Lina et le Nuage aux Mille Couleurs
Par Studio Wonder — Jeunesse
Il était une fois, dans une petite maison aux volets couleur menthe à l’eau, une petite fille nommée Lina. Lina avait des boucles brunes qui rebondissaient à chaque pas et des yeux aussi grands qu...
Lina et ses Crayons Magiques
**TITRE DU CONTE : Lina et le Nuage aux Mille Couleurs**
**CHAPITRE 1 : Lina et ses Crayons Magiques**
Il était une fois, dans une petite maison aux volets couleur menthe à l’eau, une petite fille nommée Lina. Lina avait des boucles brunes qui rebondissaient à chaque pas et des yeux aussi grands que des soucoupes, toujours prêts à débusquer les petits secrets du monde.
Mais ce que Lina aimait par-dessus tout, plus que les tartines au miel et plus que les chatouilles de son papa, c’étaient ses crayons. Elle possédait une boîte en fer-blanc qui faisait un joli bruit de trésor quand on la secouait : *Cling-flic-cloc !* À l’intérieur, habillés de papier brillant, se reposaient ses meilleurs amis : Jaune-Soleil, Bleu-Câlin, Vert-Sauterelle et Rouge-Cerise.
Chaque soir, avant de s’endormir, Lina s’asseyait à son petit bureau en bois. *Crrr-crrr-crrr…* faisait la pointe du crayon sur le papier blanc. Elle ne dessinait pas des maisons carrées ou des bonshommes bâtons. Non, Lina dessinait des nuages. Elle les aimait ronds, dodus, et tellement doux qu’on aurait dit de la barbe à papa suspendue dans le ciel.
Ce soir-là, Lina avait murmuré à sa feuille :
— Je vais vous dessiner un nuage si beau que même la lune aura envie de s’y reposer.
Elle avait utilisé son Bleu-Câlin pour les contours, puis elle avait ajouté des petites touches de Rose-Bonbon et de Violet-Douceur. Elle avait terminé son dessin, puis, les paupières lourdes, elle s’était glissée sous sa couette fleurie.
Le lendemain matin, un petit rayon de soleil vint chatouiller le bout du nez de Lina. Elle s’étira comme un petit chat, en faisant : « Mmmhhh… » Mais alors qu’elle ouvrait un œil, puis deux, elle remarqua quelque chose de très étrange.
Sur son bureau, sa feuille de papier ne ressemblait plus à une simple feuille. Elle palpitait.
Lina sauta de son lit, ses petits pieds faisant *tap-tap-tap* sur le plancher frais. Elle s’approcha doucement, le cœur battant comme un petit tambour. Ses dessins de nuages ne se contentaient pas d’être là : ils brillaient !
— Oh ! s’exclama Lina en ouvrant grand la bouche. Regardez !
Les nuages qu’elle avait coloriés la veille s’étaient mis à scintiller d’une lumière douce, comme si des milliers de lucioles s’étaient cachées derrière le papier. Le Rose-Bonbon chatoyait, le Violet-Douceur scintillait, et le Bleu-Câlin rayonnait d’une lueur d’argent. C’était comme si une petite fête magique battait son plein sur son bureau.
Lina tendit une main hésitante.
— Est-ce que vous êtes… vivants ? demanda-t-elle dans un souffle.
À peine eut-elle effleuré le bord de la feuille que la magie s’intensifia. Les couleurs commencèrent à bouger, à tourbillonner, à danser. Les nuages se mirent à gonfler, gonfler, comme des gâteaux qui cuisent dans le four. Ils devinrent si dodus qu’ils semblèrent vouloir s'échapper du papier.
Soudain, une petite étincelle dorée s’échappa du dessin et vint se poser sur le nez de Lina. *Ting !* Ça sentait bon la pluie d’été et la fleur d’oranger.
— C’est magique ! rit Lina en tapant dans ses mains. Mes crayons sont des crayons magiques !
Elle attrapa son crayon Jaune-Soleil qui se trouvait sur le bord de la table. Dès qu’elle le prit en main, le crayon se mit à vibrer et à chauffer doucement, comme un petit oiseau qui se blottit dans un nid. Lina dessina alors un petit soleil dans un coin de la feuille. Aussitôt, une chaleur délicieuse envahit la chambre et une lumière d’or se mit à danser sur les murs.
— Bonjour Petit Soleil ! dit Lina avec un immense sourire.
Mais ce n’était que le début de la surprise. Le plus grand des nuages, celui qu’elle avait colorié avec tant de soin, commença à se détacher doucement de la feuille. Il flottait dans l’air, à quelques centimètres du bureau, tournant lentement sur lui-même comme une petite toupie de barbe à papa lumineuse.
Lina n’avait plus du tout sommeil. Ses yeux pétillaient d’émerveillement. Elle comprit que sa chambre n’était plus une simple chambre, mais le point de départ d’une incroyable aventure.
— Où allons-nous, petit nuage ? chuchota-t-elle.
Le nuage magique changea de couleur, passant du bleu au vert émeraude, puis il se dirigea doucement vers la fenêtre ouverte, l’invitant à le suivre dans le ciel du matin qui commençait à se parer de mille couleurs.
Lina enfila ses chaussons de laine, attrapa sa précieuse boîte de crayons et s’apprêta à franchir le pas de la porte, prête à découvrir le secret des nuages. Car elle le savait maintenant : avec ses crayons et un peu d'imagination, tout était possible.
Bonjour, Monsieur Nuage !
Voici le nouveau chapitre de l’histoire de Lina, écrit avec la magie et la douceur du style « Wonder Engine », spécialement pour les petits rêveurs de 3 à 5 ans.
***
# Chapitre : Bonjour, Monsieur Nuage !
Le soleil du matin pointait le bout de son nez derrière les collines, peignant le ciel avec des pinceaux de lumière rose et orangée. Lina, debout sur le bord de son lit, n’en croyait pas ses yeux. Le petit nuage qu’elle avait dessiné était vraiment là, juste devant elle !
