Mario et l'Atelier des Nuages de Cristal

Par Studio WonderJeunesse

### Chapitre 1 : Un Réveil tout Pâle Ce matin-là, dans sa petite maison en forme de champignon, Mario s’étira si fort que ses articulations firent un bruit de pop-corn. D’habitude, la lumière du jour venait chatouiller ses moustaches avec l'éclat d'un rubis et l’odeur du café à la cannelle. Mais au...

Un Réveil tout Pâle

### Chapitre 1 : Un Réveil tout Pâle Ce matin-là, dans sa petite maison en forme de champignon, Mario s’étira si fort que ses articulations firent un bruit de pop-corn. D’habitude, la lumière du jour venait chatouiller ses moustaches avec l'éclat d'un rubis et l’odeur du café à la cannelle. Mais aujourd'hui, quelque chose ne tournait pas rond. Mario fronça les sourcils. La lumière qui passait sous la porte n’était pas dorée. Elle était… timide. Une sorte de gris laiteux, comme si quelqu’un avait versé un seau d'eau savonneuse sur le soleil. — Mamma mia… murmura-t-il en glissant ses pieds dans ses souliers marron bien cirés. Il s’approcha de la fenêtre et écarta les rideaux de velours rouge. Ce qu’il vit lui glaça le cœur, ou du moins, lui donna l'impression d'avoir avalé un glaçon à la menthe. Le ciel du Royaume Champignon, d’ordinaire si bleu qu’on aurait dit un saphir poli, était devenu tout pâle. Un gris de craie, triste et plat, recouvrait l'horizon. Mais le plus inquiétant, c’étaient les nuages. Ces merveilleux nuages de cristal qui, d’habitude, scintillaient comme des diamants et changeaient de forme au gré des rires des enfants, ressemblaient maintenant à de vieux morceaux de coton poussiéreux. Ils ne flottaient plus gracieusement ; ils traînaient dans l’air, lourds et éteints. Mario sortit précipitamment de sa maison. Dehors, l’herbe n’avait plus ce vert éclatant qui donnait envie de faire des galipettes. Les Fleurs de Feu semblaient avoir baissé la tête, leurs pétales orange vif ayant viré au roux délavé. — Mario ! Mario ! Regarde ça ! Un petit Toad accourut vers lui. Son chapeau à pois rouges, autrefois si brillant qu'il étincelait sous la lune, semblait avoir été lavé trop de fois à la machine. Il tenait dans sa main une petite boîte de conserve vide qu'il utilisait pour arroser ses fleurs. — C’est une catastrophe ! s'exclama le Toad d'une voix chevrotante. Ce matin, le réveil a sonné, mais le soleil a oublié de mettre sa cravate de lumière ! Même les oiseaux ont la gorge sèche, ils ne chantent que des notes grises. Mario s’accroupit pour être à la hauteur de son ami. Il posa une main rassurante sur son épaule. — Ne t’inquiète pas, petit Toad. On dirait que la magie s’est évaporée pendant la nuit. Mais la magie ne disparaît jamais sans laisser de traces. Il leva les yeux vers le sommet de la colline, là où se trouvait habituellement l’Atelier des Nuages de Cristal. C’est là-bas que sont fabriquées les couleurs du ciel et la douceur de la brise. D'ordinaire, une fumée arc-en-ciel s'échappait de sa cheminée enchantée. Aujourd'hui, il n'y avait rien. Un silence ouaté et un peu mystérieux enveloppait le bâtiment de pierre blanche. — Regarde les nuages, Toad, dit Mario en désignant le ciel du doigt. Ils ne brillent plus. On dirait qu’ils ont perdu leur cœur de cristal. Si les nuages sont tristes, c’est tout le Royaume qui perd son sourire. Le vent souffla, mais ce n'était pas la caresse parfumée habituelle. C’était un soupir frais et incolore. Mario sentit un petit frisson parcourir son dos. Il ajusta sa casquette rouge, celle qui lui donnait toujours le courage nécessaire pour affronter les plus grands dangers. — Je vais aller voir là-haut, déclara Mario avec détermination. Si l’Atelier des Nuages est éteint, il faut trouver quelqu'un pour rallumer la mèche. Le bleu du ciel ne revient jamais tout seul quand il a décidé de bouder ! Le Toad essuya une petite larme grise sur sa joue. — Tu crois que tu vas réussir, Mario ? Tout semble si… si vide. Mario afficha son plus beau sourire, celui qui redonnait espoir même aux Goombas les plus grincheux. — Dans le Royaume Champignon, l'aventure a toujours les couleurs de l'arc-en-ciel, même quand on ne les voit pas encore. Prépare-moi un bon jus de Super Champi pour mon retour, j’ai une mystérieuse brume à chasser ! Et, d’un pas décidé, Mario s’élança sur le sentier de pierre. Sous ses pieds, le sol ne rebondissait plus autant que d'habitude, mais dans son regard brillait une petite étincelle de cristal. Le grand réveil tout pâle n'était que le début d'une quête étincelante. Car là où les couleurs s'effacent, c'est souvent là que la vraie magie commence à se cacher.

