Marguerite et le Trésor du Soleil Levant
Par Studio Wonder — Jeunesse
**CHAPITRE 1 : MARGUERITE DANS SON JARDIN**
Il était une fois, nichée au cœur d’un jardin secret où les fleurs dansaient avec le vent, une petite maison toute ronde, toute douce et d’un rouge éclatant. Ce n’était pas une maison en briques, ni une maison en bois. C’était une tulipe. Une grande tulip...
Marguerite dans son Jardin
**CHAPITRE 1 : MARGUERITE DANS SON JARDIN**
Il était une fois, nichée au cœur d’un jardin secret où les fleurs dansaient avec le vent, une petite maison toute ronde, toute douce et d’un rouge éclatant. Ce n’était pas une maison en briques, ni une maison en bois. C’était une tulipe. Une grande tulipe impériale aux pétales de velours qui sentaient bon le sucre roux et la rosée du matin.
À l’intérieur, bien à l’abri dans le berceau de soie de la fleur, vivait Marguerite.
Marguerite était une coccinelle minuscule, pas plus grande qu’un petit pois. Elle portait un manteau d’un rouge cerise très brillant, décoré de sept points noirs parfaitement ronds, comme de petites gouttes d’encre de nuit.
Ce matin-là, le jardin faisait encore « chut ».
C’était le moment préféré de Marguerite. Le moment où la lune s'en va se coucher en baillant et où le soleil commence à peine à pointer le bout de son nez orange derrière la haie de troènes. Tout était calme. On n’entendait que le bruissement de l’herbe qui s’étirait et le « ploc-ploc » argenté des gouttes d’eau qui glissaient des feuilles.
Marguerite ouvrit un œil, puis deux. Elle étira ses six petites pattes fragiles, une par une.
— Ohisse ! fit-elle en bâillant, révélant une minuscule bouche rose. Bonjour, ma jolie tulipe !
Elle caressa la paroi rouge de sa chambre. La pétale frémit doucement sous ses pattes, comme pour lui répondre. Dans le jardin « chut », les couleurs étaient différentes. Le vert de la pelouse ressemblait à une mer de menthe fraîche, et les fleurs fermées semblaient porter des pyjamas de brume.
Marguerite grimpa avec agilité le long de la tige verte. C’était son escalier magique. Arrivée tout en haut, sur le rebord de son balcon de pétale, elle s’arrêta pour admirer le spectacle.
— Regarde, Gouttelette ! chuchota-t-elle à une perle de rosée qui tremblait sur une feuille voisine.
La perle de rosée brilla comme un diamant. Elle semblait sourire à la coccinelle. Dans ce monde minuscule, chaque goutte d’eau était un miroir où Marguerite pouvait voir son reflet : ses antennes qui s'agitaient et ses ailes bien rangées sous sa carapace.
— Est-ce que tu penses que c’est aujourd’hui ? demanda Marguerite à voix basse. Est-ce que c'est aujourd'hui que le Trésor va apparaître ?
Car Marguerite avait un grand secret. Elle avait entendu le vieux Hibou dire que, quelque part, là où le ciel touche la terre, se cachait le « Trésor du Soleil Levant ». On racontait que ce trésor donnait aux fleurs leurs couleurs les plus vives et aux coccinelles leur courage le plus grand.
Soudain, un petit bruit se fit entendre sous un grand chapeau de champignon.
— *Zzzzt… Zzzzt…*
C’était Barnabé le bourdon, qui dormait encore dans son gilet de fourrure jaune et noire. Il ronflait si fort que les clochettes des muguets tintaient légèrement.
Marguerite rigola doucement, un son qui ressemblait au tintement d'une minuscule cloche d'argent. Elle ne voulait pas réveiller Barnabé. Le jardin « chut » appartenait à ceux qui savaient écouter le silence.
Elle s'approcha d'une goutte de rosée particulièrement ronde. Elle y trempa le bout de son museau pour boire une gorgée de fraîcheur. C’était le meilleur jus de fruit du monde : pur, frais et parfumé au parfum du matin.
— Miam ! C’est délicieux, s'exclama-t-elle en s'essuyant les moustaches.
À cet instant, un premier rayon de lumière, fin comme un fil d'or, traversa le jardin. Il vint se poser directement sur les ailes rouges de Marguerite, les faisant briller comme si elles étaient en rubis.
Le jardin commença à changer. Le « chut » laissait place à un léger murmure. Les fleurs ouvraient leurs pétales en grand, comme pour attraper la lumière. Les oiseaux commençaient à s'échauffer la voix : *« Cui-cui ! Piou-piou ! »*
Marguerite sentit son petit cœur battre très fort sous sa carapace. Elle regarda vers l'horizon, là où le soleil montait comme une grosse orange lumineuse.
— Le Trésor du Soleil Levant m'attend, dit-elle avec détermination. Je le sens dans mes antennes !
Elle déplia ses ailes transparentes, cachées sous son manteau rouge. Elles étaient fines comme du papier de soie et brillaient de mille reflets arc-en-ciel. Elle fit vibrer ses ailes : *Bzzz-bzzz-bzzz*.
— Au revoir, ma tulipe ! À bientôt, Barnabé !
D’un petit bond courageux, Marguerite s’élança dans l’air doux. Elle survola les marguerites qui lui faisaient signe de leurs pétales blancs et les violettes qui sentaient si bon qu'on aurait dit des bonbons. Elle n'était plus seulement une petite coccinelle dans une fleur. Elle était une exploratrice, prête à traverser tout le jardin pour trouver la magie du matin.
L'aventure de Marguerite commençait, là où le soleil transforme chaque goutte d'eau en une pépite d'or. Et tandis qu'elle s'envolait vers la grande haie, le jardin murmurait derrière elle :
— Bonne chance, petite Marguerite. Va chercher le Trésor !
Le Secret du Vieux Grillon
Voici le nouveau chapitre de l'histoire de Marguerite, écrit avec la magie et la douceur du style "Wonder Engine".
***
### Chapitre : Le Secret du Vieux Grillon
Marguerite battait des ailes avec courage. Sous elle, le jardin ressemblait à un grand tapis de velours vert parsemé de confettis multicolores. Elle survola le ruisseau qui faisait *glou-glou* et les herbes hautes qui dansaient dans le vent.
Soudain, elle aperçut la Grande Haie. C’était une muraille de feuilles sombres et épaisses qui sentait bon la terre fraîche et la mousse mouillée. Marguerite se posa délicatement sur une feuille de lierre, aussi large pour elle qu’un grand canapé vert.