Il ne restait pas immobile. Oh que non ! Le petit nuage flottait, tourbillonnait et faisait des pirouettes dans l’air frais de la chambre. Et le plus merveilleux, c’est qu’il changeait de couleur à chaque seconde. *Pouf !* Il devenait rouge comme une fraise bien sucrée. *Pshitt !* Le voilà jaune comme un gros citron joyeux. *Vlan !* Le voilà violet comme une petite fleur des bois.
— Tu es tout doux ? demanda Lina en tendant timidement le doigt.
Le nuage s’approcha, curieux. Il vint frotter son petit nez vaporeux contre la main de Lina.
— Oh ! s’exclama la petite fille en riant. On dirait de la barbe à papa !
C’était vrai. Le nuage était tout gonflé, tout léger et d'une douceur incroyable. On aurait dit un gros doudou fait de plumes et de lumière. Lina sentit une petite chaleur dans son cœur. Elle n’avait plus peur du tout. Elle avait envie de lui faire un immense câlin.
Soudain, le nuage fit un petit bruit de clochette : *Ting-ting !* Il s’élança vers la fenêtre ouverte et resta là, suspendu au-dessus du rebord, comme s’il attendait quelqu’un. Puis, il revint vers Lina, tourna trois fois autour de sa tête en laissant derrière lui une traînée de paillettes multicolores, et repartit vers la fenêtre.
— Je crois que je comprends, murmura Lina avec un grand sourire. Tu veux que je vienne avec toi, n’est-ce pas ?
Le nuage devint tout vert, un vert tendre et brillant qui disait « Oui ! Oui ! » avec enthousiasme.
Lina ajusta ses petits chaussons en laine – ceux qui ne font pas de bruit quand on marche sur le parquet – et serra fort sa boîte de crayons magiques contre elle. Elle s’approcha de la fenêtre. Dehors, le monde semblait transformé. L’herbe du jardin scintillait sous la rosée, et les arbres semblaient murmurer des secrets au vent.
— Bonjour, Monsieur Nuage ! dit Lina tout haut en franchissant le pas de la porte qui donnait sur le balcon. Je m’appelle Lina. Est-ce que tu vas me montrer où tu habites ?
Le nuage, pour la remercier, se transforma en une magnifique couleur bleu turquoise, la couleur des lagons et des rêves d'été. Il s'étira un peu, s'allongea comme un petit tapis volant juste à côté de Lina.
— Est-ce que je peux... monter sur toi ? demanda-t-elle les yeux écarquillés.
Le nuage fit un petit mouvement de vague, très doux, pour l'inviter à s'asseoir. Lina posa délicatement un genou, puis l'autre, sur la fourrure de coton du nuage. C'était incroyable ! Elle ne tombait pas. C’était comme être assise sur un gros coussin de mousse au chocolat, mais en beaucoup plus léger.
D’un coup d’aile invisible, Monsieur Nuage s’éleva doucement dans les airs. Lina lâcha un petit cri de surprise et de joie.
— Regarde, mes jouets sont tout petits maintenant ! s’exclama-t-elle en regardant sa chambre par la fenêtre.
Ils montèrent de plus en plus haut. Le vent chatouillait les joues de Lina et faisait danser ses cheveux. Autour d'eux, le ciel n'était plus seulement bleu. Grâce à Monsieur Nuage, des rubans de couleurs commençaient à apparaître dans l'air, comme si quelqu'un avait renversé un pot de peinture magique sur l'horizon.
— C’est si beau ! dit Lina en ouvrant grand ses mains pour essayer d'attraper les couleurs.
Le voyage ne faisait que commencer. Monsieur Nuage, en devenant orange comme une clémentine, accéléra un tout petit peu. Il emmenait Lina vers le grand secret du ciel, là où les arcs-en-ciel sont fabriqués et où les rêves prennent vie.
Lina serra ses crayons de couleur. Elle savait qu’elle allait en avoir besoin. Car là-haut, tout en haut dans les grands champs de coton du ciel, il y avait encore tant de choses à colorier...
— En route, Monsieur Nuage ! s'écria Lina. Vers l'aventure !
Le Nuage perd ses Couleurs
**CHAPITRE 3 : Le Nuage perd ses Couleurs**
Le voyage était merveilleux. Lina riait aux éclats, les bras grands ouverts, tandis que Monsieur Nuage bondissait de courant d’air en courant d’air comme sur un trampoline géant. Il était d’un orange si éclatant qu'on aurait dit un petit soleil voyageur.
Mais soudain, le ciel changea de visage. Les jolis rubans bleus et violets s’enfuirent pour se cacher derrière de hautes montagnes de brume. Un sifflement monta du fond de l’horizon.
— *Vouuuuuuuuh ! Vouuuuuuuuh !*
C’était le Grand Vent Froid. Il arriva sans prévenir, galopant comme un cheval invisible. Il n'était pas méchant, mais il était très, très pressé et très, très glacé. En passant près de nos voyageurs, il souffla une haleine de givre qui fit grelotter les petites dents de Lina.
— Oh ! Monsieur Nuage, j’ai le bout du nez tout gelé ! s’exclama Lina en s’emmitouflant dans son petit gilet.
Mais Monsieur Nuage ne répondit pas. Il ne rebondissait plus. Pire encore, il semblait rétrécir. Lina baissa les yeux vers ses pieds et poussa un cri de surprise. L’orange magnifique de Monsieur Nuage était en train de s’effacer !
C’était comme si une gomme invisible passait sur lui. L’orange devint un jaune tout pâle, puis un blanc fatigué, et enfin… un gris de gros caillou. Monsieur Nuage n'était plus une clémentine joyeuse. Il était devenu un nuage tout triste, lourd et terne, comme un vieux pull oublié sous la pluie.
— Monsieur Nuage ? Tout va bien ? demanda Lina en caressant doucement son dos de coton.
Le nuage laissa échapper un petit soupir qui ressemblait à un bruit de pluie fine.
— Je n’ai plus de force, Lina… murmura-t-il d’une voix sourde et grise. Le Grand Vent Froid a emporté toutes mes couleurs. Sans elles, je ne suis plus qu’une ombre dans le ciel. Je me sens si triste…
Lina sentit son cœur se serrer. Elle n’aimait pas voir son ami ainsi. Monsieur Nuage était devenu si froid qu’elle avait l’impression de s'asseoir sur un glaçon de brume. Ses bords autrefois tout ronds et tout doux étaient maintenant tout affaissés.