La Lettre de l'Espace

### Chapitre : La Lettre de l’Espace Mario marchait depuis quelques minutes seulement lorsque le silence de la plaine fut brisé par un sifflement étrange. Ce n’était pas le sifflement du vent dans les tuyaux verts, ni celui d’un furet-ninja en maraude. C’était un bruit cristallin, comme si quelqu’un faisait glisser une cuillère en argent sur une harpe de glace. *Fiiiiouuuuu… Splash !* À quelques pas de Mario, un petit objet étincelant venait de s'écraser dans un buisson de fleurs de feu (qui, pour l'instant, ressemblaient plutôt à des fleurs de cendres). Une petite fumée pailletée, aux reflets de nacre, s’éleva des feuillages. Soudain, le buisson s’agita violemment. Une tête ronde, coiffée d’un casque en verre parfaitement sphérique, apparut entre les branches. C’était un Toad, mais pas n’importe lequel. Il portait une combinaison argentée qui brillait comme mille miroirs et, dans son dos, un petit propulseur qui crachotait encore quelques étincelles mauves. — Par les moustaches de la comète ! s’écria le nouvel arrivant en se dégageant des épines. L’atterrissage a été plus… rebondissant que prévu ! — Un Toad-Astro ? s’étonna Mario en lui tendant la main pour l’aider. Est-ce que tu tombes du ciel, toi aussi ? Le petit astronaute s’épousseta énergiquement. Ses yeux brillaient d’une excitation mêlée de panique. — Je m’appelle Lunel, le messager de la Voie Lactée ! Et je ne tombe pas, Mario, je livre en urgence ! J'ai traversé trois ceintures d'astéroïdes et évité une pluie de météorites-citrons pour te trouver. Lunel fouilla dans une sacoche en cuir d’étoile qu’il portait en bandoulière. Il en sortit une enveloppe qui ne ressemblait à rien de ce que Mario avait vu auparavant. Elle semblait tissée avec des rayons de lune et bougeait légèrement entre les doigts de Lunel, comme si elle respirait. — Tiens ! Elle est pour toi. Elle vient de tout là-haut, de l’Atelier des Nuages de Cristal. Mario prit la lettre. Au toucher, elle était chaude et vibrait doucement, comme le ronronnement d’un petit chat de l’espace. Dès qu’il brisa le sceau en forme d’étoile, la lettre ne se déplia pas : elle se projeta dans les airs sous forme d'hologramme scintillant. Une voix douce, mais fatiguée, s'éleva du message : « *À l’aide, courageux voyageur du Royaume Champignon… Ici l'Atelier des Nuages de Cristal. Nos moulins à couleurs se sont arrêtés. Les tisserands de brume sont figés. Le ciel perd son éclat car notre moteur magique est à sec… Nous n’avons plus une seule pincée de Poussière d’Étoile pour faire tourner les turbines de l'arc-en-ciel.* » Le message scintilla une dernière fois avant de se transformer en une pluie de confettis lumineux qui se déposèrent sur la casquette de Mario. — Tu te rends compte, Mario ? reprit Lunel d'une voix tremblante. Sans poussière d'étoile, l’Atelier ne peut plus fabriquer les rêves, ni les nuances de bleu, ni même l’éclat du matin. C’est pour ça que tout devient gris ici-bas. Le ciel est en train de s'éteindre comme une vieille lampe à huile ! Mario regarda le ciel pâle. L'idée que les nuages puissent cesser de danser et que les couleurs puissent disparaître pour toujours lui serra le cœur. Il ajusta sa casquette, faisant briller les petits confettis de la lettre. — Mais où trouve-t-on cette poussière d’étoile ? demanda Mario, déjà prêt à bondir. — C’est là le problème, répondit Lunel en pointant son petit doigt ganté vers le sommet de la plus haute montagne, celle dont la cime se perdait d’ordinaire dans les nuages, mais qui aujourd'hui semblait toucher un plafond de craie. Elle ne se ramasse pas par terre. Elle se récolte au cœur des comètes ou dans les mains des Esprits Stellaires. Mais pour atteindre l'Atelier, il faut franchir la Frontière de l'Éther. Mario serra les poings. Son sourire revint, plus déterminé que jamais. — Alors c’est décidé. On ne va pas laisser l’Atelier dans le noir. Lunel, prépare ton propulseur ! On a un ciel à rallumer et une sacrée dose de poussière à trouver. Le petit Toad-Astro fit un bond de joie, ses bottes magnétiques produisant un joli *gling-gling* sur le chemin. — Youpi ! Je savais que tu dirais ça ! Mais attention, Mario… là-haut, la gravité fait des farces, et les obstacles ne sont pas faits de briques, mais de lumière solide ! Mario rit de son rire franc qui semblait déjà redonner un peu de vibrance à l’air ambiant. — J'ai l'habitude de sauter, Lunel. Que ce soit sur un Goomba ou sur une étoile, je ne raterai pas mon coup ! Et c'est ainsi que, sous le regard inquiet mais plein d'espoir du Toad-Astro, Mario se mit en route vers les cimes. La quête de la Poussière d’Étoile venait de commencer, et quelque part, tout là-haut, l'Atelier des Nuages attendait son sauveur pour retrouver ses couleurs de cristal.