C’est alors qu’elle entendit un son étrange.
*Cric-cric... Cric-cric...*
Ce n’était pas le *Bzzz* des abeilles, ni le *Frou-frou* des papillons. C’était un chant métallique, un petit rythme de tambour qui semblait sortir de sous une racine de vieux chêne.
Curieuse, Marguerite s'approcha en trottinant sur ses six petites pattes noires. Là, assis sur un trône de bois mort, se tenait Maître Grillon. Il était vêtu d’un habit de soie brune qui brillait comme le chocolat, et il portait de très longues antennes, fines comme des fils d’argent, qui pointaient vers le ciel.
— Bonjour, Monsieur le Grillon ! lança Marguerite de sa petite voix claire.
Le vieux sage s’arrêta de frotter ses ailes. Il ajusta ses lunettes imaginaires et regarda la petite coccinelle avec des yeux tout ronds et malicieux.
— Tiens, tiens... Une petite exploratrice en manteau à pois ! Que fais-tu si loin de ta tulipe, petite Marguerite ?
— Je cherche le Trésor du Soleil Levant ! répondit-elle fièrement en gonflant son petit thorax rouge. On dit qu’il est caché quelque part dans le jardin.
Maître Grillon sourit, ce qui fit frémir ses grandes antennes. Il fit signe à Marguerite de s’approcher.
— Approche, petite. Écoute bien le secret que le vent m’a soufflé à l’oreille ce matin. Le Trésor du Soleil Levant n’est pas un coffre rempli de pièces d’or lourdes et froides. Non, c’est bien plus merveilleux que cela.
Marguerite ouvrit de grands yeux. Son petit cœur battait *tictac-tictac* sous sa carapace.
— Chaque matin, expliqua le Grillon avec une voix mystérieuse, là-bas, derrière la Colline des Rosées, le soleil fait un cadeau au monde. Au moment exact où il sort de son lit de nuages, il lance une poignée de poussière magique sur le jardin. Si tu arrives à l'endroit où il se lève, tu verras la terre se transformer en un royaume de diamants qui brillent de toutes les couleurs : bleu comme le ciel, rose comme les joues d'une poupée, et orange comme une abricot bien mûr.
— Des diamants ? murmura Marguerite, émerveillée.
— Oui, continua le vieux Grillon. Mais attention ! Ce trésor est timide. Il ne reste là que quelques instants, juste le temps d’un bisou du matin. Il faut être là-bas, tout au bout du jardin, avant que la rosée ne s'envole.
Marguerite regarda l'horizon. Le soleil montait de plus en plus haut, peignant le ciel avec de grands pinceaux de lumière dorée.
— Mais comment savoir quel chemin prendre ? demanda-t-elle. Le jardin est si grand, et moi, je suis si petite...
Le vieux Grillon frotta ses pattes l'une contre l'autre. *Cric-cric-cric.*
— Suis la lumière, Marguerite. Vole vers l’endroit où le ciel est le plus clair, là où l'air sent le sucre et le miel frais. Traverse le Royaume des Mille Gouttes et ne t'arrête pas, même si les fleurs te demandent de rester pour goûter leur nectar.
Le Grillon reprit son violon de plumes et de soie. Il commença une chanson douce qui donnait envie de danser.
— Va, petite Marguerite ! Le Trésor t’attend. Si tu le trouves, tes ailes brilleront pour toujours de la lumière de l'aurore.
Marguerite remercia le vieux sage d'une petite révérence. Elle se sentait pousser des ailes de géante ! Elle reprit son envol, le cœur léger. Elle savait maintenant ce qu'elle cherchait : l'endroit magique où le soleil embrasse la terre pour transformer l'eau en diamants.
Derrière elle, le chant du grillon l'accompagnait comme une petite musique d'encouragement. Marguerite volait droit vers l'est, là où le ciel devenait aussi jaune qu'un citron pressé dans une tasse de lumière.
L'aventure continuait, et le secret du Grillon brillait déjà dans ses yeux comme une petite étoile.
En Route, Mauvaise Troupe !
Voici le nouveau chapitre des aventures de Marguerite.
***
### Chapitre : En Route, Mauvaise Troupe !
Marguerite était tellement excitée que ses petites antennes tremblaient comme des baguettes de tambour. Le secret du Grillon dansait dans sa tête : elle partait pour le pays où le soleil fait des bisous à la terre !
— Hop là ! s'écria-t-elle en sautant sur un gros champignon tout doux.
Avant de s'envoler pour de bon, Marguerite devait se préparer. Elle sortit son petit sac à dos, un sac magique fabriqué dans une coque de noisette polie, avec des bretelles en fil de soie de chenille. C’était un sac très spécial : il ne pesait jamais lourd, même quand on y mettait des trésors.
À l’intérieur, elle glissa :
1. Une miette de gâteau à la bergamote (pour les petits creux).
2. Une goutte de rosée bien fraîche dans une fiole de cristal (pour les grandes soifs).
3. Et surtout, son doudou-pétale de rose, celui qui sent bon le dodo et les câlins.
— Je suis prête ! dit-elle en ajustant ses bretelles. Clic-clac ! Voilà que l’aventure commence !
Elle déploya ses ailes de soie. *Frrr… Frrr…* Elles firent un petit bruit de papier de soie que l’on froisse. Marguerite s’élança dans les airs, direction l’Est, là où le ciel ressemble à une grande tartine de confiture d’abricot.
Mais alors qu’elle survolait le Champ des Coquelicots, elle entendit un drôle de vacarme en bas.
— *Boum-badaboum ! Patatras ! Hep ! Attendez-nous !*
Marguerite freina net en plein vol, ses ailes faisant des petits cercles comme un hélicoptère. En bas, une drôle de petite troupe s'agitait dans les herbes hautes. Il y avait Barnabé, le scarabée qui portait une casserole sur la tête en guise de casque, et les trois jumeaux Grillons-Gribouilles, qui ne s’arrêtaient jamais de sautiller.
— Où vas-tu comme ça, Marguerite ? demanda Barnabé en trébuchant sur une marguerite (la fleur, pas notre héroïne !). Tu voles si vite qu'on dirait une petite étoile filante !
— Je vais chercher le Trésor du Soleil Levant ! répondit Marguerite avec un grand sourire. Je vais là où l'air sent le sucre et où l'eau se change en diamants !