Tout autour d’eux, le monde était devenu silencieux. Plus de chants d’oiseaux, plus de reflets dorés. Juste le gris, le gris et encore le gris. Même l’air sentait la poussière de neige et la tristesse.
— Regarde-moi, Monsieur Nuage ! dit Lina en essayant de lui faire un grand sourire. On va trouver une solution !
Mais Monsieur Nuage ne regardait plus rien. Il flottait de plus en plus bas, comme un ballon qui se dégonfle. Il n’avait même plus la force de porter Lina vers le secret des arcs-en-ciel. Ils glissèrent lentement vers une grande vallée de brume sombre où tout semblait endormi.
Lina regarda autour d'elle. C’était un endroit étrange, sans aucune lumière, où les nuages se ressemblaient tous. On aurait dit une forêt de coton gris où l'on pourrait se perdre facilement.
Soudain, Lina sentit quelque chose de dur contre son côté. C’était sa petite boîte de crayons de couleur, bien serrée dans sa poche. Elle se souvint alors de ce qu’elle s’était dit un peu plus tôt : elle allait en avoir besoin.
Elle sortit un crayon rouge, celui qui dessine les cœurs et les fraises des bois. Elle le serra fort dans sa main. La pointe brillait un tout petit peu, comme une minuscule étoile dans la grisaille.
— Ne t'inquiète pas, Monsieur Nuage, chuchota-t-elle à l'oreille de son ami. Si le vent a volé tes couleurs, moi, j'en ai plein ma boîte. Et je vais te redonner le sourire, petit bout par petit bout.
Lina s'agenouilla sur le dos tout gris du nuage. Le défi était grand : comment colorier tout un nuage quand on est une petite fille haute comme trois pommes ? Mais Lina n’avait pas peur. Elle avait de l’imagination, et l’imagination, c’est la magie la plus puissante du monde.
Elle approcha la mine de son crayon rouge de la surface grise et froide.
— Attention, Monsieur Nuage… Ça va peut-être un peu chatouiller !
Le voyage n'était plus une course rapide vers l'horizon, c'était devenu une mission secrète : ramener la vie là où le vent l'avait éteinte. Lina prit une grande inspiration, et le premier trait de couleur apparut sur le gris…
À la recherche du Bleu
**CHAPITRE : À LA RECHERCHE DU BLEU**
Le petit trait de rouge que Lina avait dessiné brillait maintenant sur le flanc de Monsieur Nuage comme un ruban de fête. Le nuage ne semblait plus tout à fait aussi triste, mais il restait encore bien gris, comme une vieille chaussette oubliée sous un lit.
— Tu vois ? murmura Lina en caressant la vapeur douce sous ses doigts. On a commencé ! Mais pour faire un arc-en-ciel, il nous faut du bleu. Un bleu profond, un bleu qui chante, un bleu qui danse !
Monsieur Nuage fit un petit bruit de moteur qui s'ébroue — *vroum-vroum-pschitt !* — et il s'élança dans le ciel. Lina s’agrippa à ses bords cotonneux. Ils filèrent au-dessus des forêts vert bouteille et des champs jaune paille, jusqu’à ce qu’une odeur nouvelle vienne chatouiller le bout du nez de la petite fille.
C’était une odeur de sel, de sable mouillé et de vacances.
— Regarde ! s'écria Lina en pointant son petit doigt vers l'horizon.
Là-bas, le monde s’arrêtait pour laisser place à un immense tapis scintillant. C’était la mer. Elle était si grande et si bleue qu’on aurait dit que le ciel était tombé dedans pour y prendre un bain de minuit.
Monsieur Nuage descendit tout doucement, frôlant la crête des vagues qui faisaient *flic-flac* en éclatant en mille petites bulles blanches. Soudain, un immense jet d’eau jaillit juste devant eux.
— *SPLASH !*
Lina rigola, toute mouillée par les gouttelettes fraîches. Un aileron gris et lisse fendit l’eau, suivi d’un museau joyeux et de deux yeux ronds comme des billes de verre. C’était Barnabé, le dauphin le plus rigolo de tout l’océan.
— Bonjour les voyageurs ! siffla Barnabé en faisant une pirouette dans les airs. Vous avez l’air bien pâlichons pour des gens qui se promènent au-dessus de l’eau !
Lina s’approcha du bord de Monsieur Nuage et expliqua :
— Bonjour Monsieur le Dauphin ! Le vilain vent a volé les couleurs de mon ami. Je cherche le plus beau des bleus pour lui redonner sa joie. Est-ce que tu pourrais nous aider ?
Barnabé le dauphin fit claquer sa mâchoire en signe de réflexion, tout en faisant des ronds dans l’eau.
— Le bleu ? Mais j’en ai plein mes valises ! C’est ma couleur préférée, celle qui me permet de me cacher sous les vagues et de faire des chatouilles aux poissons-clowns. Mais attention, le bleu de l’océan, c’est un bleu qui bouge, un bleu qui pétille !
Barnabé plongea brusquement. Pendant un instant, Lina crut qu’il était parti pour de bon. Mais quelques secondes plus tard, la mer se mit à bouillonner. Barnabé réapparut comme un ressort magique, bondissant si haut qu’il dépassa presque le nuage.
— Attrape, petite Lina ! lança-t-il dans un grand éclat de rire.
D’un coup de queue puissant, il envoya une gerbe d’eau vers le ciel. Mais ce n’était pas de l’eau ordinaire. Sous les rayons du soleil, les gouttes se transformèrent en perles d’un bleu éclatant, comme des saphirs liquides.
Lina sortit son crayon bleu de sa boîte à merveilles. Elle ne le posa pas directement sur le nuage. À la place, elle s’en servit comme d’une baguette magique. Elle « attrapa » les gouttes bleues de Barnabé avec la pointe de son crayon et, d’un geste gracieux, elle les étala sur le dos de Monsieur Nuage.
— Un peu ici, un peu là… et voilà !