Le Grand Saut Alpin

**CHAPITRE : Le Grand Saut Alpin** Le soleil de l’aube étirait ses longs doigts dorés sur les Pics de Guimauve Givrée. Pour n’importe qui, ces montagnes auraient semblé terrifiantes, avec leurs sommets pointus qui déchiraient la brume. Mais pour Mario, elles ressemblaient à un immense terrain de jeu qui n’attendait que ses empreintes de pas. Mario ajusta la visière de sa casquette rouge et tapa deux fois ses talons l’un contre l’autre. *Clac-clac !* Ses chaussures, spécialement cirées pour l’aventure, brillaient comme des rubis. — C’est parti ! s’exclama-t-il avec ce dynamisme qui ne le quittait jamais. *Wahoo !* L’ascension commença par un sentier de pierres indigo qui tintaient sous ses pas, comme les touches d’un piano géant. À chaque bond, une note de musique s’envolait dans l’air pur : *Do… Ré… Mi…* Plus Mario grimpait vite, plus la mélodie devenait entraînante. Soudain, le chemin s'arrêta net devant un précipice vertigineux. En bas, les sapins ressemblaient à de petits jouets en feutrine. En haut, les nuages semblaient encore terriblement loin. — Ne regarde pas en bas, Mario ! lança la voix de Lunel, qui grésillait dans le « Badge-Étoile » épinglé à la salopette du plombier. La gravité commence à faire des siennes ici. Si tu te sens léger, c’est normal ! Mario sentit en effet ses pieds quitter presque le sol. L’air ici n’était pas seulement frais ; il sentait la menthe poivrée et le sucre pétillant. Dans le ciel, des plateformes de lumière solide, translucides et colorées comme des morceaux de vitrail, apparurent brusquement. Elles flottaient, immobiles, formant un escalier invisible vers l’azur. — Des marches de cristal ! s’émerveilla Mario. Il prit son élan. *Boing !* Son premier saut fut titanesque. Grâce à la faible gravité, il resta suspendu un instant dans les airs, les bras en croix, avant de retomber avec la légèreté d’une plume sur une plaque de lumière jaune. À peine avait-il touché la surface que celle-ci se mit à vibrer en émettant un joli son de clochette. *Gling !* — Incroyable ! s’écria-t-il en riant. Il continua son ascension, sautant de plateforme en plateforme : une bleue, une rose, une verte. Mais attention ! Certaines plaques étaient facétieuses. Une plateforme orange se mit à tourner sur elle-même comme un moulin à vent dès que Mario posa le pied dessus. — Oups ! *Mama Mia !* D’un mouvement agile de hanches, Mario rétablit son équilibre, effectua une pirouette digne d’un acrobate de cirque et bondit vers la suivante juste avant que la plaque orange ne disparaisse dans un petit nuage de paillettes. Plus il montait, plus le paysage changeait. Les rochers laissaient place à des formations étranges : les fameuses « Échelles de Coton ». Ce n’étaient pas des échelles en bois, mais de longs filaments de nuages tressés, aussi solides que de la corde, qui pendaient du plafond du monde. Elles ondulaient doucement sous l'effet d'une brise tiède qui sentait la guimauve. Mario s’agrippa à la première échelle. Elle était douce, chaude et un peu élastique. En levant les yeux, il vit l’Atelier des Nuages de Cristal. Vu d’ici, il ressemblait à un immense château de verre posé sur un oreiller de vapeur blanche. Mais l’Atelier était triste ; ses tours ne brillaient plus, et une ombre grise semblait grignoter ses bords. — Je touche presque au but, Lunel ! cria Mario en grimpant à la force des bras, ses bottes battant le vide avec enthousiasme. — Attention, Mario ! répondit le petit Toad-Astro depuis le bas de la montagne. Les derniers échelons sont les plus fragiles ! Ils sont faits de vapeur de rêve, si tu restes trop longtemps dessus, ils s'évaporent ! Mario hocha la tête, le regard brillant de détermination. Il ne restait plus qu’un dernier grand saut pour atteindre la bordure de l’Atelier. Un saut de géant. Un saut de héros. Il prit une profonde inspiration d'air étoilé, sentit l'énergie de la montagne couler dans ses jambes, et dans un cri de joie qui fit écho dans toute la vallée, il s’élança vers l’immensité blanche. — *Wahooooo !* Le monde sembla s'arrêter. Pendant une seconde éternelle, Mario fut un oiseau rouge planant au-dessus des cimes, entouré de poussière d'argent, volant droit vers son destin de cristal.

Zéphyr le Vent Farceur

**CHAPITRE : Zéphyr le Vent Farceur** Le bout des gants blancs de Mario effleura enfin la texture cotonneuse de l’Atelier. Dans un dernier effort, il se hissa sur le rebord du nuage géant. Ce n’était pas de la terre ferme, ni de la neige, mais quelque chose de bien plus merveilleux : une sorte de mousse de sucre filé qui brillait comme des milliers de diamants sous le soleil de midi. — *Mamma mia !* murmura Mario en se relevant, les yeux écarquillés. L’Atelier des Nuages de Cristal était un royaume suspendu. Partout, des fontaines de vapeur arc-en-ciel jaillissaient du sol, et des engrenages de cristal tournaient silencieusement en sculptant des cumulus en forme d’étoiles ou de champignons. Mais alors que Mario admirait ce spectacle, un sifflement aigu, comme une flûte malicieuse, retentit derrière un buisson de barbe à papa bleue. — *Fioouuuu ! Hop-là !* Soudain, une bourrasque impétueuse frappa Mario dans le dos. La poussée fut si forte que le plombier moustachu manqua de perdre l’équilibre. Sa célèbre casquette rouge s’envola, tourbillonnant dans les airs comme un frisbee égaré. — Hé ! Mais qu’est-ce que… ? commença Mario en courant après son chapeau. C’est alors qu’il le vit. Ce n’était pas un monstre, ni un ennemi. C’était un tout petit nuage, rond comme une bille, d’un bleu turquoise éclatant. Il avait de grands yeux pétillants de malice et de petites joues rebondies qui semblaient toujours prêtes à exploser. — Salut ! Je suis Zéphyr ! cria le petit nuage en faisant une cabriole. Tu es un visiteur ? Super ! Je vais t’aider à monter tout en haut des tours de cristal ! Attention… UN, DEUX, TROIS… GROSSE SOUFFLERIE ! Zéphyr prit une inspiration si profonde que son corps douillet doubla de volume. Ses joues devinrent rouges comme des tomates. — *PFFFFFOUUUUUUUUU !* Un véritable ouragan miniature sortit de sa petite bouche. Mario fut soulevé de terre, mais au lieu de monter avec grâce, il fut emporté comme une feuille dans une tempête. Il tourna sur lui-même, les bras battant l’air, tandis que ses pieds faisaient des moulinets désordonnés. — *Waaaaaah !* Zéphyr ! Arrête ! C’est trop fort ! s’époumona Mario en s’agrippant in extremis à une rambarde de cristal qui scintillait sous ses doigts. Le petit nuage s’arrêta net, l’air tout penaud. Ses bords devinrent grisâtres, signe qu’il était triste. — Oh… pardon, Monsieur le Moustachu. Je voulais juste être efficace. Je pensais que pour aller haut, il fallait souffler très, très, très fort. Mario retrouva la terre ferme (ou plutôt, la vapeur ferme) et replaça sa casquette sur sa tête. Il s’approcha du petit nuage avec un sourire bienveillant. Il voyait bien que Zéphyr débordait d’énergie, mais qu’il ne savait pas encore la canaliser. — Tu as beaucoup de force, Zéphyr, dit Mario en posant une main gantée sur le flanc doux du nuage. Mais l’Atelier est un endroit fragile. Regarde ces escaliers de brume… si tu souffles trop fort, ils se dissipent. Pour m’aider, tu ne dois pas être un ouragan, mais une brise de velours. — Une brise de velours ? répéta Zéphyr en clignant des yeux. C’est quoi ? — C’est un souffle léger, comme si tu voulais faire danser une plume sans l’emporter, ou comme si tu soufflais sur une soupe trop chaude. Essaie avec moi. Mario prit une petite inspiration et souffla doucement : *« Ffffff… »*. Zéphyr l’imita. Sa première tentative fut encore un peu bruyante, mais il fit des efforts. Il se concentra si fort que ses petits sourcils se froncèrent. — *Fff… fff…* comme ça ? — C’est ça ! Encore plus doux, encouragea Mario. Imagine que mon poids est léger comme un ballon. Après quelques essais, Zéphyr réussit à produire un souffle régulier, chaud et apaisant. C’était une mélodie aérienne qui sentait bon l’air pur des sommets. Mario sentit alors une pression délicate sous ses bottes. Ce n’était plus une bousculade, mais une caresse ascendante. — Parfait ! Allez, Zéphyr, on essaie pour de vrai ? Le petit nuage se plaça sous les pieds de Mario. Avec une précision de chef d’orchestre, il libéra un souffle léger et constant. Mario décolla lentement, s’élevant dans les airs avec une élégance royale. Il ne luttait plus contre le vent ; il dansait avec lui. Ensemble, ils franchirent les terrasses de l’Atelier, passant au-dessus des rivières de rosée astrale. Zéphyr, fier comme un petit roi, ajustait son souffle à chaque mouvement de Mario. — Regarde, Mario ! On arrive au sommet de la Tour d’Opale ! s’exclama le nuage. Grâce à la douceur de son nouvel ami, Mario atterrit avec la légèreté d’un chat sur le balcon le plus haut de l’Atelier. De là, la vue était à couper le souffle : tout le Royaume Champignon s’étendait en bas, minuscule et coloré. — Merci, Zéphyr, dit Mario en lui faisant un clin d'œil. Tu es le meilleur des moteurs à vent. Zéphyr brilla d’une lueur dorée, tout joyeux. Il avait appris que parfois, pour accomplir de grandes choses, il ne fallait pas de la force brute, mais juste un peu de tendresse et beaucoup de précision. Mais déjà, au centre de la tour, une étrange lueur violette attira l'attention de Mario... L'aventure ne faisait que commencer.