Les yeux de Barnabé brillèrent comme des billes noires.
— Oh ! Des diamants ! Est-ce qu’on peut venir ? On promet d’être sages… enfin, presque !
Marguerite regarda sa drôle de bande d’amis. Barnabé avait sa casserole de travers et les jumeaux Gribouilles faisaient déjà des pirouettes dans la poussière d'or du matin. Ils étaient bruyants, un peu maladroits, et très rigolos. C'était sa « mauvaise troupe » à elle, celle qu'on adore parce qu'elle fait rire le cœur.
— Allez, en route, mauvaise troupe ! s’exclama Marguerite. Mais suivez-moi bien, car nous devons traverser le Royaume des Mille Gouttes !
Ils se mirent en marche – et en vol ! C’était un spectacle merveilleux. Marguerite ouvrait le chemin, son petit sac à dos noisette brillant sous les rayons du soleil. Derrière elle, Barnabé le scarabée marchait d’un pas fier (*Cloc, cloc, cloc* faisait sa casserole), et les Grillons-Gribouilles faisaient des bonds géants en criant : « Youpi ! Vers le soleil ! »
L'air commençait à changer. Il ne sentait plus seulement l'herbe coupée. Il se mettait à sentir le nougat, la vanille et le miel chaud. C'était si doux que Marguerite avait l'impression de voler dans un gros nuage de barbe à papa.
— Regardez ! cria-t-elle en montrant l’horizon.
Devant eux, le paysage devenait scintillant. Chaque feuille, chaque brindille portait une petite perle d’eau qui brillait comme une lampe magique. Le ciel n'était plus seulement bleu, il devenait jaune citron, puis orange mandarine, puis rose bonbon.
— C’est le Royaume des Mille Gouttes ! murmura Barnabé, impressionné. On dirait que la terre a mis ses bijoux pour nous recevoir.
Soudain, une fleur de mauve se pencha vers Marguerite. Elle était magnifique, avec des pétales veloutés comme le pyjama le plus doux du monde.
— Petite voyageuse… murmura la fleur d'une voix qui sentait bon le dodo. Reste ici… Goûte mon nectar de sucre roux… Repose tes ailes fatiguées…
Les jumeaux Gribouilles s’arrêtèrent tout net, le nez attiré par le parfum sucré. Barnabé commença à enlever sa casserole pour faire une sieste. La magie des fleurs était très forte !
Mais Marguerite se souvint des paroles du vieux Grillon : *« Ne t'arrête pas, même si les fleurs te demandent de rester. »*
— Non, mes amis ! Ne vous endormez pas ! s’écria Marguerite en secouant ses petites antennes. Le trésor est encore loin, et le soleil nous attend pour la fête ! Venez, chantez avec moi pour vous réveiller !
Et Marguerite entonna une chanson de voyageuse, une chanson qui fait bouger les pieds et pétiller les yeux. La mauvaise troupe reprit courage. Barnabé remit sa casserole bien droite, les jumeaux firent un dernier saut périlleux, et tous ensemble, ils s'enfoncèrent dans la forêt de lumière.
L'aventure était vraiment commencée, et sous ses pattes, Marguerite sentait que la terre entière était impatiente de leur montrer son secret. Elle volait droit vers l'Est, son petit cœur battant au rythme du soleil qui montait, montait dans le ciel de miel.
Monsieur Escargot va Doucement
### Chapitre : Monsieur Escargot va Doucement
Le petit groupe avançait d'un bon pas. Enfin, surtout Marguerite ! La petite abeille battait des ailes si fort qu’elle ressemblait à une petite étincelle dorée dansant dans les rayons du matin.
— Vite, mes amis, vite ! criait-elle en faisant des loopings. Le Soleil monte, et son trésor nous attend là-bas, tout au bout du monde !
Derrière elle, Barnabé la tortue faisait de son mieux. Sa casserole sur le dos faisait un petit bruit régulier : *clic-poum, clic-poum*. Les jumeaux, eux, bondissaient par-dessus les racines en riant. Mais la forêt était dense, et le sol était couvert de tapis de mousse verte, aussi doux que du velours.
Soudain, Marguerite s’arrêta net. Ses antennes frémirent. Sur une immense feuille d’émeraude, juste devant elle, brillait un long ruban d’argent. C’était une traînée scintillante, comme si quelqu’un avait renversé de la poussière d’étoile sur la terre humide.
Au bout de ce chemin de lumière se trouvait une drôle de petite maison ronde, rayée de chocolat et de caramel. Et sous cette maison, un monsieur avec deux longues cornes toutes molles avançait à une allure de fourmi fatiguée.
— Oh ! Bonjour, Monsieur Escargot ! s’exclama Marguerite en atterrissant sur une fleur de clochette. Vous allez bien ? Mais… pourquoi allez-vous si doucement ? Vous n’avez pas peur de rater les merveilles du monde ?
L’escargot s’arrêta. Il prit tout son temps pour tourner sa tête vers Marguerite. Ses petits yeux, perchés sur ses cornes, dansèrent avec malice.
— Bonjour, petite demoiselle ailée, répondit-il d’une voix aussi calme qu’un ruisseau qui chante. Aller doucement ? Mais c’est ma façon préférée de voyager ! Si je courais, mon cœur ferait trop de bruit pour entendre les secrets de la terre.
Marguerite pencha la tête, intriguée.
— Des secrets ? Quels secrets ?
Monsieur Escargot fit un petit signe avec son antenne.
— Regarde juste là, sous ton nez, petite abeille pressée.
Marguerite baissa les yeux. Sur le bord de la feuille, une minuscule goutte de rosée était accrochée. En s'approchant tout près, Marguerite poussa un cri d'admiration. Dans la petite goutte d’eau, tout le paysage se reflétait ! On y voyait les arbres géants, le ciel bleu et même le petit nez de Marguerite, tout en miniature. La goutte brillait comme un diamant magique, capturant un arc-en-ciel à l’intérieur.
— Oh… murmura Marguerite. C’est… c’est magnifique.
— Tu vois, dit Monsieur Escargot en reprenant sa marche tranquille. Si j’avais galopé comme le vent, je n’aurais jamais vu ce petit soleil prisonnier de l’eau. On n'a pas besoin de courir pour voir de belles choses, Marguerite. Parfois, les plus grands trésors sont cachés dans les plus petits moments.
Barnabé arriva à son tour, essoufflé, sa casserole un peu de travers.