Le miracle se produisit. Là où le gris était terne et froid, une magnifique tache bleu turquoise apparut. C’était la couleur des lagons, la couleur du ciel d’été, la couleur des rêves les plus doux. Monsieur Nuage poussa un petit soupir de bien-être qui ressemblait au bruit de la brise dans les voiles d'un bateau.
— Oh, merci Barnabé ! cria Lina en agitant la main.
Le dauphin fit une dernière cabriole, envoyant des milliers de reflets argentés vers eux.
— De rien, les amis ! Gardez bien ce bleu, il vient du fond du cœur de la mer. Bon voyage vers les autres couleurs !
Monsieur Nuage se sentait déjà plus léger. Avec son écharpe rouge et sa nouvelle tache bleue, il commençait à ressembler à un vrai nuage de fête. Il secoua ses bords pour dire au revoir au dauphin et reprit de la hauteur.
Lina, assise confortablement dans les plumes de coton, regardait sa boîte de crayons. Il restait encore tant de couleurs à trouver : le jaune du soleil, le vert des prairies, l'orangé des abricots… La mission continuait, et avec le bleu de la mer dans leur poche, plus rien ne semblait impossible.
— On y va, Monsieur Nuage ? En route pour la prochaine couleur !
Et dans un souffle de vent parfumé au sel marin, ils s'envolèrent vers de nouveaux horizons.
Le Jaune du Soleil
**CHAPITRE : LE JAUNE DU SOLEIL**
Plus haut, toujours plus haut ! Monsieur Nuage gonfla ses joues de coton et grimpa dans le ciel comme un petit escalier invisible. En bas, la mer bleue devenait toute petite, comme une simple flaque d’eau oubliée après la pluie.
— Regarde, Monsieur Nuage ! s’exclama Lina en tapant des mains. Les oiseaux ne volent même plus ici. On est sur le toit du monde !
Lina sentait l’air devenir plus doux, plus sucré. Ce n’était plus l’odeur de l’iode et du sel, mais une odeur merveilleuse qui rappelait le pain grillé, le miel tout chaud et les fleurs de tournesol qui s’ouvrent au matin.
Soudain, une immense lueur apparut. C’était Monsieur Soleil. Il était énorme, tout rond, avec une belle barbe de rayons d’or qui dansaient tout autour de son visage. Ses yeux étaient deux étincelles de joie, et il portait un grand sourire qui semblait dire : « Bienvenue dans ma maison de lumière ! »
— Oh ! murmura Lina en mettant ses mains devant ses yeux. Il brille tellement qu’il ressemble à un immense trésor !
Monsieur Nuage, lui, se sentait un peu timide devant ce grand roi du ciel. Il s’approcha tout doucement, en faisant de petits bruits de vapeur : *Pschitt... Pschitt...*
— Bonjour, Monsieur Soleil ! appela Lina d’une voix claire. Nous voyageons pour aider mon ami le nuage. Il voudrait être aussi beau qu’un arc-en-ciel, et nous cherchons le jaune le plus éclatant du monde.
Monsieur Soleil laissa échapper un rire qui sonna comme mille clochettes d’or. Sa voix était chaude comme une couverture en laine en plein hiver.
— Bonjour, petite Lina ! Bonjour, Monsieur Nuage ! Je vous regardais monter depuis tout à l'heure. Vous avez déjà trouvé le rouge du courage et le bleu de la mer... C’est un très beau début !
Monsieur Soleil s’approcha un peu plus. Lina ne transpirait pas, non, elle se sentait juste merveilleusement bien, comme si elle recevait un immense câlin de chaleur.
— Le jaune est la couleur de la joie, expliqua Monsieur Soleil. C’est la couleur qui réveille les fleurs, qui fait chanter les grillons et qui dessine des sourires sur le visage des enfants.
Alors, le grand astre d’or plissa un œil. Il fit un énorme clin d’œil à Lina, un clin d’œil si brillant qu’il fit naître des milliers de petites étoiles de lumière dans l’air.
*Zioum !*
De ce clin d'œil magique, une petite goutte de lumière pure se détacha. Elle ne tomba pas comme la pluie, elle flottait comme une plume d’or. Elle tourbillonna autour de Lina, vint chatouiller le bout de son nez — *Hi hi hi !* fit la petite fille — puis elle se posa délicatement sur le flanc de Monsieur Nuage.
Aussitôt, une tache d’un jaune éclatant apparut. Ce n’était pas juste du jaune, c’était du jaune qui pétillait ! On aurait dit que Monsieur Nuage avait avalé un petit morceau de midi.
— Oh, c’est magnifique ! s’émerveilla Lina. Monsieur Nuage, tu brilles comme une étoile de jour !
Le petit nuage fit une pirouette de bonheur. Avec son écharpe rouge, sa tache bleue comme l'océan et maintenant son grand rond jaune comme un bouton d'or, il commençait à être vraiment splendide. Il se sentait si joyeux qu'il se mit à sautiller sur place, créant de petits éclairs de lumière dorée.
— Merci, Monsieur Soleil ! cria Lina en envoyant un baiser de la main.
— De rien, les petits amis ! répondit le Soleil avec douceur. Gardez bien cette lumière dans vos cœurs. Elle vous guidera même quand les ombres viendront. Et n'oubliez pas... pour trouver le vert, il faudra redescendre là où la terre respire !
Le Soleil ferma les yeux pour faire une petite sieste de lumière, et Monsieur Nuage commença sa descente. Il ne tombait pas, il glissait comme sur un toboggan de velours.
Lina caressa la nouvelle tache jaune sur le dos de son ami. C'était chaud au toucher, comme si le soleil était resté un peu avec eux. Elle reprit sa boîte de crayons.
— Rouge, bleu, jaune... On a les trois couleurs les plus importantes, Monsieur Nuage ! Mais regarde en bas... Toutes ces forêts, toutes ces herbes qui balancent... On dirait un océan de feuilles.
— Vers le vert ? sembla demander le nuage en frétillant de ses bords cotonneux.
— Oui ! Vers le vert ! s'exclama Lina. En route pour la prairie !
Et dans un grand éclat de rire doré, ils plongèrent vers les grandes vallées où les herbes hautes les attendaient pour une nouvelle aventure.
La Danse dans les Fleurs Rouges
Voici le nouveau chapitre de l'histoire de Lina, écrit avec la magie du "Wonder Engine".