Le Mystère des Cristaux Éteints

**CHAPITRE 3 : Le Mystère des Cristaux Éteints** Mario poussa avec précaution les grandes doubles portes de la Tour d’Opale. En entrant dans l’Atelier des Nuages, il s’attendait à être accueilli par une explosion de lumières, un orchestre de cliquetis joyeux et le sifflement de la vapeur arc-en-ciel. Mais à sa grande surprise, un silence pesant régnait dans la salle immense. — Oh, Mamma mia… murmura Mario, sa voix résonnant contre les parois de verre. L’Atelier était une merveille d'ingénierie magique. Des tuyaux en nacre serpentaient le long des murs, et de gigantesques alambics en forme de bulles flottaient dans les airs. Normalement, c’est ici que les Grands Cristaux transformaient la lumière du soleil en pigments magiques pour colorer les couchers de soleil et donner aux nuages leur blancheur de coton. Mais aujourd’hui, l’Atelier semblait plongé dans un sommeil triste. Au centre de la pièce, suspendus à des chaînes d’argent, les sept Cristaux Primordiaux étaient ternes. Ils ne brillaient plus. Pire encore, ils étaient recouverts d’une substance étrange : une poussière violette, épaisse et scintillante, qui ressemblait à de la barbe à papa maléfique. Zéphyr, qui volait juste derrière Mario, laissa échapper un petit sifflement inquiet. — Regarde ça, Mario ! On dirait que les cristaux ont attrapé un gros rhume de magie ! Mario s’approcha du cristal le plus proche, celui qui donnait sa couleur bleu azur au ciel de l’après-midi. Il tendit la main pour épousseter la surface, mais dès que ses doigts effleurèrent la poussière, il fit une grimace. — Beurk ! C’est tout gluant ! s’exclama-t-il en secouant sa main. La poussière ne s'envolait pas. Elle s'étirait comme du caramel fondu, collant à ses gants blancs. En y regardant de plus près, Mario vit que cette "poussière" bougeait légèrement, comme si elle respirait. Elle étouffait la lumière naturelle des pierres précieuses. — C’est de la Poussière de Poissage, expliqua une petite voix tremblante venant d’en haut. Mario leva les yeux et vit un petit Toad, le Maître Artisan des Nuages, caché derrière un engrenage en or. Il portait des lunettes d’aviateur et un tablier couvert de taches de peinture. — Monsieur le Maître Artisan ! s'écria Mario. Que s'est-il passé ? Le Toad descendit à l’aide d’un petit parachute en soie et atterrit aux côtés de Mario. — Une ombre est passée au-dessus de la tour cette nuit, expliqua-t-il en ajustant ses lunettes. Elle a soufflé cette brume collante sur nos cristaux. Depuis, ils sont éteints. Sans leur éclat, les nuages deviennent lourds, gris et tombent en pluie de suie sur le Royaume Champignon ! Mario regarda autour de lui. De grandes cuves de préparation, qui auraient dû déborder de bleu, de rose et de doré, n'étaient plus remplies que d'une boue grisâtre et triste. L'odeur de fleurs fraîches qui parfumait habituellement l'air avait été remplacée par une senteur de réglisse brûlée. — Ne vous inquiétez pas, dit Mario en serrant les poings avec détermination. On va nettoyer tout ça et rendre ses couleurs au ciel ! — Ce n'est pas si facile, Mario, soupira le Maître Artisan. Cette poussière magique est plus collante que du miel de Wiggler. Si on essaie de l'enlever de force, le cristal risque de se briser. Il faut quelque chose de très doux, mais de très puissant pour dissoudre la colle d'ombre. Zéphyr tourna autour du cristal bleu, soufflant de petites brises, mais la poussière violette ne fit que frémir, comme si elle se moquait de lui. — Mario, regarde là-bas ! s'écria soudain Zéphyr en pointant le sommet du dôme. Une lueur persistante, la fameuse lueur violette que Mario avait aperçue depuis le balcon, ne venait pas des cristaux, mais d'une sorte de petite créature faite de fumée qui grignotait le bord d'un engrenage. En voyant Mario, la créature poussa un petit rire cristallin et s'enfuit en laissant derrière elle une traînée de paillettes gluantes. — Un Grignoteur d'Éclat ! comprit le Maître Artisan. C’est lui qui maintient la poussière active ! Si nous ne l'attrapons pas, les cristaux resteront éteints pour toujours. Mario ajusta sa casquette. Ses bottes rebondirent sur le sol de cristal. Le mystère s'épaississait, tout comme cette étrange mélasse magique, mais Mario n'était pas du genre à se laisser coller les pieds. — Zéphyr, prépare ton souffle ! On a un nuage de poussière à balayer et un voleur de lumière à attraper ! L'aventure au cœur de l'Atelier ne faisait que commencer, et chaque recoin de la tour semblait désormais cacher un piège gluant... ou une merveille oubliée.