— Ouf ! On s’arrête ? Je peux poser ma maison moi aussi ?
— Oui, Barnabé, sourit Marguerite en caressant doucement la coquille de l’escargot. Monsieur Escargot nous apprend à regarder avec les yeux du cœur.
Pendant un long moment, la petite troupe resta silencieuse. Ils écoutèrent le *frou-frou* du vent dans les feuilles, le *pic-pic* d'un oiseau au loin, et ils sentirent l'odeur de la terre qui se réveille, une odeur de chocolat et de pluie.
Les jumeaux s'assirent sur un champignon pour observer une file de fourmis qui transportaient des miettes de soleil. Tout semblait soudain plus coloré, plus brillant, plus vivant.
— Merci, Monsieur Escargot, dit Marguerite avec une petite révérence.
— De rien, petite voyageuse. Va vers l’Est, suis ta lumière. Mais n’oublie pas : même si tes ailes vont vite, laisse ton regard traîner un peu partout. C’est là que se cachent les miracles.
L’escargot continua son chemin, laissant derrière lui son ruban d’argent. Marguerite reprit son envol, mais cette fois, elle ne volait plus comme une flèche. Elle flottait, s’arrêtant ici pour admirer une fleur bleue, là pour saluer un scarabée de bronze.
Le trésor du Soleil Levant était encore loin, mais Marguerite comprenait maintenant que le voyage était déjà, à lui seul, un magnifique cadeau. Et dans son petit cœur d'abeille, elle gardait précieusement le secret de Monsieur Escargot : la beauté n'est jamais pressée.
Le soleil, de plus en plus haut, caressait leurs dos, et la forêt semblait murmurer un immense "Merci" à la vie. Ils avançaient, pas après pas, aile après aile, vers la grande aventure.
Le Bateau-Feuille
**CHAPITRE : LE BATEAU-FEUILLE**
Marguerite volait tranquillement, ses ailes faisant un doux bruit de harpe dans l’air tiède. Elle se souvenait des paroles de Monsieur Escargot : *« La beauté n’est jamais pressée. »* Alors, elle prenait le temps de regarder les fourmis transporter des trésors de brindilles et les fleurs de trèfle danser sous la brise.
Soudain, le chemin de terre s’arrêta net. Devant Marguerite s’étendait une étendue d’eau immense, un véritable océan de lumière qui barrait la route vers l’Est. C’était une grande flaque, née de la pluie de la veille, nichée au creux des racines d’un vieux chêne.
— Oh ! s’exclama Marguerite en se posant sur un caillou au bord de l’eau. Quel grand miroir !
L’eau était si calme qu’on y voyait le ciel tout entier, avec ses petits nuages de coton et le soleil qui brillait comme une pièce d’or au fond de la flaque. Marguerite aurait pu s'envoler et traverser ce miroir d'un coup d'aile, mais elle avait envie d'une autre aventure. Elle voulait sentir le frisson de l'eau, entendre le secret des gouttes.
C’est alors qu’elle vit, posée sur la mousse humide, une magnifique feuille de chêne. Elle était grande, solide, d’un brun doré qui rappelait la couleur du miel bien cuit.
— Bonjour, jolie feuille ! dit Marguerite en la touchant du bout de ses pattes. Voudrais-tu être mon bateau pour aujourd’hui ?
La feuille sembla lui répondre par un petit bruissement sec. Avec beaucoup de soin, Marguerite poussa la feuille vers le bord de l’eau. *Hisse ! Ho ! Hisse !* Ses petites pattes travaillaient fort. Enfin, la pointe de la feuille toucha la surface. *Ploc !* Elle flottait parfaitement, comme un petit navire de bois précieux.
Marguerite grimpa à bord. Elle s’installa bien au centre, là où les nervures de la feuille forment un tapis solide. D’un petit coup de patte contre un brin d’herbe, elle donna l’élan.
*Vogue, vogue, le petit bateau !*
Le voyage commença. C’était merveilleux. Marguerite ne sentait plus le poids de son corps, elle se laissait porter par le mouvement invisible de l’eau.
— Regardez-moi ! chanta-t-elle aux libellules qui passaient par là. Je suis la capitaine Marguerite !
Sous son bateau-feuille, de petites bulles d’air s’amusaient à faire la course. *Flic, flac, floc.* Le clapotis de l’eau contre les bords de la feuille était comme une berceuse. Soudain, une petite tête pointue sortit de l’eau juste à côté du bateau. C’était Gédéon, le patineur de l’eau, un insecte aux longues pattes fines qui marchait sur la surface comme s'il faisait du patin à glace.
— Holà, voyageuse ! s’écria Gédéon en faisant des cercles autour de la feuille. C’est un bien beau navire que tu as là ! Où vas-tu comme ça, sans rames et sans voile ?
— Je vais vers le Trésor du Soleil Levant, répondit Marguerite avec un grand sourire. Et mon moteur, c’est le vent !
— Alors, laisse-moi t’aider un peu ! dit Gédéon en rigolant.
Le petit patineur se plaça derrière la feuille et, d’un coup de patte agile, il donna une petite impulsion. La feuille glissa plus vite, laissant derrière elle un sillage argenté qui ressemblait à un collier de perles.
— Merci, Gédéon ! riait Marguerite. On dirait que je vole sur l'eau !
Ensemble, ils traversèrent le Grand Miroir. Marguerite admirait les reflets des feuilles vertes qui se mélangeaient au bleu du ciel dans l'eau claire. Elle vit même un petit poisson d'argent passer sous son bateau, rapide comme un éclair de magie. Tout était si paisible, si brillant, si vivant.
Le voyage dura un long moment, un moment de pur bonheur où le temps semblait s'être arrêté pour admirer le courage de la petite abeille. Finalement, la pointe du bateau-feuille toucha doucement la mousse tendre de l’autre côté de la flaque. *Scrouitch.*
Marguerite descendit sur la terre ferme, ses pattes encore un peu tremblantes de joie. Elle se retourna pour saluer Gédéon, qui lui faisait de grands signes de la patte au milieu de l'eau.
— Bon voyage, Marguerite ! N’oublie pas : le trésor est partout où tes yeux se posent !
— Merci, Gédéon ! À bientôt !
Marguerite regarda une dernière fois son bateau-feuille qui repartait doucement à la dérive, libre comme l'air. Elle se sentait plus forte, plus grande. Elle avait traversé l’océan de la forêt sans même mouiller ses ailes.