***
# Chapitre : La Danse dans les Fleurs Rouges
*Zouuuuu !* Monsieur Nuage descendait du ciel comme une plume qui fait des chatouilles à l'air. Lina fermait un peu les yeux, sentant le vent frais caresser ses joues roses. Le grand ciel bleu devenait de plus en plus petit, et en bas, tout en bas, la terre se rapprochait avec ses bras chargés de cadeaux.
— Regarde, Monsieur Nuage ! lança Lina en pointant son petit doigt. On dirait que quelqu’un a renversé des pots de confiture de fraises partout !
*Pouf !* Monsieur Nuage se posa tout doucement, dans un grand bruit de coton et de soie. Ils n'étaient pas tombés, non, ils s’étaient nichés au creux d’un champ immense. Mais ce n’était pas un champ ordinaire. C’était un océan de coquelicots. Des milliers de petites fleurs rouges, fragiles et joyeuses, qui dansaient sous le nez du nuage.
Monsieur Nuage éternua. *Atchoum-frou-frou !* Une pluie de pétales rouges s'envola autour d'eux.
— Oh ! Tu as vu ? s'écria Lina. Sur ton dos, tu as déjà du bleu comme le ciel et du jaune comme le soleil. Mais ici, tout est si… si ROUGE !
C’est alors qu’une petite voix, fine comme un fil de soie, s’éleva d’une corolle :
— On ne prend pas le rouge comme on prend le goûter, Monsieur le Nuage ! Il faut savoir l'inviter !
Lina écarquilla les yeux. Sur un pétale tout froissé, une petite coccinelle faisait sa toilette. Elle brillait comme une perle de rubis avec sept petits points noirs sur le dos, aussi noirs que des pépins de pastèque.
— Bonjour Madame Coccinelle ! dit Lina poliment. Comment fait-on pour inviter le rouge ?
La coccinelle fit vibrer ses ailes avec un petit bruit de moteur de fée. *Bzzz-clic !*
— Le rouge, c'est la couleur du cœur qui bat fort ! C’est la couleur de l’énergie ! Pour l’attraper, il ne faut pas rester immobile comme un vieux caillou. Il faut DANSER !
Monsieur Nuage, qui était un peu timide, devint tout gris de confusion. Il ne savait pas danser, lui. Il savait flotter, il savait pleuvoir, il savait faire de l'ombre, mais danser ?
— Je vais t’aider ! proposa Lina en sautant au milieu des fleurs. Fais comme moi !
Lina commença à sautiller. *Un pas à gauche, un pas à droite !* Elle faisait tournoyer sa robe, et chaque fois qu’elle frôlait un coquelicot, la fleur semblait lui faire une révérence.
La coccinelle s'envola et vint se poser sur le sommet tout mou de Monsieur Nuage.
— Allez, gros polochon ! Secoue tes bords blancs ! Remue tes fesses de coton ! Tourne, tourne, et frotte-toi doucement aux fleurs !
Monsieur Nuage prit une grande inspiration. Il gonfla ses joues, et soudain, il commença à valser. Il faisait des ronds, des boucles, et des pirouettes. En tournant, ses bords vaporeux caressaient les coquelicots.
*Chouic, chouic, chouic !*
C’était magique. À chaque fois qu’un pétale rouge touchait le nuage, une petite étincelle de couleur restait accrochée à lui. Le rouge montait, grimpait, se mélangeait au blanc. C'était comme si le nuage buvait de la grenadine par tous ses pores de vapeur.
— Regarde ! cria Lina en tapant dans ses mains. Tu as une nouvelle tache !
Sur le flanc de Monsieur Nuage, juste à côté du jaune éclatant du soleil, une magnifique tache d'un rouge vibrant venait d'apparaître. Elle était chaude, vive, et elle sentait bon l’été et le sucre d’orge.
Monsieur Nuage fit une grande galipette dans les airs, tellement heureux qu’il fit tomber une petite pluie de confettis rouges sur Lina. Ils riaient tous les deux, entourés par les coquelicots qui balançaient la tête en cadence.
La coccinelle, satisfaite, retourna sur sa fleur préférée.
— Bravo, les amis ! Le rouge est en vous maintenant. Vous avez la force des fleurs !
Lina s'assit dans l'herbe tendre et caressa le dos de son ami. Bleu, Jaune, Rouge. Trois couleurs brillaient maintenant sur le nuage, comme des médailles de courage. Mais tout autour d'eux, les herbes hautes murmuraient une autre chanson. Une chanson plus profonde, plus calme.
Lina huma l’air. Ça sentait la terre mouillée, la menthe fraîche et la mousse des bois.
— On a le rouge, Monsieur Nuage, murmura Lina. Mais regarde tout autour de nous… la terre est immense et elle est toute habillée de vert. C’est là que se cachent les secrets des racines.
Monsieur Nuage fit un petit bruit de moteur content. Il se sentait fort, il se sentait beau. Il était prêt à plonger plus bas encore, là où les feuilles font de l'ombre et où les scarabées racontent des histoires.
— En route pour le vert ! s'exclama Lina.
Et ensemble, ils s'enfoncèrent un peu plus loin vers le cœur de la grande prairie, là où la terre respire tout doucement sous les grands arbres.
La Fête des Guilis
**CHAPITRE : La Fête des Guilis**
Lina et Monsieur Nuage s’enfoncèrent dans le cœur de la grande prairie. Ici, les herbes étaient si hautes qu’elles caressaient les genoux de Lina. C’était un monde tout doux, tout frais, qui sentait bon la menthe et la cachette secrète.
— Regarde, Monsieur Nuage ! s’écria Lina en écartant deux grandes tiges souples. C’est le royaume du Vert !
Le nuage flottait juste au-dessus du sol. Il avait déjà son petit nez tout bleu, son ventre jaune comme un citron et ses joues rouges comme des pommes. Mais pour devenir un vrai nuage magique, il lui manquait encore le vert de la forêt et le violet des petites fleurs cachées.
Monsieur Nuage semblait un peu intimidé par les grands arbres qui balançaient leurs branches au-dessus de lui. Il faisait un petit bruit de moteur inquiet : *« Broum… broum… »*
Lina s’arrêta et posa ses mains sur ses hanches. Elle avait une idée. Une idée rigolote qui brille dans les yeux.