La Chasse aux Éponges Étoilées

**CHAPITRE : La Chasse aux Éponges Étoilées** Mario voulut avancer, mais dès que sa botte effleura la traînée de paillettes laissée par le Grignoteur d’Éclat, un bruit de succion se fit entendre. *Splatch !* Son pied resta collé comme s’il venait de marcher dans un pot de confiture de lune. — Doucement, Mario ! s’écria le Maître Artisan en agitant ses longs doigts translucides. Cette mélasse est de la « Glue d’Ombre ». Elle est aussi collante que de la barbe à papa et aussi tenace qu'un souvenir de Bowser ! Pour la dissoudre, nous avons besoin des Éponges Étoilées. Mario tira sur sa jambe avec un effort héroïque. *Plop !* — Et où sont-elles, ces éponges ? demanda-t-il en essuyant une goutte de gelée violette sur sa salopette. Le vieux sage soupira, un sourire amusé flottant sur ses lèvres. — Disons que nos apprentis, les petits Koopas, les ont trouvées un peu trop... rebondissantes. Ils les ont emportées dans la Salle des Nuages Moelleux pour faire une partie d’éponge-ballon. Mario se tourna vers Zéphyr, le petit esprit du vent. — Allez, Zéphyr ! Direction la salle des nuages ! Ils s’engagèrent dans un couloir dont les murs semblaient faits de sucre filé. L’air y sentait délicieusement bon, un mélange de citronnelle et de pluie d’été. En poussant une grande porte ronde, Mario écarquilla les yeux. La salle était remplie de cumulus géants qui flottaient à différentes hauteurs, comme des trampolines de coton blanc. — *Youpiiii !* — *Attrape-la si tu peux !* Trois petits Koopas, portant des casquettes colorées et des carapaces vert pomme, bondissaient d’un nuage à l’autre. Entre leurs mains, ils se lançaient des objets incroyables : des éponges en forme d’étoiles, qui scintillaient d’une lumière dorée et laissaient échapper de petits rires argentés à chaque fois qu’on les pressait. — Salut, les enfants ! lança Mario en sautant sur le premier nuage. Hop ! Le nuage était si doux que Mario s’y enfonça jusqu’aux genoux avant d’être propulsé en l’air avec une légèreté magique. — C’est Mario ! s’écria le plus petit des Koopas, les yeux brillants. Tu veux jouer avec nous ? — J’aimerais beaucoup, répondit Mario en faisant une pirouette, mais le grand cristal de l’Atelier est en danger. J’ai besoin des Éponges Étoilées pour nettoyer la Glue d’Ombre. Les petits Koopas s’arrêtèrent, serrant les éponges contre leur cœur. — Oh non... On ne voulait pas faire de bêtises, dit l’un d’eux en baissant la tête. C’est juste qu’elles brillent si fort et qu’elles font des chatouilles quand on les attrape ! — Je vous promets qu’on jouera ensemble dès que l’Atelier sera réparé, dit Mario avec un clin d’œil. Mais pour l'instant, c'est une mission prioritaire ! Les Koopas acceptèrent, mais les Éponges Étoilées, elles, semblaient avoir une autre idée en tête. Sentant que le jeu s’arrêtait, elles s’échappèrent des mains des tortues et se mirent à voleter dans toute la pièce, rebondissant sur les parois comme des étoiles filantes facétieuses. — Zéphyr, maintenant ! cria Mario. Le petit nuage de compagnie gonfla ses joues et souffla une brise légère qui orienta les éponges vers le centre de la pièce. Mario s'élança. Il utilisa les nuages comme des tremplins, volant de l'un à l'autre avec une agilité incroyable. *Un saut périlleux à gauche... Tap !* Il attrapa la première éponge. Elle était chaude et vibrait doucement dans sa main. *Un rebond sur un nuage rose... Flash !* La deuxième éponge rejoignit sa poche. La dernière, la plus grosse et la plus brillante, s'était réfugiée tout en haut, près d'un lustre en cristal de roche. Mario prit son élan, courut sur la paroi incurvée de la salle et, dans un ultime effort, tendit le bras. — Je t'ai eue ! Il retomba avec souplesse sur un nuage géant qui amortit sa chute dans un bruit de coussin moelleux. Il tenait les trois Éponges Étoilées. Elles ne luttaient plus ; elles semblaient prêtes à se mettre au travail, dégageant un parfum frais qui purifiait instantanément l'air autour de lui. — Merci, Mario ! dirent les petits Koopas en chœur. On va t'aider à porter le seau d'eau de source ! Mario redescendit vers le dôme, les poches pleines d'étoiles et le cœur léger. Les cristaux étaient peut-être encore ternis, mais avec ces éponges magiques et l'aide de ses nouveaux amis, la Glue d'Ombre n'avait aucune chance. L'Atelier allait bientôt retrouver tout son éclat.