Le soleil, maintenant bien haut dans le ciel, lui indiquait la suite du chemin. À l'horizon, entre deux grands sapins, une lueur d'or commençait à poindre. Le Trésor du Soleil Levant n'était plus très loin.
Marguerite frotta ses ailes l’une contre l’autre, réajusta ses petites antennes, et reprit son vol, le cœur léger et l’esprit rempli de reflets d’argent. L'aventure continuait, et chaque pas — ou chaque coup de rame — la rapprochait un peu plus du grand secret de la lumière.
L'Ami Papillon
# Chapitre : L'Ami Papillon
Marguerite battait des ailes avec entrain. *Frrrr, frrrr, frrrr !* Ses petites ailes rouges à pois noirs faisaient un joli bruit de papier de soie. Le soleil caressait son dos et le vent lui racontait des histoires de fleurs et de miel. Tout était merveilleux.
Mais soudain, devant elle, se dressa un immense château de feuilles vertes. C’était le Buisson des Mille-Ombres. Marguerite, curieuse comme une petite souris, s’y engouffra.
*Hop !* En un instant, le grand soleil d’or disparut.
Sous le buisson, tout était différent. Les branches s'entremêlaient comme les doigts d'un géant. La lumière était devenue toute verte, une lumière douce et mystérieuse, comme si Marguerite nageait dans une mer de menthe. Il y avait des fougères qui ressemblaient à de grandes plumes et de la mousse aussi moelleuse qu'un coussin de chat.
— Oh là là, murmura Marguerite en posant ses pattes sur une branche. C’est très beau, mais... où est le chemin ?
Elle regarda à gauche : un tunnel de feuilles.
Elle regarda à droite : un mur de brindilles.
Elle regarda en haut : un plafond de mousse.
Marguerite tourna sur elle-même. Une fois, deux fois, trois fois. Ses petites antennes frétillèrent d'inquiétude. Le Trésor du Soleil Levant était quelque part par là, mais sans la lumière pour la guider, elle se sentait toute petite et un peu perdue.
— Est-ce qu’il y a quelqu’un ? appela-t-elle d'une voix de flûte.
Soudain, un éclat de lumière jaillit de l'ombre. Ce n'était pas la lumière dorée du soleil, non. C'était une lueur bleue, électrique et scintillante, comme si un morceau de ciel était tombé dans le buisson.
*Flip, flap, frou-frou !*
Un magnifique papillon apparut. Il était d'un bleu si profond qu'on aurait dit qu'il avait été trempé dans de l'encre de magicien. Ses ailes étaient bordées de paillettes d'argent qui brillaient même dans l'obscurité.
— Bonjour, petite coccinelle ! dit le papillon d'une voix qui chantait comme un ruisseau. Je m'appelle Azur. Tu sembles chercher ton chemin dans mon palais de verdure ?
Marguerite ouvrit de grands yeux ronds, émerveillée par tant de beauté.
— Oh, bonjour Azur ! Oui, je cherche le Trésor du Soleil Levant. Mais les feuilles sont si grandes que je ne vois plus l'horizon.
Azur fit une pirouette dans les airs, laissant derrière lui une traînée de poussière d'étoiles bleue.
— Ne t'inquiète pas, Marguerite ! Ici, l'ombre joue à cache-cache, mais je connais tous les passages secrets. Suis mes ailes, elles brillent comme des lanternes !
Azur s'envola avec légèreté. Il ne volait pas tout droit, il dansait. Il passait sous une racine, contournait une clochette de muguet et glissait entre deux feuilles de lierre.
— Allez, Marguerite ! Un petit effort ! Par ici, c’est le raccourci des escargots ! Par là, c’est le toboggan des gouttes de rosée !
Marguerite rigola. Elle suivait la tache bleue qui sautillait devant elle. C'était comme suivre une petite fée. Le voyage sous le buisson n'était plus du tout inquiétant, c'était devenu un jeu merveilleux. Elle sentait l'odeur de la terre fraîche et entendait le chant d'un grillon qui faisait *krik-krik* sous une pierre.
— Regarde, Marguerite ! lança Azur en pointant ses antennes vers le haut. On arrive à la porte de sortie !
Devant eux, les feuilles commençaient à s'écarter. Une lumière éclatante, d'un jaune de beurre, transperçait le feuillage. Azur accéléra, ses ailes bleues brillant de mille feux contre le vert sombre.
— Attention... Prête ? Un, deux, trois... Saute !
D'un grand coup d'ailes, Marguerite jaillit hors du buisson. *Zioum !*
Le soleil la rattrapa aussitôt, l'enveloppant de sa chaleur douce. Elle était de nouveau dans la prairie, et devant elle, le chemin était plus clair que jamais. Les sapins semblaient lui faire une haie d'honneur, et tout au bout, là-bas, la lumière était si forte qu'elle ressemblait à un grand baiser de feu.
Azur se posa délicatement sur une marguerite (la fleur, cette fois !).
— Voilà, petite voyageuse ! Le Trésor du Soleil Levant t'attend juste derrière cette colline de fleurs.
Marguerite s'approcha de son nouvel ami. Ses ailes rouges brillaient à côté des ailes bleues d'Azur. C'était un magnifique arc-en-ciel de couleurs.
— Merci, Azur. Sans toi, je serais encore en train de tourner en rond sous les feuilles de menthe.
Le papillon bleu fit vibrer ses ailes avec tendresse.
— C’est cela, le secret de la forêt, Marguerite : on n’est jamais vraiment perdu quand on rencontre un ami. Bonne chance pour le Trésor !
— Merci ! À bientôt, Azur !
Marguerite reprit son vol, le cœur plein de joie. Elle avait appris une chose importante aujourd'hui : même quand l'ombre arrive et que le chemin disparaît, il y a toujours une petite lumière bleue, ou un ami avec des ailes de velours, pour nous montrer le chemin vers le soleil.
Le Trésor était tout proche, elle le sentait au bout de ses antennes. L'aventure était plus belle à chaque rencontre.
Le Trésor qui Brille
Voici le nouveau chapitre de l'histoire de Marguerite, écrit avec la magie et la douceur du style "Wonder Engine".
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# CHAPITRE : Le Trésor qui Brille
Marguerite, la petite coccinelle au manteau de velours rouge, s'élança vers le sommet de la colline. Ses ailes faisaient un joyeux petit bruit : *frou-frou, frou-frou !*
La colline n'était pas faite de terre ou de cailloux, oh non ! C'était une montagne de fleurs géantes. Il y avait des marguerites blanches comme des nuages, des coquelicots rouges comme des bonbons et de grandes clochettes bleues qui semblaient tinter doucement dans la brise du matin.