— Tu sais, Monsieur Nuage, pour attraper le vert et le violet, il ne faut pas être sérieux. Il faut avoir le cœur léger comme une bulle de savon !
Elle s’approcha du nuage. Monsieur Nuage était tout flou, tout mou, comme une grosse barbe à papa à la vanille. Lina tendit ses petits doigts et, soudain…
— GUILI-GUILI !
Elle se mit à chatouiller les flancs de Monsieur Nuage. Ses doigts dansaient sur la vapeur douce.
— Guili-guili sous les bras ! Guili-guili sur le bidon !
Au début, Monsieur Nuage resta tout coi. Puis, un petit frisson le parcourut. Un petit hoquet de lumière s’échappa de son cœur. Et soudain…
— *HIHIHI ! HOHOHO !*
Monsieur Nuage se mit à rire de toutes ses forces ! Ce n’était pas un rire d’humain, non. C’était un rire qui ressemblait à des clochettes d’argent et à des bulles qui éclatent dans un bain moussant. Le nuage se tortillait dans tous les sens, il montait, il descendait, il faisait des pirouettes dans le ciel.
— Oh ! Regarde ! cria Lina en tapant dans ses mains.
À chaque éclat de rire, Monsieur Nuage expulsait des milliers de petites étoiles colorées. C’était une véritable pluie de magie ! Des étoiles vert émeraude, comme les feuilles des arbres en été. Des étoiles violettes, comme les prunes sucrées et les pétales de lavande.
Les étoiles tournoyaient autour de Lina. Elles se posaient sur son nez, sur ses cheveux, et quand elles touchaient le sol, elles faisaient *« Pshiiit ! »* comme de l’eau de Seltz.
— Encore ! Encore ! riait Lina en courant sous la pluie d’étoiles.
Monsieur Nuage n’en pouvait plus de rire. Il devint tout vert d’un coup, d’un vert tendre comme la mousse des bois. Puis, un superbe ruban violet apparut tout autour de lui, comme une écharpe de roi.
Le nuage se calma doucement, tout essoufflé de bonheur. Les petites étoiles continuaient de flotter autour d’eux, éclairant l’ombre de la forêt. Le vert et le violet brillaient maintenant fièrement à côté du rouge, du jaune et du bleu.
Lina s’approcha et fit un immense câlin à son ami. Il était chaud, comme s’il venait de sortir du four.
— Tu es magnifique, Monsieur Nuage. Tu sens la forêt et la fleur de mauve.
Monsieur Nuage ronronna de plaisir. Il n’avait plus peur des grands arbres. Grâce aux guilis de Lina, il avait trouvé la force de la joie. Et dans la prairie, les grillons se mirent à chanter pour accompagner la danse des étoiles qui s'éteignaient doucement, une à une, pour laisser place à la suite de l'aventure.
— Tu as vu ? murmura Lina en regardant le ciel à travers les feuilles. On a presque toutes les couleurs du monde.
Mais au loin, une petite lumière orange scintillait, comme une lanterne oubliée…
— En route ! dit Lina. La fête n'est pas finie !
Le Plus Beau des Arcs-en-Ciel
**CHAPITRE : Le Plus Beau des Arcs-en-Ciel**
Lina et Monsieur Nuage trottinaient sur le petit chemin de terre qui sentait bon la pluie fraîche et l’herbe coupée. La petite lumière orange qu’ils avaient aperçue au loin devenait de plus en plus brillante. Elle ne sautillait pas comme une étoile, elle ne clignotait pas comme une luciole. Elle était posée là, au cœur d’un grand champ de fleurs-soleil qui fermaient doucement leurs pétales pour la nuit.
— Regarde, Monsieur Nuage ! s’exclama Lina en battant des mains. C’est le dernier morceau de notre trésor !
C’était une petite bulle de lumière, ronde et sucrée comme une mandarine de Noël. Elle flottait juste au-dessus d’une fleur. En s’approchant, on pouvait entendre un léger bourdonnement, un son doux comme le ronronnement d’un petit chat qui rêve de lait.
Monsieur Nuage avança avec précaution. Il était déjà très beau avec son rouge cerise, son jaune poussin, son bleu turquoise, son vert pomme et son violet myrtille. Mais il sentait qu’il lui manquait encore une petite étincelle pour être tout à fait heureux.
— Vas-y, n’aie pas peur, murmura Lina. C’est la couleur de la joie !
Le nuage ouvrit tout grand ses bras de coton. La bulle orange, attirée par tant de douceur, vint se nicher en plein milieu de son ventre.
*Pshhhhht !*
D’un coup, une vague de chaleur envahit Monsieur Nuage. Il changea de couleur comme par magie. Il n’était plus seulement un nuage de couleurs mélangées, il était devenu une véritable boîte de crayons magiques ! L’orange s’étala, pétillant comme de la limonade, et se maria parfaitement avec les autres teintes.
Monsieur Nuage se sentit soudain très, très léger. Si léger qu’il commença à gonfler, à gonfler, à gonfler…
— Oh ! Tu deviens immense ! cria Lina en levant les yeux.
Monsieur Nuage poussa un petit cri de joie qui ressemblait au sifflement d’une flûte enchantée. Il n’avait plus envie de rester en petite boule. Il avait envie de toucher le ciel, de caresser les montagnes et de dire bonjour à la lune qui commençait à pointer son nez d’argent.
— Regarde-moi, Lina ! semblait-il dire en s’étirant.
Monsieur Nuage posa un pied sur la colline de gauche, juste à côté d'un vieux chêne qui s'endormait. Puis, il s'élança dans un grand saut gracieux. Il s'étira, s'allongea, se courba comme un immense élastique de lumière. Il devint si long, si long, qu’il traversa tout le ciel au-dessus de la forêt.
Lina restait bouche bée. Au-dessus de sa tête, son ami s’était transformé. Ce n’était plus un nuage, c’était un pont. Mais pas n’importe quel pont : un pont de soie, de velours et de lumière.