Le Pont des Chansons

**CHAPITRE : LE PONT DES CHANSONS** Mario, escorté par une petite troupe de Koopas aux carapaces polies, s’avança vers le bord du grand dôme de verre. Devant eux s’étendait un immense gouffre de brume nacrée, un vide immense qui séparait l’atelier du cœur de la citadelle : le Cristal de Lumière. C’est là que la Glue d’Ombre était la plus épaisse, s’enroulant autour de la pointe de diamant comme une mélasse de réglisse maléfique. — Le chemin s’arrête ici ? demanda Mario en ajustant sa casquette, un peu inquiet. Pipo, le plus petit des Koopas qui portait courageusement une anse du seau d’eau de source, secoua la tête en souriant. Ses grands yeux brillaient de malice. — Pas tout à fait, Mario ! Pour passer, il ne faut pas de pierres, ni de planches. Il faut de la musique. Regarde ! Pipo pointa le doigt vers l’abîme. Dans le vide, des milliers de fines poussières d’argent flottaient, immobiles. Elles semblaient attendre un signal. — C’est le Pont des Chansons, expliqua le Koopa. Il est timide. Il ne se montre que si l’on siffle une mélodie joyeuse. Plus on est heureux, plus il est solide ! Mario comprit aussitôt. Il ferma les yeux une seconde, cherchant dans ses souvenirs le rythme d’une promenade dans le Royaume Champignon. Puis, il pinça les lèvres et laissa échapper un premier sifflement, clair et cristallin. *Fiou-fiou-fiiiii !* Instantanément, une traînée de lumière jaune citron jaillit sous ses pieds. Un pavé de cristal translucide apparut dans le vide, vibrant comme une corde de guitare. Mario fit un pas. Le cristal était ferme, mais il résonnait d’une note de flûte dès qu’il posait la botte dessus. — Ça marche ! s’exclama Mario. Allez, tout le monde, en chœur ! Les Koopas se mirent à siffloter avec lui. Un air entraînant, sautillant, qui faisait bouger les épaules. À chaque note, le pont s’allongeait. Des dalles de toutes les couleurs — vert émeraude, bleu électrique, rose bonbon — se matérialisaient dans un scintillement de paillettes magiques. C’était un spectacle merveilleux : Mario et ses amis marchaient sur un ruban d’arc-en-ciel sonore au-dessus d’un océan de nuages. À chaque pas, une petite étoile de lumière s'échappait du pont pour aller chatouiller le nez des voyageurs. — Oh ! Regardez les poissons-nuages ! s’écria Pipo. En effet, sous le pont transparent, de petits poissons faits de vapeur s’étaient rassemblés, attirés par la musique. Ils sautaient de bulle en bulle, suivant le rythme de la chanson de Mario. Mais alors qu’ils arrivaient au milieu du gouffre, une ombre froide passa au-dessus d’eux. Un lambeau de Glue d’Ombre, porté par un vent mauvais, vint s'écraser sur le pont. Le cristal, sous l’effet de la noirceur, commença à fondre et à devenir mou comme de la gelée. — Oh non ! Ma jambe s’enfonce ! cria un Koopa. Le pont perdait ses couleurs. La musique devenait triste, étouffée. Le sifflement de Mario faiblit un instant sous le coup de la surprise. — Ne vous arrêtez pas ! lança Mario d'une voix forte. Il faut siffler plus fort ! Il faut chasser cette tristesse ! Mario gonfla ses joues et entama une mélodie encore plus dynamique, une chanson qui parlait de victoires, de bonds prodigieux et de fêtes sous le soleil. Les Koopas reprirent courage. Ils se mirent à taper du pied en rythme sur les dalles de cristal, créant une véritable petite percussion spatiale. *Clac ! Boum ! Fiou !* La magie opéra. Sous l’impulsion de cette joie retrouvée, le pont se mit à briller d’un éclat insoutenable. La Glue d’Ombre, incapable de supporter une telle dose de bonheur, se recroquevilla et s'évapora dans un petit "pschitt" ridicule. Le pont se redressa, plus large et plus solide que jamais. Mario et ses amis coururent les derniers mètres, portés par le rythme de leur propre musique. Dans un ultime saut périlleux, Mario atterrit sur la plateforme centrale, juste au pied du Cristal de Lumière. Le pont disparut derrière eux dans un dernier accord de harpe, laissant place au silence impressionnant du sommet. Devant eux, le cristal géant était là, prisonnier de sa gangue noire. — On a réussi, souffla Pipo en posant le seau d’eau. Mario sortit les trois Éponges Étoilées de sa poche. Elles pulsaient maintenant d'une lumière impatiente. — Bravo les amis, dit Mario avec un clin d'œil. Le Pont des Chansons nous a bien guidés. Maintenant, il est temps de redonner le sourire à ce cristal ! Le plombier s'approcha de la masse sombre, l'éponge la plus brillante à la main, prêt à faire briller l'Atelier des Nuages comme jamais auparavant.