— Allez, mes petites pattes ! Allez, mes jolies ailes ! murmura Marguerite en riant. On y est presque !
L’air sentait bon le miel et le sucre. Marguerite devait parfois se frayer un chemin entre deux pétales tout doux qui lui chatouillaient les antennes. *Guili-guili !* faisaient les fleurs. Marguerite riait de bon cœur. Elle se sentait légère, comme une petite plume emportée par le vent de l'aventure.
Soudain, Marguerite arriva tout en haut. Elle s'arrêta net. Ses grands yeux s'ouvrirent tout ronds, comme deux petites soucoupes de nacre.
— Oh... fit-elle dans un souffle. Que c’est beau !
Devant elle, le ciel changeait de robe. Il quittait son pyjama bleu foncé pour enfiler une robe de soie rose, orange et dorée. C’était le lever du soleil. Et là, juste au milieu d’une grande feuille de nénuphar qui trônait au sommet de la colline, se trouvait le Trésor.
Ce n'était pas un coffre rempli de pièces d'or. Ce n'était pas une couronne de roi.
C’était une **goutte de rosée**.
Mais quelle goutte ! Elle était parfaitement ronde, comme une perle de cristal. Elle était posée là, immobile, attendant le premier baiser du matin. Et au moment précis où Marguerite s'approcha, le premier rayon du soleil toucha la goutte de plein fouet.
*Ting !*
On aurait dit qu'une petite clochette magique venait de sonner dans toute la forêt. La goutte de rosée se mit à briller, à briller si fort qu’elle ressemblait à un diamant tombé du ciel. Elle changeait de couleur à chaque seconde : un instant elle était rouge comme le dos de Marguerite, l'instant d'après elle devenait bleue comme les ailes d'Azur, puis vert émeraude, puis jaune comme un citron pressé.
— Bonjour, petit Trésor, chuchota Marguerite en s'approchant tout doucement, sur la pointe de ses six petites pattes.
Elle n'osait pas respirer trop fort, de peur de faire s'envoler cette merveille. Elle se pencha au-dessus de la goutte. Et là, elle vit quelque chose de merveilleux. Dans le miroir de la goutte de rosée, Marguerite voyait tout le jardin en minuscule. Elle voyait les arbres, les fleurs, et surtout... elle voyait son propre reflet.
Elle vit une petite coccinelle courageuse, avec des antennes qui frétillaient de bonheur et des points noirs bien brillants.
— Mais... c'est moi ! s'exclama-t-elle. Le Trésor me montre comme je suis contente !
La goutte de rosée sembla lui répondre par un petit scintillement malicieux. Elle ne se contentait pas de briller ; elle capturait toute la lumière du monde pour en faire un cadeau à celle qui l'avait trouvée.
Marguerite comprit alors le secret que le papillon Azur lui avait murmuré : le Trésor du Soleil Levant n'était pas quelque chose que l'on rangeait dans une poche. C'était un moment de magie, un instant de lumière qui remplissait le cœur de chaleur.
Tentée par la gourmandise, Marguerite approcha sa petite trompe de la paroi fraîche de la goutte. Elle but une minuscule petite lèche de l’eau du matin.
— Mmm ! C’est frais comme de la glace et sucré comme un rêve !
À ce moment-là, Marguerite se sentit remplie d'une énergie nouvelle. Elle avait l'impression d'avoir des étoiles dans le ventre et des rayons de soleil dans les ailes. Elle n'était plus la petite coccinelle perdue sous les feuilles de menthe ; elle était la Reine de la Colline, l'amie du soleil.
Le Trésor brillait toujours, transformant chaque petite herbe autour d'elle en un fil d'argent. Marguerite s'assit confortablement sur le bord de la feuille de nénuphar. Elle regarda le soleil monter de plus en plus haut, transformant la forêt en un palais de lumière.
— Merci, le Soleil, dit-elle en agitant une patte vers le ciel. Merci pour ce cadeau.
Et tandis que la forêt s'éveillait, remplie de chants d'oiseaux et de bourdonnements d'abeilles, Marguerite resta là un long moment, à contempler son diamant d'eau, le cœur étincelant de joie. Elle savait maintenant que chaque matin, le monde entier se transformait en trésor, pourvu que l'on sache regarder la petite goutte d'eau qui brille sur une fleur.
La Fête de la Lumière
**CHAPITRE : LA FÊTE DE LA LUMIÈRE**
Le grand rideau de la nuit venait de tomber tout à fait. Et là, juste derrière la Colline aux Coquelicots, le soleil fit un immense bond, comme un gros ballon de basket tout orange qui sauterait dans le ciel.
— Pop ! s’exclama Marguerite en écarquillant ses petits yeux noirs. Regardez ! Le soleil a mis son habit de fête !
Et quel habit, mes petits amis ! En un clin d’œil, le soleil devint un immense pinceau magique. Il commença à peindre tout le jardin avec de la peinture d’or. Les brins d’herbe, qui étaient un peu gris le matin, devinrent des épées dorées. Les feuilles des arbres devinrent des éventails précieux. Même la boue du petit chemin se mit à briller comme si on y avait renversé des paillettes de fée.
Marguerite n’en croyait pas ses antennes. Elle se darda sur ses petites pattes et fit quelques pas sur sa feuille de nénuphar. Sous ses pieds, l’eau de l’étang ne ressemblait plus à de l’eau : c’était un immense miroir de lumière qui dansait, avec des petits éclats qui faisaient « clic-clic » dans ses yeux.
— Oh là là ! C’est une fête ! C’est la Fête de la Lumière ! s’écria-t-elle en battant des ailes.
À ce moment-là, Barnabé le Bourdon, tout dodu et tout poilu, passa en vrombissant près de Marguerite. Il avait l’air d’une petite pelote de laine dorée.
— Bzzz, bzzz ! Bonjour Marguerite ! chanta Barnabé. Est-ce que tu as vu ? Le jardin a enfilé son pyjama de soleil !
— Ce n’est pas un pyjama, Barnabé ! répondit Marguerite en riant. C’est le Trésor ! Regarde, tout est devenu de l’or ! Les fleurs, les cailloux, et même toi, tu brilles comme une étoile !
Barnabé fit une petite pirouette dans les airs.