— Un arc-en-ciel… murmura la petite fille, les yeux brillants de larmes de bonheur. Le plus beau de tous les arcs-en-ciel !
Le rouge brillait comme une fraise mûre.
L’orange scintillait comme une écorce d’orange.
Le jaune rayonnait comme un petit soleil.
Le vert chantait comme les feuilles des arbres.
Le bleu calmait comme l’eau de la rivière.
L’indigo et le violet dansaient comme des fleurs de mauve dans le vent.
L'arc-en-ciel était si grand qu'il venait poser son autre extrémité juste derrière la petite maison de Lina, là où la cheminée fumait doucement. On aurait dit une écharpe de géant posée sur le toit pour protéger la maison du froid de la nuit.
— Maman ! Papa ! Venez voir ! appela Lina en courant vers sa porte.
Ses parents sortirent sur le perron, et leurs visages s’éclairèrent d’un immense sourire. Le ciel, d’habitude tout noir quand vient le soir, était devenu un tableau merveilleux. L’arc-en-ciel ne faisait pas que briller, il sentait bon aussi ! Il sentait le gâteau qui sort du four et les baisers de maman.
Monsieur Nuage, devenu cet immense ruban coloré, fit un petit clin d’œil à Lina. Il vibrait doucement, envoyant des petites étincelles dorées sur les fleurs du jardin.
— Merci, Monsieur Nuage, chuchota Lina en lui envoyant un baiser avec la main. Tu as retrouvé toutes tes couleurs, et maintenant, tu colores nos rêves.
L'arc-en-ciel resta là un long moment, illuminant la nuit de sa présence douce. Les oiseaux, qui s'étaient endormis, rouvrirent un œil pour admirer le spectacle. Les lapins s'arrêtèrent de grignoter pour contempler ce pont magique.
Lina savait que, même quand l'arc-en-ciel s'effacerait pour laisser place aux étoiles, les couleurs resteraient bien au chaud dans son cœur. Monsieur Nuage n'aurait plus jamais peur de l'ombre, car il portait désormais en lui toute la lumière du monde.
La petite fille entra dans sa maison, prête à faire dodo, bercée par la lueur orangée et violette qui traversait sa fenêtre. La fête était finie, mais la magie, elle, ne faisait que commencer.
Un Dodo sur un Oreiller de Couleurs
Voici le chapitre final de l’histoire de Lina, écrit dans le style merveilleux et sensoriel du "Wonder Engine", conçu pour enchanter les oreilles des tout-petits.
***
# Un Dodo sur un Oreiller de Couleurs
Lina monta l’escalier tout doucement, sur la pointe des pieds. *Flic, flac, chaussettes sur le bois !* Elle ne voulait pas réveiller les petites souris qui dorment dans les murs, ni les jouets qui font la sieste dans le coffre.
Mais Lina n’était pas seule. Derrière la vitre de l’escalier, Monsieur Nuage la suivait. Il ne ressemblait plus au gros nuage gris et triste de tout à l’heure. Non, non ! Il était devenu un long ruban de lumière, souple comme une écharpe de soie. Il glissait dans l’air, effleurant les vitres avec un petit bruit de bisous : *pout-pout-pout*.
— Tu viens me border, Monsieur Nuage ? demanda Lina dans un souffle, en poussant la porte de sa chambre.
Le nuage répondit par un scintillement magique. Il s’étira, s’amincit encore, et — *hop !* — il se faufila par l’entrebâillait de la fenêtre restée entrouverte. En un instant, la chambre de Lina se transforma en un palais de fées. Les murs blancs devinrent orange mandarine, son bureau devint bleu turquoise, et son petit ours en peluche semblait porter un costume de paillettes dorées.
Lina enfila son pyjama tout doux, celui qui sent la lavande et le propre. Elle se glissa sous sa couette, qui était gonflée comme un gros gâteau à la crème.
— Regarde, Monsieur Nuage, chuchota Lina en s’installant confortablement. C’est ici que je voyage quand je ferme les yeux.
Monsieur Nuage flottait juste au-dessus du lit. Il commença à ronronner doucement, un son qui ressemblait au chant des abeilles dans les fleurs ou au murmure d’un petit ruisseau. *Mmm-mmm-mmm...* C’était sa berceuse de lumière.
Soudain, Monsieur Nuage s’approcha tout près du visage de Lina. Il se concentra très fort. Son ventre se mit à briller d’une couleur particulière, la préférée de Lina : un rose-bonbon-étoilé, aussi tendre qu’un pétale de rose et aussi brillant qu’une luciole.
*Zing !* Une petite étincelle de cette couleur se détacha du nuage. Elle flotta dans l’air, en faisant des pirouettes, avant de venir se poser sur le drap.
— Oh ! Un cadeau ? s’exclama Lina les yeux grands ouverts.
Monsieur Nuage utilisa un petit courant d’air tiède pour pousser l’étincelle. Tout doucement, le petit morceau de couleur glissa sous l’oreiller de Lina. Dès qu’il fut caché, une lueur douce commença à traverser le tissu de l’oreiller, comme si une petite veilleuse magique y habitait désormais.
— C’est pour mes rêves ? demanda Lina.
Le nuage fit un petit tour sur lui-même, comme une danse de joie. Il envoya une dernière pluie de poussière d’or sur les paupières de la petite fille.
— Merci, mon ami, murmura Lina. Demain, on jouera encore à colorier le monde ?
Monsieur Nuage vint frotter son nez de coton contre le front de Lina. C’était un baiser de nuage : ça sentait la barbe à papa et l’air frais des montagnes. Puis, petit à petit, le grand ruban coloré se retira vers la fenêtre. Il ne partait pas vraiment ; il restait là, juste derrière la vitre, pour surveiller le sommeil de sa petite protégée.
Lina posa sa joue sur son oreiller. Il était chaud, il était moelleux, et il brillait de ce rose merveilleux qui rendait tout joyeux. Elle ferma les yeux. Aussitôt, derrière ses paupières, elle vit des montagnes de chocolat, des rivières de sirop de fraise et des arbres qui poussaient des ballons de toutes les couleurs.
Sous son oreille, le petit morceau de nuage continuait de veiller. Il murmurait des histoires de licornes et de dragons qui mangent des nuages de vanille.