Le Grand Nettoyage

### Chapitre : Le Grand Nettoyage Le sommet de l’Atelier des Nuages de Cristal ressemblait à une île flottante au milieu d’un océan de coton gris. Au centre, le Cristal de Lumière, qui aurait dû briller comme un soleil de minuit, n'était plus qu'une énorme masse sombre et gluante. On aurait dit un bonbon géant tombé dans la suie. Mario s’approcha, ses bottes faisant un petit bruit étouffé sur le sol de cristal. Il tendit une Éponge Étoilée à Pipo et une autre à Zéphyr, le petit nuage facétieux qui flottait à ses côtés. — Bon, l'équipe, on a du pain sur la planche ! s'exclama Mario en ajustant sa casquette. Cette méchante grisaille ne va pas s'en aller toute seule. Vous êtes prêts ? — Prêt pour le grand splash ! répondit Pipo en plongeant son éponge dans le seau d’eau pure. — Je vais souffler si fort que même la poussière de lune s'envolerait ! ajouta Zéphyr en gonflant ses joues transparentes. D’un geste assuré, Mario posa son Éponge Étoilée sur la paroi du cristal. Au contact de la noirceur, l’éponge se mit à vibrer et à émettre un petit bourdonnement joyeux. *Frouch ! Frouch !* Mario frottait avec entrain. À chaque passage, une traînée de lumière dorée apparaissait, dévorant la mélasse noire comme si elle n'avait jamais existé. — Regardez ! s'écria Pipo. Ça marche ! Regardez cette étincelle ! Pipo s’attaquait à la base du cristal. Sous son éponge, des reflets bleu azur commençaient à danser. Zéphyr, de son côté, s'occupait des parties hautes. Il utilisait son souffle magique pour faire tourbillonner son éponge tout autour de la flèche de cristal. C’était un véritable ballet : *Zip ! Zap !* L’éponge volait, polissant les facettes cachées avec la vitesse d’un éclair. L’odeur de la "Tristesse Noire" — qui sentait un peu le vieux pneu brûlé et la soupe froide — fut bientôt remplacée par un parfum délicieux de menthe fraîche et de barbe à papa. — Oh là là, c’est coriace ici ! grogna Mario en tombant sur une tache de grisaille plus épaisse que les autres. C’était le "Noyau d’Ombre", une sorte de grosse bulle d’encre qui semblait grincer des dents sous l'effet du nettoyage. Mario sentit l’éponge chauffer dans sa main. La tache résistait, envoyant des petits éclairs violets pour repousser le plombier. — Zéphyr, un petit coup de pouce ? appela Mario. — À tes ordres, Mario ! Un cyclone de propreté, un ! Le petit nuage se mit à tourner sur lui-même comme une toupie. Il créa un mini-tourbillon d’air scintillant qui enveloppa Mario et la tache récalcitrante. Pipo, lui, versa le reste de l'eau magique directement sur le point critique. — Allez, tout le monde ensemble ! cria Mario. Un… deux… trois… BRILLANCE ! Ils appuyèrent tous leurs forces, leurs cœurs battant à l’unisson avec la musique de l’Atelier. Soudain, un craquement cristallin retentit. Ce n'était pas le cristal qui se brisait, mais la gangue noire qui volait en éclats ! *BOUM-CHAK !* Une onde de choc de lumière pure balaya la plateforme. Mario, Pipo et Zéphyr furent projetés doucement en arrière, atterrissant sur les nuages moelleux comme sur des coussins de plumes. Pendant quelques secondes, le silence fut total. Puis, une note de harpe céleste résonna, si profonde qu'elle fit vibrer leurs moustaches. Le Cristal de Lumière n'était plus noir. Il était devenu une colonne de pur diamant, rayonnant d'une intensité insoutenable. Soudain, le cristal libéra son énergie. Des milliers de faisceaux multicolores jaillirent de ses facettes, comme un feu d’artifice géant qui ne s’arrêtait jamais. Le rouge rubis, le vert émeraude, le jaune tournesol et le bleu saphir s’élancèrent dans le ciel, perçant la grisaille environnante. — Regardez les nuages ! s'émerveilla Pipo en pointant du doigt l'horizon. Partout autour de l'Atelier, la brume triste se transformait. Les nuages gris devenaient rose bonbon, orange mandarine et violet lilas. Les petits engrenages de l'Atelier, autrefois rouillés par le chagrin, se mirent à tourner dans un cliquetis joyeux, libérant des bulles de savon arc-en-ciel qui montaient vers les étoiles. L'Atelier des Nuages de Cristal venait de se réveiller. Mario se releva, épousseta sa salopette et rangea son éponge, qui brillait maintenant d'une douce lueur rose de satisfaction. — Beau travail, les amis, dit-il en admirant le paysage transformé. On dirait que l'Atelier a retrouvé son plus beau sourire. Le sommet de la montagne n'était plus un lieu sombre et inquiétant. C’était désormais un palais de lumière, prêt à fabriquer les plus beaux rêves du Royaume Champignon.

L'Arc-en-Ciel Géant

### Chapitre : L'Arc-en-Ciel Géant Le silence qui suivit le réveil de l’Atelier ne dura que quelques secondes. Soudain, un craquement mélodieux, semblable au tintement de milliers de clochettes en argent, fit vibrer l’air frais de la montagne. Sous les pieds de Mario et de Pipo, les nuages changèrent de consistance. La vapeur cotonneuse se figea pour devenir une matière translucide, solide et étincelante. — Mamma mia ! s'exclama Mario en manquant de glisser. Regarde, Pipo ! On dirait que nous marchons sur un immense lustre en diamant ! C’était vrai. Les nuages n’étaient plus de simples coussins de brume ; ils s’étaient transformés en cristaux géants. Chaque facette de ces nuages-miroirs capturait la lumière du soleil pour la renvoyer en mille éclats sur les parois de l’Atelier. Les engrenages, maintenant bien huilés par la joie retrouvée, tournaient de plus en plus vite. Ils ne faisaient plus "couic-couic", mais produisaient une musique douce, une sorte de harpe mécanique qui enchantait les oreilles. Au centre de la cour de l'Atelier, le Grand Prisme de Cristal se mit à pivoter. C'était une pierre précieuse aussi haute qu'une maison, taillée avec une précision légendaire. — Attention les yeux ! prévint Pipo en mettant ses mains devant son visage. Ça va chauffer ! Le Prisme aspira la lumière environnante, la concentra dans son cœur pur, puis, dans un sifflement joyeux, propulsa un rayon de lumière pure vers le ciel. Mais ce n’était pas un rayon ordinaire. Le faisceau se divisa en sept rubans de couleurs vibrantes, si denses qu’ils semblaient faits de soie et de sucre glace. Le rouge cerise, l’orange mandarine, le jaune citron, le vert menthe, le bleu azur, l’indigo profond et le violet framboise se tressèrent dans les airs. Les rubans s’allongèrent, s’étirèrent et plongèrent depuis le sommet de la montagne vers la vallée, loin, très loin en bas. — C’est un pont ! cria Mario, les yeux brillants d’émerveillement. Un pont arc-en-ciel ! Le spectacle était grandiose. L’arc-en-ciel ne se contentait pas de flotter dans le ciel ; il scintillait comme s’il était parsemé de poussière d’étoiles. Il traversa les plaines du Royaume Champignon, survola les forêts de tuyaux verts et les champs de fleurs chantantes, pour finir sa course exactement sur le balcon principal du château de la Princesse Peach. — Regarde, Mario ! On voit le château d’ici ! s'enthousiasma Pipo en sautillant sur place. On dirait une minuscule décoration de gâteau au bout d'un ruban magique ! À cette distance, ils pouvaient voir des petits points blancs et rouges s’agiter sur les remparts du château : les Toads devaient être en train de célébrer le retour des couleurs. La grisaille qui menaçait le royaume s'évaporait comme par enchantement, remplacée par une clarté printanière. L’Atelier des Nuages, sentant sa mission accomplie, commença à souffler de légères volutes de vapeur parfumée. Ça sentait la guimauve et la pluie d'été. Mario s'approcha du bord du nuage de cristal et toucha la base de l'arc-en-ciel. C'était chaud et vibrant sous ses gants blancs. — Tu penses à ce que je pense, Mario ? demanda Pipo avec un sourire malicieux qui étirait ses joues rondes. Mario ajusta sa casquette rouge et fit un clin d’œil à son ami. — Je pense que c’est le chemin le plus rapide pour rentrer prendre le thé avec la Princesse. Et bien plus amusant qu’un tuyau de téléportation ! D'un bond agile, Mario s'élança sur le ruban rouge de l'arc-en-ciel. Pipo le suivit de près, s'asseyant sur la couleur jaune comme sur un toboggan géant. — C’est parti ! crièrent-ils en chœur. Tandis qu'ils glissaient à toute allure vers le château, portés par la magie de l'Atelier des Nuages de Cristal, l'arc-en-ciel laissait derrière lui une traînée de bulles de savon qui éclataient en libérant des rires d'enfants. La mission était une réussite totale : le ciel était redevenu le plus beau des tableaux, et l'Atelier brillait désormais comme un phare d'espoir, tout là-haut, parmi les étoiles de cristal.

