laine contre sa peau. Puis, elle cala sa tête bien au centre de son oreiller. Son oreiller n’était pas un simple oreiller : c’était un nuage de rêve, si moelleux qu’on aurait dit qu’il murmurait des histoires de fées dès qu’on posait l’oreille dessus.
À côté d’elle, Pistache, le petit chat gris, fit une dernière pirouette sur lui-même avant de se rouler en boule contre les pieds de Lulu.
— *Ron-ron... ron-ron...* chantonnait Pistache.
C’était le moteur du sommeil. Un petit bruit régulier, comme un tambour de velours, qui disait : « Tout va bien, le monde fait dodo, nous aussi. »
Lulu ouvrit un œil, juste un petit peu. Elle regarda la fenêtre. Le rideau bougeait à peine, soulevé par un soupir du vent.
— Tu as vu, Barnabé ? chuchota-t-elle à son doudou lapin qui montait la garde contre son cœur. La Nuit est venue nous border. Elle a mis son grand manteau bleu avec des paillettes d'argent.
Barnabé ne répondit pas, mais ses longues oreilles en peluche semblaient d'accord. Le Secret de la Nuit Douce était là, dans l'air. Ce n'était pas un secret difficile à garder, c'était un secret qui se sentait. C’était cette sensation de sécurité, comme quand maman met un baiser dans le creux de la main pour qu’on le garde toute la nuit.
Lulu ferma les yeux pour de bon cette fois. Derrière ses paupières, c’était un feu d’artifice très calme. Des points dorés dansaient la valse. Elle imaginait la rivière d’argent du jardin qui coulait maintenant dans ses rêves.
— *Glou-glou*, faisait l’eau.
— *Frou-frou*, faisaient les feuilles.
— *Chut...*, faisait la lune.
Lulu sentit son corps devenir tout léger, aussi léger qu’une bulle de savon qui s'envole vers le plafond. Elle ne sentait plus ses bras, elle ne sentait plus ses jambes. Elle était juste une petite étincelle de joie, flottant au milieu de la tendresse de la maison.
Soudain, une image apparut dans son esprit : une forêt de sucres d’orge où les arbres avaient des feuilles en chocolat blanc. Elle sourit. Son sourire était grand, paisible, un vrai sourire de petite fille qui sait que demain sera une journée de soleil.
« Merci la Nuit, » pensa-t-elle très fort dans sa tête. « Merci pour le câlin d’ombre et les bisous de lumière. »
Le vent, dehors, continua sa chanson douce. Il passait entre les branches du vieux chêne, ramassant les soucis de la journée pour les emporter très loin, par-delà les collines, là où on les transforme en poussière d'étoiles.
Tout autour du lit de Lulu, la magie travaillait. Les jouets dans le coffre s’étaient endormis eux aussi. Le petit train en bois ne faisait plus de bruit, et la poupée de chiffon fermait ses yeux peints. La chambre respirait au rythme de Lulu.
*Inspirer... la paix.*
*Expirer... les sourires.*
Lulu fit un petit bruit de bouche, un « petit baiser de sommeil », et s'enfonça encore plus profondément dans son rêve coloré. Elle y volait maintenant, avec Pistache qui avait des ailes de papillon, au-dessus d'une mer de lait chaud.
Le secret était bien là. Le secret, c'était que la nuit n'était pas noire, elle était lumineuse de rêves. La nuit n'était pas vide, elle était pleine d'amour. Et dans ce grand manteau de tendresse que la Nuit étalait sur le monde, Lulu était la perle la plus précieuse.
La lune, tout en haut, fit un clin d'œil à la petite maison. Elle savait que Lulu dormait « pour de bon ». Elle monta encore un peu plus haut dans le ciel pour veiller sur tous les petits enfants, tous les petits chats et tous les doudous lapins de la terre.
Le silence devint total, un silence doux comme de la crème.
Lulu dormait.
Lulu rêvait.
Et dans le cœur de la petite fille, le secret de la Nuit Douce brillait comme un petit trésor caché.
***
*Et voilà... l'histoire est finie. Lulu est partie au pays des songes. Maintenant, c'est à ton tour de fermer tes petits rideaux de soie. Écoute bien... on entend presque le ronron de Pistache. La nuit te fait un câlin à toi aussi. Chut... Dors bien, petit trésor.*