— C’est vrai, Marguerite ! C’est chaud, ça sent bon le miel de lumière, et ça donne envie de danser !
Marguerite regarda à nouveau sa petite goutte de rosée sur la fleur. Elle n’était plus seule dans son coin. Maintenant, des milliers, des millions de petites gouttes de rosée brillaient partout dans le jardin. C’était comme si la terre entière s’était couverte de diamants pour accueillir le matin.
Elle comprit alors quelque chose de merveilleux. Un grand secret que seuls les petits cœurs joyeux peuvent connaître.
— Le Trésor du Soleil Levant… murmura-t-elle, ce n’est pas une pièce d’or cachée dans un coffre. Ce n’est pas un jouet qu’on garde pour soi.
Elle leva la tête vers le grand ciel tout bleu et sentit la chaleur du soleil caresser son dos tout rouge. Ça faisait des petits guilis tout doux sur ses points noirs.
— Le Trésor, c’est tout simplement le JOUR ! s’écria-t-elle tellement fort que les papillons s’envolèrent en riant. C’est le jour qui commence ! C’est la lumière qui nous réveille, c’est le chant des oiseaux qui nous dit « Debout ! », c’est la chance de pouvoir jouer, voler et s’aimer encore une fois !
Tout le jardin semblait lui répondre. Les marguerites ouvraient grand leurs pétales blancs pour attraper les rayons. Les fourmis marchaient bien droit sur les sentiers dorés, portant de petites miettes qui ressemblaient à des pépites. La rivière chantait une chanson de cristal en sautant sur les pierres.
Marguerite se sentit pousser des ailes de géante. Elle n’était plus du tout fatiguée. Elle avait envie de faire mille et un bisous à la terre entière.
— Merci Monsieur le Soleil ! cria-t-elle en s’envolant. Merci pour ce cadeau qui revient tous les matins !
Elle fit un grand looping au-dessus de l’étang. Elle vit son reflet dans l’eau : elle ressemblait à un petit rubis volant au milieu d’un océan d’or. Marguerite comprit que chaque matin, le monde recevait un immense cadeau. Et ce cadeau était gratuit ! Il suffisait d'ouvrir les yeux, de sourire, et de dire "Bonjour".
La petite coccinelle se posa sur une clochette de muguet qui sonna joyeusement sous son poids. La Fête de la Lumière ne faisait que commencer. Il y avait tout un monde à explorer, des fleurs à visiter et des amis à câliner. Et Marguerite savait que, tant que le soleil se lèverait, elle serait la petite fille la plus riche du monde, car elle possédait le plus beau des trésors : une nouvelle journée pour briller de tout son cœur.
Et c’est ainsi que, dans le jardin tout doré, la petite Marguerite devint la gardienne du matin, celle qui sait que la vie est une étincelle de joie dans une goutte de rosée.
Le Retour à la Maison
**CHAPITRE : LE RETOUR À LA MAISON**
Le cœur léger comme une bulle de savon, Marguerite ouvrit grand ses petites ailes rouges à pois noirs. *Vliii ! Frou-frou !* Elle s’élança dans l’air tout doux du matin. Pour la petite coccinelle, voler n’avait jamais été aussi merveilleux. Elle n’était plus seulement une petite bête du jardin ; elle était une étincelle de joie voyageant sur un rayon de soleil.
En survolant le Grand Potager, elle voyait les feuilles des salades qui brillaient comme des émeraudes mouillées.
— Regardez-moi ! chantonnait-elle en faisant des pirouettes. Je porte le soleil sur mon dos !
Elle passa au-dessus du ruisseau qui faisait *glou-glou* entre les cailloux gris. L’eau scintillait si fort qu’on aurait dit que des milliers de petits diamants faisaient la course vers la cascade. Marguerite se sentait riche, tellement riche ! Pas d’une richesse qui se cache dans un coffre, mais d’une richesse qui se partage avec un sourire.
Bientôt, elle aperçut au loin le Vieux Rosier, sa maison aux pétales de velours rose. Ses amis étaient déjà tous là, réunis sur une grande feuille de trèfle qui servait de table pour le petit-déjeuner.
Il y avait **Barnabé le Bourdon**, tout rond et tout poilu dans son costume rayé noir et jaune. Il était en train de brosser ses antennes avec une goutte de rosée. Il y avait aussi **Lulu l’Escargot**, qui avançait doucement, très doucement, en laissant derrière lui un ruban d’argent. Et n'oublions pas **Mireille l'Abeille**, qui rangeait déjà des petits pots de nectar sucré.
— Marguerite ! Marguerite ! s’écria Barnabé en agitant ses petites pattes. Te voilà enfin ! Alors, l’as-tu trouvé ? Le trésor du bout du monde ?
Marguerite se posa délicatement sur le nez de Lulu l'Escargot, ce qui fit rire le vieux compagnon à la maisonnette grise. Elle frétilla des ailes, encore toute parfumée par l'odeur du muguet et de l'aventure.
— Oui ! Oui, je l'ai trouvé ! s'exclama-t-elle avec une petite voix qui pétillait comme de la limonade.
Tous les amis s’approchèrent, les yeux grands ouverts. Le jardin fit silence. Même le vent s'arrêta de souffler dans les herbes pour écouter.
— Est-ce qu’il y a des pièces d’or ? demanda Lulu, la tête bien droite.
— Est-ce qu’il y a des colliers de perles ? demanda Mireille en frottant ses ailes.
— Est-ce qu’il y a des montagnes de sucre ? demanda Barnabé en se léchant les babines.
Marguerite secoua la tête en riant, ses antennes dansant de bonheur.
— C’est beaucoup mieux que tout ça ! Le trésor, c’est le Soleil Levant ! C’est cette lumière qui nous réveille, qui réchauffe nos ailes et qui fait fleurir les roses. Chaque matin, le ciel nous donne un cadeau tout neuf, tout brillant, et c’est gratuit !
Les amis se regardèrent, un peu surpris. Ils levèrent les yeux vers le grand ciel bleu où le soleil montait de plus en plus haut, comme un gros ballon d'or. Ils sentirent alors la douce chaleur sur leur carapace, sur leurs poils, sur leur peau. Ils virent les couleurs du jardin devenir plus vives, plus belles, comme si quelqu'un avait passé un coup de pinceau magique sur chaque feuille.
— Tu as raison, Marguerite, murmura Lulu l'Escargot en admirant son propre sillage argenté qui brillait sous les rayons. On oublie parfois de regarder comme c'est beau.