Le silence se fit dans la chambre, un silence peuplé de couleurs. La lune, curieuse, se pencha pour regarder par la fenêtre. Elle vit une petite fille qui souriait en dormant et un nuage arc-en-ciel qui montait la garde, fier d’avoir retrouvé son éclat.
La nuit était belle, la nuit était douce. Dans son dodo de couleurs, Lina savait que demain, la magie recommencerait dès le premier rayon de soleil.
*Chut... Lina dort. Et Monsieur Nuage sourit aux étoiles.*
Le Secret de Lina
**CHAPITRE : Le Secret de Lina**
Le soleil se leva doucement, étirant ses longs bras dorés par la fenêtre de la chambre. *Chatouille, chatouille !* Un petit rayon de lumière vint se poser sur le bout du nez de Lina. La petite fille ouvrit un œil, puis deux. Elle s’attendait à voir son plafond tout blanc, tout ordinaire… mais non !
Au-dessus de son lit, Monsieur Nuage faisait des pirouettes. Il n’était plus gris, non, non ! Il était devenu un grand bonbon à la menthe avec des reflets de fraise et des éclats de citron.
« Bonjour, Monsieur Nuage ! » s’écria Lina en sautant de son lit. Ses petits pieds firent *flic-floc* sur le tapis tout doux.
Monsieur Nuage répondit par un petit bruit de grelot : *Ting-ting !* Il se frotta contre la joue de Lina comme un chaton vaporeux. Lina sentit une odeur délicieuse, un mélange de barbe à papa et de pluie d’été. C’était son secret à elle. Un secret magique, un secret aux mille couleurs.
— « Aujourd’hui, murmura Lina à l’oreille du nuage, nous allons partager nos couleurs avec tout le monde ! »
Elle s’habilla en un clin d’œil : une robe jaune comme le soleil et des chaussures qui faisaient *pouf-pouf* à chaque pas. Monsieur Nuage, lui, se fit tout petit, tout rond, et vint se nicher sur l’épaule de Lina, caché derrière ses cheveux bouclés.
Lina descendit dans le jardin. Oh, mais que se passait-il ? Le vieux banc en bois avait l’air tout triste, tout gris. Les fleurs de la voisine, Madame Rose, penchaient la tête comme si elles avaient besoin d’un gros câlin. Même le petit oiseau sur la branche ne chantait plus.
« Regarde, Monsieur Nuage, dit Lina avec une petite moue. Le monde a besoin de nous. »
Lina s’approcha du vieux banc. Elle posa sa main sur le bois froid et se rappela comment elle avait aidé Monsieur Nuage la veille, en lui offrant ses rêves et ses sourires. Elle ferma les yeux très fort et pensa à quelque chose de très gentil.
— « Je t'aime bien, Monsieur le Banc, tu nous aides toujours à nous reposer ! »
Aussitôt, Monsieur Nuage laissa échapper une petite pluie de paillettes scintillantes. *Pschitt !* Le banc ne devint pas rose ou bleu, mais il se mit à briller d’une lumière chaleureuse. Le bois sembla sourire.
Puis, Lina courut vers les fleurs. Elle vit son petit voisin, Léo, qui essayait de porter un arrosoir trop lourd pour lui. Léo avait l’air fatigué.
— « Attends, Léo ! Je t’aide ! » s’écria Lina.
Ensemble, ils attrapèrent l’anse de l’arrosoir. *Un, deux, trois… Hop !* L’eau jaillit en une cascade de diamants. En voyant Lina et Léo s’entraider, Monsieur Nuage devint soudain d’un orange éclatant, un orange de joie ! Il survola les fleurs et, miracle ! Les pétales se redressèrent, rouges, violets, éclatants de santé.
Léo écarquilla les yeux.
— « Oh ! Lina ! Regarde les fleurs ! Elles dansent ! »
— « C’est le secret, Léo, répondit Lina en lui faisant un clin d’œil. Quand on s’aide, les couleurs reviennent toujours. »
Monsieur Nuage était si heureux qu’il commença à gonfler, gonfler, jusqu’à devenir un immense arc-en-ciel au-dessus du jardin. Tous les voisins sortirent de leurs maisons.
— « Voyez-vous cela ! » s’exclama Madame Rose. « Le ciel fait la fête ! »
Lina regarda son ami le nuage. Elle comprit alors quelque chose de très important, un secret encore plus grand que la magie. Monsieur Nuage n’était pas seulement un nuage magique. Il était le reflet de son cœur.
Quand Lina était gentille, le nuage brillait.
Quand Lina aidait un ami, le nuage chantait.
Quand Lina partageait un sourire, le nuage transformait le gris en poésie.
Toute la journée, Lina et Monsieur Nuage furent de merveilleux petits peintres de bonheur. Ils aidèrent le chat à descendre de l’arbre (*Hop ! un éclat de bleu !*). Ils ramassèrent les jouets éparpillés dans le parc (*Pif ! un éclair de vert !*). Ils firent des dessins à la craie sur le trottoir pour faire rire les passants.
Le soir venu, alors que le ciel devenait violet comme une mûre bien mûre, Monsieur Nuage raccompagna Lina jusqu’à sa chambre. Il était fatigué, mais il scintillait de mille feux.
Lina se glissa sous sa couette. Elle sentait son cœur tout chaud, comme si elle avait mangé un bol de chocolat chaud.
— « Tu sais, Monsieur Nuage, murmura-t-elle dans un bâillement, donner des couleurs, c’est encore mieux que d’en recevoir. »
Monsieur Nuage se fit tout plat pour redevenir un oreiller moelleux. Il ne dit rien, mais il émit une douce lueur dorée qui enveloppa toute la chambre.
Lina s’endormit avec un grand sourire. Elle savait maintenant que, même les jours de pluie, même quand le ciel est tout gris, il suffit d’un peu d’amitié, d’un petit geste de la main ou d’un mot gentil pour redonner des couleurs à la vie.
Et dans le silence de la nuit, on pouvait entendre le secret de Lina murmurer au vent :
*« Si tu aides ton ami, le monde devient un paradis. Si tu partages tes couleurs, tu feras fleurir tous les cœurs. »*
**Fin.**