Le Secret de l'Éclat

**CHAPITRE : Le Secret de l'Éclat** La descente fut un tourbillon de sensations chromatiques. Mario et Pipo fendaient l'air, leurs vêtements s'imprégnant de l'odeur sucrée de la barbe à papa et de la fraîcheur de la rosée matinale. Sous leurs pieds, le ruban de l'arc-en-ciel chantait une mélodie cristalline à chaque virage. — Regarde, Mario ! s’écria Pipo en agitant ses petits bras. On dirait que le Royaume Champignon a mis sa tenue de fête ! En bas, les toits rouges des maisons des Toads scintillaient comme des rubis polis. Les arbres, dont les feuilles semblaient avoir été trempées dans de l'or liquide, s'agitaient doucement pour saluer les héros. D'un dernier bond élastique, Mario et Pipo quittèrent le toboggan de lumière et atterrirent avec la souplesse d'un ressort dans les jardins du château. *Pouf !* Un petit nuage de poussière d'étoile s'éleva autour d'eux. La Princesse Peach les attendait sur le perron, entourée d’une foule de Toads impatients. Elle portait une robe d'un rose si vibrant qu'elle semblait rayonner sa propre lumière. — Mario ! Pipo ! Vous avez réussi ! s’exclama-t-elle, la voix pleine d’émotion. Le ciel n'a jamais été aussi limpide. Regardez, les nuages eux-mêmes semblent sourire. Mario retira sa casquette et s’essuya le front, un large sourire aux lèvres. Pipo, lui, ne tenait plus en place : il sautillait de Toad en Toad pour raconter comment ils avaient réactivé la Grande Roue de Cristal et comment les engrenages de l'Atelier avaient recommencé à tricoter des rayons de soleil. Un peu plus tard, alors que le thé infusait dans des tasses en porcelaine fine et que des biscuits à la cannelle embaumaient la terrasse, le calme revint. Le ciel commençait à se parer des teintes orangées et violettes du crépuscule. Mais ce n'était pas un crépuscule ordinaire : chaque couleur était profonde, vivante, presque palpable. — Dis-moi, Mario, demanda doucement la Princesse en observant une bulle de savon magique flotter au-dessus d'une rose. Comment avez-vous fait pour redonner autant de force à l'éclat du monde ? L’Atelier des Nuages de Cristal est-il si puissant ? Mario posa sa tasse et regarda ses mains, encore un peu marquées par le travail à l’Atelier. Il réfléchit un instant, cherchant les mots pour expliquer ce qu’il avait ressenti là-haut, parmi les étoiles de cristal. — Tu sais, Princesse, commença-t-il d’une voix calme, l’Atelier n’est qu’un moteur. Ce qui le fait tourner vraiment, ce n’est pas seulement la magie des nuages. C’est ce qu’on y apporte. Pipo s’arrêta de grignoter son biscuit et écouta attentivement. — Là-haut, j’ai compris une chose importante, continua Mario. Pour que le monde reste beau, il ne suffit pas d’attendre que le soleil se lève. Il faut que chacun apporte sa petite touche de lumière. Si j’avais été seul, je n’aurais jamais pu atteindre le levier de cristal. Si Pipo n’avait pas été là pour polir les prismes pendant que je réparais les engrenages, la lumière ne serait jamais sortie. Il pointa du doigt les Toads qui, dans le village en contrebas, s’entraidaient pour allumer les lanternes de la fête. — Le secret de l’éclat, c’est ça, dit Mario avec un clin d’œil malicieux. C'est l'entraide. Chaque geste de gentillesse, chaque main tendue, c'est comme un petit morceau de cristal que l'on polit. Quand nous travaillons ensemble, nous fabriquons notre propre arc-en-ciel, même quand il pleut. Peach sourit, ses yeux brillant d’une lueur d’admiration. — Tu as raison, Mario. La beauté de notre monde n'est pas un miracle permanent, c'est un jardin que nous cultivons tous ensemble. À cet instant, comme pour confirmer ses paroles, une pluie fine et étincelante commença à tomber. Mais au lieu de mouiller les vêtements, les gouttes se transformèrent en minuscules lucioles de lumière dès qu'elles touchaient le sol. Les enfants Toads se mirent à danser sous cette pluie magique, se tenant par la main, créant une chaîne de rires qui montait jusqu'aux étoiles. Pipo se blottit contre Mario, les paupières un peu lourdes après tant d'aventures. — Alors, demain, on recommence à faire briller le monde ? murmura-t-il. Mario rajusta sa casquette rouge, prêt pour de nouveaux défis. — Demain, et tous les jours d'après, mon ami. Car tant qu'il y aura de l'amitié pour nous guider, la lumière ne s'éteindra jamais. Et tandis que la lune de cristal se levait fièrement au-dessus de l'Atelier des Nuages, le Royaume Champignon s'endormit dans un éclat de paix, prouvant à tous que l'entraide est la plus belle des lumières, celle qui illumine la vie de l'intérieur.
Fusianima
Mario et l'Atelier des Nuages de Cristal
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Mario et l'Atelier des Nuages de Cristal

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### Chapitre 1 : Un Réveil tout Pâle Ce matin-là, dans sa petite maison en forme de champignon, Mario s’étira si fort que ses articulations firent un bruit de pop-corn. D’habitude, la lumière du jour venait chatouiller ses moustaches avec l'éclat d'un rubis et l’odeur du café à la cannelle. Mais au...

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