Barnabé le Bourdon fit un grand "Bzzz" de satisfaction.
— Alors, nous sommes tous des rois et des reines dans ce château de fleurs !
Marguerite sauta de joie.
— Exactement ! Et savez-vous quel est le plus grand secret du trésor ?
— Dis-nous ! Dis-nous ! s'écrièrent-ils en chœur.
— Le secret, c'est que plus on partage cette lumière en souriant, plus on en a dans son propre cœur.
Alors, pour fêter cette découverte, les quatre amis entamèrent une danse joyeuse sur la feuille de trèfle. Mireille l'Abeille offrit une goutte de nectar à chacun, Barnabé fit vibrer ses ailes comme une petite contrebasse, et Marguerite, la petite gardienne du matin, brillait plus fort que tous les rubis du monde.
Le voyage était fini, mais la magie, elle, ne faisait que commencer. Car dans le petit jardin doré, chaque insecte savait désormais que chaque nouveau jour était la plus belle des aventures. Et Marguerite, fatiguée mais tellement heureuse, s'endormit pour une petite sieste au creux d'une rose, en chuchotant au soleil :
— À demain, mon ami... et merci.
La Leçon de Marguerite
# CHAPITRE : La Leçon de Marguerite
Au cœur de la grande rose de soie, le monde devint tout doux. Marguerite s'installa confortablement, ses petites pattes s'enfonçant dans le velours rose des pétales. C’était comme être blottie dans un immense bonbon parfumé. L’air sentait le sucre, la rosée et le dodo.
Dehors, le jardin commençait à chanter sa chanson du soir. *« Chut... Chut... »* murmuraient les hautes herbes en se balançant. *« Cric-cric... »* faisaient les grillons, pour accorder leurs violons avant la nuit.
Marguerite laissa échapper un long soupir de bonheur. Ses petites antennes frémissaient encore de l'excitation de la journée. Elle se tourna vers un petit pétale qui lui servait d'oreiller et sourit.
— Oh, Rose, murmura-t-elle à la fleur qui l’abritait, si tu savais quel trésor nous avons trouvé aujourd'hui !
La Rose sembla frissonner de plaisir sous une brise légère. Dans sa tête de petite coccinelle, Marguerite faisait défiler les images de sa grande aventure, comme si elle ouvrait un livre d'images magique.
Elle revit le jaune éclatant du pissenlit, qui ressemblait à un petit soleil tombé dans l'herbe. Elle revit le bleu profond des clochettes, si bleues qu'on aurait dit des morceaux de ciel oubliés sur la terre. Elle se souvint des ailes transparentes de Barnabé qui brillaient de mille couleurs quand le soleil passait au travers, comme des vitraux de lumière.
— C’est ça, le secret, pensa Marguerite en fermant doucement les yeux.
Ses paupières étaient lourdes, mais son cœur, lui, était léger comme une bulle de savon. Elle comprit alors la plus belle des leçons, celle que le Soleil lui avait glissée à l'oreille sans dire un mot.
— On n'a pas besoin de pièces d'or dans une boîte en fer, se dit-elle tout bas. Les vrais diamants, ce sont les gouttes d'eau sur les feuilles le matin. L'or véritable, c'est la poussière de pollen qui danse dans l'air. Et les rubis ? Ce sont les baies rouges qui brillent dans le buisson !
Elle se rendit compte que ses propres yeux étaient comme deux petites fenêtres magiques. En regardant le monde, elle pouvait collectionner toutes les beautés de la nature et les ranger précieusement dans son cœur. C’était un trésor qu’on ne pouvait pas perdre, un trésor qui ne pesait rien du tout et que l’on pouvait emporter partout avec soi, même sous une feuille de trèfle les jours de pluie.
— Regarder... juste regarder, c'est être riche, chuchota-t-elle dans un demi-sommeil.
Soudain, une petite voix se fit entendre près de l'entrée de la rose.
— Marguerite ? Tu dors déjà ?
C’était Mireille l’Abeille, qui passait donner un dernier petit coup de brosse à ses ailes avant la nuit.
Marguerite entrouvrit un œil malicieux.
— Pas encore, Mireille. Je comptais mes richesses.
L’abeille s’étonna, ses gros yeux noirs brillant dans le crépuscule.
— Tes richesses ? Mais nous n’avons rapporté aucun coffre du voyage !
Marguerite pointa une petite patte vers l'horizon, là où le ciel devenait violet, orange et rose.
— Regarde ce ciel, Mireille. Est-ce qu’un roi pourrait acheter d'aussi belles couleurs ? Regarde comme la mousse est verte et douce, mieux que n'importe quel tapis de château. Voilà notre trésor. Il est là pour tout le monde, il suffit d'ouvrir grand les yeux pour devenir le plus riche des insectes.
Mireille resta silencieuse un instant, contemplant le jardin qui s'endormait. Elle battit des ailes doucement.
— Tu as raison, Marguerite. Demain, j'essaierai de regarder le nectar avant de le boire. Pour voir s'il brille comme de l'or.
— Il brille plus que l'or, Mireille... il brille de vie, répondit Marguerite dans un bâillement.
L'abeille s'envola vers sa ruche avec un petit bourdonnement joyeux. Marguerite, elle, se roula en boule. Elle se sentait comme une petite reine dans son palais de pétales. Elle n'avait pas de couronne sur la tête, mais elle avait de la lumière plein les souvenirs.
Elle imaginait déjà le lendemain. Elle verrait le réveil des marguerites qui s'ouvrent comme des mains blanches, elle écouterait le rire du ruisseau qui saute sur les cailloux gris, et elle saluerait chaque brin d'herbe comme un vieil ami.
— Merci mes yeux de voir tant de jolies choses, murmura-t-elle enfin.
La lune monta dans le ciel, ronde et argentée comme une grosse perle. Elle éclaira doucement la rose où dormait la petite gardienne du matin. Marguerite ne bougeait plus. Elle rêvait déjà de forêts de fougères géantes et de montagnes de mousse tendre.
Dans le jardin doré, le silence était devenu une caresse. La leçon était apprise : le plus beau des trésors ne se cache pas sous la terre, il se trouve juste là, devant nous, pourvu qu'on sache regarder la magie du monde avec amour.
Et Marguerite, la petite coccinelle au cœur de rubis, s'endormit tout à fait, le sourire aux lèvres, impatiente de retrouver son ami le Soleil pour une nouvelle journée de merveilles.